COUPE TRANSVERSALE DE LA VALLEE DE LADONNETTE' A S^PIERREDELIVRON
Causiedt/Tivron
J g^Livron
oàl?'vfr> Cours aenen \ ^ Ju
Vallée de la Bonnette
» Un des principaux bourgs de l'Aveyron, Salles-la-Source, est pareillement édifie, dans un des plus pittoresques sites de la France, sur trois immenses terrasses de tuf, élagées à l'issue de la rivière souterraine du Tindoul-de-la-Vayssière (') : précipitée en cascades dès sa venue au jour, cette rivière, a, depuis des siècles, redéposé sur ces trois gradins le carbonate de chaux qu'elle avait enlevé par dissolution aux parois de son tunnel calcaire pendant son long parcours intérieur; de nombreuses usines utilisent maintenant la force motrice de ses chutes successives. Or il est fort possible qu'une partie de la rivière s'écoule souterrainement sous la masse même des tufs de Salles-la-Source (où il existe déjà de petites grottes) et qu'un jour une catastrophe survienne là comme à Saint-Pierre-de-Livron. Assurément il ne saurait être question de déplacer ni d'abandonner un bourg de cette importance, mais il serait bon que les habitants et industriels de Salles (et des localilés situées dans des conditions semblables) prissent note de l'avertissement fourni par Saint-Pierre et s'abstinssent complètement de tous travaux souterrains et de toute exploitation de carrières dans
(') \'oir Comptes rendus, 7 novembre 1892.
les tufs de leur sons-sol. L'attention du Service des mines et carrières devrait être appelée sur ce point, si nouvellement mis en lumière. »
EMBRYOLOGIE. — Notes embryolo soignes sur la /nigration des ganglions spinaux. \ote de M. A. Caxxieu.
« Après leurs premiers stades de développement bien étudiés par His, Marsahl, Henneguy, Lenhosseck, les ganglions spinaux ont été peu suivis dans leur évolution ultérieure.
M Mes recherches ont porté non seulement sur les Vertébrés supérieurs (Homme, Mammifères et Oiseaux), mais encore sur les Batraciens et les Poissons osseux.
» Il m'a semblé intéressant de rechercher les rapports des ébauches ganglionnaires spinales avec les formations constituant plus tard la colonne vertébrale, c'est-à-dire avec le sclérotome, ainsi qu'avec les segments primordiaux ou mvotomes.
» Chez tous les embrvons des animaux, plus haut cités, le ganglion descend entre la moelle épinière d'une part et le sclérotome de l'autre (la première en dedans, le second en dehors), et non, comme certains l'ont avancé, entre le sclérotome et le myotome. Chez des embryons assez âgés, en effet, on peut observer que les amas de cellules ganglionnaires sont complètement enfermés dans l'ébauche cartilagineuse de la colonne vertébrale. Ces ganglions occupent successivement des places différentes dans le développement ontogénique des divers groupes. Ils sont d'abord situés au niveau de la portion dorsale de la moelle, puis ils cheminent vers les parties latérales pour sortir enfin chez certains (Homme, Oiseaux) par les trous de conjugaison (').
)) Chez le Poulet, où ce fait a surtout été bien étudié par nous, la partie distale ganglionnaire sort de la colonne vertébrale vers le huitième ou le neuvième jour, et chez la Truite on observe le même fait sur des embryons de 1*^", 5.
» D'après cette description, on voit combien remarquable est la migration que subissent les ganglions spinaux. Mais, indépendamment de l'intérêt qui s'attache à une pareille migration et aux rapports de ces organes vis-à-vis des formations embryologiques primitives, les faits dont nous
(') Ce dernier stade n'a pas été suivi chez les autres espèces et les autres groupes.
( '374 ) venons de parlernoiis permettent encore d'a|iporter de nouveaux éléments pour la solution d'une question théorique du plus haut intérêt.
» Entre les ganglions spinaux et cérébraux, il restait, malgré les recherches de His, de Marsahl, de Van Gehuchten et de RoUiker, un dernier point à élucider encore, constituant une différence essentielle entre les uns et les autres : c'est que les premiers sont enfermés dans l'enveloppe osseuse (dans le crâne), tandis que les seconds sont placés plus ou moins à l'extérieur (en dehors de la colonne vertébrale). Mes recherches ont l'avantage de faire disparaître ces différences et de démontrer que, primitivement, chez l'embryon des Poissons osseux, des Batraciens, des Oiseaux, des Carnassiers et de l'Homme, ces ganglions sont complètement enfermés dans l'enveloppe scléreuse de la moelle. Ce n'est que plus tard, secondairement par conséquent, dans la suite du développement, que les ganglions spinaux sortent de l'intérieur de la colonne vertébrale.
» liCur situation en dehors de cet organe a, pensons-nous, peu d'importance puisqu'elle relève d'un caractère secondairement acquis. Primitivement (et c'est là un fait capital), les ganglions des nerfs crâniens et des nerfs spinaux occupent l'intérieur de l'enveloppe scléreuse. On peut donc établir entre eux des homologies absolument complètes et parfaites, même à ce point de vue. »
CHIMIE VÉGÉTALE. — Contribiilion à l' étale des matières albiiminoides contenues dans les farines des légumineuses et des céréales. Note de M. E. Fleurent, présentée par M. Schlœsing.
« Dans un précédent travail (') j'ai montré comment l'action de la baryte en vase clos sur les matières albumiaoïdes extraites des farines de légumineuses permet de prévoir que ces matières doivent être formées d'un mélange de divers produits, ayant, les uns une constitution chimique qui les classe dans la catégorie de la légumine, les autres une constitution qui, au contraire, les classe dans la famille du gluten. J'ai indique, à cette époque, les différences sensibles qui permettent de ranger les unes et les autres de ces substances dans des catégories distinctes.
» Je voudrais montrer aujourd'hui que, en employant les réactifs et les moyens que j'ai étudiés précédemment pour la séparation des principes
(') Thèse de doctorat, p. 4i et suiv.
( '^75 ) immédiats azotés contenus dans les farines des div^erses céréales, on peut, en effet, isoler des graines de légumineuses diverses matières proféiques, différentes parleurs propriétés physiques et chimiques, jouant dans l'industrie de la meunerie et de la boulangerie un rôle qui, jusqu'à présent, n'a pas reçu d'explication.
» C'est sur la plus importante de ces farines de légumineuses, la farine de féverole, que se sont concentrées mes études.
1) Les farines de féverole sont très riches en matières azotées : elles en contiannent généralement de 23 à Sa pour loo. Ces matières peuvent être rapidement séparées en deus. classes principales : les unes, légumine et albumine végétale, sont, en effet, solubles dans l'eau distillée; les autres, insolubles dans ce véhicule, sont solubles, au contraire, dans l'eau alcalinisée soit par la potasse, soit par la soude caustique.
» Les matières azotées insolubles constituant celles qui, d'après leurs propriétés, doivent être rangées dans la famille du gluten, j'ai voulu m'assurer que, comme je l'ai montré pour les farines des céréales diverses, ce gluten est encore ici formé par ses deux principes immédiats principaux, la gluténine et la gliadine. L'application de la méthode que j'ai exposée dans une précédente Communication ( ') m'a montré qu'il en est bien ainsi et j'ai pu isoler de la farine de féverole, notamment, un produit présentant tous les caractères de la gliadine, la gluténine restant mélangée à l'amidon insoluble dans le réactif employé.
» Ces faits étant acquis, j'ai, par un procédé qu'il serait trop long de décrire ici et qui trouvera sa place dans un Mémoire complet sur la question, séparé ces différents produits azotés ainsi classifiés; je les ai pesés, et la composition, examinée à ce point de vue, dune farine de féverole peut être exprimée de la manière suivante :
Matières azotées totales. j Composition du gluten = 1 1 ,92.
Légumine 18,93 | Gluténine 9,32
Albumine végétale 0,20 1 Gliadine 2;4o
Gluten II ,92
Total 3i ,04
» Mais on sait que la légumine a toutes les propriétés d'une caséine végétale. Au point de vue qui nous occupe, il faut retenir qu'elle se précipite sous la forme d'une poudre inerte par la neutralisation des liqueurs qui la contiennent en dissolution et que, dans l'emploi que nous allons en faire tout à l'heure, elle se comporte absolument comme je l'ai indiqué pour la gluténine.
» L'albumine végétale, au contraire, ne se coagulant qu'à température élevée, a les mêmes effets que la gliadine dont j'ai signalé les propriétés caractéristiques.
» Si donc, dans le Tableau précédent, on rapproche les uns des autres les produits ayant des propriétés physiques identiques, si l'on rapporte à 100 les chiffres cités, la
(') Comptes rendus, 3 août 1896.
composition des matières azotées de la farine de féverole peut s'exprimer de la manière suivante :
^ ,. , , , i Léeumine 60, q5 1
Caséines végétales , . . n ^- ; 01,60
\ Likitenine 00, 6o \
„., . , . 1 ( Albumine 0,64 ) „ ,
l"ibrines végétales { ^,. ,. ^ \ 8,4o
° ( Gliadine 7 '7° I
Total 100,00
» D'une manière générale, on peut donc dire que la farine de féverole est très riche en matières azotées, ces matières ayant une composition immédiate analogue à celles qu'on peut extraire des céréales autres que le blé, dont le gluten est inextraclible par les procédés ordinaires de malaxage sous un courant d'eau.
)) Ce qui précède étant établi, je me suis demandé quel rôle peut jouer, en boulangerie, la farine de féverole. On sait, en effet, et c'est là une pratique autorisée, que l'on additionne de 2 à 3 pour 100 de ce produit certaines farines de blé dont il faut corriger les défauts. Cette addition se pratique assez couramment dans le nord de la France.
» Dans un Travail précédent, j'ai montré (') que la valeur boulangère des farines de bonne qualité est liée directement à la composition immédiate du gluten et que cette valeur est d'autant plus grande que la composition de ce gluten se rapproche plus de celle indiquée ci-dessous :
Gluténine 9.5
Gliadine -b
» Or j'ai eu l'occasion de m'assurer, à différentes reprises, que les farines de blé pour lesquelles il est nécessaire de faire intervenir en mélange, pendant le pétrissage, la farine de féverole possèdent, en général, peu de gluten, 7 à 8 pour 100, ce gluten ayant la composition :
Gluténine iS à 22 pour 100
Gliadine 78 à 82 pour 100
)) De telles farines ne donnent, à la panification, que des pains plats, cl, par conséquent, d'une grande compacité.
» J'ai, dès lors, pensé que le rôle joué par la farine de féverole avait pour but, la légumiue .se précipitant nécessairement dans le milieu acide créé par le pétrissage et la fermentation panaire, de remédier au défaut communiqué aux farines par l'excès de gliadine qu'elles contiennent dans
(') Comptes rendus, 9 novembre 1896 et 3 mai 1897.
( i377 ) ce cas en ramenant le rapport ^ .. .. — aussi près que possible de la valeur
la plus favorable, soit ^■
» Un calcul simple montre qu'il en 'est bien ainsi. Si, en 'effet, à "une farine contenant 7,0 pour 100 de ghiten^ivant la'composition centésimale :
Gluténine 20
Gliadine 80
on ajoute 2 pour 100 de la farine de féverole dont je viens de donner la composition, après cette addition, la fiirine contiendra 8,10 pour 100 de gluten avant la composition :
Gluténine 20, 3o
Gliadine ~4,~o
» On pourra s'assurer qu'il en est de même si l'on ajoute 3 pour roo du même produit à une farine^de blé dont le gluten contient :
Gluténine 18
Gliadine 82
» Telle est l'explication scientifique du rôle joué par les farines des légumineuses, rôle correctif, passé depuis longtemps dans la pratique sans qu'on en connût la raison. Je puis encore ajouter que la farine de riz, dont j'ai aussi étudié précédemment la composition, employée à la dose de 8 à 12 pour 100, 'produit des effets identiques. »
VITICULTURE. — Sur les époques de traitement du b'ack rot dans le sud-est de la France. Note de M. Joseph Perracd, présentée par 31. Guignard.
« Dans une Note précédente ('), j'ai fait connaître la marche générale des invasions du black rot dans les vignobles du sud-est de la France. Mon intention, aujourd'hui, est d'indiquer la relation qui existe entre les époques d'application des traitements cupriques et les résultats donnés par ces mêmes traitements.
» C'est à l'ignorance de cette relation qu'il faut attribuer l'habitude prise, ces dernières années, par certains viticulteurs, d'exagérer le nombre des
(') Comptes rendus, S novembre 1897.
Iraitemenls contre le black rot; il paraît aujourd'hui établi que beaucoup restaient sans effet utile. Les seuls traitements nécessaires sont ceux qui sont appliqués à certaines époques. Les expériences dont je vais résumer les résultats ont eu pour but la détermination de ces époques pour les régions du sud-est et celles à climat analogue. Elles ont été organisées en Beaujolais, dans un foyer intense de black rot, de la manière suivante : des parcelles de vignes recevaient des traitements en nombre variable; ces traitements étaient diversement combinés, c'est-à-dire que certaines parcelles recevaient le même nombre de sulfatages, mais à des époques différentes. La même expérience portait sur deux parcelles.
» ExPÉltlENCES DE 1896. — Époques des invasions : 26 mai, 10 juin, 22 juin, 5 juillet, 18 juillet, 1'='' août, 17 août. Époques des traitements : ^ mai, i5 mai, i'"'juin, iSjuin,
25 juin, 8 juillet, 18 juillet, 3o juillet.
» Le traitement efl'ectué le i5 mai, alors que les bourgeons avaient de o™,i5 à o", 20 de longueur, avait complètement préservé la Vigne de la première invasion. Les parcelles ayant reçu les traitements des 5 et i5 mai ne se trouvaient pas mieux protégées, ce qui indiquait l'inutilité du premier traitement, fait au moment où les pousses avaient environ o™,o5. Les parcelles ayant reçu seulement le traitement du 5 mai étaient beaucoup moins bien préservées. Les carrés qui n'avaient reçu aucun de ces deux traitements étaient très contaminés.
» Les traitements du i5 mai et du i"'' juin ont été nécessaires pour arrêter l'invasion du 10 juin. Le sulfatage du i3 juin a mis les vignes à l'abri de l'attaque du 22 juin, qui a taché quelques feuilles à l'extrémité des rameaux privés de ce dernier traitement. Mais cette opération n'a pas paru utile au point de vue de la préservation définitive de la récolte, puisque le sulfatage du 25 juin a permis de se défendre parfaitement des attaques des 5 et 18 juillet sur les feuilles et les fruits. De même, les traitements supplémentaires des 8 et 3o juillet sont restés sans action sensible, car les parcelles sulfatées seulement le 18 juillet n'ont subi aucun dégât.
» En somme, en 1896, avec quatre sulfatages exécutés successivement le i5 mai, le i'"'juin, le 25 juin et le 18 juillet, la récolle a été entièrement sauvée.
» Expériences de 1897. — Époques des invasions : 28 mai, 28 juin, 6 juillet, 20 juillet, 4 août. Epoques des traitements : i" mai, i2 mai, 20 mai, 2 juin, 26 juin, 3 juillet, 17 juillet, 3 août.
» La première invasion sur les feuilles, du 28 mai, a été arrêtée d'une façon complète par le traitement du 12 mai. Le traitement du 1='' mai, ajouté au précédent, est resté sans effet appréciable; appliqué seul, ou combiné avec le traitement du 20 mai, il a été tout à fait insuffisant. Quant aux parcelles traitées seulement à cette dernière date, elles étaient aussi frappées que les Vignes témoins.
» Le sulfatage du 2 juin, ajouté à celui du 12 mai, a empêché l'invasion du 23 juin ; le traitement du 20 mai s'est montré inutile. Les carrés ayant été sulfatés ensuite le
26 juin et le 17 juillet ont perdu 2 pour ;oo de leur récolte. Une remarque est à faire ici. Le 2 juillet, la grêle est tombée sur la région; or les lésions causées par les grè-
Ions sur les feuilles el les fruits rendent la Vigne plus accessible aux maladies cryptogamiques. C'est ce qui explique la perte de 2 pour 100 subie dans les parcelles sulfatées le 17 juillet seulement, soit quinze jours après la grêle. La récolte était indemne dans celles qui avaient reçu un traitement, appliqué exclusivement sur les fruits, le 3 juillet. Le sulfatage du 3 août n'a pas eu d'action.
» En résumé, dans cette seconde année d'expériences, j'ai pu sauver 98 pour 100 de la'récolte, malgré la grêle, qui rend la défense plus difficile, avec quatre traitements faits aux époques ci-après: 12 mai, 2 juin, 26 juin, 17 juillet. La préservation a été complète avec un sulfatage supplémentaire sur les raisins, le 3 juillet.
» Sur huit traitements, exécutés en 1896 et 1897, quatre se sont montrés nécessaires et suffisants. Mais les dates d'application de ces sulfatages offriraient peu d'intérêt si elles ne correspondaient à des états de développement de la Vigne, d'une appréciation facile pour le vigneron.
)i En effet, lesdits sulfatages ont été faits : le premier, lorsque les rameaux avaient de o^.iS ào™,2o de longueur; le deuxième, au moment où quelques fleurs commençaient à s'ou%Tir; le troisième, après la fin (le la floraison; le quatrième, alors que les grains avaient atteint les deux tiers de leur volume définitif.
M En rapprochant de ces trois dernières époques les dates de développement du black rot, on voit que certains de ces traitements ont été faits peu avant ou peu après le début de certaines invasions. Mais cette concordance n'était pas nécessaire pour la réussite d'un traitement. Si je crois, comme MM. Couderc et Prunet, qu'un sulfatage, fait immédiatement après une invasion, agit contre l'invasion suivante, ces expériences ont prouvé qu'il n'était pas nécessaire de faire suivre chaque invasion d'un traitement. Le même traitement peut agir contre plusieurs invasions.
" Il est seulement indispensable que du cuivre se trouve sur les organes verts de la Vigne au fur et à mesure de leur croissance et notamment aux périodes critiques qui sont, pour le Sud-Est et le Centre, la quinzaine qui suit la floraison et la deuxième quinzaine de juillet.
» Ce résultat est obtenu, d'une façon satisfaisante, par l'application de traitements aux époques ci-dessus indiquées.
» Ces époques, qui se trouvent ainsi établies expérimentalement, seront plus faciles à saisir, notamment pour les viticulteurs du Sud-Est encore peu familiarisés avec le black rot, que les apparitions successives de la maladie.
» Si, à la suite de circonstances exceptionnelles, une attaque soudaine se déclarait, un traitement supplémentaire serait aussitôt donné. »