‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 199 sur 425 · C. il., iFgti, i" Saneitre- (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. il., iFgti, i" Saneitre- (T. CXXVI, N

» 3° Se fixent par leblastopore, c'est-à-dire par un point correspondant à la partie postérieure de la gaslrula et à la partie moyenne équatoriale de la hlastida.

» Les autres sont celles qui ont dans leur cavité intérîèure un contenu cellulaire. Celles-là :

» i" Quand certains de leurs cils sont plus développés et plus actifs que les autres, ce sont ceux de la partie postérieure; l'extrémité antérieure en est même parfois tout à fait dépourvue;

» 1° Se fixent à l'état de parenchyrnula même lorsqu'elles ont passé par un stade blastula libre où elles auraient pu se fixer;

» Se fixent très souvent par un autre point que l'exlrémité antérieure et ne s'en développent pas moins bien pour cela.

» Et ce que j'avance ici n'est pas seulement le résultat de mes propres recherches, c^est ce qui a été reconnu ef'iest admis sans discussion par tous ceux qui ont étudié les Éponges.

» Je pourrais m'en tenir là, mais je demande à user de la circonstance pour ajouter quelques observations.

)> M. le professeur Perrier fait remarquer que les arguments donnés par lui en faveur de la séparation des Spongiaires et des Cœlentérés remontent à seize années; mais les opinions sont restées partagées.

» En ce qui concerne la distinction de l'endoderme et de l'ectodernie, je ferai remarquer que la conception des feuillets est essentiellement morphologique et non physiologique, et que l'on ne saurait faire reposer leur définition sur la situation qu'ils prennent, l'un par rapport à l'autre, dans l'invagination. En faisant ainsi, M. le professeur Perrier veut s'appuyer sur un caractère morphologique, les connexions de ces deux membranes. Mais une connexion n'a de valeur que quand elle est primitive, et celle des feuillets, l'un au dedans, l'autre au dehors, ne l'est pas, puisque, chez la blasliila, l'un et l'autre font également partie dé'la surface de l'ovoïde; leur connexion, chez la gastrula, est le résultat d'iM' phénomène physiologique, l'invagination. Définir les feuillets par leur situation réciproque après l'invagination, c'est donc, en somme, les définir*par un caractère phy^iologinue; tandis qu'ils doivent être définis, comme je l'ai fait, par leurs ^acoctèrcs hislologiques, caractères paj'faitement objectifs, (pii n'ont rien de métaphysique et présentent une uniformité remarquable dans le règne animal. ^ ^ - •, .

» En présence des différences capitales que j'ai signalées eptre les Spongiaires et les autres animaux, on n'a le choix qu'entre deux alterna-

lives : ou dire que le sens de l'invagination est resté normal, mais- que l'endoderme s'est déguisé en ecloderme, et réciproquement; ou admettre, comme je l'ai fait, que les feuillets ont gardé, chez les Éponges, les caractères liistologiques qu'ils ont dans tout le reste du règne animal, et que le sens de l'invagination s'est renversé. Or on ne voit pas quelle pourrait être la raison d'un échange de caractères, tandis que l'on conçoit fort hien que le sens de l'invagination puisse se renverser, et cela pour des causes peut-être fort peu significatives en elles-mêmes. Ne voit-on pas les larves de Pluteus, sous l'influence de l'addition de quelques millièmes de chlorure de lithium à l'eau où elles vivent, ou même d'une simple élévation de température de quelques degrés, modifier complètement leur invagination et même la renverser au dehors, comme l'ont montré Herbst, Driesch. Gurwitsch, etc.?

» J'ajoute, en terminant, qu'en créant les lermes Enantiodcrma, Enantiozoa, j'ai voulu seulement caractériser par un mot un fait remarquable, et non proposer un nom pour remplacer ceux qui existent déjà. Je n'ai point le goût de ces innovations et. dans le Traité de Zoologie que je publie avec la collaboration de ]M. Hérouard, je continue à donner aux Eponges le nom sous lequel elles sont connues de tous. »

ZOOLOGIE. — Sur un type nouveau de Copépode gallicoîe. Note de M. Jules Bowier .

« Parmi les Crustacés parasites recueillis durant les campagnes de Vllirondelle et de la Princesse-Alice et dont le Prince de Monaco a bien voulu me confier l'examen, se trouve un Copépode dont l'étude présente un double intérêt : il est l'unique représentant d'une famille nouvelle; il détermine, sur son hôte, une véritable galle, comme celle que produit un Cynipide sur une feuille de chêne, ou mieux, ce que ^1. Giard a appelé une zoothylacie, comparable à celles que l'on rencontre chez certains Homoptéres parasités par des Hyménoptères (Proctotn'pidœ).

» Ce Copépode vil aux dépens d'un Oursin mou des profondeurs {Phormosoma uranus); il forme, sur le test de son liôle, des galles saillantes à Tintérieur de la cavité du corps de l'Ecliinide, et creusées de cavités parfaitement sphériques, mesurant de 7"" à 1 1™" de diamètre. Chacune de ces galles, à paroi épaisse ( i™™,5 à 2"™), est mise en communicatio.n avec l'extérieur par une petite ouverture circulaire (i™"\5 de dia-

mètre). Le parasite, ou plutôt le couple de parasites qui y est contenu, ne peut donc se nourrir que des produits de sécrétion ou d'excrétion de l'Oursin, ou encore de ce que les mouvements des piquants ou des pédicellaires de son hôte amènent à sa portée.

5) Le dimorphisme des deux sexes est assez prononcé, surtout en ce qui concerne la taille. La femelle adulte est à peu près sphérique et mesure 2™™, 7 de haut sur 3""", 4 de large : les appendices du corps ne sont plus représentés que par une paire d'antennules robustes de sept articles, une paire d'anlennes de quatre articles, des mandibules rudimentaires, une paire de maxilles de structure compliquée et une unique paire de maxillipèdes de trois articles terminés par de fortes grilTes recourbées; le rostre est constitué par la réunion de la lèvre supérieure et des paragnalhes et forme une sorte d'atrium jDrébuccal, où pénètrent seules les extrémités des maxilles, tandis que les mandibules sont insérées au dehors et n'ont pas de rôle dans la préhension ou la mastication des aliments. Les segments ihoraciques sont encore partiellement visibles; le corps se termine par une furca ramenée à la face ventrale par la courbure du corps. De chaque coté de cette furca se trouve une paire d'énormes ouvertures génitales, auxquelles s'attachent deux longs bojaux ovigères qui se recourbent en arrière sur le dos de la femelle. Le mâle est moins déformé et de taille plus réduite : il n'atteint pas 2""" de long, et ses appendices sont identiques à ceux de l'autre sexe.

» Comme ces Cymothoadiens, décrits par Herklots et Max Weber, qui se logent dans des invaginations de l'abdomen de certains Poissons des rivières de Java, ces Copépodes sont condamnés à passer leur existence entière dans leur étroite prison, La femelle, sans remplir exactement la cavité interne delà galle, est trop volumineuse pour pouvoir sortir par l'unique petite ouverture qui la met en communication avec l'extérieur; il faut briser le test de l'Oursin pour l'extraire. Quant aux mâles, ils peuvent bien, grâce à leur taille plus réduite, s'échapper de leur logette (ils avaient même roulé pêle-mêle au fond du bocal contenant les fragments de leur hôte); mais l'absence complète d'organes locomoteurs et la transformation des maxillipèdes en organes de fixation font présumer que toute vie errante, hors de leurs cellules, leur est interdite. Seuls les embryons peuvent s'échapper pour se mettre à la recherche d'un nouvel hôte.

» A première vue ce Copépode, que je désignerai sous le nom de Pionodesmoles phormosomœ, fait penser aux Chonioslomatidœ , parasites des Arthrostracés ; mais il s'en distingue par la présence de la deuxième antenne parfaitement développée, par l'absence de ventouse prébuccale, par la paire unique de maxillipèdes qui, chez ces derniers, est représentée par une double paire d'appendices; enfin, comme chez la plupart des Copépodes, il n'y a que deux ovisacs qui restent fixés, jusqu'à l'éclosion des embryons, aux ouvertures génitales de la femelle, au lieu de ces paquets d'œufs multiples et pondus librement qui ne se rencontrent que chez les seuls Choniostomatides. Il y a donc lieu de créer, pour ce parasite des Phormosoma, une famille nouvelle rpii, par l'exislence d'une cavité pré-

( 77» ) buccale constituée par la lèvre supérieure et les paragnathés, rentre dans l'ensemble que Canu a désigné sous le nom à' AuUostoma et qui comprend, outre les Choniostomatidœ et les Hersiliidœ, parasites des Crustacés, les Nereiidicolidœ et les Herpyllobiidœ , parasites des Annélides. »

ÉCONOMIE RURALE. — Sur une graminée du Soudan. Note de M. Dybowski, présentée par M. Aimé Girard.

« Les indigènes du Soudan ne font pas entrer, comme on le sait, dans leur alimentation, les céréales cultivées en Europe. Celles-ci sont remplacées par d'autres produits et particulièrement par le maïs, le sorgho et le riz de montagne. A ces graminées dont l'usage est depuis longtemps connu il on faut ajouter une autre qui, bien que d'un emploi très répandu, n'avait pas encore été classée parmi les céréales alimentaires.

» Il s'agit d'une herbe aux rameaux ténus, aux épis grêles et qui cependant produit un grain très recherché par les indigènes du Soudan auxquels elle fournit un appoint important dans l'alimentation courante.

» Cette graminée est désignée sous les noms botaniques de Digitaria longijiora de Posoon, ou sous celui de Paspalum longijîonim de Retz ('). Elle croît à l'état spontané dans toute la région tropicale et subtropicale de l'ancien monde où elle couvre parfois de vastes plaines. Mais nulle part elle n'a été signalée comme alimentaire en dehors du Soudan occidental. Le capitaine Binger, dans la relation de son remarquable voyage, dit qu'elle concourt à l'alimentation des indigènes du Soudan central.

)) En Guinée française, dans le Fouta-Djalon, où elle est connue sousle nom indigène de foundounié, elle est l'objet d'une culture régulièrement pratiquée.

» La plante cultivée diffère du type sauvage par ses achaines plus gros et surtout plus ovoïdes; elle offre en même temps cette particularité d'être complètement glabre alors qu'à l'état spontané elle est hispide. De plus, les glumes sont peu adhérentes et la graine se moud avec la plus grande facilité.

» En Guinée française, la culture se fait en répandant la graine sur le sol, que l'on a débarrassé de la brousse par l'incendie. En trois mois, la plante se développe et porte graines. Celles-ci se séparent facilement par le

(') Ej: Ilookes il iiuL. t. 1\'; p. 17.

Seigle.

Orge.

Maïs.

Riz.

Sarrasin,

battage. On les mourl en les triLuranl dans un mortier en bois. Ln semoule que l'on obtient ainsi constitue un aliment d'une très haute valeur nutritive.

)) L'analyse chimique montre, en effet, que la composition de ces graines les rapproche beaucoup du riz; cependant elle s'en distingue par une abondance plus grande de matières grasses, qui se trouvent être en quantité sensiblement égale à celle que renferment les graines de millet.

Composition chimique des graines du Paspalum longiflorum Betz comparée aux autres graminées.

Paspalum. Millet. Blé.

Eau 9)20 11,66 i3,65

Protéine 7,67 9,25 12, 35

Matières grasses. .. . 5,34 3,5o 1,75

Amidon et dexlrine. 73,33 65,95 67,91

Ligneux 2,56 7,29 2,53

Cendres 3,90 2,35 1,81

M Le son est relativement peu abondant. Il représente 9,75 pour 100 du poids de la graine.

)) L'examen microscopique montre que les grains d'amidon du Paspalum longiflorum ont une grande analogie avec ceux du maïs dont iîs se distinguent cependant avec facilité par leurs dimensions plus faibles, puisqu'ils ne mesurentjamais plus de 19 millièmes de millimètre. Tous les grains sont de volume sensiblement uniforme et l'on n'en rencontre que |)eu mesurant moins de 12 millièmes de millimètre. La forme du bile établit également un caractère optique très net; il est, en effet, large et présente une forme anfractueuse.

» Par ses qualités nutritives et la facilité de sa culture, cette graminée mérite d'être rangée au nombre des plus utiles céréales; il peut être intéressant d'en encourager la culture dans nos colonies. »

PALÉO-ETHNOLOGIE. — Une Station préhistorique au mont d'Huherville, prés Valognes. Note de M. Le IVokdez, présentée par M. Ém. Blanchard.

« Je prends chaque année mes vacances en Basse-Normandie, et l'habitation que j'y occupe est située sur une colline appelée le mont d'Huber-

( 773 ) ville. Cette colline se trouve à environ S*-" sud-est de Valognes, à 3""° nordest de Monchany.

)) Lors de l'un de mes derniers séjours, visitant un cultivateur de mes voisins, j'aperçus, sur un des meubles de son logis, un silex taillé en forme de couteau à double tranchant et légèrement dentelé. Je m'enquis de l'origine de ce silex et j'appris que les enfants de cette famille l'avaient trouvé à fleur de terre, dans un champ voisin, avec un assez grand nombre d'autres pierres de même nature et de forme à peu près semblable.

y> Malheureusement, après les avoir recueillies, les enfants s'en étaient servis dans leurs jeux et les avaient dispersées.

» Sur mon désir, toutefois, les membres de celte famille et leurs serviteurs s'occupèrent de recueillir les silex qu'ils aperçurent depuis, et ils ont pu m'en remettre une centaine environ de formes variées.

» Cette modeste collection comprend des couteaux, des grattoirs, etc.

» Je dois mentionner encore un grand nombre de pierres, de la nature dite quartzite, je crois, que j'ai trouvées moi-même, soit à fleur de terre, soit à quelque profondeur. Toutes se font remarquer par une forme conique assez irrégulière, mais bien visible. Leur grosseur varie. La main les tient facilement et semble s'y adapter naturellement.

)) Il m'a paru que j'ava'is trouvé en cet endroit les restes d'un atelier ou manufacture de silex. Les débris et fragments sans forme déterminée y sont en effet particulièrement abondants. Les instruments proprement dits et taillés avec art et intention visible ne s'y trouvent qu'en minorité.

» Il ne sera peut-être pas sans intérêt d'ajouter à ces détails quelques renseignements sur la topographie des lieux. La ferme près de laquelle se trouve le champ où l'on a découvert ces fragments porte le nom de Brulius. Ce nom-là vient, je pense, du nom de plusieurs champs incultes où pousse abondamment un arbre appelé Bois-Jan (ulex) qui sert au chauffage des fours.

» Cette ferme occupe le versant de la colline située au midi. Au bas du champ où l'on trouve le silex, coule une petite rivière; la mer se trouve à deux lieues à l'est; le rivage abonde en silex àil'i pierres à feu.

» Aux siècles derniers, toute la colline et les environs étaient couverts de bois. On les détruisit en grande partie à l'époque de la Révolution.

» A quelques cents mètres de Brulius, on a trouvé une plaque de ceinture romaine en or et un peu plus loin, à l'endroit appelé le camp Caiwet (Caveat, faites bonne garde), on a trouvé un grand nombre de coins celtiques et quelques armes.

( 774 ) » A cinq ou six lieues du mont d'Huberville, on a, il y a une quinzaine d'années, trouvé à Bretteville une quantité considérable de silex de diverses époques. Il y avait là une station préhistorique. Les instruments trouvés en cet endroit varient selon les couches de terrains; il semble ressortir de cette remarque que les hommes y ont longtemps habité. »

M. J. MiFFRE adresse une deuxième Note intitulée : « Nouveau système astronomique ».

La séance est levée à 4 heures un quart. M. B.

ERRATA

(Séance du 28 février 1898.)

Note de M. Stanislas Meunier, Contribution à la géologie du bas Sénégal

Page 668, ligne 8 en remontant, au lieu (^e.DiskouI, lisez Diokoul.

Mêine page, ligne 3 en remontant, au lieu de 20 pour 100, lisez 5 pour 100.

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES

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