‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 130 sur 425 · C. 11., iSyS, I-' Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. 11., iSyS, I-' Semestre. (T. CXXVI, N

» La liqueur aqueuse, virée au violet par un acide, se décolore sous l'influence de l'acide sulfureux.

» Si l'on admet qu'il s'est forme durant l'opération riiii des corps

Br OK Br OK

i \ Il

CAz^^c(^^^)c = A..C of, CA.'-^c(^ = pc = Az=C, Br OK ■ OK Br

la théorie indique qu'il doit contenir C.... 22,74. Br... .37,91, Az . . . . 13,27, K.... 18,48 pour 100.

» Or j'ai trouvé C 22, 3o, Br 87,40, A/. '3,91, K 18.10.

» De plus, en admettant que le corps C Az^ ^ CBr^^OK)- = Az- C cristallise avec deux molécules d'eau, la chaleur doit lui faire perdre 7,8 pour 100 de son poids. J'ai trouvé expérimentalement 7,5.

» Le produit cristallisé répond donc à la formule d'une dicyaniminodibromodioxyquinone dipotassique cristallisée avec deux molécules d'eau

CAz- = C''Br-(OK)- = AZ-C.2H-O.

» Traitée en solution aqueuse par un acide, elle donne un produit violet qui, sous l'influence de l'acide sulfureux, c'est-à-dire d'un réducteur, se transforme en un leuco-dérivé, réaction analogue à celles que fournissent les auramines.

» Le sel dipotassique fait la double décomposition avec l'azotate d'argent et le chlorure de barvum, donnant un sel d'argent insoluble et un sel de baryum peu soluble.

» Le chloranile m'a donné des résultats analogues.

» D'ailleurs les quinones non substituées se combinent à la cvanamide en solution alcoolique bouillante, et la benzoquinone fournit un produit insoluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, qui paraît correspondre à la formule d'une dicyaniminobenzoqiiinone CAz^^ C°H' = .\z-C. »

CHIMIE MINÉRALE. — Recherches sur le pliuspJiore organ'que. Note de M. L. Jolly, présentée par M. Henri Moissan.

« En démontrant, au moyen du réactif molvbdique ('), l'union intense des phosphates minéraux avec les éléments histologiques animaux, union qui n'est pas complètement détruite par leur désorganisation, témoin les expériences d'Henninger sur les peptones, celles de VVurtz sur l'albumine, nous nous sommes demandé si l'existence admise encore du phosphore mélalloïdique dans une molécule organique, malgré la découverte de' l'acide phosphoglvcérique dans les lécithines nerveuses, ne serait pas due à cette impossibilité d'éliminer toute trace des phosphates minéraux des substances étudiées.

» Nous avons pensé que le procédé suivant nous permettrait de vérifier s'il existe du phosphore métalloïdique intégré dans une molécule organique des tissus animaux ou des matières albuminoïdes végétales.

» La substance à étudier étant bien homogène de composition, nous la divisons en deux parties égales : la première est desséchée, puis incinérée progressivement sans aller jusqu'à la disparition complète du charbon. Celui-ci, pulvérisé, est épuisé par l'acide chlorhydrique dilué bouillant; l'acide phosphorique est précipité à l'état de phosphate ammoniacomagnésien. Séparé par filtration, ce précipité est redissous et l'acide phosphorique est dosé par la solution uranique.

» La seconde partie est oxydée à chaud jjar un grand excès d'acide nitrique pur jusqu'à décoloration complète de la masse. Vers la fin, on ajoute quelques grammes de nitrate dépotasse pur, afin que l'oxydation soit parfaite. La masse, desséchée, puis calcinée, est traitée comme nous venons de le dire.

» La différence entre les deux quantités d'acide phosphorique trouvées à l'analyse permettra de déterminer le phosphore organique.

M Sachant que lesphosphalesniinéraux calcinés en présence du ch.trbon perdent une partie de leur acide phosphorique qui, d'abord trausformé en phosphure métallique, disparait ensuite à 1 état de phosphure d'hydrogène, quand la masse calcinée est traitée par l'acide chlorhydrique pour séparer les phosphates, nous avons fait les expériences suivantes :

(') Com/Ucs rendus, ii octobre 1897.

)> 1° 20S'' de légumine sèche onl été calcinés sans aucune addition; nous avons relire :

Acide phosphorique 0,090

» 2° aos' de mêaie" substance ont été additionnés de 26'' de bicarbonate de soude pur dissous. La masse est gonflée, sans trace de dissolution après vingt-quatre heures de contact. Séchée, puis calcinée, elle a donné :

Acide phosphorique o, i35

» 3" Une autre quantité égale de légumine a été additionnée de 4°' de soude caustique pure dissoute. Après vingt-quatre heures, la masse est devenue pâteuse, gluante, comme dissoute. Desséchée, puis calcinée, nous trouvons :

Acide phosphorique 0,280

» Ces résultats nous indiquent que les substances à étudier doivent être calcinées en présence d'un excès d'alcali caustique.

» 4° 20»'" de légumine sont traités à chaud par un grand excès d'acide nitrique pur jusqu'à décoloration. Vers la fin de l'évaporation efTectuée lentement, la niasse est additionnée de 4°"' de soude caustique, puis desséchée avec grande précaution et enfin calcinée lentement afin d'éviter une déflagration vive avec projection de matière. Le résultat a été :

Acide phosphorique o, 280

» Le gluten soumis à deux traitements identiques a fourni les résultats suivants :

1° 20S'' non oxydés renferment : acide phosphorique o,o3o

2° 20S'' oxydés donnent : acide phosphorique o,o3o

M Les substances animales qui ont servi à nos analyses ont été empruntées au mouton : cerveau et chair musculaire (gigot).

» Une cervelle de mouton du poids de iio?'' a été réduite en pulpe homogène et divisée en deux parties de 5oS'' chacune.

» La première, additionnée de 4°'' de soude caustique, évaporée, puis calcinée, a donné :

Acide phosphorique o,225

» La seconde, traitée par l'acide nitrique et la soude caustique, comme il est dit plus haut, a donné :

Acide phospliorique o,225

» Un fragment de chair musculaire de mouton a été haché finement, afin que la masse soit aussi homogène que possible, et divisé en deux parties de 5oS'' chacune.

La première, calcinée en présence de la soude, donne : acide phosphori(|ue. . . o, i4o La deuxième, oxydée puis calcinée avec soude, donne : « . . . o, i4o

» Nous ferons remarquer, en passant, que le cerveau de mouton est presque deux fois plus riche en acide phosphorique que son tissu musculaire.

M Nos analyses ne confirment donc pas l'existence du phosphore raétalloïdique non oxydé intégré dans une molécule organique.

M Nous considérons ces recherches comme le corollaire utile de notre précédent travail. Elles nous faciliteront, en outre, la démonstration prochaine que les expériences de ]\I.M. Lépine et Aubert, insérées aux Comptes rendus en 1884, ne permettent pas d'affirmer qu'il y a élimination par la voie urinaire de phosphore incomplètement oxydé. »

PHYSIOLOGIE EXPÉRI.MEXTALE. — Les inhalations de chloroforme déterminent-elles la production d'oxyde de carbone dans le sang? Note de M. L. DE Saixt-3Iartix.

(' Dans une Note récente ('), MM. Degrez et Nicloux ont annoncé que le sang de chiens longtemps maintenus sous le chloroforme, traité par l'acide acétique, dégage de l'oxvde de carbone (environ 5" par litre). Ils ont conclu à l'existence de ce gaz dans le sang des sujets anesthésiés, et attribué sa formation à la décomposition du chloroforme par les liquides alcalins de l'organisme.

» Je laisse de côté la question de Chimie pure; mais cette conclusion, au point de vue physiologique, m'a paru mériter confirmation. Car, si elle était reconnue exacte, on pourrait justement l'invoquer comme contreindiquant l'emploi du plus précieux et du plus usité des agents anesthésiques.

» J'ai donc cru devoir reprendre les essais de ces expérimentateurs, mais en substituant, à la méthode indirecte du grisoumètre, l'emploi du spectroscope et le dosage direct de l'oxyde de carbone au moyen du chlorure cuivreux. A cet effet, j'ai combiné les deux procédés que j'ai fait précédemment connaître (') pour la recherche, dans le sang, de traces de gaz rares ou anormaux (oxyde de carbone, hydrogène protocarboné), et

(') Degrkz et XicLOix, Comptes rendus, 6 décembre 1897.

(') L. DE Saint-Martin, Recherches expérimentales sur la respiration, p. 270 (Paris, 1898), et Comptes rendus, l. CXIX, p. 83.

( 534 ) j'ai fait porter mes expériences non senlemenL sur le sang d'animaux anesthésiés, mais aussi sur le sang normal.

» Voici la marche suivie dans chacune des expériences ci-dessous relatées :

» Soc^" de sang sont inlroduils clans le ballon-récipienl d'une ponijie à mercure avec 10'^'= d'iuiile, et épuisés, à la température de 45°, des gaz que le vide employé seul peut enlever, d'abord à l'aide de la trompe à eau et finalement en manœuvrant la pompe. Ces gaz ne sont pas recueillis. Quand la pompe ne ramène plus que des traces d'acide carbonique entièrement absorbable par la potasse, on ajoute au sang la moitié de son volume, soit 25o'^'^, d'une solution saturée d'acide lartrique récemment bouillie et bien exempte d'acide sulfurique libre. Puis, au moyen de quelques coups de pompe, on extrait les gaz dégagés par l'action de l'acide sur le sang, et on les rassemble dans une éprouvetle pleine de mercure. Pour terminer, on fait passer dans le récipient 5" d'une solution de carbonate de soude sec à i pour loo; les 10='^ d'acide carbonique qu'ils renferment sont immédiatement mis en liberté, et on les réunit, par un dernier épuisement, aux gaz déjà recueillis.

» On obtient de la sorte dans l'éprouvette So"" à 4o" de gaz, qu'on soumet successivement à l'action de la potasse qui en absorbe environ les neuf dixièmes, puis de l'hydrosulfite de soude pour éliminer l'oxygène, s'il en existe. Le résidu, composé d'oxyde de carbone, d'azote et peut-être de traces d'hydrogène et d'hydrogène protocarboné, est d'abord agité avec une dilution de sang de chien à J-. de centimètre cube, qu'on a pris soin de priver de gaz tout en réduisant l'hémoglobine, en la maintenant longtemps à 40° et en la soumettant alternativement, à plusieurs reprises, à l'action du vide et d'un courant d'hydrogène.

)) Ces 2'^'^ de sang étendu jjeuvent absorber au maximum o'^'^,o5 doxvde de carbone, et en absorbent en réalité moins de la moitié dans les conditions de l'expérience, l'oxyde de carbone n'existant dans le mélange gazeux qu'en proportion d'un tiers au plus. On sépare la dilution sanguine du résidu gazeux, et on la soumet à l'examen spectroscopique, après addition d'une goutte de sulfhydrate d'ammoniaque, dans une petite cuve close exactement remplie et bien bouchée. L'oxyde de carbone est ensuite dosé dans le mélange gazeux, par absorption au moyen du chlorure cuivreux en solution chlorhydrique.

» Voici les résultats obtenus par cette méthode, chaque expérience avant toujours porté sur ooo'^'^ de sang :

» Expérience I. — Chien de 3o''S, trochéotomisé, canule dans la trachie, aneslhésié avec un mélange titré à los'' de chloroforme par hectolitre d'air, maintenu ensuite endormi pendant deux heures avec un mélange à Ss"' par hectolitre, et sacrifié par hémorragie. Le sang a été recueilli sur de l'oxalate de potasse (is"') pour empêcher sa coagulation (' ).

(') Qu'il me soit permis d'adresser ici mes remercîments à M. le professeur Daslre,

» La dilution sanguine, agitée avec le résidu gazeux, présentait à un haut degré la réaction speclroscopique de l'oxvde de carbone : les déterminations spectrophotométriques y accusaient -3 pour loo de riiémoglobine à l'état oxycarboné.

» Oxvde de carbone dans le gaz restant : o",9i, soit i"'<',82 par litre.

» Expérience II. — Sang de bœuf normal, recueilli à l'abattoir, défibriné par batlage en l'absence de toute fumée de tabac.

» Réaction speclroscopique très nette de l'oxyde de carbone.

» Oxyde de carbone : o",4, soit o",8 par litre.

» Expérience III. — Fort chien, soumis aux inhalations de chloroforme comme dans l'expérience I.

n L'essai speclroscopique n'a pas été pratiqué.

» Le résidu gazeux a fourni i"^'=,2 d'oxyde de carbone, soit 2'^'', 4 par litre de sang.

» Expérience /T'. — Sang normal d'un chien de grande taille, exclusivement nourri au lait pendant six jours, quelque peu anémié. (Hémoglobine par litre de sang : iSis'.) Sacrifié par hémorragie.

» L-a dilution sanguine présente très nettement les caractères spectroscopiques de l'hémoglobine oxycarbonée.

» Oxyde de carbone : o",6, soit V.i par litre de sang.

» Expérience V. — On fait pénétrer, dans le récipient Wdé d'air de la pompe à mercure, 200" de la solution d'acide tartrique employée pour les expériences précédentes, 10'"'" d'huile, 2S'' d'oxalate neutre de potasse et 20''<^ de la solution de carbonate de soude à i pour 100, et l'on procède à l'épuisement à chaud.

» Les gaz recueillis, traités comme ci-dessus, ne renferment pas trace d'oxyde de carbone.

» Les petites quantités de ce gaz, dosées dans les expériences I à IV, viennent donc bien des échantillons de sang et non des réactifs employés.

» Je pa.sse sous silence quelques autres essais, qui confirment purement et simplement ces résultats.

» En résumé, on voit que le sang normal, de même que le sang des animaux soumis aux inhalations de chloroforme, dégage, lorsqu'on le traite dans le vide à 4o°, par un acide organique, de petites quantités d'oxyde de carbone, comprises entre 0,08 et 0,2 pour 100. Ce gaz pré-' existe-t-il dans le sang? Je ne le pense pas et je crois plutôt qu'il prend naissance par l'action de l'acide sur une substance contenue dans le sang, et cela par lui mécanisme analogue à celui qui produit des traces d'oxyde de carbone lors du dosage de l'oxygène au moven des pyrogallates alcalins.

dans le laboratoire duquel ont été elTectuées les vivisections nécessaires à ces expériences.

» Si donc l'expérience de MM. DegrezetNicloux est parfaitement exacte en elle-même, il ne me paraît pas qu'on puisse accepter la conclusion qu'ds en tirent, et attribuer au chloroforme la singulière propriété de donner naissance, dans le sang, à de l'oxyde de carbone.

» Il reste à trouver, pour remplacer les acides organiques, un réactif capable de dégager l'oxyde de carbone fixé sur l'hémoglobine, mais n'en produisant pas trace quand on le mélange avec le sang normal. J'essaie, dans ce but, la solution concentrée de sulfate ferreux saturée de bioxyde d'azote. »

CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur l'oxydase du Botrvtis cinerea. Note de M. J. Laborde, présentée par M. Duclaux.

« Le Botrj^tis cinerea, vivant en parasite sur le raisin, sécrète, comme je l'ai établi précédemment ( '), une oxydase que l'on trouve dans le moût de raisin et dans le vin après fermentation de ce moût; c'est elle qui provoque ensuite essentiellement, dans le vin exposé à l'air, l'altération connue sous le nom de casse brune.

» Pour étudier ces questions, il fallait d'abord rechercher une méthode de dosage de l'oxydase. Celle que j'ai trouvée est basée sur la coloration bleue que l'on obtient avec la teinture de gaïac, et sur sa comparaison (au colorimètre Dubosc) avec la même couleur que donne, avec la même teinture, o'°^'',5 d'iode pour ao'^'^ du mélange; l'intensité de celle-ci étant prise pour unité. A l'aide de cette mélhode de dosage, j'ai pu obtenir les résultats qui vont être indiqués.

» Le Bolrytis cinerea pur, ensemencé sur des raisins blancs stérilisés, envahit d'abord leur pellicule qui brunit complètement au bout de trois à quatre jours, en donnant naissance à quelques fructifications aériennes. La quantité d'oxydase sécrétée est alors de trois unités environ.

» Au bout d'une semaine, lorsque les laisins sont couverts de fructifications abondantes, la proportion d'oxydase s'élève à cinq ou six unités; si l'on prolonge l'action de la moisissure, elle peut atteindre trente unités au moins.

» Dans une Note précédente (^), j'ai indiqué que les solutions d'oxy-

(,') Comptes rendus, décembre 189G.

{■^) CoiniJles rendus, juillet 1897.

( 537 ) dase perdent graduellement toute activité après absorption d'oxygène de l'air. Cette perte progressive est mise en évidence pnr les chiPlVes suivants, obtenus avec un liquide diastasifère exposé à l'air |)endant un certain temps et contenant au début 5,5 unités d'oxydase :

Durée Oxydasc

Taération. restante. perdue.

2 jours 3,5 2,0

4 jours 2,8 2,7

6 jours 2.4 3,1

1 2 jours 0.8 4-7

» On voit que la destruction de Toxydase est assez lente; elle est plus grande dans les premiers temps de l'aération que dans les derniers.

» La chaleur, comme on sait, détruit aussi l'oxydase. Un liquide diastasique acide, contenant cinq unités d'oxydase, a été chauffé à des températures croissantes, toutes choses égales d'ailleurs, et, après refroidissement, les divers essais ont donné les chifTres suivants :

Oxydase Températures. restaate. détruite.

85 néant 5, 00

» Même après chauffage à 75" et So", il reste encore de l'oxydase active ; cependant, l'action sur la couleur du vin rouge de cette oxvdase chauffée e.st beaucoup moins énergique que celle d'une quantité correspondante d'oxydase fraîche.

» En étudiant les variations de l'oxydase dans la fermentation du moût de raisins moisis, j'ai trouvé que :

» 1° La quantité d'oxydase qui reste, toujours plus faible que la quantité initiale, dépend de la durée de la fermentation ; elle est plus grande avec les levures plus actives qu'avec les levures moins actives. Ainsi, la fermentation ayant duré dix jours avec les premières et quinze jours avec les secondes, il restait respectivement 5o et 35 pour 100 de la quantité initiale d'oxydase;

Page 1