‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 131 sur 425 · C. R., 1S9S, ." Semtilre.(T. CX.WI, N' 7.) 7O · texte numérisé non relu

C. R., 1S9S, ." Semtilre.(T. CX.WI, N' 7.) 7O

» 2" Les températures habituelles de la fermentation n'ont pas d'influence; à 25° et à 36°, la perte d'oxydase a été la même;

» 3° Les ferments de maladie du vin, qui peuvent se développer en même temps que les levures, ne paraissent pas agir sur l'oxydase. Les résultats ont été les mêmes qu'avec les levui'es pures, bien que ces ferments se fussent multipliés suffisamment pour produire 2.^'^, 5 d'acidité volatile par litre dans un essai, et S^"', 2 dans un autre.

» Si, au lieu de se trouver dans les conditions de la fermentation des vins blancs, comme dans les expériences ci-dessus, on se place dans celles de la fermentation des vins rouges, on observe que la proportion d'oxydase restante est plus grande; il peut en rester, par exemple, 80 pour 100 de la quantité initiale. Cela s'explique, si l'on considère que, dans ces conditions, l'aération du liquide est plus faible, grâce à la formation du cha- ])eau, et qu'une certaine quantité d'oxydase qui n'existait pas dans le moût au début, s'y est diffusée, pendant la fermentation des cellules de la moisissure portée par les raisins.

» Les résultats précédents ne peuvent avoir d'intérêt pratique que si l'on connaît les effets de la quantité d'oxydase prise pour unité. En mélangeant, à un vin rouge stérilisé, un volume convenable d'une solution d'oxydase de richesse connue, et en exposant ensuite ce vin à l'air pendant un temps suffisant, on a trouvé que la quantité de matière colorante précipitée par l'unité d'oxydase est voisine de i^'' par litre. Mais l'action de l'oxydase ne se borne j)as là: la couleur non précipitée est complètement jaunie, le vin peut être considéré comme perdu.

» En somme, on voit combien sont dangereux les effets du Bolrytis cinerea qui a envahi une récolte; si, au moment des vendanges, on a ^ de cette récolte atteint de pourriture grise, même peu développée, il peut exister dans le vin une quantité d'oxydase assez grande pour le faire casser complètement. >>

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Tuberculose et pseudo-tiiberculoses.^oie de, MM. Bataillon et Terre, présentée par AL de Lacaze-Duthiers.

« Nous avons décrit précédemment, chez l'animal à sang froid, une forme spéciale de tuberculose, évoluant dans de larges limites de température ('); puis nous avons indiqué que la tuberculose humaine ou aviaire,

(') Bataillon, Dubard el Terre, Un nouveau type de tuberculose {Comptes ren^ dus de la Société de Biologie, 14 "lai iSgj)-

( 539 ) après passage sur la grenouille ou sur la carpe, fournit des cultures analogues ('). Les expériences ont été multipliées jusqu'à la fin d'août, et quinze fois l'humaine et l'aviaire nous ont donné les mêmes résultats. A cette époque, les irrégularités nous ont paru explicables par des formes plus profondément modifiées, douées d'une grande puissance végétative, envahissant les milieux de la culture.

» Ces formes nous semblent actuellement rentrer dans le même cvcle évolutif. Et, pour nos études ultérieures, il est indispensable de donner à chacune d'elles une étiquette commode. Appelons donc A le tvpe bacillaire de Koch et B la forme que nous avons décrite en mai, adoptée aux tempétures basses.

» Une troisième forme fut tirée de l'humaine, le 12 août, après un passage de trois jours sur la grenouille. Les cultures crémeuses sur les milieux solides évoluent très rapidement entre 12" et 48° en milieux liquides. C'est un bacille ayant la réaction Roch-Ehrlich et se distinguant nettement de notre tvpe B par trois points : les cultures ont un aspect tout différent, elles se développent facilement aux températures élevées, elles troublent le bouillon ordinaire. Ce tvpe, dont la plasticité est grande et sera marquée ultérieurement, occupe-t-il une place intermédiaire entre A et B? Des reports dans les sacs lymphatiques dorsaux de la grenouille nous ont donné, contrairement à notre attente, une forme nouvelle.

» Les colonies sont brunâtres sur pomme de terre; sur les autres milieux, elles ne diffèrent guère des précédentes, et, comme ces dernières, elles ne liquéfient pas la gélatine. Ce sont des bacilles aréoles avec des points de condensation, et s'il n'y en a qu'un à chaque extrémité, de véritables tonnelets rappelant le tvpe décrit par Courmont en 1887. Les méthodes d'Ehrlich et de Qram ne les colorent pas. Mais sur un milieu se desséchant progressivement, sur des tubes de gélatine non capucbonnés, par exemple, on constate, en douze ou quinze jours, l'apparition graduelle d'un voile opaque constitué par des bacilles tvpiques; même phénomène sur des milieux qui s'épuisent. Les formes primitives semblent sporuier pour fournir ces éléments spéciaux capables de multiplication dans certains milieux; c'est un point que nous réservons pour aujoiu'd'hui. En tout cas, les coupes pratiquées sur nos plaques de gélatine montrent une couche superficielle bien limitée de bacilles colores par la méthotle d'Ehrlich : il n y en a pas un seul dans la profondeur.

(') Bataillon et Terre, La forme saprophylique de la tuberculose humaine et de la tuberculose aviaire {Comptes rendus, 1 4 juin 1897).

» Voilà deux types nouveaux dérivés de A. Les préparations du premier, tirées de cultures jeunes, ne laissent guère place au doute. Quant au second, il fournit la marque de son origine en développant le voile de formes typiques dont nous avons parlé. Nous appellerons dans l'ordre de description le premier a, le second |3, admettant provisoirement la continuité de la série A, a, B, p.

» Mais écartons cet exposé morphologique pour passer à l'expérimentation.

» Nous inoculons à des cobayes la culture décrite tout à l'heure et obtenons irrégulièrement la mort en moins de deux mois avec une magnifique tuberculose de la rate et du foie et quelques grains dans le mésentère. Impossible de mettre en évidence, dans ces édifications, un seul germe ayant la réaction Koch-Ehrlich. Mais on trouve en abondance un bacille plus ou moins long, difficilement colorable, avec des points de condensation.

» Une seconde série de cobaj'es reçoit en injection à la cuisse les tubercules brodés. Les sujets meurent entre le onzième et le vingtième jour avec la rate gonflée, farcie de tubercules, le foie semé de granulations moins abondantes et moins volumineuses. Pas trace de bacille de Koch.

» Une troisième série se comporte de même; la mort arrive avant le vingtième jour avec les mêmes édifications. Les mêmes cultures sont isolées dans tous les cas : ce sont des bacilles mobiles rappelant le type de Courmont par bien des points. Pourtant la puissance végétative s'affaiblit rapidement; et, les cultures du premier groupe donnant d'abord sur bouillon un trouble floconneux, les générations ultérieures végètent péniblement et ne troublent plus. Les cultures donnent les mêmes résultats que les produits directs et l'édification ne demande pas plus de cinq jours.

» Les lapins inoculés jusqu'ici sont morts plus ou moins rapidement, très amaigris mais sans tuberculisation des viscères.

» Ainsi le bacille humain transporté sur le cobaye après un court passage sur la grenouille nous a fourni des séries d'animaux tuberculeux ne renfermant pas le bacille de Roch, mais une forme rappelant certains germes de pseudo-tuberculose; jusqu'ici les lapins sont morts sans édification, le bacille inoculé existant en abondance dans le s;mg et dans les viscères.

» Nous faisons ingérer à des lapins de grandes quantités de nos anciennes cultures B. L'un d'eux meurt au bout de trois mois et demi extrêmement amaigri. Le foie porte quelques granulations et, dans la veine cave dilatée, au niveau des reins, nagent de véritables édifications lardacées intravasculaires. Dans le sang, dans les tubercules, nous trouvons des myriades de bacilles rappelant à première vue ceux décrits au paragraphe précédent; pas un seul bacille de Koch. Le sang de ce lapin est inoculé à une série de cobayes : la mort arrive en moins de cinq jours sans édification avec les mêmes germes dans l'œdème local, le sang, le foie, etc. Les séries ont été multipliées et, jusqu'ici, l'évolution de la maladie n'a pas changé de caractères. Contrairement au cobaye, le

lapin se tiiberculise. L'inoculation intravasculaire des cultures jeunes peut entraîner la mort en moins de quinze jours et déjà le foie et la rate sont farcis de tubercules.

» Les cultures isolées diflerent des précédentes par une puissance végétative extraordinaire qui se maintient à 4"°; le trouble du bouiHon est beaucoup plus persistant.

» Voilà donc un deuxième gt'oupe de pseudo-tuberculose avant une autre origine. C'était primitivement un bacille aussi bien et même mieux caractérisé que le précédent comme bacille de Roch. Et cette deuxième série rappelle, à s'v méprendre, le type observé par Courmont au début. Il tuberculise rapidement le lapin; les cultures récentes ne donnent pas d'édification sur le cobaye. Mais cette forme semble très instable puisqu'avec des cultures de quatre jours, à 36°, nous avons tuberculise également les cobaves et les lapins.

» Ces deux tvpes de pseudo-tuberculose ont leur origine dans deux étapes distinctes et bien définies du cycle dont nous poursuivons l'étude. Entre les animaux qui les ont fournies, il n'y a jamais eu contact. Ajoutons que sur l'organisme le premier type (tiré de a) est assez polymorphe; que ses éléments groupés en amas peuvent rappeler des zooglées; que certains bacilles, allongés et repliés sur eux-mêmes avec leurs points de condensation, font penser aux streptocoques ou aux streptobacilles décrits par d'autres observateurs. Et nous serons conduits à nous demander si l'opinion à laquelle tendaient Malassez et Vignal, dans leur premier Mémoire de i883, n'était pas fondée. La lacune à combler, c'est le retour à la forme tvpique Koch-Elirlich, observée par ces deux auteurs.

» En tout cas, un polymorphisme aussi étendu nous porte à croire qu'avant la découverte de Koch des savants, comme Toussaint et Klebs, ont pu isoler certaines formes du même germe. D'autre part, nos études expérimentales, rapprochées des observations antérieures, nous laissent la conviction que bien des cas de pseudo- tuberculose sont des tuberculoses vraies, ayant pour agent l'une dos nombreuses formes du bacille de Koch. »

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les parasites du cancer et du sarcome {morphologie . repartition). Note de M. F.-J. Bosc, présentée par M. Bouchard.

« Des arguments d'ordre clinique, étiologique et expérimental nous permettent de penser que les tumeurs malignes de l'homme, et en parti-

culier le cancer (épithéliome, carcinome) el le sarcome, ont une origine infectieuse.

» Existe-t-il, rlans ces tumeurs, des corps qui se différencient des éléments propres de nos lissiis et capables de jouer un rôle pathogène? Plusieurs auteurs ont décrit des formes qu'ils interprètent comme des parasites, mais elles sont très variables et actuellement considérées comme exclusives les unes des autres.

» Nous avons repris cette élude sur un nombre considérable d'épithéliomes, de carcinomes, de sarcomes, mais nous nous sommes gardé de nous baser uniquement, même pour la simple étude morphologique, sur l'examen de coupes histologiques plus ou moins altérées par les réactifs et aux données desquelles on peut toujours opposer des doutes. Toute tumeur a été examinée immédiatement, à l'état frais. L'examen comportait l'étude du suc cancéreux, du raclage de la surface fraîche de section recueilli en des points divers de la tumeur présentant une particularité : points jaunâtres, vermicelles, boyaux remplis de matière cancéreuse ramollie, contenu des kystes, etc. L'examen microscopique en a été fait directement, à une lumière vive, sans coloration d'abord, puis après coloration légère par divers réactifs : picro-carmin, thionine, bleu de Roux, safranine, biondi, liqueur d'Erlich diluée dans la glycérine. Nous avons pu parvenir à conserver des préparations fraîches ainsi préparées à la glycérine avec ou sans fixation préalable par l'acide osmique. Les observations faites sur les tissus frais ont été contrôlées sur des coupes histologiques très nombreuses de fragments très minces fixés dans le formol, le l'iemming ou le sublimé à saturation dans l'eau et après des colorations sur lesquelles nous reviendrons plus tard.

» La synthèse des documents fournis par l'examen de très nombreuses tumeurs, et en particulier de trente-deux cas très étudiés, nous amène à cette conclusion qu'il existe dans ces tumeurs des formations anormales étrangères à nos tissus pouvant se grouper suivant cinrj types morphologiques :

» 1° Formes micrococciques ou micro1>iennes ; 2" granulations; 3° formes cellulaires de volume très variable, parmi lesquelles des formes pseudopodiques; 4° ^oxvc^ds enkystées; 5° (ormes sarcorliques.

» 1° hes formes jnicrococcicjues ou microbiennes existent dans toutes les tumeurs que nous avons examinées. Elles y sont les plus abondantes et parfois en nombre tel que chaque cellule en contient une et même plusieurs, jusqu'à quatre, six. Leur volume peut ne pas dépasser celui du plus petit microcoque, ou atteindre celui d'un

gros staphylocoque. Il existe autour de chacune d'elles une petite zone hyaline très réfringente, ressemblant exactement à la capsule qui entoure certains microbes. Parfois une même capsule peut contenir deux petits éléments, de sorte que la figure représente, à s'y tromper, un diplocoque encapsulé. Ces formes microbiennes à l'état frais se colorent facilement, sauf la capsule, qui demeure incolore.

» 2" Les giaiiulalions ont le même aspect que les formes microbiennes, mais leur volume est plus considérable. Elles sont formées par une petile masse ronde, homogène, brillante, entourée d'une zone hyaline qui peut prendre un très grand développement. Elles sont extrèiueinent nombreuses.

» 3° Les formes cellulaires. Nous les nommons ainsi à cause de leur ressemblance morphologique avec un élément cellulaire. Elles peuvent présenter une structure très complexe. Les plus simples sont formées par une masse homogène nucléée, entourée de sa zone hyaline. D'autres présentent une zone granuleuse au centre ou sur les bords de la masse homogène précédente augmentée de volume; certaines ont un noyau vésiculeux nucléole et une masse protoplasmique divisée en trois, quatre et cinq zones concentriques d'apparence et de réactions variables. On peut observer des divisions nucléaires dans la masse protoplasmique, des divisions de la masse elle-même en segments nucléés, des divisions en rosace, en marguerite, ou bien de véritables »io/'«/flj. Les formes /Jie«f/o/)0£/(^(ies sont remarquables par l'étireraent de leur protoplasma en prolongements qui peuvent atteindre une grande longueur.

» 4° Les formes enkystées sont constatables à l'état frais et sur des coupes. On trouve des kystes parfaits bien isolés, avec leur paroi à double contour remplie de proloplasma granuleux à noyau nucléole, ou à protoplasma rétracté au centre en forme de sphère. Le kyste peut renfermer deux, quatre, six spores volumineuses ou un grand nombre de microspores.

» Nous avons observé des spores contenant deux sporozoïtes (corps en croissant) à gros noyau, enserrant une masse granuleuse de reliquat.

B 5° Formes sarcodiques. Dans certaines tumeurs, surtout dans les sarcomes, nous avons trouvé des masses volumineuses de protoplasma à bords pseudopodiques et renfermant des corps qui avaient toute la structure de spores. Ces spores étaient en nombre variable et à des degrés divers de développement dans l'intérieur de la masse sarcodique.

)) Toutes ces formes existent dans les épithéliomes, les carcinomes et les sarcomes. Cependant, les sarcomes contiennent surtout des formes microbiennes et des granulations ; dans certains, même, on ne trouve que ces dernières formes. Ces formes sont isolées ou au nombre de 2, 3, 4 dans une même capsule, comme s'il se faisait un très énergique processus de divisioa directe.

» Ces cinq types d'éléments ont leur siège, soit dans le protoplasma de la cellule cancéreuse, soit dans le noyau (rare), soit dans l'intérieur de cellules conjonctives et de cellules géantes typiques, pour lesquelles on ne pouvait pas invoquer la coexistence d'ime lésion tuberculeuse. Ces élé-

( 544 ) ments peuvent exister dans les mailles du tissu conjonctif; c'est ce qui a lieu surtout pour les sarcomes et, dans ce dernier cas, la zone hyaline a des bords irréguliers, arrondis, tandis que, pour les parasitaires intracellulaires, cette zone a une forme géométriquement ronde ou ovale. »

AA'ATOMIE ANIMALE. — Remarques sur les appendices de Bloch chez les Siluroides du genre Aspredo. Note de M. Léo.v Vaillant, présentée par M. Emile Blanchard.

« Dans une collection de Poissons du Berbice river (Guyane anglaise), communiquée par le Musée de Leyde au laboratoire d'Ichtyologie du Muséum, se trouvait un exemplaire, en excellent état de conservation, d'un Siluroïde, V Aspredo tibicen G. V., portant à la face ventrale ces appendices fungiformes observés par Bloch pour la première fois.

M M. Giinlher en faisant connaître un très beau spécimen d'une espèce voisine, Y Aspredo balrachus Linné, appartenant au British Muséum, a émis l'hypothèse que ces singuliers organes ont pour but de protéger les œufs, lesquels seraient fixés à l'abdomen par suite d'une modification des couches superficielles de celui-ci, devenues spongieuses. L'examen de Y Aspredo du Musée de Leyde et de quelques autres spécimens appartenant à nos collections ne paraît pas favorable à celte manière de voir.

» On constate, en premier lieu, que le chapeau des appendices fungiformes, dans les exemplaires bien conservés, porte habituellement des débris membraneux qu'on reconnaît être des fragments de l'enveloppe des œufs, qui seraient donc fixés sur cet épatement et non entre les appendices.

» Ceux-ci, d'autre part, se développent d'abord sous la forme de cupules adhérentes à la peau, c'est-à-dire sessiles. Le pieil cylindro-conique, allongé, ne se produit que plus lard. Enfin on trouve, à côté de ces cupules sessiles ou pédonculées, des tiges où l'épatement terminal est remplacé par un simple bouton sphérique très petit; elles représenteraient ces organes en voie de régression.

» L'étude histologique montre d'ailleurs que ces appendices sont une dépendance des téguments et en ont la constitution élémentaire, étant formés à leur partie centrale de fibres conjonctives, lesquelles se montrent d'autant plus serrées, d'autant plus intimement unies, qu'on se rap[)roche davantage de la surface libre recouverte par les éléments de l'épiderme, cette couche conjonctive représentant le derme.

» On est ainsi conduit à cette conclusion que les œufs se fixent au corps du parent en raison d'une faculté d'adhérence qui leur est pro|)re, comme la chose a lieu, on le sait, chez bon nombre de Poissons. La chose est d'ailleurs mise hors de doute chez les Asprèdes par ce fait que les appendices de Bloch se rencontrent souvent sur la base du pédoncule caudal, sur les nageoires paires, ce qui ne peut évidemment s'expliquer dans l'hypothèse où la paroi abdominale modifiée serait cause efficiente de l'adhérence.

» L'œuf une fois fixé, les tissus sous-jacenls se gonfleraient pour lui fournir la cupule d'abord sessile, plus tard pédonculce. A l'extrémité de l'appendice fungiforme restent, quelque temps après l'éclosion, les débris de la coquille; puis le chapeau se rétrécit en bouton, le pied lui-même se rétracte dans le tégument, qui reprend ainsi son aspect primitif.

» Ces observations montrent que ces appendices sont de véritables oophores et non simplement des appareils protecteurs de l'œuf; de plus, en ce qui concerne le fait, universellement admis, de letu* existence temporaire, elles précisent la marche du phénomène, ce qui n'avait pu être indiqué jusqu'ici. Il serait désirable que des études, poursuivies sur les Aspredo vivants, fissent savoir si l'œuf éclôt sur les cupules encore sessiles, ce qui me paraît le plus probable, car c'était le cas pour beaucoup d'entre elles sur le sujet examiné, ou si le pédoncule peut se produire pendant l'évolution du petit, ce qui fixerait d'une manière plus certaine nos idées sur le mode de réintés^ration du tégument abdominal. »

ZOOLOGIE. — Sur la place des Spongiaires dans la classification. Note de M. Yves Delage, présentée par AL de Lacaze-Duthiers.

« Les caractères sur lesquels on fonde la distinction des groupes zoologiques ne portent point en eux la marque de leur valeur taxonomique. Aussi, toutes les fois que la valeur des caractères distinctifs de deux groupes voisins se rapproche de la limite conventionnelle, trouve-t-on les zoologistes divisés en deux camps, l'un pro[)osant la fusion dans le même groupe, l'autre admettant la séparation en deux groupes distincts : c'est ce qui arrive pour les Éponges par rapport aux Cœlentérés. On est d'accord à considérer les premièies comme différant des seconds, en particulier par la possession de choanocytes et la privation de cnidoblastes; mais sont-ce là des caractères de classe ou d'embranchement? Chacun tranche la ques-

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