‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 363 sur 425 · C. R. , 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R. , 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, N

mide; leur sommet correspond à la région du blastopore. Pendant que s'opèrent ces transformations, les trois ou quatre cellules ectodermiques placées au pôle antérieur sont devenues columnaires et ont acquis des dimensions bien supérieures à celles des éléments ectodermiques voisins. Elles forment la plaque céphalique, première ébauche du système nerveux. Le fond de l'enléron vient s^appliquer, ou peu s'en faut, contre cette plaque. Très généralement, les cellules formant le pôle antérieur et les cellules entériques entrent momentanément en contact par l'intermédiaire de prolongements protoplasmiques. Les expansions de cette nature, issues d'éléments blastodermiques, constituent du reste un fait général.

» Entre temps est apparue une couronne ciliée équatoriale; de même quelques cils très longs, en nombre restreint, se montrent sur la plaque céphalique. Tous ces cils traversent la membrane ovulaire, et permettent la progression de la larve.

» I^a larve, à ce moment, est encore parfaitement symétrique : la plaque céphalique, l'entéron et le blastopore se trouvent situés sur l'axe longitudinal, antcro-postérieiir. Les cellules mésodermiques sont à droite et à gauche. Mais, dès lors, la symétrie disparaît. La région post-équatoriale s'accroil, mais d'une façon oblique. (Cette extension est rendue possible par la disparition de la membrane ovulaire qui, appliquée contre l'ectoderme, forme la cuticule larvaire. Celle-ci ne disparaît pas brusquement en une seule pièce, mais peu à peu. Elle se desquamme d'abord dans la partie terminale de la région post-équatoriale, tandis qu'elle persiste encore fort longtemps comme revêtement de la partie antérieure.) L'accroissement en longueur du blastopore est connexe de l'accroissement de la partie post-équatoriale et se fait dans une direction oblique : son extrémité antérieure occupant toujours la même situation, et son extrémité postérieure se déplaçant.

» Cette obliquité est de nature à masquer les phénomènes subséquents et peut expliquer la diversité des opinions signalées plus haut.

» Le blastopore prend ainsi la forme d une fente longitudinale et s'étire, en quelque sorte, par le fait de l'extension de la zone post-équatoriale. Il se ferme par accolement des deux lèvres, tandis que la lumière de l'entéron disparaît. Un étranglement circulaire se montre au-dessous delà couronne ciliée, au niveau de l'extrémité antérieure du blastopore et déjà se dessine la forme en cloche de la trochophore. L'accroissement de la zone postéquatoriale s'accentue, la trochophore acquiert insensiblement son aspect définitif et l'extrémité postérieure du blastopore se trouve reportée à l'ex-

( i6(39 > tréniitc postérieure terminale. La situation du blastopore n'est donc plus la même, puisque primitivement celui-ci se trouvait tout entier placé à l'extrémité postérieure de l'axe antéro-postérieur; de plus l'orientation générale a changé : cet axe longitudinal ne passe plus par le centre du blastopore, miis bien par l'extrémité postérieure de celui-ci. Quant à l'entéron il est réduit à un amas cellulairequi présente l'aspect d'un cordon appliqué contre l'ectoderme, formant les lèvres du blastopore. Ce cordon ne tarde pas à se séparer de l'ectoderme, sauf en deux points, aux deux extrémités antérieures et postérieures du blastophore, oii se percent la bouche et l'anus, tandis qu'une nouvelle cavité entérique apparaît par écartement des cellules endodermiques.

» Une seconde couronne ciliée apparaît au-dessous de la bouche. C'est la couronne postorale. L'anneau cilié équatorial devient ainsi la couronne préorale. Pendant ce temps les initiales mésodermiques ont proliféré; elles ont donné un certain nombre de cellules mésenchvmateuses, et deux rangées d'éléments qui constituent les bandelettes mésoblastiques. Bientôt, les vésicules ovales, signalées par Stossech, apparaissent ainsi que les taches oculaires; les cellules rénales se montrent et insensiblement l'organisation de la trochophore se complète.

» Le blastopore donne donc naissance à la fois à la bouche et à l'anus; de plus, ses lèvres accolées forment la traînée cellulaire longitudinale qui, sur la face ventrale de la trochophore, s'étend de la bouche à l'anus. »

ZOOLOGIE. — Formes épitoques ef polymorphisme évolutif chez une Annétide du groupe des Cirratuliens (Dodecaceria concharum OErst.). Note de MM. Félix 31esxil et Maurice Cacliert, présentée par M. Edmond Perrier.

« Nous avons signalé (Comptes rendus, 28 septembre 1896) l'existence de /ormes épitofjues chez la flimille des Cirratuliens et particulièrement chez la Dodecaceria concharum OErst. L'intérêt de cette constatation nous a engagés à étudier d'une façon approfondie l'évolution de cette espèce que nous pouvions nous procurer en extrême abondance. Nous avons été amenés ainsi à la découverte de faits très intéressants pour la Biologie générale. On peut les désigner sous le nom de polymorphisme évolutif. Ce sont des transformations très difficiles à sui\Te d'une façon complète. Bien que nos résidtats offrent encore quelques lacunes, nous croyons intéressant d'en donner ici un résumé.

» La Dodecaria concharum est une Annélide vivant dans des galeries creusées à l'intérieur du calcaire; à la Hague, on la trouve dans le Lithothamnion polymorplium. Dans son tube, l'animal est replié en U, la face dorsale étant du côté concave. Nous avons distingué les formes suivantes :

» 1° Forme A. — C'est de beaucoup la plus abondante. Elle est de couleur brune, mesure de 2'=™ à 3"=™, 5 et a de quarante-cinq à soixante-cinq segments. Elle n'a pas d'yeux, porte une paire de palpes et quatre à six paires de branchies. L'armature sétigère, à partir du sixième ou du septième parapode, se compose, aux deux rames, de soies capillaires (pouvant manquer) et surtout de grosses soies terminées par une excavation en forme de cuiller. L'animal mène une vie très sédentaire; il reste à peu près immobile, même une fois extrait du calcaire. Nous n'm'ons jamais trouvé (sur plusieurs centaines d'individus, aux diverses saisons et dans diverses localités) que des femelles de cette forme (' ). Leur croissance se fait sans métamorphoses ni transformations internes. Les ovules sont de couleur vert bleuâtre et atteignent 200 [a. Les néphridies sont réduites à la paire antérieure. Nous les appellerons ye/«e//e5 atoques (forme atoque de notre Note de 1896).

îi 1" Forme B,. — Elle diffère peu de la forme A. Elle est de couleur jaune dans la région moyenne. Les armatures sétigéres ont la même constitution, mais, à la base de leur excavation terminale, les soies en cuiller présentent d'un côté une dent saillante. La cavité générale est bourrée de cellules de réserve à granulations éosinophiles. Les organes génitaux sont rudimentaires; les néphridies sont réduites à la paire antérieure.

» 3° Forme Bj. — C'est celle que nous avons décrite en 1896 sous le nom de forme épitoque. Elle est très différente des précédentes. Le prostomium porte deux gros j'eux. Les palpes sont atrophiés. Les rames sétigéres dorsales, depuis le septième anneau jusqu'aux dix à quinze derniers environ, n'offrent plus que des soies capillaires fines et extrêmement longues (2"™), par faisceaux de trente à quarante. Aux rames ventrales de la même région, on rencontre de place en place une soie en cuiller. Celles-ci sont identiques à celles de B,. L'animal, extrait du calcaire, nage très activement. Sa cavité générale, où les cellules à réserves ont disparu, est bourrée de produits génitaux mûrs. Les sexes sont séparés et représentés en proportions égales; il n'y a pas dimorphisme sexuel. Le tube digestif est réduit à un mince cordon et n'est plus fonctionnel. Les néphridies, outre la grande paire antérieure, existent dans tous les anneaux, sauf au voisinage des extrémités; leur ouverture externe est ventrale par rapport à la rame neurale. — Bj résulte de la métamorphose de Bi ; nous avons suivi cette transformation de la façon la plus complète. B,, à partir d'un certain stade, et Bo sont toujours parasitées par une grégarine cœlomique (Gonospora longissima CauU. et Mesn.). Elles sont notablement moins abondantes que A et de taille plus

(') M. Monticelli {Boll. Soc. nat. Napoli, Vol. 9, 1895) décrit des Dod. concharum de Sardaigne, qui se rapportent incontestablement à la forme A, mais qui, d'après lui, sont hermaphrodites prolandriques. On pourrait donc les considérer comme une forme distincte. Nous nous contentons de la signaler, ne l'ayant jamais observée dans la Manche.

petite (2'"™ à 2"^", 5 en moyenne); ce sera la petite forme épitoque ou épitoque nageuse. Nous n'avons trouvé B, qu'en été. Elle a été vue par Verrill {Proc. U. S. i\at. Mus., 2, 1879) et appelée par lui Heterocirrus fimhrialus.

» 4° Forme Ci. — Elle ne diffère de A que par la couleur jaunâtre des ovules et par la présence de nombreuses glandes à mucus dans l'ectoderme : la région comprise entre les rames des parapodes se transforme de chaque côté en un bourrelet glandulaire dont l'épaisseur atteint deux ou trois fois celle du reste du tégument. Les soies sont identiques à celle de la forme A. Tous les individus que nous avons trouvés étaient des femelles.

» 5° Forme Cj. — Elle dérive de Cj comme B, de B,. C'est aussi une forme épitoque, mais de grande taille (plus de 3"^") et peu mobile {épitoque sédentaire). Elle a deux yeux sur le prostomium; ses palpes ont persisté. Les soies en cuiller ont disparu, dans la région moyenne, seulement aux rames dorsales des parapodes et sont remplacées par de longues soies capillaires mesurant jusqu'à 2™". Les glandes à mucus se sont étendues à la face dorsale et surtout à la face ventrale. Le tube digestif est atrophié comme dans B,. Les organes segmentaires, distribués comme dans B,, s'ouvrent entre les deux rames des parapodes, au milieu du bourrelet glandulaire. Cette forme est très fragile et sécrète du mucus en abondance; les œufs, qui sont jaunâtres et mesurent de 120 |ji. à i^o,"-, en sont enveloppés lors de la ponte. Nous n'avons jusqu'ici rencontré Ci et C, qu'au printemps dernier; elles sont très rares. Nous n'avons pas réussi à trouver un seul inâle.

» La description précédente nous conduit donc à distinguer cinq formes, groupées en trois séries (A, B, — B,, C, — Co) qui diffèrent entre elles :

» 1° Par des caractères morphologiques (différence de forme des soies en cuiller dans A, C, — Co, d'une part, et B, — B^, d'autre part; cette différence n'existe pas sur les individus ayant moins de i5 segments) ;

» 2° Par leurs parasites (Gonospora constante dans B, — B^, n'existant jamais dans A, C, — Co);

» 3° Par leur mode d'évolution. A évolue graduellement et sans métamorphose ; les deux autres séries aboutissent à des/urmes épiloques par des transformations, en partie parallèles (atrophie du tube digestif, modifications de l'appareil sétigère, apparition d'veuxsur le prostomium), en partie divergentes (atrophie des palpes dans Bo, développement des glandes à mucus chez C, — C2). L'édification des organes, en particulier des organes génitaux, est graduelle chez A et chez C, — C^; la métamorphose, dans cette dernière série, est très progressive. Elle est beaucoup plus brusque chez B, — Bo. Au stade B,, il v a accumulation de réserves qui remplissent la cavité générale; le passage au stade Bo se fait rapidement, l'animal cessant de se nourrir et les réserves se résorbant pour fournir la substance des produits sexuels.

)) Malgré les différences qui les séparent, nous considérons A, B, C

comme appartenant à une même espèce (^Dodecaceria conchanim) polymorphe, ayant une forme avec mâles et femelles (B) et deux formes avec femelles seulement (A, C). Entre autres raisons, l'absence de toutes traces d'orqanes mâles chez A et C nous détourne de les regarder comme constituant une espèce distincte de B. Pour résoudre d'une façon certaine le problème des relations entre les diverses formes, il faudrait procéder, ab oço, à des éducations complètes.

» Faisons d'ailleurs remarquer que la position de la limite spécifique entre les diverses formes a une importance secondaire. Si elles appartiennent toutes à la même espèce, les individus de celle-ci évoluent très différemment suivant les cas, puisqu'ils peuvent aboutir soit à une forme atoque A, soit à l'une des deux formes épitoques B, et Co. S'il y a plusieurs espèces, elles résultent nécessairement de la scission récente d'une espèce vmique dont les tronçons ont une évolution morphologique et physiologique très dissemblable. Quelle que soit la réalité, ce sont là des phénomènes biologiques très curieux et auxquels nous ne connaissons d'analogues chez les Annélides que dans le cas de la Nereis Dumerilii, lié, lui aussi, à la présence de formes épitoques. Nous comptons prochainement exposer tous ces faits en détail. »

BOTANIQUE. — Sur la sexualité et 1rs affinités des Sphacélariacées . Note de M. C. Sauvageau, présentée par M. Guignard.

« Les Phéosporées renferment environ 35o espèces réparties dans près de 20 familles, mais des organes de reproduction liétérogamique n'ont été observés que chez un très petit nombre d'entre elles; il se réduit, en effet, à deux Tiloptéridées, trois Cutlériacées et trois Ectocarpus. La présence d'anthéridies chez les Ectocarpus, découverte par Thuret, parut même si extraordinaire pendant longtemps qu'on n'en a guère tenu compte jusqu'au Mémoire publié par M. Bornet sur ce sujet en 1891; depuis, la fécondation a été observée directement. Les autres Phéosporées sont munies d'organes uniloculaires ou pluriloculaires; on dit souvent que les premiers sont des organes de reproduction asexuée, et que les seconds renferment des gamètes isogames, généralisant ainsi, sans preuve aucune, les observations faites sur \' Ectocarpus silicuhsus et le Scytosiphon . La découverte d'organes sexués chez une Phéosporée appartenant à un groupe différent de ceux cités précédemment a donc une certaine importance.

» J'ai trouvé cette année, à Guétharv, au commencement de mai, le Sphacelaria Hystrix, que l'on n'avait rencontré jusqu'à présent qu'aux îles Canaries. Il formait, sur le Cystoseira ericoides, de petites touffes denses, isolées ou mêlées à celles du Sphac. cirrosa, enfoncées par leur base dans la plante hospitalière, qui portent, sur un même individu ou sur des individus différents, des anthéridies et des sporanges pluriloculaires qui sont très probablement des oogones. Je n'ai pas vu de sporanges uniloculaires. Les anthéridies et les sporanges pluriloculaires, presque sphériques ou peu allongés, sont identiques de forme et de dimensions, mais les logettes des premières sont plus petites. Leur différence de coloration les fait reconnaître à première vue et correspond tout à fait à celles de ces mêmes organes chez les Cutleria ou les Ectocarpus secandus et Lebelii; les anthéridies sont rouge orangé, les sporanges brun foncé.

» La déhiscence est identique dans les deux sortes d'organes, et indépendante pour chaque logette. Jusqu'à ce moment, la s^urface de l'organe se maintient lisse et uniforme; puis, de chaque logette et vers son milieu s'élève une petite verrue de plus en plus saillante, par la poussée de l'élément inclus, qui sort enfin, mais reste un instant arrondi, immobile, avant de dérouler ses cils. Dans le cas normal, la déhiscence des logettes est simultanée, et l'organe est alors recouvert d'une couche de globules qui bienlôl déroulent leurs cils, s'animent et s'échappent dans toutes les cUrections. Après la déhiscence, chaque logette est percée d'une ouverture circulaire à bords très nets, sans bavures, indiquant une dissolution de la paroi, d'environ 3^^ de diamètre pour les anthéridies et 4"^ pour les sporanges; la petitesse de l'ouverture nécessite donc une déformation assez grande des éléments mobiles. Les organes vidés se conservent ensuite longtemps sans se déformer, les cloisons de séparation entre les logettes superposées sont très visibles; elles se rejoignent suivant l'axe de l'organe ou autour d'un méat axile.

» Un pareil mode de déhiscence n'est connu, parmi les Phéosporées, que chez les Cutlériacées, et les anthéridies des Tiloptéridées. Il est très probablement le même pour les organes pluriloculaires de toutes les Sphacélariacées. Cependant, il n'a été mentionné que parPringsheim, à propos du Cladostephus, dans son Mémoire de iB^S; son observation, passée inaperçue, n'a pas été vérifiée depuis. Lien que plusieurs auteurs aient étudié ces plantes, et que la trace de la déhiscence reste longtemps reconnaissable sur les sporanges vidés.

» Les anthérozoïdes, piriformes, ont 5^,5-7'^, 5 sur 3i^-3'^,5; le point

( '674 ) rouge situé dans la moitié postérieure est indépendant de l'insertion des cUs. Les zoospores, ovales, pâles, à 3-4-5 chromatophores en disques, mesurent i3i^-i3t^, 5 sur 6i^, 5-7(^,5. Les déhiscences se font moins bien en cellules de culture que dans des vases; elles sont plus laborieuses et moins simultanées; je n'ai vu ni copulation, ni zoospore fixée avec deux points rouges. Les zoospores s'arrondissent en se fixant et deviennent globuleuses, mais se désorganisent au bout de peu de temps ou de quelques heures, sans toutefois se déformer, ni éclater brusquement, comme le font fréquemment les oosphères non fécondées de V Ectocarpus seciindus. Parfois, cependant, un très petit nombre de zoospores fixées persistent plus longtemps ; j'ai conservé dans l'eau des zoospores fixées sur des lamelles; presque toutes ont disparu après quelques jours, mais j'en ai retrouvé qui quinze jours après étaient encore en parfait état, mais sans avoir poussé plus loin leur germination. Bien que je n'aie pas réussi à observer de copulation, et bien que les homologies des éléments reproducteurs soient particulièrement difficiles à établir chez les Phéosporées, il semble possible de conclure de la difficulté de germination des zoospores du Sphacelaria Hystrix, que ces zoospores sont des oosphères et les sporanges pluriloculaires des oogones.

» J'ai montré dernièrement que l'existence de propagules chez les Tiloptéridées était un lien entre ce groupe et les Sphacélariacées. I>a morphologie des organes pluriloculaires du Sphacelaria Uystrix nous conduit à les rapprocher davantage. Les anthéridies sont construites absolument sur le même type, mais la grande lacune axile des Tilopleris est représentée ici par un étroit méat. Le fait que les anthéridies du Tilopleris sont terminales ou intercalaires est un caractère de second ordre, simplement générique, et n'a pas à entrer en ligne de compte. D'après ce que nous savons maintenant des oogones des Phéosporées, on pourrait même supposer que les oogones des Tiloptéridées, encore inconnus, sont des organes pluriloculaires.

» Les anthéridies et les oogones des Cutleria correspondent aussi à ceux du Sphacelaria Hystrix; ils sont simplement plus étroits et, par suite, sans méat axial. Le mode d'accroissement du thalle est, il est vrai, bien différent; mais une Sphacélariacée, le Batlersia, a un thalle crustacé sans sphacèle, comparable à celui d'un Aglaozonia et ses sores fructifères, qui sont ses seules parties dressées, ne paraissent pas sans analogie avec ceux des Cutlériacées. D'ailleurs, le thalle rampant de certains Sphacelaria (S. olivacea) rappelle la lame rampante découverte par M. Faikenberg à la base des germinations de Cutleria.

( '«75 ) » Les Ectocarpacées, Tiloptéridacées et Cullériacéps ont donc une étroite parenté non seulement entre elles, mais avec les Sphacélariacées. Enfin, j'ai décrit chez les Myrionémacées une origine endogène des poils, jusqu'alors inconnue, et j'ai fait remarquer alors qu'elle se retrouvait chez les Sphaceinria cirrosa el trihiiloïdes ; elle est la même pour \eSp/iac. Hystrix et probablement aussi chez toutes les plantes de la même famille. »

GÉOLOGIE. — Allure aes couches palèoz-oïqucs sur le versant méridional de la Montagne-Noire. Note de M, J. Bergeron, présentée par M. Fouqué.

« Entre Lanrens et Cabrières (Hérault) s'étend une bande de terrains paléozoïqnes, bien connus par la richesse de leurs faunes. Elle comprend les étages suivants : l'ordovicien , le golhlandien (le gédinnien semble faire défaut), le coblencien, l'eifélien, le givélien et le dévonien supérieur ainsi constitué : à la base, le calcaire à Gephyroceras intumescens, puis le calcaire à Parodoceras curvispina, enfin le calcaire à clvménies, désigné encore sous le nom de marbre griotte. En quelques rares points se voient sur les griottes des calcschistes avec intercalations de bancs de lydienne. Plus rarement encore ces derniers sont recouverts par des schistes qm', dans la bande en question, n'ont jamais présenté de fossiles et sont, d'ailleurs, très peu développés. Toute la série précédente est disposée dans l'ordre normal des couches. Elle disparaît vers l'est et vers le sud, suivant les points, sous le permien ou sous le trias, dont le plongement est moindre que celui des couches plus anciennes.

» Ee substratum de cette série est formé, de haut en bas, de la manière suivante : sous l'ordovicien et en concordance apparente de stratification avec lui, plongent des schistes bleus et verts, dans lesquels on a signalé la présence de Pleiirodyctium. Par suite, ils ont été rangés dans le coblencien inférieur. D'autre part, leur position sous les schistes ordoviciens et leur concordance de stratification avec euK les avaient fait attribuer à la base de l'arenig. Mais les fossiles que M. Escot et moi y avons recueillis, bien que très mal conservés, m'ont permis d'y reconnaître une faune de la base du carbonifère. J'ai pu déterminer un Prodnctus voisin de Pr. semireliculatus, un grand spirifer du groupe du Sp. tornacensis, un autre spirifer et un Cyrtia voisins de types carbonifères. Peut-être y a-t-il parmi les Polypiers une forme du même groupe que le Pleurodyctium, mais il n'y a certainement aucune espèce du coblencien inférieur.

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