EFFET MÉTAL
1. Définition. — Dans les recherches qui précèdent, je prenais toujours soin d'éviter tout contact entre les ravons de Rontgen et les corps chargés. D'une façon plus précise, les rayons ne rencontraient jamais les surfaces, isolantes ou conductrices, qui limitent le gaz contenu dans les tubes de force iniéressés.
Quand on ne prend plus cette précau.tion, la décharge devient souvent plus rapide que les lois précédentes ne l'indiqueraient. J'appelle effet métal ce qui vient alors s'ajouter à ^(^ffct gaz., expression qui sera justifiée plus loin.
J. VERRIN.
Ainsi Veffet niital est défini comme étant ce qu'il fant ajouter à l'effet gaz pour obtenir l'effet total.
J'ai étudié cet eflet métal dans le cas d'un condensateur plan où les rayons entrent perpendiculairement aux armatures, et j'ai pu suivre une mélliode analogue à celle qui m'a servi pour l'effet gaz.
2. J'ai d'abord comparé les deux effets par uue méthode de compensation.
AA' est un condensateur à anneau de garde semblable à ceux que j'ai déjà décrits, mais où la plaque a^, longue
Fig. i5.
de plusieurs centimètres dans la direction perpendiculaire au plan de figure, a seulement i*^^™dans'le sens des flèches. Un pinceau de rayons, figuré par ces flèches, traverse le condensateur AA' sans en loucher les armatures, puis entre dans un deuxième condensateur BB', perpendiculairement aux armatures, par une fenêtre KL, percée dans l'armature B' et couverte d'une feuille très mince d'aluminium battu. L'épaisseur du condensateur BB' est exactement égale à a^, soit à i*^'". Enfin, les plaques B et a[^, liées d'une manière fixe à l'aiguille de l'électromèlre, sont liées au sol et à l'anneau de garde AA par un pont (jue l'on coupe avant de faire passer les rayons, en sorte qu'elles sont d'abord au potentiel de AA. Soit zéro
P.AYOJNS CATHODIQUES ET KAYOJN'S DE H(")INTGEN. 4^
ce potentiel; A' et B' sont portées par nue pile de charge soil à des potentiels de même signe, soit à des potentiels de signe contiaire ( ±120 volts ), de manière que les quantités d'électri<,ité débitées par B et par a[^ s'ajoutent ou se letranchent sur l'électromètre.
Par construction, chaque rayon du pinceau employé est inléiessé sur la même lorjgueur par les tubes de force émanés de a[i et par ceux qui émanent de B. L'efTet gaz est donc le même dans les deux condensateurs (*). Soit g cet effet. Soit j?i Teiret métal produit dans le condensateur BB'^ par définition de //i, l'etlét total dans ce condensateur est m -\- g; il est ± g dans le condensateur A A'.
L'opposition des deux condensateurs sur l'éleclromèire donnera donc m par lecture directe ; leur addition donnera /// -f- o.g^ d'où j?i et g.
3. J'ai ainsi vu que reiï'et métal est nul cjuand, pour chacune des armatures BB', la face tournée veis Tintérieur du condensateur est badigeonnée de pétrole, d'alcool ou d'eau; même il suffît de badigeonner les parties qu'atteignent les rayons, l'état du reste de ces faces n'influant pas : alors tout se réduit à l'elïet gaz.
Mais l'effet métal prend une valeur mesurable si l'une des parties atteintes par les rayons sur ces faces internes est, par exemple, une surface propre et sèche d'or, ou, plus généralement, d'un métal quelconque. Ici encore, les parties atteintes par les rayons interviennent seules, et par leur surface immédiatement conliguë au gaz ^ les couches sous-jacenles n'influent pas.
J'ai vérifié que le signe de la charge de B' n'intervient pas. De plus, il est indiiïérenl qu'on relie à l'aiguille la pla(jue B' ou la pla(jue B, l'électricité perdue par l'une étant gagnée par l'autre, comme il était probable.