‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 120 sur 425 · C. R. 1S98, 1" 5emeit/e. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R. 1S98, 1" 5emeit/e. (T. CXXVI, N

( 470 ) réelle (') des rayons X et de leur transformation en rayons secondaires. L'influence propre des rayons S' est très notable quand la feuille M n'est pas trop épaisse et que le récepteur (plaque j)hotograpliique, écran fluorescent ou gaz soumis à l'influence électrostatique) n'est pas trop éloigné de M; elle s'affaiblit avec la distance de M au récepteur, à cause surtout de l'absorption des rayons secondaires par le gaz dans lequel ils cbeminent.

» Dans le cas de deux ou plusieurs feuilles minces superposées, la transparence apparente du système dépend de \ ordre dans lequel les feuilles sont disposées, jjarce que les systèmes AM et MA produisent des actions secondaires inégales. J'ai déjà indiqué de telles anomalies {^Comptes rendus du 26 juillet 1897). »

PHOTOGRAPHIE. — Influence de la diffusion des éléments du révélateur dans le développement photographique. Note de RI. R. Colso.v, présentée par ]M. A. Cornu.

« Les résultats suivants ont pour point de départ une étude détaillée ( - ) que j'ai faite au sujet de l'action de la main sur la plaque au gélatinobromure. En disposant sur le verre d'une plaque retournée sur le bain révélateur soit les doigts, soit des corps métalliques chauffés par la main ou

(') C'est l'absorption réelle qui produit réchaufTement du corps dans les récentes expériences de M. T)orn{Wiedeniann's Annalen, 11 décembre 1897, p. 160). Il résulte de mes expériences que la transformation des rayons X en énergie calorifique est précédée par la transformation des rayons X en rayons secondaires plus absorbables euxmêmes que les rayons X dont ils proviennent.

Il est à désirer que les belles expériences de M. Dorn conduisent à reprendre l'étude de l'absorption des rayons X par une méthode bolométrique. En effet, la meilleure méthode actuelle, fondée sur l'action de décharge des rayons, enregistre seulement la petite fraction de l'énergie rayonnante que le gaz placé dans le champ électrique absorbe sous une forme d'ailleurs mal connue; or, certains rayons X (rayons des tubes durs) sont absorbés, par la substance étudiée, ou par le gaz placé dans le champ électrique, considérablement moins que d'autres rayons X (ravons des tubes doux), et, surtout, que les ravons secondaires ou tertiaires; l'action électrique directe d'un faisceau de rayons et l'action électrique observée après l'interposition d'un corps absorbant peuvent être dans un rapport très différent de celui des énergies réellement rayonnées directement puis à travers le corps.

(^) Communication faite à la Société française de Photographie le 3 décembre 1897 {^Bulletin du i"' jari\ ier 1898).

( 47' ) par une autre source calorifique, j'ai montré que la chaleur produit l'impression en accélérant l'oxydation du révélateur et la réduction du bromure d'argent; j'ai montré aussi que l'appauvrissement qui en résulte dans le révélateur en contact avec les parties impressionnées détermine un appel des substances actives qui se trouvent encore en dissolution dans les parties voisines, d'où régions plus claires et apparences semblables à des effluves. Ce phénomène de diffusion est intimement lié au développement et doit se retrouver dans d'autres modes d'impression lorsque les conditions sont analogues, en particulier avec un révélateur en repos. La différence avec la lumière consistera en ce que, pour la chaleur, le passage d'une région chaiule à une région froide se fait sur im large espace, tandis que, pour la lumière, le passage d'une région éclairée à une région obscure peut avoir lieu brusquement et sans transition.

» Supposons qu'on développe une plaque sur laquelle se trouvent deux impressions lumineuses voisines, d'intensités notablement différentes; et considérons dans l'impression la plus forte une petite surface; la portion du révélateur qui est en contact avec cette surface s'appauvrit en éléments du révélateur par le développement, d'où appel tendant à puiser ces éléments par diffusion tout autour dans un certain rayon. Si la petite surface est loin du bord, les actions latérales sont symétriques; mais si, tout en restant à l'intérieur de l'impression forte, elle vient près de la région moins impressionnée, dans laquelle les éléments du révélateur sont moins consommés, ceux-ci répondent à l'appel en plus grande quantité. Il en résulte que, le long de la limite commune, la teinte foncée est bordée intérieurement d'un trait encore plus foncé, et la teinte claire d'un trait encore plus clair. Ce phénomène est favorisé par le repos du révélateur. On en voit des exemples très nets sur des clichés développés dans ces conditions et provenant d'impressions par la lumière ou par les rayons Rontgen.

» Un révélateur maintenu en mouvement peut aussi produire cet effet de silliouettage s'il agit très rapidement, comme le métol : l'attaque immédiate de la surface bouche par le dépôt d'argent les pores superficiels, ce qui oblige l'appel à s'exercer latéralement dans l'intérieur de la gélatine.

» Pour étudier l'influence de l'épaisseur du bain sur la diffusion, j'aifiut l'expérience suivante.

» Deux plaques, Tune A impressionnée sous un cliché, l'autre B modérément voilée, sont inclinées l'une sur l'autre dans le révélateur, depuis le contact jusqu à un ecartement de 3""", les gélatines en regard; le révélateur au métol, très dilué, est laissé en

repos. Au bout d'une heure, la plaque  montre une image qui, pour des épaisseurs de bain supérieures à i™", est voilée et couverte des stries bien connues qui prennent naissance dans le développement tranquille; puis l'image diminue d'intensité avec l'épaisseur, en restant encore très visible jusqu'au contact et très pure pour une épaisseur de o^^jS et au-dessous. Le silhouettage se manifeste nettement, surtout lorsque l'épaisseur devient inférieure à i™"". Si l'on examine maintenant la plaque B, on voit que l'intensité de la teinte y diminue en même temps que l'épaisseur du bain et devient nulle près du contact des deux plaques. De plus, pour une épaisseur inférieure à 1™", elle montre un négatif de l'image de A ; c'est-à-dire que, en face des parties où le révélateur a été plus ou moins épuisé par la plaque A, le développement du voile de la plaque B est plus ou moins supprimé. Ce résultat met bien en évidence l'influence de la diffusion dans un rajon de l'ordre du millimètre et confirme l'explication du silhouettage.

» J'ai repris cette expérience avec M. Cousin, au laboratoire de la Société française de Photographie.

» Après avoir vérifié que le négatif se fait d'autant mieux sur la plaque B que les deux plaques sont plus rapprochées, sans être jamais net, même au contact, à cause du rayon de diffusion, nous avons constaté qu'en réduisant au minimum l'épaisseur d'un révélateur énergique (l'ortol), c'est-à-dire en posant une lame de verre dans le bain sur la plaque à développer, les oppositions sont ménagées dans une très forte mesure, comme si l'on ajoutait du bromure de potassium.

» Nous avons été ainsi amenés à penser que les effets produits dans ces espaces restreints sont dus non passeulement à l'épuisement des substances actives du révélateur, mais aussi à la formation des produits d'oxvdation et de réduction, parmi lesquels figure le bromure alcalin retardateur que l'on sait produit par la réduction du bromure d'argent. De là aussi une application que j'appellerai développement confiné : il consiste à plonger la plaque dans l'eau pendant environ une minute, puis à la mettre dans un révélateur énergique et à la recouvrir presque aussitôt d'une lame deverre; ce moyen très simple, qui peut être réglé à volonté, équivaut à des variations très étendues dans la composition du bain sans qu'il soit nécessaire de modifier celui-ci.

» Au point de vue photographique, le .silhouettage tend à affermir et à durcir les contours; il est avantageux dans les reproductions au trait et ne présente d'inconvénient dans les demi-teintes que s'il est trop accentué et s'il s'applique aux lointains.

» En Physique, il est de nature à fausser l'interprétation de certaines expériences, par exemple dans le domaine des rayons Rontgen, en donnant des apparences qui peuvent être attribuées à la marche des rayons,

( 473 ) tandis qu'elles proviennent des circonstances du développement : bain tranquille, surtout en faiide épaisseur, ou révélateur trop rapide. »

PHYSIQUE. — Sur les points de fusion de l'argent et de l'or. Note de M. Daniel Berthelot ( ' ), présentée par M. H. Becquerel.

« La détermination des points de fusion de l'argent et île l'or présente pour la pvrométrie un intérêt sjjécial. Ce sont, en effet, les plus élevés des points de fusion que l'on ait mesurés par comparaison directe avec le thermomètre à air, et, comme on les utilise couramment pour la graduation des pyromètres, de leur exactitude dépend celle des points de transformation des métaux, des points critiques des alliages, etc.

» Les divers nombres donnés pour ces deux constantes n'étant pas très concordants, plusieurs physiciens ont signalé l'intérêt qu'il v aurait à en reprendre la mesure en valeur absolue ('-). C'est ce qui m'a engagé à y appliquer la méthode interférentielle décrite dans une Noie précédente et qui a sur les méthodes antérieures l'avantage d'être directe.

» Dans la partie centrale, à température constante, de l'appareil, on place côte à côte la soudure d'une pince thermo-électrique platine-platine iridié à lo pour loo et un fil d'argent de quelques millimètres de longueur qui ferme le circuit formé par deux fils de platine et en amène la rupture en fondant. On fait varier très lentement la température au voisinage du point de fusion de l'argent. A l'instant de la fusion, on note la force électromotrice de la pince, et l'on règle le courant qui chauffe le four de manière que cette force électromotrice ne varie pas pendant les mesures.

» Six séries d'expériences ('^) ont donné les valeurs suivantes pour le point de fusion de l'argent : 969°, 4< 961°, 8, 966°, 2, 965", o, 909°, 2, 961°, o; cinq séries d'observations ont donné pour l'or : io64",6, 1064°, o, 1062°,!, io63°,6, 1066°, 7; soit en moyenne : 962° pour le point de fusion de l'argent, io64" |)our le point de fusion de l'or.

» Il est intéressant de rapprocher ces nombres des résultats antérieurs.

(') Travail fait au laboratoire d'Enseignement physique à la Sorbonne.

(^) Le Ciiatelier, Comptes rendus, t. C.WI, p. 828; iSgS. — IIolman, Phitosophical Magazine, 5= série, t. XLI, p. 487; 1896. — Rausay, ibid., t. XLI, p. 36i; 1896.

(') M. Férent, directeur du laboratoire du comptoir Lyon-AIemand, a eu l'obligeance de me remettre des échantillons d'argent et d'or parfaitement purs.

» La première mesure précise du point de fusion de l'argent est celle de PoulUel ( ' ) qui, avec un thermomètre à air, à réservoir de platine, trouva looo".

» En 1862, E. Becquerel (-) ioaugura le procédé repris par les plus récents observateurs; il détermina les points de fusion à l'aide d'un couple platine-palladium étalonné avec un thermomètre à air. Le réservoir de ce dernier était en platine épais; on le plaçait à côté de la pince, vers le milieu d'un tube en terre qui traversait un fourneau à dôme, chauffé au charbon de terre ou des cornues. En réglant les registres on obtenait des températures stationnaires pendant vingt minutes, et on lisait les indications des deux instruments. Dans une autre série d'observations, on notait l'indication de la pince au moment de la fusion d'un fil d'argent ou d'un fil d'or. E. Becquerel fixa ainsi le point de fusion de l'argent à gôo" et celui de l'or à 109''.°.

» Mais H. Sainte-Claire Deville, ayant obtenu des nombres plus élevés en emploj'aut la dilatation de la vapeur d'iode, dont on ignorait l'anomalie, critiqua l'emploi du platine qui deviendrait perméable aux gaz à la température du rouge. E. Becquerel fit alors une seconde série d'expériences en substituant au réservoir de platine un réservoir de porcelaine ('). 11 trouva ainsi des nombres de !\o° plus bas que les précédents. La cause de cette divergence réside dans la mauvaise conductibilité de la porcelaine qui empêche l'équilibre de température de s'établir, en sorte que l'air contenu dans le réservoir reste toujours à une température plus basse que la pince placée au dehors.

» De 1877 à 1879, M. Violle (*), dans une série de recherches devenues classiques, mesura la chaleur spécifique du platine au moyen du thermomètre à air et s'en servit pour déterminer les points de fusion des métaux réfractaires. Il trouva 954° pour celui de l'argent et io35° pour celui de l'or.

» En 1879, MM. Erhard et Schertel (»), en chaufl'ant dans un moufle deux réservoirs en porcelaine dont l'un servait de thermomètre à air et dont l'autre contenait le métal étudié, trouvèrent gâ^" pour la fusion de l'argent, 1075° pour celle de l'or.

» En 1889, M. Barus (*) étalonna plusieurs couples platine-platine iridié à 20 pour 100 au moyen de divers thermomètres à air. 11 se servit d'un four à gaz rotatif pour uniformiser les températures. Reprenant un dispositif déjà employé incidemment par Becquerel {Comptes rendus, t. LVII, p. 900; i863), il fit construire des réservoirs en porcelaine avec cavité rentrante en forme de doigt de gant pour y loger le couple afin que la soudure, bien qu'extérieure au thermomètre, prît la température de la masse d'air intérieure; mais cette précaution est insuffisante; comme dans la seconde série de Becquerel, la paroi de porcelaine empêche l'égalisation des températures. Or, le réservoir du thermomètre est presque entièrement enveloppé par un

(') Comptes rendus, t. III, p. 183; i836.

(5) Annales de Chimie et de Physique, 3" série, t. LXVIII ; i863.

(') Annales du Conservatoire, t. IV, p. 697; i863.

(^) Comptes rendus, t. LXXXV, p. 543; 1877; t. LXXXVII, p. 981; 1878; t. LXXXIX, p. 702; 1879. — Journal de Physique, t. Yll, p. 69; 1878.

(°) Jahrhuch fïir das Berg und Huttenwesen in Sachsen; 1879.

C) Bulletin of the United States geological Suney, n° 54; 18S9. American Journal of Science, t. XLVII, p. 366; 1894, et t. XLVIII, p. 332; 1894.

moufle; la pince, au contraire, ne louche pas les parois de l'appareil et est située au fond d'une sorte de tube creux, assez court, en communication avec l'air extérieur. Le thermomètre est donc à une température supérieure à celle de la pince, et les nombres de M. Barus (986" pour la fusion de l'argent, 1091° pour la fusion de l'or) sont trop élevés.

» En 1892, MM. Holborn et '\^'ien (M graduèrent, avec le thermomètre à air, une pince Le Chatelier platine-platine rhodié à 10 pour 100. Pour assurer l'égalité de température entre la soudure du couple et la masse d'air thermométrique, ils empruntèrent à M. Callendar le dispositif très heureux qui consiste à placer les fils du couple à l'intérieur du réservoir en porcelaine. Le mode de chauflage adopté (four à gaz chauffé par le bas avec sortie des gaz par le haut) prête, par contre, à critique. Les températures qu'il fournit ne sont ni stationnaires, ni même uniformes. Le bas du réservoir est chauQ'é plus fortement que le haut, et la soudure du couple donne une indication complexe qui dépend du rayonnement des diverses parois à inégale température. H est difficile de juger de la précision obtenue, les auteurs ne donnant le détail d'aucune mesure et ne faisant pas connaître les dimensions de leurs appareils. Les points de fusion ont été trouvés par la méthode de rupture des fils : 968° pour l'argent (971° dans un travail postérieur), et 1072° pour l'or.

» Le Tableau suivant résume ces résultats :

Point ErUard Holborn

de E. Becquerel. Violle. et Scherlel. Burus. et Wien. D. Berlhelot.

fusion. 1863. 1879- 1879. 1894. 1895. 1898.

Argent... 960» 954° 954° 986° 971° 962°

Or 1092° loS.")" 1073° 1091° 1072° 1064"

» Sauf la série de M. Barus, qui paraît, comme il a été dit, entachée d'une erreur svstématique, les mesures du point de fusion de l'argent sont assez concordantes, les divers nombres tombant entre 904° et 971°. Les résultats obtenus pour le point de fusion de l'or sont plus discordants; mais il suffit de connaître l'un de ces deux points pour fixer l'autre d'une manière très approchée par les méthodes électriques, qui sont susceptibles d'une grande précision et dont l'emploi, d'une légitimité douteuse pour une extrapolation étendue, ne peut conduire qu'à de faibles erreurs pour une interpolation ou pour une extrapolation peu étendue. Abstraction faite des valeurs absolues, l'écart entre les points de fusion de l'argent et de l'or a été trouvé de io5° à ioS° par M. Barus (couple platine-platine iridié à 20 pour 100), de ici" à 104° par MM. Holborn et ^^ ien (couple platine-platine rhodié à 10 pour 100), de 100° à loô" par ^L Le Chatelier (-) (même couple), de 102° par MM. Holman, Lawrence et Barr (') (même couple), de 101° par MM. Ueycock et Xeville ( *) (variation de résistance d'un fil de platine).

)i II résulte de là que Técart euLre les points de fusion de l'argent et de

(') Wiedemann's Annalen (II), t. XLVII, p. 107; 1892, et t. LVI, p. 36i: 1890.

(') Comptes rendus, t. CX.Xl, p. 323; 1895.

(') Philosophical Magazine. 5*^ série, t. XLII, p. 87; 1896

(') Joui nal of llie cheniical Society . i. LXN II, p. i6o; iSgô.

( 476 ) l'or est un peu supérieur à loo". Or la différence entre les deux nombres 962° et 1064", déterminés indépendamment l'un de l'autre par la méthode intcrférentielle, est de 102°. Cette concordance est une confirmation de l'exactitude de ces nombres. »

CHIMIE APPLIQUÉE. — Détermination de la densité des gaz sur de très petits volumes. Note de M. Th. Sciilœsing fds, présentée par M. Duclaux.

« La méthode que j'ai indiquée dernièrement (Comptes rendus, 17 janvier 1898) pour la détermination de la densité des gaz sur de très petits volumes, se résume ainsi : Dans un système de deux tubes verticaux, À et B, de faible diamètre, pouvant communiquer par leur partie inférieure, on dispose trois gaz, superposés deux à deux dans chaque tube; quand ils se sont mis en équilibre, on détermine la position des surfaces idéales a et p suivant lesquelles les gaz se touchent, en faisant disparaître l'un des gaz de chacun des tubes par un absorbant convenable ou, plus généralement, en analysant le contenu de A et de B ; des distances, h et h', de a et (3 au haut des tubes, on déduit la densité cherchée d'un des trois gaz, celles des deux autres étant connues.

» J'ai étudié soigneusement cette méthode dans le cas où l'un des gaz auxiliaires est de l'anhydride carbonique et où les extrémités supérieures de A et de B, munies des prolongements horizontaux dont j'ai parlé, étant ouvertes dans l'atmosphère, le second gaz auxiliaire, celui qui s'introduit à la suite de la colonne initialement la plus lourde, est de l'air ordinaire. Dans ce cas, on a f/„ = i et (5,, = 1,529, ^^ ^^ relation

/i'd[^ = /idf, -+- (h' — h) rt„

donne pour la densité cherchée l'expression très simple

» Je vais rendre compte de déterminations faites sur des gaz moins lourds que l'anhydride carbonique; elles montreront le degré de pr»^cision de la méthode.

» L'équilibre dont ou doit attendre l'établissement complet avant de mesurer li et A' est, je l'ai dit, loin de s'obtenir instantanément; une étude méthodique était utile pour fixer les idées sur le temps qu il met, dans

( 477 ) chaque cas, à se produire. Je l'ai faite d'abord en opérant sur l'air comme sur un gaz dont on cherche la densité : la branche A est remplie d'anhydride cax'bonique et la branche B d'air; on ouvre la communication entre A et B pendant une, deux, trois, . . . minutes, et l'on voit, par la détermination des positions de a et de ^, quel a été le déplacement des gaz après chaque durée; à partir du moment où Ton trouve * et p dans un même plan horizontal (A = A), l'équilibre est établi.

» Voici un exemple. (T est le temps durant lequel on laisse l'équilibre se produire, c'est-à-dire le temps qui s'écoule entre le moment où l'on ouvre la communication des deux branches A et B et celui où on l'inlerceple.)

Densité T, en minutes ('. 1- ?. 3. 4. 6. 8. réelle.

h' — h (ou distance verticale de a et |5), en millim. 1145 216,3 3i,9 1,9 — 0,2 — 1,4 — 2,3

/(', en millimètres ii^ô 688,7 544)2 532,2 534, 1 229,2 628,7

Densités » » » » 1,000 0,999 0,998 1,000

» Ici, au bout de quatre minutes, la distance a|î était sensiblement nulle; l'équilibre était réalisé. On remarquera que cet équilibre s'est ensuite troublé très légèrement. C'est là une conséquence d'effets complexes de la diffusion entre les gaz qui se pénètrent, effets croissant à mesure que celle-ci se poursuit. Il y a donc intérêt à ne pas prolonger inutilement une expérience. Quand on est bien certain, d'après une étude préalable de l'appareil, que l'équilibre est établi, il convient d'isoler, sans attendre, les deux branches A et B et de déterminer h et /?'.

» Azote chimique. — Azote pur, sans argon, tiré de l'azotate d'ammonium. Densité réelle : 0,967.

Densité T, en minutes 2. 4. 6. 8. 10. 12. réelle.

A'— /i, en millimètres.. . . 9,5 82,8 Sa, .5 82,6 88,7 3o,8

A', en millimètres 628 589,5 5i5,4 5i6,7 021,2 4^9,5

Densités trouvées Oi990 0,968 0,967 0,967 0,966 0,966 0,967

« A partir de six minutes, et sans doute de cinq seulement, l'équilibre était réalisé; entre six et huit minutes, la densité a été obtenue à moins de TïïiTïï près.

» Oxygène. — Préparé par le chlorate de potassiimi pur; conservé plusieurs mois sur le mercure. Densité réelle : i, 1002.

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