C. R., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N» 19.) I
» Pour la partie jeune des filaments, je n'ai pas réussi jusqu'ici à mettre celte structure en évidence, et je suis porté à croire que, dans cette réejion, le cytoplasma n'est pas différencié en hyaioplasma et enchylema, que là, en un mot, en dehors des granules qu'il renferme, il a une structure homogène.
» Dans les parties très âgées du mycélium immergé, cette structure a disparu, et cela par le processus que j'indiquerai plus loin; on n'observe plus que des traces de cytoplasma adhérentes à la membrane cellulaire, et le reste de la cavité mycélienne est occupé par de l'eau peu chargée de substances étrangères.
M La structure canaliculaire dont j'ai parlé se présente donc comme un stade de transformation du cytoplasma. Or, en appliquant le même procédé de coloration à diverses Mucorinées appartenant à des genres variés (Mortierella, Mucor, Uelicostylum, etc.), j'ai retrouvé les mêmes aspects, la même structure. Cette différenciation semble donc être un stade de l'évolution normale du cytoplasma chez les Mucorinées.
)) On peut interpréter de la façon suivante les faits observés. Dès que le cytoplasma, n'étant plus très jeune, cesse d'être homogène, il se fait une séparation, un départ, entre l'enchylema et l'hyaloplasma. La cavité du fdament renferme alors une masse hyaloplasmique parfaitement transparente, au milieu de laquelle l'enchylema se dispose en longs cordons plus ou moins granuleux, présentant des courants protoplasmiques. Le départ entre ces deux substances se fait de façon symétrique autour de l'axe du filament, et les canalicules se trouvent ainsi (h'sposés régulièrement, à une distance sensiblement constante et toujours très faible de la périphérie. Même lorsque le filament mycélien est volumineux et renferme jusqu'à huit ou dix canalicules, aucun de ces canalicules n'est central : sur une coupe transversale schématique, ils seraient disposés sur une circonférence concentrique au pourtour du filament. Il semble donc que la cause de la différenciation ait une origine périphérique et ne réside pas dans les propriétés intrinsèques du protoplasma.
» En vieillissant, les canalicules se morcellent, et ce morcellement se fait par un processus analogue à celui qui a produit la première différenciation du cytoplasma. De distance en distance apparaissent, en effet, des disques de nature hyaloplasmique qui constituent comme autant de solutions de continuité dans les cordons d'enchylema. Ces disques présentent les caractères suivants :
» En premier lieu, ils ont, au moment où ils se forment, une épaisseur
assez constante et égale à celle de la zone intercanaliculaire ( ^' de y. environ) : ces disques semblent donc être, comme celle-ci, déterminés par l'action de forces capillaires.
» En second lieu, ils constituent une section nette, plane, sensiblement perpendiculaire à la direction du canalicule. Ceci me parait venir à l'appui des raisons que j'ai déjà données et confirmer d'une façon certaine la rigidité de l'hyaloplasma : si celui-ci était parfaitement fluide, les surfaces terminales des tronçons d'enchylema seraient convexes et non planes.
» Enfin, les disques s'épaississent peu à peu aux dépens de l'enchvlema, les canalicules se morcellent de plus en plus, et à la fin il ne reste de l'enchvlema que des particules accolées à la membrane, tout le reste de la cavité étant occupé par un liquide qui est de l'hyaloplasma devenu entièrement aqueux.
» En résumé on peut déduire, de toutes mes observations sur ce sujet, les conclusions suivantes :
» Le cyioplasma des Mucorinces se différencie, à un moment donné, en une masse transparente (hyaloplasma) et en un certain nombre de cordons protoplasmiques granuleux (^enchylema) inclus et disposés régulièrement à la périphérie. En vieillissant, les cordons protoplasmiques se morcellent et toute la masse finit par se transformer en un hyaloplasma de plus en plus aqueux. Cet état final n'a donc pas ici l'origine que l'on décrit dans les l'égétaux supérieurs comme étant due à l'extension des vacuoles. »
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Sur kl résistance des graifies à l' immersion dans l'eau { ' ). Note de JM. Henri Coupix, présentée par M. Gaston Bonnier.
)) Parmi les niovens de dissémination que la nature emploie pour répandre les graines au loin, on admet généralement que le transport par eau joue un assez grand rôle. Plusieurs auteurs, Darwin et Charles Martins entre autres, se sont occupés du transport par l'eau de mer et ont montré que beaucoup de graines résistent à l'action nocive de cette dernière et germent encore lorsqu'elles ont été immergées pendant fort longtemps. Il n'existe, à ma connaissance, aucune expérience précise se rapportant à l'action de l'eau douce. La dissémination par cet élément, si répandu à
(') Travail du laboratoire de Botaiii(jue de la Sorbonne, dirigé par .M. Gaston Bonnier.
la surface du globe, doit, à tout prendre, être beaucoup plus importante que la précédente ; les rivières, en effet, transportent des graines dans des régions assez limitées, où les conditions climatologiques sont à peu près les mêmes, et où, par suite, la plante a le plus-de chances de germer et de survivre. 11 s'agit de savoir si les graines peuvent résister à un séjour prolongé dans l'eau, où elles ont plusieurs raisons d'être détruites, notamment par la pression osmotique du liquide qui pénètre dans les cellules, par la perte d'éléments solubles, par le bacille Amylobacter qui dissout la cellulose et produit la fermentation butyrique, par la difficulté d'absorption de l'oxygène et enfui par l'attaque de divers oi'ganismes inférieurs.
» Cette étude présente aussi un autre intérêt biologique. Il arrive souvent, en effet, que de vastes étendues de terrain sont submergées pendant longtemps, soit par l'inondation, soit par des pluies abondantes. Que deviennent les graines dans ces terrains détrempés? Au bout de combien de temps meurent-elles?
» Telles sont les questions que je vais examiner. Les expériences auxquelles je me suis livré sont de deux ordres : dans les unes, l'eau était renouvelée toutes les vingt-quatre heures; dans les autres, l'eau était confinée, c'est-à-dire n'était jamais renouvelée. Le Tableau ci-dessous indique au bout de combien de jours la mort a été constatée.
Nombre de Jours au bout desquels les graines meurent (Température de i5° à 20° C).
Immersion
dans ilans
l'eau renouvelée, l'eau confinée.
jouis jour»
Belleiave i48 3o
Bouillon blanc 1 15 49
l^oireau gras de Rouen . 90 4^
Asperge violette de Hollande 7.") i45
Bourrache officinale 5-] 28
Anis vert 67 21
Fenouil doux 89 3o
Pavot double grand 27 26
Lin i3 12
Blé de Bordeaux 10 17
,\voine noire de Brie 9 11
Millet 9 6
Moutarde blanche 7 5
Mauve officinale tj 10
Immersion
dans dans
l'eau renouvelée. l'eau confinée.
Soleil grand simple i to »
Giroflée 20 »
Ricin sanguin » 68
Vesce velue du printemps » 45
Trèfle violet » 32
Genêt d'Espagne » 3o
Chanvre » 12
Maïs » 10
Sarrasin » 3
» On voit que les graines se comportent très diversement par rapport à l'immersion dans l'eau. Il en est qui résistent à peu près le même temps dans l'eau renouvelée et dans l'eau confinée (Lin, Pavot). D'autres résistent mieux dans l'eau renouvelée (Moutarde, Fenouil, Millet, Anis vert, Betterave, Bouillon blanc, Tomate, Poireau, Bourrache). D'autres enfin résistent plus dans l'eau confinée (Mauve, Blé, Avoine, Asperge).
» J'ai fait aussi quelques expériences sur l'influence d'immersions peu prolongées sur le pouvoir germinatif des graines placées les unes dans l'eau courante, les autres dans l'eau confinée. De ces expériences il résulte que l'immersion dans l'eau confinée amène des perturbations graves dans le pouvoir germinatif. Celui-ci est toujours plus faible, ou, tout au plus, égal, dans l'eau confinée que dans l'eau courante. C'est ainsi que le pouvoir germinatif, après une immersion de vingt-quatre heures, s'est montré :
Pour le Sarrasin de 8j dans l'eau courante et de 55 dans l'eau confinée » Blé de 99,6 » 64 »
» Maïs -de 85 » 84 »
» Pois de 98 » 94 »
» Pour une immersion de quarante-huit heures, le pouvoir germinatif s'est montré ;
Pour le Sarrasin de 70 dans l'eau courant* et de 52 dans l'eau confinée
» Blé de 100 » 97 »
u Maïs de 89 k 80 »
» Pois de 97 » 85 »
» Les mêmes expériences montrent que, pour certaines graines, l'immersion dans l'eau confinée ne se borne pas à diminuer le pouvoir germi-
natif; elle retarde en outre la germination. Par exemple, j)our le Sarrasin placé dans l'eau courante, le plus grand nombre de semences germent dans les premières vingt-quatre heures de leur séjour au germoir. Au contraire, pour celles placées dans Teau confinée, le plus grand nombre ne germent que le second jour. »
GÉOI-OGIE. — Contributions à la connaissance des roches éruptives dans les Alpes françaises. Note de MM. W. Kilian et P. Termier, présentée par M. Michel Lévy.
« J.e but de cette Note est de signaler quelques faits nouveaux relatifs aux formations éruptives des Alpes françaises et résultant de nos observations récentes. Ces contributions à l'étude des roches alpines peuvent être résumées comme suit :
» I. Existence de iV/CAor/fomf 5 dans la haute vallée de la Clarée (Chalets du Jadis, etc.).
» Ces roches forment là une série d'affleurements importants qui se relient, par les gisements de Queyrellin, à ceux qu'Elie de Beaumont et Ch. Eory ont successivement décrits sous le nom de Roche feldspathique et de Porphyre dioritique au col du Chardonnet, et qui ont la même composition (Microdiorites); elles forment des fdons-couches nombreux dans les grès houillers du Briançonnais septentrional.
)) IL Réapparition d'un Granité du type Granité du Pclvoux, sur la rive gauche de la Durance, au Plan-de-Phazy, près Mondauphin (Hautes- Alpes).
» III. Accumulation locale de galets de Porphyres pctrosiliceux (Fetsophyres), dans les conglomérats priaboniens à petitesNumniulites de la région d'Allos (Basses-Alpes), indiquant l'existence probable de filons por|)hyriques sous les dépôts tertiaires du bassin du haut Var.
« IV. Présence de galets de Microgranite et de Porphyre quartzifère, d'un type encore inconnu dans les Alpes françaises, parmi les éléments des conglomérats miocènes marins des environs de Grenoble, où ils sont accompagnés de roches manifestement alpines fSpilites (Mélaphyres), Prologine, Quartzites permiens, etc.].
» V. Découverte, dans les dépôts quaternaires (alluvions anciennes, glaciaire) de diverses localités, d'un certain nombre de roches éruptives ou de variétés non encore signalées in situ dans la région (Orlhophyre amphibolique à quartz, Mandelstein, biorite orhiculaire, etc.).
» L'existence de ces roches permetira de préciser, lorsque leurs affletiremenls seront connus, le j)arcours qu'ont suivi les courants fluvio-glaciaires dans certaines parties de nos Alpes.
)) VI. Les pointements de roches vertes (Gabbros altérés et transformés par dvnamométamorphisme) du mont Pelvas (Garavas des Italiens) et du Bric-Bouchet. dans le Haut-Quevras, nous ont fourni une série de tvpes intéressants tels que : Schistes à zoïzite, sphène,chlorite,actinote; Schistes à trémolile et séricite, à glaucophane, épidote et albite; roches albilifères à zoïzite, etc.; et, à Villanova, dans la haute vallée du Pellice, une roche à chlorite, actinote, épidote, zoïzite, albite et sphène avec quartz. Tous ces types proviennent de l'altération et de la transformation des roches basiques.
» Desfiionnets, traversant les Gabbros du Pelvas, contiennent des minéraux bien cristallisés, tels que : albite-oligoclase à 12 pour 100 d'anorthite (commune), épidote grise, zoïzite jaune, zoïzite rose, prehnite, trémolite, etc. »
GÉOLOGIE. — Sur un tuf quaternaire reconnu à Montignv, prés Vernon. Note de ^L Gcstave-F. Doli.fls, présentée par "SI. ^Michel Lévv.
« Les explorations pour l'établissement d'une nouvelle édition de la Carte géologique d'Évreux au ^„'„„„ m'ont amené à reconnaître la présence d'un dépôt important de tuf à ]\Iontignv, prés Vernon (Eure).
» Ce tuf est adossé dans sa partie haute, vers l'altitude de - 5™, à la Craie blanche à Echinocorys vulgaris et il paraît reposer dans sa partie basse, vers l'altitude de 40", sur les graviers diluviens de la vallée de la Seine; les contacts même ne sont pas visibles. Les fossiles qu'il renferme permettent de fixer son âge; une petite carrière récemment ouverte, près d'une nouvelle route montant au plateau, m'a montré des couches farineuses irrégulièrement endurcies, riches en empreintes végétales (noisetier, saule, buis, figuier ) et en coquilles de Mollusques bien conservées. Les espèces principales sont Zonttes aciefonnis Klein, Eelix Chougueti Tourn., Hélix nemoralis L. var.. Hélix ohvoluta ]Mull., Hélix rotundata MulL, Hélix lapicida L., Hyulina glabra Studer, Cyclustonia lutetianum Bourg., Clausilia laminata Mtg., Carychiuni tridentatum Bourg., Acme Dupuyi Palad., Cœcilianella acicula Mull.; plusieurs espèces indéterminées de Clausilia, Succinea, Bvalina.
( i37o ) » Cette faune est la même que celle trouvée dans le tuf de la Celle, près Moret, et qui a été étudiée avec succès, il y a une vingtaine d'années, par R. Tournouër; plus récemment, M. Munier-Chalmas en a repris l'étude. » On peut la classer dans le quaternaire supérieur. La majeure partie de ces coquilles ne vivent plus actuellement dans la région environnante, mais sont émigrées au Midi; d'autres sont éteintes; elles dénotent un climat sensiblement plus chaud que le climat actuel, et leurs analogues sont vivantes dans les parties méridionales de la France.
» I.e tuf de Montigny paraît dû à une source très abondante, encore existante, qui, dès son apparition, met en mouvement une série de moulins échelonnés sur le flanc du coteau; cette source sort, vers l'altitude de 78", d'une couche de sables fins, gris et jaunes, appartenant à l'âge des sables de Cuise et situés à la base du calcaire grossier, au contact de l'argile du Soissonnais qui forme un niveau de base imperméable, .\u-dessus du calcaire grossier, on trouve successivement en montant : des grès argileux verdàtres appartenant aux sables tnoyens, un calcaire blanc fossilifère avec argile verdàtre de l'horizon du calcaire de Saint-Ouen, puis le calcaire de Champigny, l'argile verte, le calcaire meulier de Brie; enfin un revêtement irrégulier, sur le plateau, de sables granitiques renfermant des débris de sables de Fontainebleau et de meulière de Beauce.
» La grande faille de Vernon, qui est franchement synclinale, coupe le village de Montigny, mais elle paraît étrangère et .bien antérieure au tuf. Toute une série de sources, donnant une eau très calcaire, surgissent entre Bizv et Saint-Pierre-d'Autils, dans les mêmes conditions; elles proviennent de l'infiltration des eaux dans le long plateau anticlinal entre l'Eure et la Seine (anticlinat de Beynes) et se trouvent arrêtées à mi-hauteur par l'horizon des argiles du Soissonnais. Ces eaux se perdent dans la craie après un faible parcours, bien avant d'atteindre la Seine.
M La durée de formation du tuf de IMontigny a dû être fort longue, étant donnés son épaisseur et les gros bancs solides qui affleurent le long de la rue des Moulins et qui ont été autrefois exploités; peut-être la faune et la flore peuvent présenter des diftérences dans cette hauteur; la zone qu'il nous a été possible d'étudier appartient à la partie moyenne.
» L'intérêt du gisement de Montignv, près Vernon, ressort encore de la liaison qu'il apporte entre le gisement de la Celle-sous-Moret, situé en amont, et le gisement de Saint-Pierre-lés-Elbeuf, situé en aval, gisements dont la faune est identique, ce qui permet de généraliser les conditions stratigraphiques et météorologiques dans lesquelles s'est trouvé le bassin
de Paris lors du l'iéistocène supérieur, pendant la période qui a précédé immédiatement la nôtre. »
GÉOLOGIE. — Sur l' éboulement de Saint-Pierre-de-Livron et les infiltrations des plateaux de tuf. Note de M. E.-A. Martel, présentée par ^I. Gaudry.
« r.e 29 mars 1B97, à t*" du matin, le plateau de tuf haut de 8" à 10'", sur lequel est bâti le village de Saint-Pierre-de-Livron, près Caylus (Tarnet-Garonne), s'effondrait en partie dans la vallée de la Bonnette, écrasant deux maisons, entraînant un coin du cimetière et menaçant même l'église.
» D'après les renseignements fournis par un observateur sérieux et compétent, M. jMathet, pharmacien à Sainl-Antonin, trois causes paraissent avoir déterminé l'accident :
» 1° L'infdtration des eaux sous la masse de tuf, révélée par la découverte d'une petite grotte à stalactites, mise à jour à la suite de l'éboulement;
» 2° L'abondance des pluies de l'hiver 1896-1897 ;
» 3° L'exploitation imprudente des bancs de tuf de Saint-Pierre, qui n'aurait pas été entourée de toutes les j)récautions nécessaires.
» Il y a certainement un enseignement géologique très utile à tirer de l'éboulemeut de Saint-Pierre-de-Livron. La coupe ci-contre, due à M. iVIathet, montre comment le plateau de tuf a été formé par les dépôts aériens de la source très calcarifère(') de Notre-Dame-de-Livron, qui sort du pied du Causse de Livron, en amont de Saint-Pierre ("). Or tout récemment, M. Félix ;Mazauric a démontré, par l'étude approfondie des grottes très accidentées de la Boudène (Gard) (' ), entièrement situées dans le tuf, que la nature poreuse de cette substance peut permettre aux eaux de s'infiltrer entre la base d'un dépôt de tuf et le sommet de son subslratum plus compact. J'avais déjà observé le même fait en 1893 à la Perte de l'Argens (Var) {[.es Abimes, p. \ii). C'est ce qui s'est produit à la Boudène et, sans doute, aussi à Saint-Pierre-de-Livron. Et ces deux localités nous ap-
(•) Voir Belgraxd, Sur la formation des tufs {Bull. Soc. géolog. Réunion de Montpellier, p. 33i; 1868).
(-) \ oir mes Abîmes, p. 254- (') Bulletin de la Société de Spéléologie, n° 3, p. 87 ; iSgS.