‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 364 sur 425 · C. R., iSgS, 1" Semestre. (-V. CXXVI, i\° 23.) 2l · texte numérisé non relu

C. R., iSgS, 1" Semestre. (-V. CXXVI, i\° 23.) 2l

» Sous ces schistes apparaissent, en remontant vers le nord, des calcschistes avec intercalations de bancs de lydienne; puis vient tout un ensemble de calcaires schisteux, très épais, sans autres fossiles que des tiges d'encrines. Dans les assises supérieures, assez vivement colorées en rouge, se trouvent des calcaires noduleux au milieu desquels j'ai reconnu quelques rares sections de goniatites. C'est le marbre griotte, et cette série calcaire représente tout le dévonien; mais il montre ici un faciès schisteux qui rappelle celui des calcaires cambriens et qui tient aux fortes pressions auxquelles a été soumis ce massif. Il repose d'ailleurs sur les schistes de l'ordovicien inférieur.

» On a donc, en superposition, deux fois la même série, parfois avec quelques lacunes provenant d'érosions. Une pareille disparition ne peut s'expliquer que par suite du glissement du flanc suil d'un anticlinal couché, sur le flanc sud d'un second anticlinal situé plus au nord. La première bande de terrains paléozoïques est donc en écaille sur la seconde.

» Celte écaille a subi elle-même des pressions latérales par suite desquelles il s'est produit des plis avec chevauchements, comme c'est le cas dans la région même deCabrières. Il serait trop long de les décrire ici. De plus les érosions récentes ont découpé cette bande en lambeaux et c'est sous l'aspect d'îlots qu'elle nous apparaît actuellement.

» De l'allure des assises perniiennes et triasiques, là où elles reposent sur le paléozoïque plus ancien, on peut conclure que ces dislocations sont antérieures au permien.

» Plus vers l'ouest, entre Tarassac et Roquebrun, les terrains paléozoïques ont été soumis à d'autres efforts qui ont ab luti à la formation d'un anticlinal orienté nord-sud. La voûte formée par le dévonien, et peut-être par le carbonifère, a été enlevée par érosion, et les schistes de l'ordovicien ap[)araissent maintenant dans la partie axiale. C'est dans ces schistes que s'est creusée la dépression dans laquelle coule l'Orb. Cet anticlinal n'était pas symétrique ; son flanc oriental, constitué par toute la série dévonienne, est à une altitude inférieure à celle à laquelle devait se trouver son flanc occidental. Il ne reste, d'ailleurs, de celui-ci que des lambeaux correspondant à la partie inférieure du synclinal adjacent. Tout cet ensemble plongeant vers l'ouest, on peut en conclure que l'anticlinal en question était renversé vers l'est. De plus, la poussée qui a produit cet accidenta soulevé toute la série cambrienne à im niveau supérieur à celui de la série dévonienne dans la région orientale dont je me suis occupé tout d'abord. «

GÉOLOGIE. — Caractéristiques du schiste bitumineux du Bois-d' Assort (Basses- Alpes). Note de M. C-Eg. Bertrand,

« 1. De même que le brownoilshale , le schiste bitumineux oligocène exploité au Bois-d'Asson est de la gelée huniique solidifiée et fossilisée en présence d'un bitume. Sa charge en matières minérales est forte, elle s'élève à 62,79 pour 100. Par suite, la roche présente le faciès macroscopique d'un schiste organique. Optiquement sa matière prédominante est la gelée fondamentale. Malgré son faciès schisteux, la roche doit donc être regardée comme un charbon humique. C'est un second exemple de cette classe de charbon.

» 2. La gelée fondamentale jaune clair a une structure uniforme dans toute sa hauteur. Elle est stratifiée et légèrement réticulée. Sa réfringence est à peu près celle des parois des grains de pollen. Elle est moins réfringente que les corps jaunes donnés par la gélose.

» 3. Cette gelée a fait prise en se déposant. Le fait est établi parles s[ icules denses et par les gros disques d' Orthosira qu'elle a retenus en sucpension. D'autre part, cette gelée était alors extrêmement dduée. Celte dilution est indiquée par la structure réticulée qu'elle a prise lors de sa coagulation. Elle est encore montrée par cet autre fait que les corps légers comme les petites Diatomées et les spicules creux y sont suspendus couchés en position stable. Sa consistance était inférieure à celle d'une gelée aqueuse de gélose titrant 0,00 1.

» 4. Malgré cette extrême dilution, la contraction de la gelée fondamentale a été très faible : 2,00 sur la verticale, i,53 parallèlement à l'horizontale transverse, r ,43 parallèlement à l'horizontale radiale (' ). Soit 4.37 en volume. Cette contraction est insuffisante pour expliquer l'origine des matières hydrocarbonées contenues dans la roche. Les grains de pollen et les thalles ont agi comme des corps durs par rapport à la gelée fondamentale.

» 5. La contraction massive de la gelée a déterminé dans sa masse encore molle la production de fentes horizontales qui ont été comblées par un exsudât. Cet exsudât a fait prise comme la gelée initiale. Il tient en suspension des Diatomées et des spicules sphérulaires extrêmement légers,

(') Ces nombres ont tlé obtenus par des mesures prises au voisinage d'Orlhosira et de spicules en navette.

des lambeaux lamellaires de la gelée iniliale, des écailles fragmentaires de bitume cassées à angles vifs, et des bactérioïdes. Ces derniers corps y sont nniformément repartis. L'exsudat a localisé très nettement la matière minérale, qui est venue y cristalliser très nettement en colonnettes radiées. Postérieurement à la solidification de la roche, les fentes horizontales ont été souvent le siège de grandes ruptures où est venue cristalliser la calcite tardive.

)) G. Je n'ai pas rencontré dans cette gelée de coupures obliques ou de glissements produisant une stratification disloquée.

M 7. La matière argileuse n'est pas individualisée en cristaux tardifs dans le schiste du Bois-d'Asson comme elle l'est dans le brownoilshale. Sa localisation par la gelée fondamentale n'y est donc pas immédiatement reconnaissable.

» 8. La charge de la gelée fondamentale en bactéroïdes est très faible. Ces corps y sont buUaires et flottants.

» 9. Les corps jaunes du schiste du Bois-d'Asson proviennent de la fossilisation dans la gelée brune, en présence d'un bitume, de grains de pollen, de thalles d'une algue gélosique et de fragments résineux. Il y a i536 grains de pollen par millimètre cube. Ces corps forment à peine o,oo3 du volume de la roche. Il y a 224 thalles du Bolryococciles Largac. Ces algues forment o,oo4 du volume du schiste. Il s'agit d'une algue flottante à gelée interposée entre les éléments cellulaires rayonnants. Ils ont produit des corps jaunes d'origine gélosique. Les fragments résineux sont très constants, mais très rares. La grande abondance numérique du pollen et des algues montre comment se fait la transition des charbons humiques aux charbons gélosiques ou bogheads et aux charbons polliniques. Le schiste du Bois-d'Asson ne mérite pas l'appellation de boghead, la gélose fossilisée n'y étant pas la matière dominante.

)) 10. Le schiste du Bois-d'Asson contient des spores de Thallophytes, en particulier quelques spores tétracellulaires en séries linéaires. Il contient de très nombreuses Diatomées dont la jjIus facilement reconnaissable est un grand Orlhosira voisin de notre 0. arenaria. Ce sont des Diatomées d'eau douce. Il contient aussi de très nombreuses spicules de spongiaires, spicules en navette, spicules en haltère, spicules sphérulaires. On y voit quelques lames chitineuses. Les menus fragments végétaux humiliés y sont rares. De loin en loin j'ai observé un fragment de feuille. Par ses Diatomées et ses spicules, le schiste du Bois-d'Asson rappelle le schiste de Menât (Puy-de-Dôme).

» 11. La masse organique du schiste du Bois-d'Asson a subi un enrichissement en matières livdrocarbonées. Sa gelée fondamentale et les corps accidentels qu'elle contient ont été soumis h une imprégnation bitumineuse. Le bitume est arrivé tout formé. On ne voit nulle part dans la masse de la roche de corps organiques en décomposition produisant du bitume. Il s'agit d'un bitume peu condensé très facilement figeable. La pénétration de ce bitume a été très hâtive. Cette pénétration est postérieure à la coagulation de la gelée parce que le bitume n'englobe jamais directement les spicules et les Diatomées. Ce bitume se présente à l'état de gouttelettes, de minces lames et de filets affaissés et figés. Lors de la production des grandes fentes à exsudât, le bitume déjà figé n'y a pas pénétré en gouttelettes, mais seulement à l'état de fragments écailleux entraînés mécaniquement comme les autres corps légers que l'exsudat tenait en suspension. Les gouttes bitumineuses sont souvent vacuolaires, à vacuoles étirées. Parfois les vacuoles V sont réinjectées par uu bitume plus coloré. Les gouttes bitumineuses voisines ne sont pas soudées. La richesse du schiste du Bois-d'Asson en bitume provient non pas de la rétention de cette matière par sa localisation sur la gelée brune fondamentale, mais de sa conservation presque uniquement mécanique dans cette gelée.

)) J'ai compté 420 gouttelettes bitumineuses dans 1"""'= de schiste. Elles forment o,o36 du volume total du schiste. Par cette charge relativement élevée en bitume libre, le schiste du Bois-d'Asson constitue une variété intéressante dans la classe des charbons humiques.

« 12. Le schiste du Bois-d'Asson ne contient ni coprolithes, ni coquilles d'Ostra codes,

» i3. Ses minéraux tardifs sont la calcite, la glauconie et la pyrite. Celle-ci est uniformément répartie.

» 14. Ve.'s le haut de la couche de schiste, les Diatomées disparaissent et sont altérées. Les spicules disparaissent ensuite. La gelée fondamentale avec ses oiganites, les grains de pollen et les thalles de Botryococcites, se retrouve dans la dalle qui recouvre le schiste. La gelée et ses organiles vont s'y raréfiant à mesure qu'on s'éloigne du schiste.

» 15. A part le mode d'intervention du bitume, les conditions géogéniques essentielles de la formation du schiste du Bois-d'Asson sont celles qui ont déterminé la formation du schiste ciré d'Ecosse. »

( iG8o )

'MÉDECINE. — Sur les malades rapatries par les naiires arrêtes du Commerce et les transports hôpitaux de l' Etat. Note de M. Bo.vnafy, présentée par M. Lannelongue.

« Au moment où Ton préparait la dernière expédition de Madagascar, l'opinion publique se préoccupa vivement du meilleur moyen qu'il convenait d'employer pour rapatrier les malades qui forcément devaient être nombreux.

» La question était de savoir si l'on aurait recours aux navires affrétés du Commerce ou si l'on se servirait tout simplement des transports-hôpitaux de l'État. Les gens de métier donnaient sans hésitation leurs préférences aux transports de l'Etat; mais ils ne pouvaient étayer leur choix sur aucune donnée mathématique ; aussi les partisans des affrétés, très ardents et criant très fort, l'emportèrent.

» Comme nos transports-hôpitaux de l'Etat, spécialement construils pour la relè\e des troupes de la Marine aux colonies et le rapatriement des malades, existent encore quoique immobilisés depuis i8g5, j'estime qu'il y a un intérêt sérieux à vous présenter et à faire connaître les résultats d'une statistique de M. Bonnafy, médecinenchef delà Marine, qui établit, d'après les rapports médicaux officiels, la valeur absolue et surtout relative de ces navires.

» Les transports-hûpitaux de l'État, dont le nombie s'élève actuellement à sept, ont commencé à fonctionner en 1879 pour TLido-Chine.

» Les conditions de rapatriement étaient une traversée de trente-quatre jours en moyenne, de Saigon à Toulon, et des parages remarquablement mauvais pour les malades, l'océan Indien et la mer Rouge.

» Dans la période quinquennale allant de 1879 à i883, ces transportshôpitaux donnèrent comme moyenne de perles 17 décès sur 1000 malades (1,7 pour 100); voilà pour leur valeur absolue. Voyons maintenant leur valeur relative :

» A partir de 1886 et jusqu'en 1893, époque où nos transports-hôpitaux ont été immobilisés, pour des raisons absolument étrangères à I hygiène, on fit concourir, au rapatriement des malades de l'Indo-Chine, des bâtiments affrétés du Commerce. Pendant dix ans (1886-1895), ces deux moyens de transport ont donc fonctionné parallèlement, et cela sensiblement dans la même mesure, puisque, dans cette période, les transports de l'Etat ont rapatrié 1 1322 malades et les affrétés du Commerce i i3i3.

( '6Si )

» Si l'on prend la moyenne des pertes subies pendant les traversées, on constate que, sur looo malades, les transports-hôpitaux de l'Élat en perdaient seulement i8, tandis que les affrétés du Commerce en perdaient 26.

» En dehors des services rendus à notre corps d'occupation de l'Indo- Chine, nos transports-hôpitaux ont encore été fort heureusement utilisés dans plusieurs autres expéditions soit coloniales, soit navales, notamment dans l'escadre de l'amiral Courbet sur les côtes de la Chine.

» Il ne fiut jias oublier que, grâce à leurs excellents aménagements, en cas d'urgence, pour l'hospitalisation sur place, ces navires pouvaient être immédiatement transformés en hôniiaux flottants. Consi lérés sous ce dernier point de vue, ils pourraient recevoir très largement 3oo malades; ce qui, pour fixer les idées, correspond, comme rendement, à trois hôpitaux de campagne. C'est pareil rôle que joua l'un de ces navires, le Mytlio, dans l'expédition du Dahomey, en 1892, et c'est certainement à cet hôpital flottant, qui permit de soustraire sans retard aux influences lelluriques les soldats gravement atteints par le climat, que fut dû en grande partie le succès sanitaire de cette campagne, si bien préparée et conduite par la Marine, et qui est, nous semble-t-il, trop laissée dans l'ombre.

» Pour bien rendre à cette expédition sa vraie pbvsionomie. il nous suffira de relever la donnée suivante :

» Vous savez que, pour mieux apprécier une expédition coloniale, le meilleur critérium réside dans le ra})port qui existe entre les morts par le feu de l'ennemi et les morts par la maladie.

» D'autre part, nous avons tous présents à l'esprit les éloges, mérités d'ailleurs, qui furent accordés à l'expédition des Anglais, en 1878, contre les Ashantis dans les mêmes parages.

» Or, si nous comparons les résultais de ces deux expéditions, voici ce que nous constatons en ce qui concerne les effectifs européens, c'est-à-dire les troupes blanches :

» Pour deux morts par le feu de l'ennemi, les Anglais eurent hait m irts par maladie, et n lus cinq seulement. »

A 4 heures un quart l'Académie se forme en Comité secret.

La séance est levée à S heures. J. B.

( iG82 )

BUfXETIN BIBLIOGRAPHIQUE.

Ouvrages reçus dans la séance du 6 juin iî

Annales de Chimie et de Physique, par MM. Berthelot, Friedel, Mascart, MoissAN. Juin 1898. Tome XIV. P;iris, Masson et C", 1898; i fasc. in-8°.

Mémoire sur le Mascaret, par M. Partiot, Ingénieur des Ponts et Chaussées. (E\[rs\t des Annaks des Ponts et Chaussées, l"" Cahier de 1861.) Paris, Dunod, 1891 ; I broch. in-8°. (Présentée par M. Bouquet de la Grye.)

Traité de Métallurgie du fer. Tome premier : Elaboration des métaux, par I.Éo>- Gages, Capitaine d'Artillerie, etc. Paris, J. Fritsch, 1898; i vol. grand in-8°. (Présenté par M. Ad. Carnot. )

L'oxyde de carbone, le grisou et te grisoumèlre, par M. le D'' Gréiiant, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle. (Extrait du Bulletin de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale. Avril 1898.) Paris, Chamerot et Renouard, 1898; i fasc. in-4°. (Présenté par M. Ad. Carnot. Renvoyé au concours Montyon : Arts insalubres.)

Recherches sur les limites de l' absorption de l'oxyde de carbone, par le sang d'un mammifère l'ii'ant , par M. N. Gréhant, Professeur au Muséum d'Histoire naturelle. (Arch. de Physiologie. N° 2. Avril 1898.) Paris, Masson et C"; I fasc. in-8°. (Présenté par M. Ad. Carnot. Renvoyé au concours Montyon : Arls insalubres.)

Coup d' œil sur la Géographie médicale, son passé, son présent et son avenir, par M. le D"" Paul Farre (de Commentry). Paris, G. Steinheil, 1898; broch. in-8''. (Présenté par M. Lannelongue.)

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