‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 19 sur 425 · PRIX L.\LANDE · texte numérisé non relu

PRIX L.\LANDE

(Commissaires : jNLM. Fave, Wolf, Lœwy, Callandreau; Janssen, rapporteur.)

Rapport sur les travaux de M. Perrine.

M. Perrine, de l'observatoire du Mont-Hamilton, s'est signalé par la découverte de cinq comètes, dont une est périodique et présente dans sou orbite des particularités intéressantes.

La première comète découverte par M. Perrine est l'avant-dernrère de 1893. Elle fut découverte dans la matinée du 17 novembre. Sa distance périhélie n'était que le cinquième de la moyenne de la Terre au Soleil, Elle fut très brillante au périhélie.

La deuxième comète découverte par M. Perrinefiit la première de 1896, découverte le i4 février 1896. Elle est parabolique.

La troisième comète fut découverte le 2 novembre 1896. Elle est également parabolique.

La quatrième a été découverte le 8 décembre 1896. C'est la dernière de l'année 1896. Elle est elliptique et elle se meut dans l'orbite de la comète de Biela, ce qui a fait supposer quelle pouvait provenir d'une explosion qui l'aurait très anciennement détachée de celle-ci. Mais les calculs aux-, quels on s'est livré à cet égard n'ont conduit à aucune conclusion certaine.

Cette circonstance n'en est pas moins remarquable.

La cinquième comète, dont la découverte est due à M. Perrine, l'a été tout récemment. Elle n'est pas elliptique.

M. Perrine a retrouvé la comète périodique de d'x'^rrest, le 28 juin 1897, quatre-vingts jours avant son passage au périhélie. Elle était très difficilement visible et il y a un véritable mérite à avoir fait cette importante observation dans ces conditions.

En raison de ces intéressantes découvertes réalisées en deux années et des circonstances qui ont démontré une grande habileté d'observation, votre Commission attribue le prix Lalande pour 1897 à M. Perisine.

PRIK DAMOISEAU.

(Commissaires: MM. Callandreau, Faye, Wolf, Radaii ; Lcfwy, rapporteur.)

Aucun Mémoire n'ayant été adressé à l'Académie relativement à la Théorie de la comète de Halley, sujet du Concours de 1897, ^'^ Commission a été unanime à attribuer ce prix à l'auteur d'un ensemble de travaux d'une haute valeur accomplis dans ces dernières années.

M. Hermak.v Struve marche dignement sur les traces de son grand-père et de son père. Depuis vingt ans, il poursuit avec persévérance et bonheur un double but : déterminer, à l'aide de méthodes perfectionnées, les coordonnées des satellites de Saturne, de Neptune et de Mars, et couclin-e ensuite de ces données la meilleure théorie de ces astres. A Poulkovo, dispo-

saut d'aborJ de l'instrument avec lequel Otto Striive fit ses classiques recherches sur les étoiles doubles et utilisant le grand équatorial de 76*^"", M. Hermann Slruve est parvenu à effectuer de précieuses séries d'observations qui lui ont déjà fourni le sujet de nombreux et importants Mémoires publiés dans les Annales de l'observatoire de Poulkovo et dans le Bulletin de l'Académie des Sciences de Saint-Fétersbourg.

Les principales études qu'il a publiées pendant dix années jusqu'en iSgS sont les suivantes : i" détermination des éléments et des inégalités les plus sensibles de l'anneau de Saturne et de ses satellites; 2" calcul des éléments et des principales inégalités du satellite de Neptune; 3° calcul des éléments des principales inégalités des satellites de ^lars et les constantes qui fixent le pian de l'équateur de ce corps céleste.

Depuis lors M. H. Struve a continué, comme nous avons pu le constater, avec le plus grand succès ses études dans cette branche importante de l'Astronomie planétaire; il a eu, en effet, l'obligeance de mettre à notre disposition, afin de nous permettre d'en tirer profit pour la Connaissance des Temps de 1899, les Mémoires inédits sur les deux compagnons de JMars et sur les satellites de Saturne. Tout récemment encore il vient de nous adresser, pour nos éphémérides de 1900, en manuscrit, le résultat de ses recherches sur Hvpérion, recherches d'un grand mérite, car la théorie de ce corps céleste renfermait des difficultés toutes particulières à cause des perturbations considérables que lui fait é[)rouver son voisin Titan. M. H. Struve a ainsi résolu en partie la question difficile mise au Concoure pour l'année 1898 : la Théorie d'Hypérion.

L'ensemble de ces travaux, aussi délicats au point de vue de l'observation qu'élevés dans le domaine de la théorie, constitue un progrès très important pour la Science astronomique. La Commission propose, pour rendre hommage au mérite de ces brillantes reclierches, de décerner à y\. H. Struve le prix Damoiseau.

PRIX VALZ.

(Commissaires : MM. Lœwv, Faye, Wolf, Janssen; Callandreau, rapporteur.)

La Commission propose de décerner le prix Valz à M. Louis Fabrt, Astronome adjoint à l'observatoire de Marseille.

On doit à M. Fabrv la découverte d'une comète intéressante, de nombreuses observations et plusieurs travaux qui témoignent d'un esprit in-

ventif. Une étude Sur la probabilité des coniè/es /tv/>crboliqiies cl sur l'origine des comètes a surtout fixé l'attention de la Commission.

Pour Newton les comètes appartenaient au système solaire. Je me trompe beaucoup, dit-il à la fin de la proposition XXXIX du Livre III, si les comètes ne sont pas des corps du même genre que les planètes. Cette manière de voir fut rejetée par Laplace parce qu' « on aperçoit une séparation bien marquée entre les planètes et les comètes (') ». Plus tard, à la suite delà publication d'un Mémoire de W. Herschel, dans les Transactions philosophiques Ae 1812, sur la comète x8ii I, où il était dit que le passage des comètes près d'autres soleils que le nôtre paraissait probable parce que toutes les orbites à l'exception d'une seule étaient paraboliques, et qu'il n'y avait rien d'impossible à attribuer une origine commune aux comètes et aux nébuleuses, Laplace esquissa les idées que V Exposition du Système du monde a rendues familières aux astronomes (°).

Depuis lors cependant les découvertes de nombreuses petites planètes et d'un assez grand nombre de comètes, le zèle déployé par les observateurs pour suivre les astres le plus loin possible et partant l'étude plus précise des orbites, nous ont mis en |)ossession de documents nouveaux qui ne justifient ni une distinction absolue entre les comètes et les planètes fondée sur la dissemblance des orbites, comme l'admettait Laplace, ni peut-être les idées de Herschel.

Enfin, un élément qui joue un rôle essentiel dans la question, le mouvement de translation du système solaire, incertain au temps de Laplace, est mieux connu aujourd'hui.

Il paraît donc que malgré les travaux de Laplace, de Gauss, de ]M. Schiaparelli et d'autres savants, la question de l'origine des comètes ne pouvait être regardée comme épuisée.

M. Fabry se demande d'abord quelles doivent être les lois régissant les divers éléments des orbites des comètes si ces astres viennent des espaces interstellaires. Il trouve en particulier que, dans cette hypothèse, toutes les comètes devraient être hyperboliques, ce qui est contraire aux faits observés : l'hypothèse admise est donc à rejeter.

L'étude des éléments autres que le grand axe nous entrauierait trop loin. Mais nous devons signaler la dernière partie du travail, consacrée à la sta-

(') OE livres complètes, t. VIII, p. 279.

("^) Voir aussi l'article Sur les comètes, dans la Connaissance des Temps pour

( 77 ) tistique des comètes, dans laquelle l'auteur discute les relations entre les époques des découvertes et les saisons de l'année; entre la longitude du périhélie et l'époque du passage; la condensation apparente des périhélies

vers les solstices En résumé, dans la disposition des éléments des

comètes que nous connaissons il ne se manifeste aucune influence du mouvement de transhition du Soleil. Cette conclusion vient a l'appui des premiers chapitres du travail.

Nous devons donc regarder les comètes comme faisant partie du système solaire.

PHYSIQUE

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