‹ Rayons catholdiques et rayons de Röntgen: étude expérimentaleChapitre 4 sur 16 · ÉLECTRISATION DES RAYONS CATHODIQUES · texte numérisé non relu

ÉLECTRISATION DES RAYONS CATHODIQUES

1. La théorie de l'émission repose tout entière sur l'hypothèse d'une électrisation des rayons. J'ai tenté de vérifier si cette électrisation existe, ou non ( * ).

(*) J'ignorais, quand je fis mes expériences, les essais infructueux faits dans cette voie.

On sait que Ton constate facilement Tiniroduction de charges ëleclrîques à l'intérieur d'une enceinte conductrice close. Peut-être est-ce même le meilleur moyen qu'on ait pour définir et mesurer ce qu'on entend par charge électrique.

J'ai donc fait pénétrer des rayons cathodiques à l'intérieur d'un cylindre de Faraday.

A cet effei, j'ai employé le tube à vide que représente

la/g.2(<).

ABCD est un cylindre métallique ferme de toutes

parts, sauf une petite ouverture a au centre de la faceBC.

Fig. 2.

Sol oL cage "~lectrosoape.

-le

FwiUaidor

C'est lui qui joue le rôle de cylindre de Faraday. Un fil métallique, soudé en S à la paroi du tube, réunit ce cylindre aux feuilles d'x)r d'un électroscope.

EFGH est un deuxième cylindre métallique , en communication permanente avec le sol et avec la cage de Télectroscope. Percé seulement de deux petites ouvertures en P et y, il protège le cylindre de Faraday contre toule influence électrique extérieure.

Enfin, en avant de FG, se trouve Félectrode plane N.

L'anode était formée par le cylindre prolecteur EFGH, et Télectrode N servait de cathode : un pinceau de rayons entrait donc dans le cylindre de Faraday.

Aussitôt, ce cylindre se chargeait d'électricité négative.

(') Ce tube, et presque tous ceux qui m'ont servi, ont été construits par M. Ghabaud, très vite et très habilement.

jal.

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RAYONS CATHODIQUES ET RAYONS DE ROWTGEN. ' p

Le lube à vide pouvait être placé entre les pôles d'un électro-aimant. Quand on excitait ce dernier, les rayons cathodiques, déviés, n'entraient plus dans le cylindre. Alors il ne se chargeait plus. La déviation nécesjsairepour cela était d'ailleurs très faible, et les bords de la face FG, couverts d'une poudre fluorescente, brillaient encore très fortement )orsque déjà Télcctroscope n'accusait plus aucune charge.

L'électrisation n'est donc pas due à un défaut dans la protection électrostatique; au reste, pour mieux assurer cette protection, j'ai porté à 4^™i sans inconvénient, la distance a^, et j'ai remplacé l'ouverture ^ par quelques trous d'épingle (*). Même, comme on le verra plus loin, j'ai pu la fermer tout à fait par une feuille mince d'aluminium.

2. Les charges négatives introduites dans le cylindre de Faraday^ très facilement mesurables, varient extrêmement d'une série d'expériences à une autre série, suivant des causes multiples parmi lesquelles je citerai l'intensîlé du courant inducteur dans la bobine et la raréfaction dans le tube. Pour faire saisir l'ordre de grandeur du phénomène, je dirai qu'avec un de mes tubes, et pour une

(*) Dans mes premières expériences, l'ouverture p avait quelques millimètres de large. Dans ces conditions, lorsqu'on inverse le courant dans la bobine, de manière que EF(iH devienne cathode, le cylindre de Faraday se charge fortement d'électricité positive. J'avais cru d'abord pouvoir attribuer le phénomène à l'attraction, par la cathode, d'ions positifs correspondant aux ions négatifs qui, repoussés par elle, forment les rayons cathodiques ( Com/?^e5 rendus^ t. CXXI, p. ii3o; 1896). Cette interprétation est probablement incorrecte; en effet, le phénomène disparaît à peu près quand l'ouverture p est remplacée par des •trous de petit diamètre, même quand la surface totale de ces trous est comparable à la surface de l'ouverture primitive. Il y avait donc simplement insuffisance de protection.

Etant données les dimensions de l'appareil, cette insuffisance implique l'existence d'une forte chute de potentiel au voisinage de la cathode, probable au reste pour beaucoup d'autres raisons.

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seule interruplion du circuit primaire de la bobiue, les rayons cathodiques introduisaient facilement dans \v. cylindre 3ooo unités électrostatiques G.G.S., soit io~^ coulombs. Dans les mêmes conditions, la quantité d'électricité totale qui traversait le tube, mesurée par un galvanomètre balistique, était environ 200 fois plus forte.

Comme une partie seulement des rayons entrait alors dans le cylindre, on n'a là qu^une limite inférieure du rapport qui peut exister entre la quantité d'électricité que les rayons transportent et celle qui traverse le tube. On aurait facilement une mesure correcte en employant une cathode concave, de manière à rassembler sur Tentrée du cylindre la totalité des rayons.

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