‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 198 sur 425 · OH OH II H · texte numérisé non relu

OH OH II H

Ileplite (' ) de slruclure inconnue Volémite.

0 On y voit, il est vrai, que certains alcools possèdent plusieurs chaînons attaquables dans leur molécule; mais c'est là une circonstance qui peut seulement obscurcir la règle énoncée; elle n'atteint pas sa généralité.

(') Le voléraulose, obtenu par raclion de la bactérie, correspond bien, d'après la composition de son osazone (point de fusion : -4- 2o5°-207'') à la formule G^H'*0'. On sait que M. E. Fischer {Berichte d. c. G., t. XXVIll, p. 1973; iSgS) était arrivé à une osazone analogue en partant du produit d'oxydation de la volémite par le brome ou l'acide nitrique.

» Inexpérience prouve, en efîef, qu'un seul chaînon esl oxydé par la bactérie. Dans le cas de la mannite, où il v a deux chaînons symétriques, cette oxydation conduit, quelque endroit où elle porte, au même lévulose; avec l'érvthrite, an contraire, elle doit fournir deux érythruloses optiquement inverses. J'espère, d'ailleurs, revenir bientôt sur ces points.

» Pour le moment, je me contente de faire ressortir combien peut être précise et délicate la fonction chimique de certains microbes et l'intérêt qui s'attache à l'emploi méthodique de ceux-ci, même au seul point de vue de la Chimie pure ('). »

ZOOLOGIE. — Influence du milieu et des variations chez les "Protozoaires. Note de M. J. Kcnstleb, présentée par M. Milne-Edwards.

« La théorie évolutionniste a pour base directement constatable la variabilité des espèces et la genèse d'espèces nouvelles, d'où l'on a conclu à une descendance universelle. Les procédés précis par lesquels s'opère le phénomène ainsi invoqué ne sont pas encore établis avec une sécurité définie.

» Pour Darwin, les variations des êtres sont accidentelles, et le moteur de la transformation spécifique se trouve dans la sélection naturelle par la lutte pour l'existence (dispositions offensives ou défensives, colorations synapalhiques, niimélisnne, etc.). Bien différente était la conception de son devancier Lamarck qui ne croyait qu'à l'influence du milieu comme point de départ des variations; celles-ci étaient donc provoquées (usage, non-usage, température, etc.). L'adaptation fonctionnelle ou l'évolution régressive, fixées par l'hérédité progressive, conquièrent encore tous les jours de nouveaux partisans. Nageli ajoute à ces processus des variations, en quelque sorte autonomes, dues à des forces internes, en vertu desquelles les organismes possèdent une tendance à se transformer par une complication ascendante.

» Quelle que puisse être l'importance relative de ces divers processus, il est des circonstances particulières qui ont pour effet direct d'accélérer la production des variations. La théorie des migrations est basée sur le fait que des milieux séparés les uns des autres par des barrières infranchissables présentent des espèces différentes. Si ces milieux étaient originairement réunis entre eux, ces espèces sont plus ou moins voisines, mais, en général, d'autant plus dissemblables que la séparation remonte à une date plus lointaine. Donc, si Je séjour des espèces dans leur milieu originel na stimule guère les variations, au contraire, la constitution d'espèces nouvelles est un résultat ordinaire de voyages ou de séparations accidentelles de groupes d'individus.

(') Travail du laboratoire de Chimie du Muséum.

Sous l'influence de conditions de milieu nouvelles, des modifications rapides interviennent, qui altèrent les caractères spécifiques primitifs. Les faunes d'îles originairement rattachées au continent sont un excellent exemple de ces faits.

» Dans l'ensemble de ces phénomènes de migration, il est des particularités sur lesquelles l'attention des observateurs ne s'est pas suffisamment fixée. De recherches poursuivies depuis de longues années sur les Protozoaires il résulte que des individus changés artificiellement et brusquement de milieu présentent, dans la règle, une réaction pathologique à laquelle le plus grand nombre ne résistent pas. Les changements de milieu d'un être adulte el adapté à ses conditions primitives exercent une influence néfaste sur l'organisme, et toute transplantation est une opération délicate. Ce phénomène, observé autre part, a souvent été qualifié à" acclimatation et considéré comme une simple accoutumance aux influences infectieuses ambiantes, alors que le phénomène est loin de paraître aussi unilatéral. L'invasion microbienne semble plutôt n'être qu'une action Intercurrente et plus rapide dans un processus plus lent.

» Quoi qu'il en soit, rien n'est plus difficile, eu dehors des espèces banales, que de transplanter un être d'un milieu dans un autre. Avec une rigueur remarquable, tous les milieux, suivant leur composition, leur genre de putréfaction, etc., présentent leurs formes de Protozoaires bien déterminées. Toutefois, il est divers procédés par lesquels on peut arriver à changer lentement les conditions de milieu, à créer, en quelque sorte, des milieux nouveaux, de telle façon qu'il devienne possible d'en contrôler expérimentalement l'influence réelle sur les variations des êtres.

» I.,es bassins des jardins botaniques, creusés en terre et maçonnés, peuvent constituer un excellent champ d'expérimentation; ils sont généralement riches en Protozoaires et leur eau, servant à arroser, est assez activement renouvelée. En couvrant lun d'eux d'un vitrage, emmagasinant la chaleur solaire et le mettant à l'abri des agents physiques, ainsi que de toute variation brusque et considérable, la faune primitive ne larde pas à dépérir. Il survient même une certaine période plus ou moins putride. Mais bientôt un état d'équilibre se rétablit, et alors la faune est d'une extrême pauvreté et ne parait guère consister qu'en d'assez rares spécimens des espèces banales.

» Ensemencés alors avec l'eau des bassins voisins, les êtres vivants s'y développent d'une manière bien particulière. Ainsi \' Azolla Jilliculoïdes, de brun rougeâtre, devient d'im vert vif; au lieu de rester en couche plate, il se dispose en une assise épaisse, à touffes saillantes. Mais ce sont les caractères que prennent, après de longs laps de temps, les Protozoaires, qui nous ont le plus préoccupé. Ces organismes acquièrent des caractères d'une netteté incomparable. Plus nombreux, plus grands, leurs organes se différencient d'une façon bien plus nette que toute autre part. C'est un remarquable épanouissement des caractères spécifiques, transformant des

( 7^7 ) rudiments d'organe en parties d'un développement extraordinaire ('). » L'influence du milieu, dans la formation de ces nouvelles variétés qui diffèrent beaucoup des formes souches, est ici évidente; elle est d'autant plus remarquable qu'elle ne porte pas seulement sur un développement du corps comparable à un engraissement, mais bien sur un perfectionnement organique, peut-être comparable à ce qui a pu exister au début de l'évolution, où les conditions ambiantes ont pu avoir pour action de maintenir certaines formes à leur état momentané, alors que d'autres, plus favorisées à ce point de vue, ont pu passer outre et devenir la souche de formes plus élevées. »

ZOOLOGIE. — Les larves des Spongiaires et l'homologation des feudlets. Note de M. Yves Delage, présentée par M. fl. de Lacaze-Duthiers.

« S'il n'v avait que des réponses théoriques à faire aux objections théoriques de ;M. le professeur Edmond Perrier ("). je n'aurais pas cru devoir poursuivre la discussion sur un terrain où il est bien rare que l'on arrive à s'entendre. Mais je ne puis me dispenser de faire remarquer que les faits sur lesquels s'appuie mon contradicteur sont inexacts. Il dit, en effet :

» 1° Que a les cils de la région antérieure de la blastula sont nécessai- » rement ceux qui présentent le maximum d'activité »;

» 2° Que les Éponges <( se fixent à l'état de blastula »;

» 3" Que « la blastula se fixe nécessairement (^la règle ne présente dans » le règne animal que des exceptions apparentes) par la région antérieure » locomotrice ».

» Or il existe deux types de larves chez les Éponges.

» Les unes sont celles qui ont une vraie blastula formée d'une seule couche de cellules entourant une cavité centrale vide. Celles-là :

» 1° N'ont pas les cils plus développés ni plus actifs en avant que dans les autres points;

» 2° Se fixent au stade gastrula, après l'invagination, jamais au stade blastula ;

(') J'ai étudié autre part certains processus modificateurs au point de vue de leur action intime sur les éléments du corps {Revue scientifique, 19 juin 1897).

(-) ^'oir la première iSote de M. Delage dans le numéro du i4 février et la réponse de M. Perrier dans celui du 21.

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