C. R., 1898, I- Semestre. (T. CXWI, N
espèces les plus modifiées, et le dessin peut alors apparaître d'emblée comme l'a vu Urech.
En ce qui concerne les Papilio, M"'" de Linden se rallie complètement aux propositions énoncées par Einier (') :
1° La couleur du fond de l'aile et le dessin se développent successivement; ce dernier peut masquer presque totalement la couleur du fond ( r. articœ).
2° Le dessin de l'aile postérieure devance généralement celui de l'aile antérieure; le dessin du dessus des ailes, celui du dessous.
3° Les modifications du dessin progressent du bord interne au bord externe (écailles noires des Thaïs et des Vanessa, coloration tardive du bord externe chez les Papilio).
4" Les bandes apparaissent généralement au point de ramification des nervures ou s'étendent le long de leur bord; leur position change avec la forme de l'aile.
5° Les Papilio alebion et glycerion représentent une forme primitive d'où le P. podalirius serait dérivé par la multiplication du nombre des écailles noires, la réunion de plusieurs bandes et la réduction de la bande de parade. Chez le P. podalirius, les bandes situées dans la cellule discoïdale devancent toutes les autres; chez le P. Machaon, les bandes sont réunies dès le commencement, réduites à des taches longitudinales et forment finalement, quand les nervures portent des écailles noires, un dessin transversal.
6° Le dessin de la Vanessa levana est plus primitif que celui des V. urticœ et /7o^cA/oto^ (grande tortue). Les bandes de la V. iirticœ sont plus courtes et le dessin primitif fait défaut.
Si intéressants que soient ces résultats, ils ne reposent encore que sur l'étude d'un bien petit nombre d'espèces; l'auteur n'indique pas pourquoi son choix s'est porté sur les genres qu'il a étudiés plutôt que sur d'autres. Même en se bornant, comme l'a fait M'"'= de Linden, aux Papillons de jour, il eût été nécessaire d'établir entre leurs genres, en se basant sur l ensemble de leurs caractères, un ordre, probable de succession généalogique; il était dès lors indiqué de commencer ces études parles genres les plus anciens et les plus simplement colorés, de chercher à déterminer, parmi les genres et parmi les espèces de chaque genre, les formes où la
(') EiMER, Die Ardnldung uiid Venvandscliaft der Schmetterlingen, léna, iSgS et 1896.
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patrogonie domine dans l'évolution du dessin et de la couleur, de suivre pas à pas dans les autres les effets de la tachygénèse et de préciser ainsi l'ordre de succession des espèces. On pouvait se demander ensuite quelles causes externes ou internes avaient pu amener les modifications chronologiquement établies du dessin et de la couleur et aborder ainsi le problème de l'origine de l'ornementation des ailes des Lépidoptères; tout au moins par cette méthode les données du problème auraient été scientifiquement établies et la solution, par cela même, préparée. Il est vraisemblable que les résultats obtenus dans cette direction sur les Hesperinœ, les Pierinœ, les Apalurinœ, les Melitœa, les Argynnis, etc., n'auraient pas été sans intérêt et les Papillons hétérocènes soulèvent des questions autrement variées. La Commission du prix da Gama Machado a donc pensé qu'il convenait de mentionner honorablement les recherches de M™* la comtesse de Lix- DEN, et de l'encourager à les poursuivre en espérant qu'il serait [)ossible de leur accorder prochainement l'une des récompenses dont l'Académie dispose.