très faible
470 ''"«is faible
M J'ai pu comparer ce spectre à celui d'une solution de néodyme appartenant au laboratoire, et m'assurer qu'il y avait identité; les raies très faibles (480 et 470) sont très probablement dues à des traces de praséodyme.
» Il résulte de cet ensemble de faits que le néodvme donne im sulfate double de potassium plus soluble que le praséodvme, ce qui permettrait une séparation peut-être plus rapide que la méthode des cristallisations fractionnées : je me propose d'appliquer à l'étude des sels de didyme ce procédé fondé sur la solubilité relative des sulfates doubles alcalins. »
ÉLECTROCHIMIE. — Sur V explosion des mélanges grisouleux par l'èlincelle électrique. Principe de la dérivation du courant. Note de M^L H. Couriot et J. Mecmer, présentée par M. Troost.
(( Nous avons montré, dans une Note précédente ('), que les mélanges de grisou et d'air ne sont pas allumés par un filament métallique incandescent, et qu'ils font explosion sous l'influence de l'étincelle de rupture :
(*) H. CoLRiOT et J. Meunier, Comptes rendus, t. CXXVI, p. "joa; 1898. Le grisou qui a servi à nos expériences provenait de la quinzième couche du bassin de Saint-Etienne (puits Beaunier).
il existe des conditions expérimentales où l'on peut faire éclater l'étincelle dans un mélange sans exciter l'explosion.
» Après avoir reconnu que les mélanges à 9,5 pour 100 de méthane étaient les plus explosifs, il était rationnel d'opérer d'abord sur ces mélanges, car il est certain que les conditions dans lesquelles on éviterait leur explosion seraient suffisantes pour éviter celle des autres mélanges de nature moins dangereuse. Dans nos premières expériences la tension du courant était demeurée constamment celle du secteur de la Ville de Paris réglée à 1 10 volts environ; nous avons obtenu de plus faibles voltages en introduisant des dérivations sur le circuit dont nous disposions. Nous avons déduit des résultats ainsi observés les principes suivants :
» Principe de la dérivation. — Pour éviter l'explosion, il en nécessaire de relier par un conducteur secondaire deux des points des conducteurs entre lesquels se produit l'étincelle. '
» Cette condition est nécessaire, car, en emplovantune dérivation, nous avons pu fondre des fils de clavecin dans des mélanges à 9,5 pour 100 de méthane sans provoquer l'explosion, tandis que, sans dérivation, elle se produisait constamment. Toutefois, la condition ne suffit pas : en effet, les conducteurs qui, dans toutes nos expériences, ont servi à amener le courant à notre laboratoire étaient eux-mêmes en dérivation sur des conducteurs principaux dépendant du secteur de la Ville; en outre, le conducteur secondaire que nous avons intercalé dans le montage de notre appareil n'a pas toujours empêché l'explosion. Il y a donc lieu de rechercher quelles sont les autres conditions qui doivent être ajoutées à cette première.
» Deux points d'un circuit électrique étant doublement reliés, les deux conducteurs qui les relient sont en dérivation l'un par rapport à l'autre; désignons sous le nom de dérivation directe la branche qui contient l'exploseur, et par dérivation parallèle celle qui est opposée; soient r et r' leurs résistances respectives, i et i' les intensités que le courant principal fait naître dans chacune : on a, d'après les lois fondamentales de l'électricité,
L — ^, et le voltage e = ir= i r" est le même dans les deux dérivations
qui ont leurs, extrémités communes. Il s'ensuit que, pour deux conducteurs de résistances déterminées, le voltage est fixé par l'intensité du courant principal employé et que le rapport ^ demeure constant, pourvu que
les différentes parties des conducteurs conservent la même température. L'intensité i étant réglée, tout sera donc réglé dans i'appared.
( 9o3 ) » Méthode expérimentale. — Nous avons rattaché les extrémités des conducteurs du courant principal, de la dérivation directe, de la dérivation parallèle et d'un voltmètre, à des bornes vissées sur des pièces métalliques de résistance négligeable et formant deux séries parallèles isolées l'une de l'autre. Dans la dérivation directe, nous avons intercalé un am|ièreniètre donnant la valeur de l'intensité /', et permettant de calculer les valeurs der et de r' et de suivre leurs variations dues à réchauffement des conducteurs.
» La constance du raj^port - étant assurée par celte disposition d'aj)-
pareil, nous faisions varier l'intensité i an moyen d'un rhéostat placé sur le courant principal. Pour une valeur déterminée çlu rapport, nous faisions une série d'expériences en diminuant la valeur de i jusqu'à ce que l'étincelle de rupture ne provoquât plus l'explosion du mélange.
M Lorsque le rapport des résistances acquiert une valeur élevée, c'est-à-dire lorsque la résistance est très grande dans la dérivation parallèle, l'étincelle de rupture détermine invariablement l'explosion.
» Nous avons réalisé ce cas en prenant comme dérivation parallèle une lampe de iio volts laissant passer un courant de i ampère environ, en sorte que la résistance r' était supérieure à i lo ohms; la dérivation directe contenant l'exploseur était formée par loo™ de fil de cuivre dont la résistance r était égale à 3 ohms ; nous avons fait varier la valeur de i de 7'""p,6 à 'i^'°P,5 en passant par six valeurs intermédiaires : l'explosion a toujours eu lieu, tandis que, quand nous avons introduit à côté de la lampe une deuxième dérivation parallèle formée par un fil de cuivre et sans rien changer au reste de la disposition, l'explosion a cessé de se produire.
» Celte expérience peut fournir l'explication des résultats que nous avons obtenus avant d'employer dans notre appareil une dérivation spéciale : les conducteurs amenant le courant au laboratoire sont en dérivation sur le secteur; celui-ci joue donc le rôle d'une dérivation parallèle dont la résistance est du même ordre que celle de la lampe; l'explosion doit se produire constamment dans ces conditions.
» Comme corollaire du principe de la dérivation et de ces faits, on peut déduire que l'étincelle, se produisant sur un circuit unique dont la rupture entraîne l'extinction complète du courant, provoque nécessairement l'explosion.
» Pour déterminer la limite inférieure d'intensité à laquelle ce principe est encore exact, il faut employer des courants d'intensité décroissante; mais la difficulté pratique qui se présente alors est de se procurer des filaments métalliques assez fins pour qu'ils soient amenés à la fusion par ces
G B., 1S9S, I" Semestre. (T. CXXVI, N° 12 ) ' 1 l6
( 9o4 ) courants de faible intensité. Avec des fds d'argent de o™™.o,5, les plus fins que l'on puisse trouver dans le commerce, et un courant de i"™?, 9, nous avons eu des étincelles à peine visibles dans l'éprouvette de l'exploseur, et cependant elles suffisent pour déterminer la détonation. Nous pensons, en opérant sur des lampes, obtenir la rupture du filament avec des intensités beaucoup plus faibles.
» Reprenons notre rapport — = -,; i explosion est d'autant plus facilement évitée que la valeur du rapport se rapproche de l'unité. Lorsque la valeur décroît au-dessous de l'unité, c'est-à-dire lorsque la résistance de la dérivation parallèle devient faible par rapport à l'autre, à partir d'une certaine limite l'explosion se produit de nouveau. Il existe donc deux limites de ce rapport, l'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'unité, entre lesquelles l'explosion peut être évitée, quand on ne dépasse pas une certaine intensité i.
» Voici les résultats que nous avons obtenus en prenant deux dérivations dont les résistances étaient d'égale valeur : i est l'intensité qu'il ne faut pas dépasser avec cette résistance pour éviter l'explosion des mélanges à 9,5 pour 100 de méthane :
» Avec ces intensités les fils de clavecin que nous avons employés rougissent et fondent presque instantanément. »
CHIMIE MINÉRALE. — Sur les propriétés du sulfure de Strontium phosphorescent. Note de M. José Rodriguez Mourelo (').
« Ayant observé qu'une masse de chlorure de sodium, mélangée à du sulfure de strontium, était phosphorescente, j'ai tâché de voir si une certaine quantité de ce sulfure, répandue dans un corps inerte et non phosphorescent, communiquait à celui-ci sa propriété. J'ai employé un sulfure de strontium, doué de la phosphorescence la plus intense, et, comme
(') Travail fait au laboratoire de Chimie de l'École centrale des Arts et Métiers, à Madrid.
( 9o5 ) corps inertes, les sulfates de strontium, de baryum et de calcium. Quelquefois on faisait des mélanges très homogènes; parfois on calcinait ces mélanges au rouge vif pendant quelques heures et l'on mélangeait, avec lesdits sulfates, des corps destinés à réagir et à produire une quantité déterminée de sulfure de strontium. Dans tous les cas, on procéda en taisant des mélanges très intimes et en les tamisant jusqu'à ce qu'ils se réduisissent en poudre impalpable et d'une parfaite homogénéité. Voici les résultats obtenus :
M Sulfate de strontium et sulfure de strontium. — On mélangea, dans un mortier en fer, 5oS'' de sulfate de strontium avec n^'','bo de sulfure de strontium; le mélange intime fut exposé à la lumière directe, sans insolation, pendant cinq minutes; dans l'obscurité toute la masse présenta une phospliorescence bleu verdàtre assez intense. Avec des quantités de sulfure inférieures à 5 pour loo, le phénomène ne se présenta pas.
» Un mélange intime, fait avec 5o?'' de sulfate de strontium et 2S'', 5o de sulfure, cliauflfé au rouge vif pendant trois heures, donna une masse qui, une fois pulvérisée et tamisée, ne présentait pas de phosphorescence, après une exposition de quinze minutes à la lumière directe; mais, en y ajoutant is"' de sulfure phosphorescent et en chauffant de nouveau pendant trois heures, le produit pulvérisé devenait phosphorescent, en l'exposant cinq minutes à la lumière.
» 5o8'' de sulfate de strontium mélangés avec js'' de carbonate de strontium et is^So de soufre, chauffés pendant irois heures au rouge vif, donnèrent une masse non phosphorescente, même après une longue exposition à la lumière directe. En y ajoutant lo?"' de carbonate de strontium et b^' de soufre, et faisant chauffer de nouveau le mélange pendant trois heures, il donna un produit phosphorescent qui contenait 10 pour 100 de sulfure de strontium.
» 5o5"' de sulfate de strontium furent mélangés à 5s"' de carbonate de strontium et 18^,50 de soufre en y ajoutant, en très petites quantités, du carbonate de sodium et du chlorure de sodium et une trace de sous-nitrate de bismuth; le mélange intime, chauffé comme dans l'expérience précédente, donna un produit dépourvu de phosphorescence. En yajoutant i5s'' de carbonate de strontium, 5s'' de soufre et du carbonate de sodium, du chlorure de sodium et du sous-nitrate de bismuth, après avoir fait chauffer pendant quatre heures au rouge vif, on obtint un produit qui, avec cinq minutes d'exposition à la lumière, présenta une phosphorescence assez intense.
» Sulfate de baryum et suif ure de strontium. — En mélangeant So?"' de sulfate de baryum avec as', 5o de sulfure de strontium, on obtient une masse qui, avec cinq minutes d'exposition à la lumière, donne une phosphorescence d'un bleu verdàtre assez intense. Le même mélange, calciné pendant trois heures au rouge vif, produit le même effet.
» ,5os'- de sulfate de baryum, mélangés avec 5s' de carbonate de strontium et i5"',5o de soufre, produisent une masse qui, réduite en poudre impalpable, après avoir subi
la température du rouge vif pendant quatre heures, donne une phosphorescence bleu verdâtre, par cinq minutes d'exposition à la lumière.
» Le mélange de SoS"' de sulfate de baryum, Ss' de carbonate de strontium, iS'',5o de soufre et des traces de carbonate de sodium, de chlorure de sodium et de sousnitrate de bismuth, ayant été chaulTé au rouge vif pendant quatre heures, donna un produit phosphorescent.
» Dans ces deux dernières expériences, la phosphorescence était faible, même après vingt minutes d'exposition à la lumière; mais l'intensité pouvait être augmentée par les moyens décrits.
» Sulfate de calcium et sulfure de strontium. — Par le mélange de 5oS'' de sulfate de calcium avec 25'', 5o de sulfure de strontium on obtint une masse non phosphorescente, dans les conditions des expériences antérieures; en y ajoutant encore 2S^, 5o de sulfure on réussit à le rendre phosphorescent, par sept minutes d'exposition à la lumière directe. Le même mélange de SoS' de sulfate de calcium et Ss' de sulfure de strontium, chaulTé au rouge vif pendant trois heures, présenta une égale phosphorescence, sans augmentation d'intensité.
» En mélangeant Sos' de sulfate de calcium, Ss'' de carbonate de strontium et i8'",5o de soufre et soumettant le mélange à la température du rouge vif, pendant trois heures, on obtient une masse non phosphorescente; on peut lui donner cette qualité en la réchauffant encore trois heures après v avoir ajouté i58'' de carbonate de strontium et 5e'' de soufre ou bien 2B'', 5o de sulfure de strontium.
)> Sos'' de sulfate de calcium, Ss'^ de carbonate de strontium, i8'',5o de soufre et de très petites quantités de carbonate de sodium, chlorure de sodium et sous-nitrate de bismuth, après avoir été intimement mélangés et soumis pendant trois heures à la température du rouge vif, donnèrent une masse non phosphorescente. J'ajoutais iSs'' de carbonate de strontium, 5s'' de soufre et des traces de carbonate de sodium, chlorure de sodium et sous-nitrate de bismuth; en calcinant de nouveau, il en résulta un produit phosj>horescent, par sept minutes d'exposition à la lumière directe. On obtient le même effet en mélangeant simplement avec 25'', 5o de sulfure de strontium.
» Dans tous les cas, quoique la masse devienne phosphorescente d'une manière uniforme, l'intensité lumineuse est plus faible, ainsi que l'excitabilité, que lorsqu'il s'agit du seul sulfure. La nuance de la phosphorescence rappelle celle qui est propre au sulfure de strontium; loulefois, dans les cas cités, elle est presque toujours quelque peu blauchâtre. Les effets dépendent aussi du volume de la masse et, les autres circonstances restant les mêmes, ils sont plus intenses avec le sulfate de baryum qui, parmi les matières employées, a le plus grand poids spécifique, tandis qu'on obtient les plus faibles avec le sulfate de calcium, qui a la moindre densité. «
CHIMIE ORGANIQUE. — Sur l'oxydalion de quelques composes amidés et thio-amidès. Note de ]M. C^chsxer de Com.vck (' ).
« J'ai étudié l'action des liypochlorites alcalins, à excès d'alcali, sur quelques amides, urées et sulfo-urées.
» 1° Acétamide. — J'ai déjà fait agir sur ce corps une solution aqueuse d'hypochlorite de sodium sodique. Les résultats négatifs que j'ai obtenus tenaient à ce que la solution était trop étendue. Avec des solutions plus concentrées dlivpochlorites de sodium et de potassium alcalins, l'acétamide est décomposée avec mise en liberté d'azote. Mais la réaction est surtout nette lorsqu'on traite cette amide par une solution concentrée et tiède dlivpochlorite de calcium; la liqueur mousse, tant le dégagement gazeux est abondant. On peut réaliser ainsi une belle expérience de cours.
» 2° Sulfo-urée. — La sulfo-urée est moins facilement attaquée que l'urée par rhypochlorite de sodium sodique. En même temps qu'il se dégage de l'azote, il se forme une grande quantité d'acide sulfurique et la réaction est la suivante :
CS^''^"'"! H- 7O =r CO' 4- S0'+ Az=-l- 2 H^O. \AzH- '
» 3° Phênyl-urée. — Au contact de l'hypochlorite de sodium alcalin, l'azote commence à se dégager. La décomposition devient plus marquée, si l'on chauffe progressivement.
» 4° P/iényl-sul/o-urée. — Cette urée est beaucoup plus stable que la précédente, résultat qui, rapproché de celui fourni par la sulfo-urée, montre que le soufre confère de la stabilité à la molécule. Il se dégage une faible proportion d'azote, il y a production d'acide sulfurique et d'une matière colorante jaune foncé; on est donc amené à penser que, en première phase du moins, la réaction est
» 5° Sarcosine (méthyl-glycocolle). — Ce dérivé est assez stable, en présence de l'hypochlorite de sodium alcalin, et il faut chauffer pour obtenir le dégagement d'azote.
» 6° O-ra/néthane (CO — AzH- — CO.OC-H^). — Cet éther amidé commence à se décomposer à froid, au contact du réactif. Avec l'aide de la chaleur, le dégagement d'azote devient abondant. On a
CO — AzH^ N
I )^2H^O-i-50 = Az'-H4CO'-H-H«0^-h2(C'-H^OH). »