‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 220 sur 425 · C. -K., ifcgS, 1" Semestre. (T. CWVI, .N° 11.) I · texte numérisé non relu

C. -K., ifcgS, 1" Semestre. (T. CWVI, .N° 11.) I

( 792 ) la même polvamine semblant engendrée par les trois alcalis dérivés d'un même alcool.

» Cette relation cumulative se retrouve d'ailleurs sous une forme plus générale dans l'étude de la réaction de l'etfluve sur les éthers dérivés, soit de deux molécules alcooliques, soit d'une molécule aldéhydique et de deux molécules alcooliques, soit d'une molécule acide et d'une molécule alcoolique.

» Une telle relation mérite d'autant plus l'attention qu'elle est de nature à expliquer la diversité qui existe entre l'aptitude à fixer l'azote libre dans les diverses bases homologues de la série grasse. J'ai signalé plus haut celte relation entre les trois bases méthyliques. Elle s'applique également à la comparaison entre la méthylamine, l'éthylamine et la propylamine : la première perdant de l'azote, parce qu'elle en renferme une dose plus forte que celle que comporte son dérivé condensé, l'hexaméthylènetétramine; tandis que l'éthylamine ne perd ni ne gagne d'azote, parce qu'elle en contient déjà la môme dose que son dérivé condensé; la propylamine, au contraire, doit gagner de l'azote pour former la polyamine correspondante.

» 6° Voici une relation plus générale, et applicable aux composés qui fixent de l'azote par simple addition, sans élimination d'hydrogène; quelle que soit la fonction de ces composés, carbures, alcools, aldéhydes, acides, alcalis. De tels composés, obtenus sous l'influence de l'effluve, se comportent en général comme des aminés, ou des amides. De là résultent diverses conséquences au point de vue de la saturation des éléments, et de la constitution des composés résultants. En effet, chaque atome d'azote fixé exigeant trois atomicités pour sa saturation, la constitution d'une molécule formée par voie d'addition réclamera deux atomes d'azote, comportera six unités de saturation. Nous devrons donc retrouver cette capacité de saturation, satisfaite dans le composé résultant; à moins que ce composé n'ait acquis une constitution cyclique. Dans aucun cas d'ailleurs, le composé azoté ne pourra dériver du principe qui l'aura engendré, par une substitution simple de AzH-, ou de AzH, ou de Az, à l'hydrogène. Ce dernier élément n'ayant subi aucune élimination dans la réaction de l'effluve, le composé azoté nouveau ne saurait dériver par substitution que d'un composé plus hydrogéné. Dans le cas de la série benzénique, par exemple, il ne dérivera pas de la benzine elle-même, mais de ses hydrures. De même pour les composés azotés formés par addition pure et simple au moyen des corps des séries pyridiques, indoliques, etc.

» Cette même relation devra exister pour les composés oxygénés qui dérivent des aniides et aminés, de formation électrique, lorsque l'on voudra en séparer l'ammoniaque, en vertu de phénomènes d'hydratation (hydrolyse). De telles relations, propres à la série benzénique, contrastent avec la formation des polvamines, engendrées par les carbures et alcools de la série «rasse, formations dans lesquelles on observe, en général, une perte d'hydrogène, susceptible de ramener les composés à une constitution cyclique. De telle sorte que les corps résultants sont à la fois moins hydrogénés que ceux de la série grasse et plus hydrogénés que ceux de la série benzénique.

» Ce sont là des caractéristiques essentielles du nouvel ordre de réactions électriques, au point de vue de la synthèse. »

A>ALYSE CHIMIQUE. — Sur le dosage de l'oxyde (Je carbone dilué dans de grandes quantités d'air, par i\I. Arjiand Gautieu.

n Depuis plusieurs années je suis chargé par le Conseil d'hygiène et de salubrité de la Seine et la Ville de Paris d'étudier la composition des fumées issues des fovers de toutes sortes qui rejettent dans l'atmosphère urbaine leurs résidus gazeux, incommodes ou délétères. J'étais en train d'écrire les résultats de ce long Travail, dont la publication va commencer cette semaine même, lorsque la Note de M. Nicloux sur le dosage de l'oxyde de carbone mélangé à de grands volumes d'air. Note parue au dernier numéro des Comptes rendus (p. 746). m'est tombée sous les yeux.

» Quoique, par un détail, cette méthode diffère de la mienne, je dois dire que l'oxydation de l'oxvde de carbone par l'anhydride iodique me sert depuis sept à huit années à doser l'oxydé de carbone dilué dans l'air au 1000* et même au 20000*^, que mes préparateurs et élèves s'en servent et la connaissent, et que mon collaborateur, M. H. Hélier, dans sa Thèse de doctorat es sciences (^Thèses de la Faculté des Sciences de Pans, i3 mai 1896, p. 39), a décrit cette méthode telle que je l'avais instituée à cette époque et qu'elle lui a servi pour doser l'oxyde de carbone dans le méthane et différents autres gaz.

M Après avoir vu, comme M. Ditte, que l'oxyde de carbone réduit l'acide iodique anhydrç en mettant l'iode en liberté, j'ai constaté que cette réaction avait lieu pour ce gaz, même lorsqu'il est dilué de 20000 lois

( 794 ) son volume d'air pur, et que la réaction est totale et facile à 60° et même à 45°, quoique plus lentement; j'ai observé aussi que la plupart des hydrocarbures n'agissaient pas à ces températures, à l'exception toutefois de l'acétylène, qui commence à s'oxyder très sensiblement à 60° en mettant l'iode en liberté. Au début, je recueillais cet iode sur un rouleau peu serré de toile de cuivre réduit dans certaines conditions, pesé au décimilligramme et placé dans l'une des branches d'un long tube spécial en U, chauffé dans l'eau bouillante et contenant l'anhydride iodique dans l'autre branche, celle par où arrive l'air. L'augmentation de poids du cuivre donnait celui de l'iode mis en liberté ('). Plus tard, j'ai préféré doser l'acide carbonique qui se forme et que je recueillais d'après la méthode délicate, mais très précise, donnée par M. A. Muntz pour déterminer exactement l'acide carbonique de l'air atmosphérique (^).

» Je ferai très prochainement connaître à l'Académie mes appareils et mes résultats numériques.

» Mais que l'on dose l'oxyde de carbone ainsi répandu à l'état de traces dans l'air respirable en mesurant l'acide carbonique qu'il forme au contact de l'anhydride iodique, ou en pesant l'iode déplacé dans ces conditions, ou en recueillant cet iode pour mesurer ensuite la coloration qu'il communique au sulfure de carbone ou au chloroforme, comme le fait M. Nicloux, la vraie difficulté, celle qui m'a longtemps arrêté, en dehors de la dilution extrême qu il fallait démontrer être presque indifférente et ne pas fausser les résultats, tient à deux autres causes : d'une part, quelques gaz hydrocarbonés s'oxydent (surtout à i5o°) au contact de l'anhydride iodique; tels le gaz acétylène en particulier, gaz qui se forme dans nos foyers, partout où l'air est en trop faible proportion (^Berlhelot, Scheurer-Kestner) et qui réduit pour sou compte l'acide iodique, quoique plus difficilement que ne le fait l'oxvde de carbone, déjà vers 5o° à 60". D'autre part, certains gaz, comme l'éthyléne, qui ne s'oxydent cependant, que très difficilement à ces températures, jouissent de la singulière propriété d'empêcher l'oxydation de l'oxyde de carbone quand ils sont mélangés à lui, même en faibles proportions. Il ne suffit donc pas pour

(•) Un cenlinièlie cube de CO dilué en 10''' d'air uiel, dans ces conditions, en liberté 2"'S'', 27 d'iode, quantité facilement pondérable et que j'ai reconnu se produire en proportion théorique. 1

(^) Voir Annales de l'InstUui agroiioniique, p. 82; 1881. Supplément au n" 7.

( 79^ ) obtenir des résultats exacts de hiver l'air avant son passage sur l'acide iodiqne à travers des lessives alcalines qui arrêtent l'hvdrogène sulfure ou l'acide sulfureux.

» J'ajoute enfin, à propos de la réduction des iodates par l'acide nitreux en présence de l'acide sulfurique étendu, que cette réaction est délicate, qu'elle ne se produit pas instantanément à froid et qu'elle est même infidèle avec certaines dilutions et proportions d'acide nitreux. »

PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Sur l' importance du SUC re considéré comme aliment. Nouvelle démonstration de la supériorité de la i^aleur nutritive du sucre sur celle de la graisse, eu égard à la valeur thermogène respective de ces deux aliments simples, par ^I. A. CnAcvEAU.

« Dans la séance du 20 décembre 1897 (^Comptes rendus, t. CXXV, p. 1070), j'exposais les résultats de quelques expériences comparatives sur la valeur nutritive que possèdent respectivement la graisse et le sucre introduits dans une ration de production de travail. Ces expériences se rapportaient à l'étude d'une des plus importantes et des plus délicates questions de l'énergétique musculaire, à savoir quel est le potentiel que transforme le tissu du muscle, pour se procurer l'énergie nécessaire à son travail phvsiologique. Les résultats que j'ai obtenus ajoutaient une nouvelle démonstration à celles, fort nombreuses, sur lesquelles j'avais établi les deux propositions suivantes : 1° C'est la combustion du glycogène incorporé au tissu musculaire qui met au service de ce tissu V énergie dont il a besoin pour son travail. 2° La fonction glycogénique de Claude Bernard fournit incessamment les matériaux de remplacement qui alimentent les réserves de glycogène musculaire incessamment consommées.

» Ces propositions étaient de nature à heurter les habitudes d'esprit des partisans systématiques de la théorie des poids et des substitutions isodvnames en Bromatologie. Ma nouvelle démonstration a aggravé ce conflit, en ce sens qu'elle fait ressortir directement la grande discordance qui existe entre ladite théorie et toute une catégorie de faits importants.

» Avant de chercher une explication à cette discordance, il convenait de s'assurer qu'elle existe bien réellement. C'est à quoi va servir'le récit de l'expérience suivante, lequel pourra être suivi de beaucoup d'autres.

» EXPERIEACE. — Depuis quelques semaines, la chienne qui a fait l'objet des expériences racontées dans la séance du 20 décembre dernier se maintenait à peu près

exactement en équilibre de poids, en continuant à être soumise aux conditions de la dernière série de ces expériences, conditions qu'il est indispensable de rappeler ici.

» 1° Ration alimentaire. — Le sujet recevait le matin à 7'' Se", en alternance tous les cinq jours ou tous les trois jours, l'une des deux rations suivantes :

Valeur Valeur

A. thermique. B. thermique,

gr Cal ^ sr Cal

Viande dégraissée 5oo 479 Viande dégraissée 000 ^79

Saindoux 110 io34 Sucre 168 665,6

Eau 400 " Eau 400 »

^^^leu^énergétiquetotale Valeur énergétique totale

de la ration i5i3 de la ration 1 144,6

. , , . B ii44,6

w .\insi, au point de vue énergique, ^ = — ^^~T" ^= 0,706.

» Donc, le potentiel de la première ration, celle où figure la graisse, valant i, le potentiel de la seconde, celle où figure le sucre, atteignait seulement 0,706.

» 2° Travail. — Le sujet étant en pleine digestion, on le soumettait, dans la rouecaisse ad hoc, à l'exercice du trop allongé, pendant deux heures exactement. Le chemin parcouru était environ 25'"" à 26""°.

» C'est en faisant le travail musculaire exigé par cet exercice que le sujet s'entretenait à peu près de même, avec les deux rations précitées, si différentes pourtant par leur valeur énergétique.

» Quand je dis que le poids restait à peu près le même, je ne suis pas tout à fait exact. En réalité, la courbe des poids fléchissait toujours un peu avec la graisse. Mais je n'ai pas cru qu'il fût nécessaire de tenir compte du léger avantage resté encore au sucre dans la circonstance, malgré l'infériorité de sa valeur potentielle.

)) Les choses en étaient là, lorsque, par le jeu naturel des lois phvslologiques, les conditions intimes du sujet furent profondément modifiées. La chienne devint en chaleur comme au mois d'avril de l'année précédente. Alors les conditions de travail et de nourriture étaient tout autres. L'exercice accompli se réduisait à i2'""-i3''" de parcours dans la roue, et la ration, assez pauvre, contenait le complément ternaire, sucre ou graisse, en proportions exactement isodynames (graisse : Sis"; sucre : 1216''). De plus, la comparaison régulière de ces deux aliments de force ne fut faite que pendant la période dépressive du rut. Cette fois, la comparaison put avoir lieu non seulement pendant cette période de dépression, mais encore pendant la période de restauration qui suivit. Le cours de cette comparaison ne fut interrompu que deux mois et demi après l'apparition des prodromes du rut; la bête, légèrement indisposée, s'était alors refusée à tout travail. Mais, jusqu'à ce moment, rien n'avait été changé aux conditions extérieures de l'expérience : c'était toujours le même travail Journalier, les mêmes rations alternantes cju'avant l'apparition du rut. Ces rations, dans les nouvelles conditions intimes du sujet, allaient-elles continuera se montrer presque exactement isotrophiques?

» En tout, cette période nouvelle a duré quatre-\ingt-cinq jours et l'alternance de la graisse et du sucre, dans la ration complémentaire, s'y est produite 12 fois, c'est-

à-dire que 12 fois le sucre a été substitué à la graisse et 12 fois la graisse au sucre. Les cinq premières séries ont eu chacune cinq jours de durée; les autres, trois jours seulement. Une des premières séries, la troisième, n'est qu'une sorte de doublement de la seconde, qui était consacrée au sucre. On a remplacé, dans cette troisième série, le sucre de la ration par son poids isodyname d'amidon ('), soit i5-y'' de la substance à l'état sec.

» Sur le graphique ci-joint, qui résume les principaux faits de l'expérience et qui a été divisé en autant de colonnes verticales qu'on a consacré de jours à celte expérience, les séries sont numérotées de 1 à 23 et marquées de l'initiale du nom de la substance qui formait la ration complémentaire, G, S ou A.

» C'est pendant la série 3, au moment marqué d'une croix sur le graphique, que l'on constata les premiers signes du rut. Ils avaient disparu au cours de la série 11, avant le moment marqué d'un disque croisé, peut-être beaucoup plus tôt : il plane sur la date exacte de cette disparition une certaine incertitude.

» Aucun accroc n'est survenu pendant l'expérience; elle a marché à souhait. Les séries se sont succédé avec la plus grande régularité, tout se passant exactement de la même manière chaque jour et la santé du sujet restant toujours parfaite. Même il arriva, dés le début, que l'excrétion fécale perdit les caractères qui, jusqu'alors, l'avaient distinguée pendant les séries-sucre : les excréments n'étaient ni plus mous ni rendus plus fréquemment que pendant les séries-graisse.

» Les moindres particularités de l'expérience ayant été soigneusement notées chaque jour, il fut facile de savoir si l'égalité des conditions expérimentales avait été complètement réalisée. Il n'j- a pas à en douter. Vers la fin de l'expérience il y eut une diminution un peu irrégulière des tours de la roue où s'accomplissait le travail, diminution tenant d'une part à un affaiblissement accidentel de la force motrice, d'autre part à la fatigue du sujet, qui était alors plus grande. Mais les irrégulaiùtés se manifestèrent également dans les séries-graisse et les séries-sucre. D'un autre côté, la ration d'eau (4ooS''), toujours intégralement bue pendant le repas avant le travail, dans les cas de ration avec sucre, a été cinq fois, sur quarante, incomplètement prise dans les cas de ration avec graisse. En tout, la différence de boisson bue en quatre-vingt-cinq jours ne s'éleva pas même tout à fait à 5ooS''. C'est absolument insignifiant. En un mol, on n'eût pu désirer, dans les conditions expérimentales, une identité plus favorable à l'étude comparative visée dans la circonstance.

» Pour tirer de cette étude tout le parti possible, on fit chaque jour cinq pesées de l'animal. Celte pratique avait, du reste, précédé de beaucoup la période expérimentale actuelle.

» La première pesée avait lieu le matin, après le repas (courbe A du graphique).

» La deuxième, à 9'\3o, immédiatement avant le travail (courbe B).

(') Je me réserve de publier à part les résultats d'une étude comparative du sucre et de l'amidon. A l'heure actuelle, mes expériences sur l'amidon sont trop peu nombreuses pour me permettre de me prononcer d'une manière ferme. Je me crois pourtant autorisé à penser qu'en général l'amidon se comporte exactement comme le sucre, quoiqu'il ne possède pas un pouvoir nutritif tout à fait équivalent.

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