CO-OC^H
(') Ces recherches ont été faites à l'Institut de Chimie de la Faculté des Sciences de Montpellier.
CHIMIE ORGANIQUE. — Sur ks dérivés chlorés du carbonate de phényle. Noie (le M. E. Barral, présentée par M. Friedel.
« On ne connaissait aucun dérivé chloré du carbonate de phényle lorsque j'ai obtenu (') le carbonate de phényle perchloré CO(O.C''Cl')-, en faisant réagir APCl^ sur l'hexachlorophénol-aC^CPO, en solution dans le sulfure de carbone. Du chlorure de carbonyle, formé dans la réaction, réagit à l'état naissant sur le pentachlorophénate de chlorure d'aluminium produit, elle transforme en caibonate de phényle perchloré :
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» Le carbonate de phényle perchloré ayant été obtenu par la même réaction que celle qui sert à préparer le carbonate de phényle, il est très probable que tous les dérivés intermédiaires peuvent se former par l'action de COCP sur les dérivés chlorés du phénol.
» La chloruration directe du carbonate de phényle, en présence des chlorurants énergiques, nie permet de donner une autre méthode de préparation de ces dérivés chlorés.
» Du carbonate de phényle, dissous dans le tétrachlorure de carbone, ayant été mis dans un grand flacon plein de chlore, j'ai constaté que ce gaz n'est pas absorbé (comme l'ont déjà remarque plusieurs auteurs), même après plusieurs jours au soleil. Mais, en projetant une petite quantité d'iode dans le flacon, j'ai obtenu immédiatement une très vive réaction accompagnée d'une notable élévation de la température; il se dégage de l'acide chlorhydrique et l'atmosphère se décolore. Le flacon a été rempli plusieurs fois avec du chlore, jusqu'à ce que celui-ci ne fût plus absorbé.
» J'ai obtenu du carbonate de phényle bichloré CO(O.C"H'Cl)-, cristallisé en aiguilles soyeuses blanches, fusible à i4-i", insoluble dans l'eau, peu soluble à froid dans le benzène et l'alcool absolu, mais très soluble à l'ébuUition.
» Ce corps se décompose rapidement lorsqu'on le chauffe avec de la potasse alcoolique, à l'ébuUition de l'alcool : on obtient un précipité de
( ' ) Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, 1890. — Bulletin de la Société chimique de Paris, l. \I11, ji. 345; iSgS.
carbonate de potassium et une solution de monochlorophénate de potassium.
» En faisant passer direclement le chlore dans du carbonate de phényle additionné à'iodc ou âe pentac/ilori/re d'antimoine, j'ai réussi à fixer beaucoup plus de chlore et à obtenir des composés fusibles à des températures supérieures à 142".
» Je me propose d'étudier ultérieurement ces dérivés chlorés du carbonate de phényle. »
CHIMIE VÉGÉTALE. — Sur les cholestérines des végèlaux inférieurs. Note de M. E. Gérard, présentée par M. Arm. Gautier.
« Dans deux Notes précédentes {Comptes rendus, t. CXIV, p. i544 6t t. CXXI, p. 728), j'ai montré que les cholestérines retirées de certains végétaux cryptogamiques étaient bien distinctes de la cholestérine animale et de la phytostérine (cholestérine des végétaux supérieurs) et qu'elles se rapprochaient, par leurs propriétés particulières, de l'ergostérine de M. Tanret; quelques-unes même étaient complètement identiques avec cette dernière. C'est ce qui m'avait conduit à dire que les cholestérines existantdansles végétaux inférieurs appartiennent toutes à un groupe bien spécial : le groupe de l'ergostérine.
» Les végétaux cryptogamiques qui ont été étudiés faisaient partie des Basidiomycètes, des Myxomycètes, des Ascomycètes, des Oomycètes et des Lichens. Dans cette nouvelle Note, je me propose de relater mes observations sur les cholestérines retirées, d'une part, d'une espèce microbienne, le Staphylocoque blanc, d'autre part, d'une Algue, le Fucus crispus.
» I. Cholestérine du Staphylocoque blanc. — Pour pouvoir en retirer même des traces de cholestérine, on a dû faire, pendant des mois entiers, des cultures de Staphylocoque sur bouillon de peptone, en opérant chaque fois sur i''' du milieu nutritif. Dans les cultures développées, on ajoutait 4oS"' d'acide chlorhydrique par litre de bouillon, et Ton portait le tout à l'ébullition.
» Suivant l'observation de Nencki ('), par l'action de l'acide et de la chaleur, les microbes se réunissent en gros flocons faciles à séparer par le filtre, l-es masses zoogléennes ainsi obtenues sont ensuite lavées à l'eau distillée, essorées, traitées par l'alcool bouillant. Après distillation de l'alcool, le résidu est repris par de l'éther qui abandonne, par évaporation, une matière huileuse à odeur putride très prononcée,
(') Journ. fiir praktisclie Chenue, 2= série, t. XX, p. 443.