‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 219 sur 425 · V. Albumine · texte numérisé non relu

V. Albumine

» Le tube intérieur a été enduit à sa surface avec une dissolution d'albumine, et le tout séché à la température ordinaire.

» Poids de l'albumine sèche : 0^', 07. On opérait sur un très gros tube. On l'a introduit dans une éprouvette de grandeur corres]iondante.

» Az : 1 7*^*^,7- — Vingt-quatre heures.

Gaz dégagés : C0-rr:3™,o; CO = o.6; H^:=4,o. — Azole absorbé : 3", 8.

Soit os"^, 0045 ; c'est-à-dire, en millièmes : 7,7.

» Dans un autre essai, la distance des tubes étant plus grande et de l'air étant introduit, au lieu d'azote, on a trouvé seulement, en millièmes, azote fixé : 2,4.

)) Ainsi l'albumine fixe de l'azote sous l'influence de l'effluve électrique, résultat intéressant au point de vue des réactions que l'électricité atmosphérique exerce sur les êtres vivants. La proportion de l'azote fixé est d'ailleurs peu considérable, en raison de la grandeur du poids moléculaire du composé (p. 680 et 689).

» En résumé, l'action de l'effluve électrique sur les composés azotés a fourni les résultats suivants :

» 1° La plupart des composés organiques azotés mis en expérience ont fixé une nouvelle dose d'azote sous l'influence de l'effluve, quelle que soit la fonction de ces composés : alcalis, amides, nitriles, oximes, corps nitrés, etc. On a obtenu ainsi des polyamines, polyamides et dérivés condensés.

» Cette absorption s'observe même avec un principe à molécule aussi élevée que l'albumine : résultat intéressant à cause du rôle de ce composé dans l'économie des êtres vivants.

» Quelques exceptions ont été observées pour l'éthylamine, l'allvlamine, la phénylhvdrazine, l'urée sulfurée et les diamines éthvlénique et propylénique, lesquelles sont demeurées à peu près stationnaires, au point de vue de la fixation de l'azote.

» La méthylamine et le nitrométhane ont même perdu de l'azote : sans aucun doute parce que ces deux derniers principes sont les premiers termes des séries homologues, et qu'ils renferment seulement un atome de carbone; le rapport atomique de l'azote au carbone dans les polvamines dérivées des composés monoazotés, sous l'influence de l'effluve, étant généralement inférieur à l'unité.

» Les diamines, dont la molécule est déjà riche en azote, ne fixent cet élément qu'en proportion nulle ou très faible. Au début de la réaction de l'effluve les diamines simples (éthylène et propylènediamine) laissent même dégager quelque dose d'azote, tant à l'état libre que sons forme d'ammoniaque; dose qui se résorbe aussi lors de la constitulion ultérieure des polyamines qui subsistent définitivement.

» 2° Les composés qui se rattachent à la série grasse perdent de l'hydrogène, en même temps qu'ils fixent de l'azote; cette perte étant du même ordre que celle des carbures d'hydrogène et des alcools de la même série.

)) Elle est notablement plus forte, s'élevant à 3 atomes d'hvdrogène environ pour les méthylamines, éthylamines, propylamines; à i atomes pour l'allylamine et pour les éthylènediamine et propylènediamine.

)) Il se constitue ainsi des composés de formule similaire entre eux, mais dont le caractère cyclique, développé aux dépens de la capacité de saturation de l'azote, est d'autant plus accentué que la molécule originelle renferme un plus grand nombre d'atomes de carbone.

» On observe des exceptions à cet égard pour les composés très oxygénés, tels que le nitréthane et la glycoUamine (acide amidoacétique), précisément comme pour les acides gras riches en oxygène.

» Les composés de la série benzénique, le pyrrol, l'iudol, ne perdent pas d'hydrogène en absorbant l'azote; pas plus que les carbures d'hydrogène et phénols de cette même série.

» La pyridine ne perd pas non plus d'hydrogène, en absorbant l'azote; tandis que la pipéridine, qui en représente l'hydrure, en fixant l'azote, dégage son excès d'hydrogène, et même, semble-t-il, un atome de plus; précisément comme l'éthylamine et analogues, comparés aux alcools et carbures générateurs.

» 3" Comparons encore les polyamines formées aux dépens des principes d'une même série renfermant le môme nombre d'atomes de carbone, tels que carbures, alcools, alcalis : nous observons ici des relations intéressantes. Pour les mettre en évidence, je rapporterai toutes les formules à quatre atomes d'azote, sans prétendre écrire des formules rationnelles, mais uniquement pour préciser les rapports atomiques qui existent entre les éléments dans ces polyamines.

» 1" Série méthylique. — Aminés dérivées de :

Alcalis piiniaiie.

Carbure. Alcool. secondaire, tertiaire.

2C*H«Az2 OU C»H"-Az-. 2(C'H'AzS 211^0) C^H'^Az'.

ou C»ll"'AzS 411^0.

( 79Ï ) » 1° Série éthylique. — Aminés dérivées de :

Carbure. Alcool. Alcali primaire. Diamine.

2C*H'«Az2 2(C*H»Az%2H-0) aC'H'Az- C*H'^\2'.

ouC'«H"Az'. ouC«H«AzS4H=0. ou C'H"^Az'.

» 3° Série propylique. — Aminés dérivées de :

Carbure. Alcool. Alcali primaire. Diamiar.

Ci5H"Az-. C'-H'«AzS4ÏP0. C'H'»Az'. C«H'«Az\

M 4° Série allylique. — Aminés dérivées de :

Carbure. Alcool. Alcali primaire.

C^H'o.Az*. C'«H=»AzS6H^0. C'^H=»Az*.

» Ce Tableau fait apparaître les relations suivantes, très dignes d'intérêt.

» Pour un même poids d'azote, la condensation du carbure, comparé à un même nombre d'atomes de carbone, va en croissant du dérivé du carbure à celui de l'alcool (sauf pour la série méthylique monocarbonée), et du dérivé de l'alcool à celui de l'alcali primaire (sauf pour la série éthvlique"); elle est double pour le dérivé de la diamine, comparé à celui de la monamine.

» 4" Si nous comparons les corps isomères, nous trouvons que les deux propvlamines se comportent sensiblement de même; ainsi que les deux propvlènes, alcools propvliques, aldéhvdes propvliques. De même le nitrile toluique et le cvanure benzvlique; de même les deux phénvlènediamines et les trois toluidines ortlio, meta, para, alcalis primaires. Mais la benzvlamiue, alcali primaire, absorbe plus mal l'azote que la toluidine; la méthylaniliue, alcali secondaire, au contraire, l'absorbe mieux; comme si les deux résidus mélhvlique et phénvlique, demeurés distincts, agissaient cumulativement.

» 5" Insistons sur ce caractère cumulatif, en tant que lié avec le nombre des molécules génératrices. Il s'accuse d'une façon plus nette encore dans la diméthvlamine, alcali secondaire, comparée à l'éthylamine, alcali primaire, et dans la triméthylamine, alcali tertiaire, comparée aux propylamines, alcalis primaires. Ces alcalis, dérivés de plusieurs molécules d'alcools, fixent aussi, dans les divers cas, plus d'azote que les alcalis primaires, dérivés d'une seule molécule.

» .ajoutons même que la dose d'azote fixée par les alcalis des trois ordres semble proportionnelle au nombre de molécules de l'alcool générateur;

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