‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 30 sur 425 · MEDECINE ET CHIRURGIE · texte numérisé non relu

MEDECINE ET CHIRURGIE

PRIX MONTYON

(Commissaires : MM. Marey, Bouchard, Guyon, Chauveau, Brouardel, Lannelongue, d'Arsonval, Duclaux; Potain, rapporteur.)

M. le D' Galcher a présenté, pour concourir à ce prix, deux Ouvrages également importants.

Le premier est un Travail sur la pathogénie des néphrites. Il y démontre expérimentalement l'origine toxique des néphrites épithéliales par l'injection sous-cutanée, à des animaux, dematièresextractives, telles que la leucine, la tvrosine, la créatine, la créatinine, la xanthine, l'hypoKanthine. Il en déduit l'influence pathogène que les matériaux de désassimilation exercent sur le rein, dans toutes les maladies aiguës ou chroniques où la désassimilation s'exagère, et il met en lumière, mieux que cela n'avait jamais été fait, l'importance considérable que l'alimentation peut avoir dans le traitement des

( «o4 ) maladies des reins, suivant qu'elle introduit dans l'économie ces extractifs de la viande dont l'influence sur ces organes peut être nuisible, ou que, au contraire, elle les en exclue tout à fait.

Le second des Ouvrnges de M. Gaucher est un Traité des maladies de la peau, résumé des leçons professées par l'Auteur à la Faculté de Médecine. Dans ce Livre l'étude des affections cutanées est soigneusement et très étroitement rattachée aux notions, tous les jours plus précises, que la Pathologie générale fournit à la Palhogénie. L'Auteur ne s'est pas contenté de marcher résolument à cet égard sur les traces de l'illustre Bazin : il a apporté dans cette étude un contingent très important de faits basés sur des recherches personnelles. Il a montré que, comme les reins, la peau subit l'influence nocive des accumulations de matières extractives et que, notimiment dans l'ai thritisme, ces accumulatious peuvent devenir un des éléments essentiels de l'action spéciale et pathogène que cette diathèse exerce sur les téguments.

Il a montré les rapports de certaines formes des maladies de la peau avec la tuberculose et décrit, sous le nom de luherciûose pustulo-ulcéreuse, une variété nouvelle de cette affection. Il a fait voir surtout comment la communauté d'origine n'implique en aucune façon l'égalité de virulence et un degré semblable de gravité; par où il a été conduit à des considérations très importantes relativement au pronostic et au traitement, comme à la prophylaxie de ces maladies.

Un second Volume du même Ouvrage contient des faits absolument nouveaux relatifs, par exemple,, à la chroinhvdrose, à la pathogénie de l'éléphanliasis des Arabes, à l'hérédité et à la transmission de la lèj^re, au clou de Bi^kra et à une affection tuberculo-ulcéreuse qu'il a observée à Pendja, dans la Russie méridionale.

En raison de ces titres, qui sont d'une haute valeur, votre Commission propose à l'Académie de décerner Tun des prix Montyon à M. le D' Gaucher.

Un prix est décerné à M. Zambaco pour l'ensemble de ses travaux sur la lèpre, à l'occasion de son nouveau Livre intitulé : Les lépreux ambulants de Constantinople.

L'œuvre de M. Zambaco est des plus importantes et des plus méritantes. Il a fait de la lèpre, dans ses diverses modalités, une description où bien (les traits nouveaux s'ajoutent au tableau ancien; et la sûrtté de ses descriptions cliniques l'autorisent à affirmer le diagnostic d'après les signes objectifs, même si l'examen bactériologique semble devoir être négatif. De

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mêm« que le lupus bien déterminé cliniquement peut être avec certitude déclaré tuberculeux même si le bacille de Koch ne se laisse pas découvrir, de même M. Zambaro se sent en droit, et avec raison, de déclarer lépreux certains érvthèmes, certains cas de morpliée, de scléroderniie, d'ainham, de svringomvélie, alors que le bacille de Hansen n'y aurait pas été mis en évidence. Il a découvert la lèpre infantile. 11 a apporté des arguments décisifs en faveur de l'hérédité de cette maladie.

Comparant les signes d'une maladie mutilante observée en Bretagne avec ce qu'il vovait chez les lépreux de Constantinople, il conclut à l'identité de la lèpre et de la maladie de Morvan et, guidé par cette certitude déduite de la clinique, il vient chez nous et découvre en Bretagne une endémie lépreuse.

Ce sont là des titres qui placent l'œuvre de M. Zambaco à un rang très éminent parmi les travaux qui, dans ce dernier quart de siècle, ont le plus fait progresser la Médecine clinique.

MM. Rê.my et CoNTREMouLivs présentent deux Atlas de Radiophotographie.

Ce Travail très important, très soigné, montre que les Auteurs ont été les véritables initiateurs pour un grand nombre d'applications de la Radiographie aux Sciences médicales. Si, depuis leurs travaux, des perfectionnements ont été réalisés sur certains points, c'est à eux qu'appartient l'honneur des premières applications. On peut s'en convaincre par la date de leurs diverses publications :

1° Radiographies stéréoscopiques (27 juillet 1896);

1° Recherches des projectiles dans le crâne (27 juillet 1896);

3° Première démonstration sur le vivant du siège d'un projectile (4 août 189G);

4° Injections cadavériques rendant les vaisseaux visibles dans les radiogrammes (2 novembre i8g6);

5° Étude de l'évolution des dents (2 novembre 1896);

6° Applications à la Paléontologie, avec M. Lemoine (Communications diverses à l'Académie des Sciences) ;

7° Localisation précise de la position des projectiles dans le crâne et la tète (Académie de Médecine, G avril 1897).

L'album présenté par les Auteurs montre qu'ils ont soigneusement étudié et figuré les divers états physiques des tubes de Colardeau-Chabeaud et le "degré de rapidité et de netteté des images correspondant à ces divers états.

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La suite du Travail montre de nombreuses et très intéressantes applications de la Radiographie à la Pathologie chirurgicale, à la Médecine légale, à V Embryogénie, à la Zoologie comparée, à la Botanique.

MM. Maiiie et Ribaut adressent également au concours une fort belle série d'épreuves radiographiques. Ce sont surtout les injections vasculaires qui sont représentées avec une admirable perfection sous forme d'épreuves stéréoscopiques. Les auteurs ont créé, pour la prise de ces images, un ingénieux dispositif qui assure l'exactitude du relief.

Votre Commission a pensé que ces Travaux d'une très grande valeur méritaient un prix Montvon, et elle a associé ces divers auteurs au partage de ce prix.

Des mentions sont attribuées à M. Fabre-Domergde, à MM. Bosc et Tedel, et une troisième mention à M. Lapique.

PRIX BARBIER

(Commissaires : MM. Chatin, Guyon, Lannelongue, Potain, Bouchard.)

Le prix est décerné à M. de Rochebrune, pour son Ouvrage intitulé : Toxicologie africaine; une mention est attribuée à M. JLucet, pour son Ouvrage intitidé : De /'Aspergilhis fumigatus chez les animaux domestiques et dans les œufs en incubation.

PRIX BRÉAINT.

(Commissaires : MM. Marev, Bouchard, Guyon, Chauveau, Brouardel, Lannelongue, d'Arsonval, Duclaux; Potaiu, rapporteur.)

MM. RuROT et Legrand, médecins de la Marine, ont présenté à l'Académie deux Ouvrages : l'un imprimé et traitant des Maladies des marins et des Épidémies nautiques, l'autre manuscrit et relatif à la Mortalité dans l'année coloniale. Ces deux Ouvrages contiennent un très grand nombre de documents très soigneusement collectés, très attentivement analysés et sagement utilisés. Ils ont, le dernier surtout, une portée pratique très considérable et seront d'un^ haute utilité pour la Médecine coloniale. En conséquence, la Commission propose à l'Académie d'attribuer le prix à MM. BuROT et Legraxu.

( '«7 ) M. Emile Legrai.v a envové à rAcadémie un Livre Sur la pathologie saharienne, accompagné de nombreuses photographies, pour lequel la Commission propose une récompense.

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