SI
( ro27 ) croit avec la dilution et tend vers la valeur limite 124 observée par les précédents expérimentateurs pour les sels neutres à 20°;
» 2° La conductibilité augmente, quand la température s'élève, d'autant moins rapidement que la température est plus élevée. Par exemple, pour la solution ^ normale le coefficient de température est 0,021 entre aS" et 35°, et 0,014 entre 35° et 45°.
» Ce coefficient varie d'ailleurs peu avec la dilution et reste voisin des valeurs indiquées ci-dessus pour les différentes concentrations que j'ai étudiées. »
ÉLECTRICITÉ. — Sur la résonance multiple. Note de "\I. Louis Décombe. présentée par M. Lippmann.
« L'oscillateur électrique a été l'objet d'un grand nombre de travaux, très divers au double point de vue des procédés emplovés et des résultats obtenus.
» Les phénomènes dont il est le siège n'ont guère été étudiés que par des méthodes indirectes qui ont donné lieu quelquefois, principalement au sujet de la résonance multiple, à de longues controverses d'où il ne semble pas qu'une opinion généralement acceptée soit encore sortie.
» Des expériences directes, mettant en pleine évidence les phénomènes et les rendant en quelque sorte palpables, paraissent seules susceptibles de trancher définitivement la question.
» L'analyse de l'étincelle explosive par le miroir tournant et la fixation du phénomène sur une plaque sensible par la photographie constituent une de ces méthodes directes dont les conclusions s'imposent avec la force de l'évidence même et contre lesquelles il semble difficile de continuer à élever les objections que soulevaient les méthodes indirectes.
» Cette méthode a été effectivement appliquée en ces dernières années à l'étude des oscillations hertziennes; mais, tandis que les auteurs des deux premiers travaux parus sur ce sujet se sont surtout occupés des oscillations qui se propagent dans un circuit auxiliaire qu'ils appellent circuit secondaire, les épreuves que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie dans sa séance du i4 février sont relatives à l' appareil producteur d' ondes lui-même et permettent, par conséquent, de déterminer la nature du phénomène oscillatoire dont il est le siège.
» Ces épreuves, très nettes et très caractéristiques, montrent immédia-
tement le carsctère oscillatoire de la décharge. De plus, et c'est là le point capital, elles n'indiquent jamais la présence que rJ' une radiation, et d'une seule, de période déterminée, variable avec les dimensions de l'excitateur.
» Il faut donc renoncer à l'hypothèse d'un spectre continu de radiations, hvpolhèse sur laquelle MM. Sarasin et de la Rive ont fondé leur explication de la résonance multiple; l'excitateur possède une période et un décrément logarithmique propres qui varient l'un et l'autre avec ses dimensions.
» Il faut également rejeter l'ingénieuse explication proposée par M. Swyngedauw (') et d'après laquelle, grâce à l'échaulfement dû à l'étincelle, l'excitateur serait le siège d'une série d'oscillations de périodes décroissantes depuis To = ao jusqu'à la valeur limite T = 2-y LC.
» Les épreuves ne confirment pas cette manière de A'oir ; toutes les oscillations visibles d'une même décharge sont sensiblement égales.
» Ceci ne doit pas nous surprendre. A supposer, en effet, que réchauffement dû à l'étincelle ait pour résultat de diminuer rapidement sa résistance, il ne faut pas oublier que Feddersen a montré expérimentalement l'indépendance de la période par rajjport à la résistance du circuit, et cela dans des limiles très étendues (-).
» La seule explication possible de la résonance multiple est donc celle qu'en ont donnée MM. Poincaré(') et Bjerknes (^) en se basant sur des considérations d'amortissement, qu'ils ont été les premiers à introduire dans la question et que l'expérience a d'ailleurs vérifiées ('). «
ÉLECTRICITÉ. — Sur l'ampèremètre thermique à mercure, ses applications industrielles : nouvel étalon de force électromotrice ("). Note de M. Charles Ca.>hciiel, présentée par M. J. Violle.
« J'ai donné dans une Communicalxon récente (Comptes rendus, t.CXXVl, n" 3) la description du dernier modèle de l'ampèremètre thermique à mercure, qui permet facilement de mesurer au ^ près un courant de i*, 5 par
(') SwïXGEDAL'w, Comptes rendus, t. CXXIV, p. 556; 1897.
(^) Feddersen, Ann. de C/iiin. et de Pliys., S"" série, t. LXIX, p. 178; i863.
(') PoiNCARÉ, Archwes de Genèi,'e, t. XXV, p. 609; 1891.
(*) Bjerknes, W'ied. Ann.. t. XLIV, p. 74: 1891.
(^) Bjerknes, loc. cit.
(") In'itltul de Physique industrielle de l'Université de Lillft.
une détermination durant une minute, et j'ai insisté sur la grande qualité de cet instrument qui est la constance de ses indications.
» On a objecté que cette constance serait compromise par un échauffement excessif de la colonne de mercure intérieure; celle cause d'erreur n'existe pas. Le tube intérieur a un diamètre très mince, et la chaleur développée par le passage du courant se transmet immédiatement au réservoir ihermométrique annulaire : l'observation directe de l'instrument le montre bien; on voit, en effet, la colonne mercurielle du thermomètre redescendre, dès que le courant cesse de traverser l'appareil. D'ailleurs, j'ai mesuré la variation de résistance intérieure de l'ampèremètre, pendant la durée d'une expérience. Celte variation est au maximum o°'"",o3G pour le courant maximum que l'appareil peut supporter; l'élévation de température correspondante est environ 5o°. On peut être sûr, par conséquent, que le tube intérieur n'est jamais porté à une température supérieure à 70°.
M L'appareil, construit par M. Hémot, me donne depuis qu'il fonctionne, c'est-à-dire depuis le commencement de décembre 1897, des indications très concordantes.
» IL J'ai l'honneur de présenter aujourd'hui à l'Académie quelques applications de l'ampèremètre à mercure.
» Il permet d'abord de réaliser un étalon de force électromotrice extrêmement constant.
» Un courant de i à 2 ampères, pris sur une forte batterie d'accumulateurs, traverse d'abord une résistance r ayant, pour l'appnreil décrit, i'''"",i54 à i3°,5; cette résistance est égale à celle de l'ampèremètre; le courant circule ensuite dans une résistance R de 8°'"",9oo, que l'on peut appeler re'5/5^a«ce de compensation. Elle est destinée à rendre négligeables les variations de résistance intérieure de l'appareil.
» Quand on veut faire une mesure, un commutateur à bascule permet d'interrompre brusquement le courant dans la résistance r, pour le faire passer dans l'ampèremètre; au bout d'une minute on abandonne le commutateur à lui-même et un ressort fait basculer le commutateur et rétablit les choses dans leur état primitif. Si la rési'^tance r est bien réglée, le courant doit conserver, dans le circuit, identiquement la même valeur, avant, pendant et après la mesure. Les résistances r et R sont constituées par des bandes de maillechorl ayant ~ de millimètre d'épaisseur sur 5"" de large ; elles plongent dans un bain de pétrole.
« L'élévation de température de la colonne mercurielle du thermomètre donne immédiatement le courant, une simple multiplication donne la force électromotrice dont on dispose aux extrémités de la résistance de com-
( io3o )
pensation. En subdivisant la résistance de compensation on peut avoir une échelle de forces électromotiices, comprises entre i et 16 volts.
» HT. Quand on veut étalonner un voltmètre quelconque, on procède de la façon suivante : les forces électromotrices données pnr l'expérience précédente permettent de graduer un voltmètre allant de i à 16 volts. En changeant la résistance qui est disposée en série avec ce voltmètre, on peut, par la méthode classique, passer à la mesure des forces électromotrices d'un autre ordre de grandeur.
» IV. L'ampèremètre thermique a une résistance intérieure égale à /■ 4. R, c'est-à-dire io°'""%o54. H est facile de le shunter. En le munissant d'une série de shunts, on mesure des courants compris entre o et 1000 ampères.
>> IV. Je signalerai en terminant d'autres dispositions sur lesquelles je reviendrai :
» i" On réalise un ampèremètre thermique du modèle que j'ai présenté à l'Académie l'an dernier en faisant |).isser le courant à mesurer dans un dépôt métallique fait sur le réservoir d'un thermomètre en verre mince.
» 2° L'ampèremètre thermique du dernier modèle rempli d'un électrolyte constitue un voltmètre très portatif. »
PHYSICO-CHIMIE. — Comparaison des valeurs des poids atomiques de l'hydrogène, de l'azote et du carbone déduites de données physiques avec les valeurs déduites de l'analyse chimique. Note de M. Daxiel Berthelot, présentée par M. H. Becquerel.
« J'ai calculé dans une Note précédente, au moyen de deux données physiques connues avec une grande précision, densité et compressibilité : 1° les volumes moléculaires V„ à 0° et sous la pression atmosphérique des gaz hydrogène, azote, oxyde de carbone et oxygène; 2° les poids moléculaires M de ces gaz; 3° les poids atomiques a de l'hydrogène, de l'azote et du carbone qui en découlent, le poids atomique de l'oxygène étant posé, par convention, égal à 16 :
H. Az. CO. 0.
jjL..^ 1,0074 i4>oo7 12,007 16
» Conclusions. — L Le volume moléculaired'ungazào"etsous la pression atmosphérique étant égal à i pour un gaz qui suivrait exactement la loi de
( io3i )
Mariette, ce volume a la valeur i — a pour un gaz qui ne la suit pas ( ' ). Le volume moléculaire de l'hvdrogène, qui est moins compressible à o" que ne l'exii^e la loi, est donc supérieurà i; celui des autres gaz qui sont plus compressibles, est inférieur à i.
» Il n'existe qu'un seul cas où le rapport de deux volumes moléculaires ait été mesuré avec une haute précision : c'est le cas des gaz de l'eau. J'y trouve une confirmation précieuse de mes calculs. En effet, d'après le Tableau précédent, la composition en volumes de l'eau est représentée par
» Les mesures eudiométriques directes [Scott ('), Procced. Roy. Soc, t. Lin, p. i3o; 1893) ont donné
» II. Les poids atomiques de l'hydrogène, de l'azote, du carbone et de l'oxygène, calculés comme il a été dit, sont
H = 1,0071. • Az = 14,007, C = 12,007, 0 = 16.
avec une erreur maximum de ± . ■ sur la valeur de ces nombres.
.>ooo
(') Je rappelle que a est défini par l'équation de Regnault, '——- — 1 ^ a(p - /'„ 1
et représente l'écart delà compressibilité du gaz par rapport à la lai de Mariotle pour une variation de pression de i atmosphère.
(-) M. Scott a. trouvé, à la température du laboratoire, le rapport volumétrique H- : O =^ 2,0024, que j'ai i-amené à 0° au moyen des coefficients de dilatation de l'hvdrogène et de l'oxygène (Leduc, Comptes rendus, t. CXXV, p. 769; 1897).
M. Leduc a trouvé, pour la densité du gaz tonnant par rapport à l'air, o,4i4iH {Comptes rendus, t. CXV, p. 3ii; 1892), ce qui donne pour la densité par rapport à
l'oxygène — — 1^-5^== 0,37479. [M. Morley a trouvé plus tard (.4/Me/'. chem. Journal.
t. XVU, p. 267; 1895, et Sihillisonian contributions to Knowledge. iSgô) le nombre très voisin 0,87475, d'où l'on déduit pour le rapport H^ ; O un nombre un peu supérieur au précédent; mais en raison des phénomènes révélés par les expériences postérieures de M\L Leduc et Sacerdote sur le mélange des gaz, il est probable que le nombre ainsi calculé est un peu trop élevé et devrait subir une correction que des expériences directes sur le mélange tonnant pourraient seules faire connaître avec rigueur. ] G. K., 1S98, i" Semestre. (T. C\\\I, N» 14 j '3^'
( io32 )
» Ces poids atomiques, déduits de considérations purement physiques, concordent remarquablement avec les valeurs obtenues parles chimistes dans leurs analyses pondérales.
» Pour obtenir, par voie cliimique, les poids atomiques de l'hvdrogène et du carbone en fonction de celui de l'oxygène, la méthode la plus directe et la meilleure consiste à faire les synthèses de l'eau et de l'acide carbonique.
» Les diverses synthèses en poids de l'eau, effectuées dans ces dernières années par MM. Cooke et Richards, Lord Rayleigh, Ditlmar et Henderson, Leduc, Thomsen, Morley, donnent pour le rapport 0:H des nombres variant de i5,866 à 1.3,897, "^o"' la moyenne i5,88o est généralement admise aujourd'hui par les chimistes. En particulier, les expériences de M. Leduc par la méthode de Dumas {Comptes rendus. t. ex Y, p. 4' ; '892)) lesquelles offrent les caractères d'une grande exactitude, donnent 0:H =: i5,8Si : I ou 16:1,0075,
ce qui est presque exactement le rapport calculé plus haut d'après les données purement physiques (').
» Les synthèses de l'acide carbonique, en raison de la pureté du diamant ou du graphite et de la facilité que l'état solide de ces corps donne aux pesées, ont toujours conduit à des résultats très concordants pour le poids atomique du carbone :
II ,998 Dumas et Stas {Ann. de Cliim. et de Phys., 3' série, t. I, p. i(\\ i84i)-
12,009 EiiDMANN et Marchand {Journal J'iir prakt. Chem., t. XXIII, p. làg; i84i)-
i2,oo4 Stas (combustion de CO {Bulletin Acad. royale de Belgir/ue, 1849).
i2,oo3 RoscoE {Comptes rendus, t. XCIV, p. 1180; 1882).
12,011 Vkiïmv.i. {Bulletin Soc. chim., 2" série, t. XLI, p. loo; 1884).
12,001 à i2,o.o5 "Van der Pi.aats {Comptes rendus, t. C, p. 53; i885).
» Le nombre que j'ai calculé d'après les données physiques est 12,007.
» Le poids atomique de l'azote ne pouvant pas se déterminer comme les précédents par la synthèse directe d'un composé oxygéné, on a recours à des procédés détournés et beaucoup moins sûrs. Stas détermine successivement les poids atomiques de l'argent, du chlore et des métaux alcalins, puis se sert de ces poids pour calculer, au moyen d'expériences nouvelles sur le rapport entre les chlorures et les azotates alcalins, le poids atomique-de l'azote. On accumule ainsi sur ce dernier les erreurs de plusieurs séries d'expériences indépendantes. De plus, Dumas a reconnu que l'argent fondu, employé par Stas ('), retient de notables quantités d'oxygène; cette erreur tend, comme l'a montré M. Leduc ( Co77?^<e5 /'ertc^HS, t. CXXV, p. 3oo; 1897), à faire trouver pour l'azote un poids atomique trop élevé, et de fait, le nombre de Stas, Az = i4,o44i est supérieur à celui que donnent d'autres cycles de réactions. Ainsi le rapport
(') Les expériences analogues et fort minutieuses de M. Moiley {loc. cit.) lui ont donné le rapport peu différent