I. II. m
Dosage direct i ,08 o,4ï 3, iS
Par différence (soluble eau et citrate —
soluble eau) 3,^7 o,Si 3, 71
)) On est donc ex|)osé, par le dosage direct, à trouver pour l'acide phosphorique soluble dans le citrate des nombres trop faibles, quand celui-ci est en petite quantité. Il est vrai quelaform.ilion du phosphate ammoniacomagnésien peut être favorisée par une agitation mécanique continue, et ])ar l'application d'une température de 25° à So"; mais ces conditions compliquent l'analyse et ne sont pas toujours faciles à remplir.
» La méthode du dosage par différence donne plus de garanties. Il est facile tle comprendre pourquoi le phosphate ammoniaco-magnésien, en raison de sa masse, a plus, de tendance à se déposer intégralement dans le mélange eau et citrate que dans le citrate seul pouvant être très pauvre en acide phosphorique.
» En résumé, pour doser séparément, dans un superphosphate ou un engrais, l'acide phosphorique soluble à l'eau et l'acide phosphorique soluble au cilrntc, il est indiqué de doser directement l'acide phosphorique soluble dans l'eau, ensemble l'acide phosphorique soluble à l'eau et au citrate, et par dijfféreiice l'acide phosphorique soluble dans le citrate. »
ZOOLOGIE. — Nouvelles observations sur les Peripaliis. Note de M. E.-L. Bouvier, présentée par M. A. Milne-Edwards.
a La Note que j'ai publiée récemment dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences avait pour objet de montrer que les Péripates sont vraisemblablement d'origine américaine, et qu'il existe des formes de passage entre leurs espèces du nouveau monde et celles de l'ancien ; aujourd'hui, j'ai pour but de faire connaître un Péripate nouveau dont l'intérêt propre est de bien mettre en évidence les caractères des représentants les plus primitifs du genre.
» Ce Péripate appartient, comme le P. Thollom, à la collection du Muséum; il a été recueilli à Popayan, dans la Nouvelle-Grenade (Colombie), par un voyageur dont le nom ne nous est pas resté. Capturé dans une maison, il avait rejeté un liquide abondant par ses tentacules postérieurs et se trouvait en partie inclus dans cette sécrétion que l'alcool avait coagulée.
» Autant il est difficile de séparer les unes des autres la plupart des espèces américaines, autant celle-ci a des traits éminemment caractéristiques.
» Par la forme générale du corps, l'animal ressemble assez au P. Moseleyi : il se dilate régulièrement et fortement des extrémités au milieu et mesure, dans cette région, 8™™, 8; sa longueur totale, abstraction laite des tentacules, étant de yS""".
» Les plis transverses de ses téguments ne sont pas interrompus sur la ligne médiane dorsale, qui est déprimée, mais s'y atténuent sensiblement; sur le dos, ils sont ornés de petites papilles coniques et allongées transversalement, qui forment plusieurs rangées irrégulières dans chaque pli ; cà et là, de très grosses papilles coniques ou subcylindriques interrompent ces rangées et occupent toute la largeur du pli. Ces grosses papilles sont peu nombreuses et ressemblent à des verrues éparses sur les téguments de l'animal; plus abondantes et un peu plus réduites au voisinage des pattes, elles manquent complètement sur la face ventrale et sur les appendices, et sont remplacées, dans ces régions, par des papilles semblables à celles au P. Echrardsii .
» Les antennes sont à peine dilatées en avant et comptent environ quarante-sept anneaux. Les mâchoires ont l'une et l'autre quatre dents, y
( iSaS )
compris la grande denl interne; sur la mâchoire interne se trouve, en outre, une rangée de cinq ou six dents plus petites. Aucune espèce connue ne présente une armature dentaire aussi compliquée.
» Les pattes sont au nombre de trente-sept paires; on sait qu'il y en a jusqu'à trente-six dans le P. ^i«Ve/w«Schmarda, et plus de quarante dans le P. torquatus Kennel. Elles sont très aplaties d'avant en arrière, presque laminiformes et, bien que cette apparence puisse être due en partie à l'action de l'alcool, il est certain que l'animal vivant doit se faire remarquer par la forme aplatie et, jusqu'à un certain point, annélidienne de ses appendices. Ce n'est point là, du reste, la seule particularité intéressante que présentent ces derniers. Leurs arceaux spinuleux en fer à cheval sont au nombre de cinq, et parfois même on peut observer dans l'animal les ébauches d'un sixième; les pattes des paires pénultième et antépénultième en ont seulement quatre comme les pattes normales des autres espèces américaines, et celles de la dernière paire, comme de coutume, n'en ont plus que deux. La partie des pattes qui se termine par les griffes est non moins bien caractérisée, car elle porte à son sommet deux papilles en avant et deux papilles en arrière, tandis que les autres espèces de Péripates n'ont qu'une papille sur la partie postérieure de leurs appendices.
» La fossette à téguments minces que présentent les pattes sur leur face ventrale est au moins aussi développée que dans les autres espèces américaines, mais les pores néphridiens des pattes de la quatrième et de la cinquième paire sont un peu différemment situés : ils produisent une profonde échancrure et même une solution de continuité dans l'arceau spinuleux intermédiaire. Au fond, ils occujient la place même où on les trouve chez tous les Peripalus.
» L'orifice génital est compris entre les pattes de l'avant-dernière paire comme dans les autres espèces américaines.
» L'exemplaire que j'ai étudié appartient au sexe femelle, il n'avait pas d'embrvons dans ses matrices.
» Par ses pattes très nombreuses et aplaties, par l'armature complexe de ses mâchoires, par les quatre papilles et par les cinq arceaux spinuleux de ses extrémités, cette espèce présente des caractères plus primitifs qu'aucun autre Péripate et se rapproche, par conséquent, davantage de la forme annélidienne dont provient le groupe. Comme elle est d'ailleurs très facilement reconnaissable aux grosses papilles tuberculiformes qu'elle présente sur la face dorsale, je propose de lui donner le nom de Peripatiis tuberculatus. »
PHYSIOLOGIE. — Sur l'oxyde de carbone contenu normalement dans le sang. Note de M. Maurice Nicloux ('), présentée par M. Henri Moissan.
« Nous avons montré en décembre 189;;, M. Desgrez et moi (-), que l'anesthésie chloroformique fait augmenter la proportion du gaz combustible du sang. La décomposition du chloroforme en solution aqueuse avec production d'oxyde de carbone (^) nous a fait admcltre que cette augmentation était due à ce composé. T/appareil employé fut alors le grisou mètre de M. Gréhant.
« Peu de temps après ( \), M. de Saiiit-Marlin, répétant nos expériences, signalait dans le san^ la présence normale d'une petite quantité d'oxyde de carbone, mais attribuait à ce moment l'origine de l'oxyde de carbone trouvé à l'analyse à l'action des réactifs, acide acétique ou tartrique, sur le sang lui-même.
1) Enfin, M. Desgrez et moi (^), pour répondre à quelques critiques, nous avons appliqué au contrôle de nos premières recherches une méthode absolument différente, d'une sensibilité extrême, et nous sommes arrives à des résultats du même ordre. Ce fut l'occasion pour nous de confirmer la présence de l'oxyde de carbone trouvé dans le sang par M. de Saint-Martin; mais, pour les raisons développées dans nos publications, nous n'avons pu admettre comme lui la décomposition d'une substance hématique avec production d'oxyde de carbone.
» D'ailleurs, postérieurement ("), M. de Saint-Martin abandonnait de lui-même sa première hypothèse (action des réactifs sur le sang).
» I^e fait de la présence normale de l'oxyde de carbone dans le sang des animaux ràart/ à Paris se trouvant alors parfaitement'établi, la question immédiatement se pose d'en connaître l'origine. On est ainsi amené à formuler les deux hypothèses sui^anles qui peuvent, je crois, seules, expliquer la présence de ce gaz dans le sang :
» i** Fixation de l'oxyde de carbone de l'air (si l'air des grandes villes en contient) par l'hémoglobine des animaux soumis aux expériences;
(') Travail du laboratoire de Physiologie générale au Muséum.
(-) Comptes rendus, 6 décembre 1897.
(•') A. Desgbez, Comptes rendus, i5 décembre 1897.
(*) L. DE Saint-Maktin, Ibid., j^ février 1898.
(■'■) Comptes rendus. 7 mars 1898,01 Archives de Physiologie, n" 2, p 377;
avril 1898.
(") L. niî SAlXT-MAiiTIN, Comptes rendus, !\ avril 1898.
» 2° Production de ce £^az dans l'organisme lu i-niôme.
» A première vue, une expérience simple paraît devoir résoudre la question. Il suffit de se procurer des animaux vivant à la campagne et de comparer la teneur en oxyde de carbone du sang de ces animaux au sang de ceux vivant à Paris. Si l'oxyde de carbone du sang provient de l'atmosphère, comme il est difficile d'admettre la présence de ce gaz dans l'air de la campagne, le sang des animaux qui v vivent ne devra pas en renfermer.
» J'ai fait alors l'expérience suivante :
» Le 8 avril 1898 au matin, je rae procure à Ris-Orangis (Seine-el-Oise) situé à 24'"» de Paris un chien vagabond, couchant continuellement dehors (c'est du moins ce que l'on m'a affirmé). Le chien est amené de Ris à Paris dans un compartiment dont une fenêtre est restée ouverte et en l'absence de toute fumée de tabac. Le vovage dure de 7''i5™ à 8''io'". L'animal est amené aussi rapidement que possible de la gare de Lyon au laboratoire de Physiologie générale, quai Saint-Bernard.
« A 8'' 45™, prise de 25'"'^ de sang dans l'artère fémorale. CO pour loo'^'" de sang : 0,16.
» Or, dix-sept dosages d'oxyde de carbone dans le sang d'animaux vivant à Paris m'ont donné les résultats suivants :
» Pour loo'"'",
dont la movenne est o, i45.
» L'identité est presque absolue.
» Celte expérience, qui paraît venir à l'appui de la seconde hvpothèse, ne peut pourtant scientifiquement infirmer d'une façon absolue la première, car elle prête malheureusement à de nombreuses critiques dont les principales sont les suivantes :
» 1° Insuffisance du contrôle de la manière de vivre de l'animal;
(') Tous ces dosages ont été faits en employant la méthode à l'acide iodique publiée aux Comptes rendus (- mars 1898) et dans le Mémoire des Archives de Physiologie (avril 1898). Je rappelle que l'action de l'oxjde de carbone sur l'acide iodique anhvdre avec mise en liberté d'acide carbonique et d'iode en quantités correspondantes, réaction signalée par ^L Ditte, a été pour la première fois appliquée par M. Armand Gautier (voir Hélier, Thèse; 1896, et Comptes rendus, i4, 21 et 28 mars 1898) au dosage de l'oxyde de carbone dans l'air. La méthode que j'avais à ce moment proposée, basée sur cette même réaction, était analogue à celle de M. le professeur Gautier et n'en diflerait alors que par la substitution du dosage de l'iode au dosage de l'acide carbonique.