C. R., 1898, 1" Semestre. {-^ . CXXVI, N
( i74o ) raie que les plis hercyniens du Massif central. Ces plis et ces failles semblent également corresj3ondre aux plis hercyniens du sud de la Bretagne. »
GÉOLOGIE. — Sur de nouvelles sources de pétrole au Caucase. Note de M. Ve\ckoff, présentée par M. de Lapparent.
« Une importante découverte géologique a été récemment faite dans le Caucase occidental, aux environs d'Anaclie, bourg qui se trouve près de l'embouchure de l'Ingour dans la mer Noire : on y a trouvé des sources denaphle. La terre qui contient cette huile minérale appartient au prince de Mingrélie, et le droit d'exploitation à un capitaliste de Moscou, M. Mindowsky. Les recherches géologiques qui aboutirent à la découverte étaient menées par MM. Young et Tzouloukidzé, dont le premier est représentant d'une maison de banque française, et l'autre ingénieur des mines russe.
» Le 2/i4 mai, ces deux explorateurs ont commencé leurs travaux de terrassement et bientôt ils ont trouvé les couches de sable imbibées de naphte. La surface de l'eau qui se dégageait pendant les travaux fut bientôt couverte de naphte liquide.
» Selon le rapport des deux explorateurs^ il a été décidé de commencer immédiatement le forage du terrain et ensuite l'exploitation du pétrole, comme à Bakou, dont Anaclie deviendra sans retard un concurrent heureux, car c'est un port de la mer Noire et non delà mer Caspienne, séparée de l'Europe par toute la largeur du Caucase (900''™). »
MÉTÉOROLOGIE. — Situation atmosphérique au moment de l'ascension des ballons sondes. Transition entre la période des cyclones (^hiver) et celle des orages (été). Note de M. H. Tarry.
« Des ascensions internationales de ballons-sondes ayant eu lieu en diverses villes d'Europe le 8 juin au matin, il était intéressant d'étudier la situation de l'atmosphère à celte date, en traçant à la surface de notre contment des courbes isobares assez précises et assez rapprochées pour qu'on pût se rendre compte de la disposition et du mouvement des couches que ces ballons de\ aient rencontier.
» Les diagrammes ci-dessous donnent le tracé des isobares, de 2'"'°, 5 en 2""", j, le 8 au matin, et de douze en douze heures depuis le G juin.
( I7'4' ) Bien que ces Caries aient été établies avec les seules observations publiées clans le Bulletin international du Bureau central météorologiqur, il est facile deAoir que l'atmosphère était dans un état de calme inusité.
Ciimnienccmenl Ae la période ries orages, trombes el tornade!; le - juin 189R.
» Il est même à remarquer que le 7 juin, veille de la dale choisie pour les ascensions, marque précisément le point de démarcation entre la saison des cyclones, qui a lieu de novembre à mai, et la saison des orages et des trombes, qui caractérise la période d'été, de mai à octobre.
» Dans nos climats tempérés, de même que dans les climats tropicaux ou équaloriaux, on peut distinguer dans l'année deux périodes ayant des caractères absolument tranchés : les cvclones, qui caractérisent la période
( 1742 ) d'hiver, étant d'immenses dépressions barométriques de plusieurs milliers de kilomètres de diamètre, parcourant l'Europe d'une extrémité à l'autre, tandis que les orages ne balayent que des surfaces de quelques dizaines de kilomètres de large, s'étendant sur quelques départements seulement, et les trombes n'ont qu'un diamètre de quelques dizaines ou centaines de mètres.
)) Selon moi, la période des cyclones est caractérisée par les dépressions barométriques faisant descendre le baromètre au-dessous de ^So"™, et la première et la dernière de ces dépressions inarquent le commencement et la fin de cette période.
» En 1898, la période des cyclones s'est prolongée beaucoup plus tard que d'habitude; le mois de mai a été continuellement bouleversé par les cyclones, et c'est la cause exclusive et incontestable des mauvais temps qui ont caractérisé ce mois et de la quantité exceptionnelle de pluie qui est tombée sur nos contrées.
» Le dernier cyclone delà période d'hiver, faisant suite immédiatement au précédent, a attaqué l'Europe en venant de l'océan Atlantique, le 3 juin, le baromètre descendant à 749™'". î^ le 3 au soir au nord-ouest de l'Ecosse, avec une baisse de 5™™, 8 en vingt-quatre heures. Le centre de ce cyclone se trouve le 4 à Slornoway ; le 5, il descend sur l'Irlande où le baromètre marque 748™™, 5 le soir; le 6 au matin, son centre remonte à Belmullet, (750°"", 8) au nord-ouest de l'Irlande; notre Carte le montre revenu le 6 au soir à Stornoway; enfin la dépression rétrograde sur l'océan Atlantique le 7, et ne reparaît plus. La Carte du 7 juin, avec les courbes isobares ci-dessus, a été remise à M. Hermite, à la Villette, avant l'ascension du 8.
» Depuis le 7 juin, le régime des hautes pressions s'est définitivement installé sur l'Europe, où l'on ne voit plus que de petites dépressions secondaires, éparpillées en plusieurs points et produisant de tous côtés les violents orages, accompagnés de crues subites de rivières, qu'on a observées à l'ouest de notre continent et notamment en France. C'est un de ces orages qui a empêché le Balaschoff de s'élever dans les hautes régions; il accompagnait la petite dépression barométrique qui avait précisément son centre à Paris au moment même de l'ascension. Ce sont des particularités de détail dans l'étude des grands mouvements de l'atmosphère, qu'il est impossible de saisir lorsqu'on se borne à tracer de 5""" en 5""" les courbes d'égale pression barométrique; du reste les Cartes météorologiques du Meteorological Ojjice de Londres donnent ces courbes de dixième de pouce eu dixième de pouce, ce qui correspond à 2'"'", 54- "
MÉTÉOROLOGIE. — Enregistrement des décharges électriques atmosphériques. Note tle M. Dccretet.
« Je viens d'avoir l'occasion d'enregistrer des décharges atmosphériques au récepteur d'un poste de télégraphie hertzienne sans fd installé chez moi. Le mât s'élève an-dessus du sol à une hauteur de 26™ (l'altitude du sol est d'environ 55™). Ce màt domine les maisons voisines et se voit de très loin. Le fd conducteur, isolé, fixé à l'extrémité de ce màt, a 32" de longueur; ce collecteur des ondes électriques pénètre dans mon laboratoire et il est relié à uue des électrodes du radioconducteur Branly du poste récepteur, l'autre électrode est mise à la tei're.
» Hier samedi, de 2''3o™ à 3''4o™ de l'après-midi, au moment de l'orage, mon récepteur automatique a inscrit 3i i décharges atmosphériques intermittentes, au fur et à mesure de leur iirésence sur le mcit collecteur. Ces décharges étaient enregistrées a^ant l'apparition de l'éclair et le bruit du tonnerre. »
MÉTÉOROLOGIE. — Ascensions aérostatiques internationales du S juin. Note de ^l. W. de Foxvielle, présentée par M. Bouquet de la Grve.
« A Paris trois ascensions ont été faites : Taérophile n° 3, parti à 2''3o™ de l'usine à gaz de la Villette, a été trouvé le matin à Magny (Seine-et-Oise).
» Les instruments étaient intacts, mais les paysans ont, pour nettoyer le cylindre de l'un des enregistreurs, enlevé le noir de fumée sur lequel s'inscrivaient les courbes. Un second cylindre est intact.
» Laéropliile n" i, parti à 10*^5™, est arrivé à Vernum, en Westphalie, à 4*" du soir.
» Les instruments qu'il portait sont intacts. La hauteur à laquelle il est parvenu est de iSooo" à 16000'" et la température de — 64° C.
» Le ballon monté Bataschoff" esi parti à ii''5°" et est descendu vers a"" à^'erpilliers près de Roye. Il est parvenu à la hauteur de 2300™.
» A Bruxelles le ballon l'Aurore, parti le matin du parc Lénpold, est descendu près d'Ostende, après avoir atteint une altitude de agSo".
» A Strasbourg le ballon-sonde est parti à 8''3o"° de l'esplanade de Steinthor, et s'est éloigné dans la direction du nord. Il a été retrouvé près de Saint-Martin, dans la Haute-Autriche, cercle de l'Iun, après s'être élevé à une hauteur de 1 1'"", où il a constaté une température de — 5o°.
» Le ballon monté est parti à g"" et est descendu à lai'So™ à Wittersheim, en Lorraine après s'être élevé à 1600"°, où il a trouvé une température de 4-12°.
» A Vienne le ballon-sonde Falke, lancé de l'arsenal, a crevé au dépari; le même accident est arrivé à un ballon monté par deux officiers qni n'ont pas été blessés.
» Deux autres ballons montés se sont élevés à 2000™ et à 2500™.
» Une cinquième ascension d'un ballon monté a eu lieu à l'Exposition. Cet aérostat s'est élevé à 4500"", obtenant une température minimum de — 8°.
)) Les trois ballons partis de Vienne ont commencé par se diriger vers l'ouest, puis ils ont changé de direction et se sont tons dirigés vers l'est où s'est terminé leur voyage.
» A Berlin un ballon-sonde a été lancé, ainsi que quatre ballons montés, qui se sont élevés respectivement à 55oo™, Saoo™, 4200" et 2800".
» A .5500" on a observé une température de — 14"- A 4200'" elle était un peu plus basse, — 15°. Les deux autres minima ont été respectivement de — 8° et de 0°. On n'a pas encore de nouvelles du ballon-sonde.
)) A Saint-Pétersbourg, suivant les avis de Berlin, un ballon-sonde se serait élevé à 9000"" et un ballon monté à 45oo™. Ce dernier est descendu à 3o''™ de son point de départ après être resté plusieurs heures en l'air.
« A Munich, on a lancé deux ballons montés. \J' Académie, parti à g''i6'", s'est élevé à 4700™. h'Ibis, parti à io''6"', est parvenu à 3750". Comme ceux de Vienne, ces deux ballons ont commencé à se diriger vers l'ouest, puis ils ont changé brusquement de direction et ont voyagé vers l'est jusqu'à l'atterrissage. Quoique partis à une heure d'intervalle, les deux ballons ne se sont presque jamais perdus de vue jusqu'à l'atterrissage qui a eu lieu à i*'23™ pour le premier et 2''43"' pour le second.
)> On n'attend plus de nouvelles que du ballon monté de Varsovie et du ballonsonde de Berlin. On ne sait pas encore si Rome a pris part aux opérations aéroslatiques de la journée du 8 juin, comme il en avait été question. »
MÉTÉOROLOGIE. — Résultais sommaires des ascensions de trois h allons-sondes exécutées à Trappes. Noie de M. L. Teissere.vc de Bort, présentée par M. Bouquet de la Grye.
« Trois ballons-sondes, réglés de façon à explorer des régions différentes de l'atmosphère, ont été lancés par nos soins à l'observatoire de Météorologie dynamique, le 8 juin.
n Le premier est parti de Trappes à 3''3"> du matin et s'est élevé à une altitude d'environ i25oo™, où il a trouvé une température de — 60°; emporté par le courant supérieur des cirrus qui venaient du sud-Sô^-ouest, il est tombé à 160'"", prés de Saint- Quentin, à 6'' 43"'.
» Le deuxième a été lancé à 4'' 55"", s'est élevé à 9000'", où la température était de ■ — 42°, pour tomber au nord, dans l'Oise, à go*"" de Trappes.
» Le troisième, parti à 7''55'", est monté à 6800'", où la température était de — 21", et descendu à Omenville, à 5o'"" au nord-nord-ouest de Trappes, suivant ainsi une trajectoire intermédiaire entre celle du vent inférieur qui soufflait de l'est-sud-est et celle du courant supérieur venant du sud-ouest.
» Les instruments, revenus en parfait état, sont l'objet de nouvelles comjjaraisons pour contrôler celles qui ont été faites la veille du départ, et les courbes tracées permettront d'établir la marche dos températures à diverses hauteurs à trois périodes différentes du jour.
» La présence d'une couche de nuages, à 5'' et à 8^, n'a pas permis de poursuivre la détermination de la hauteur des ballons par des visées directes simultanées faites de deux stations au delà de ^Soo'" d'altitude. »
M. J. Peroche adresse un .Mémoire ayant pour titre : « Les balancements polaires et les observations astronomiques ».
M. G. Perrt adresse une Note intitulée : a De la Géométrie à quatre variables en Biologie ».
M. J.-J. AxDEER adresse une Note intitulée : « Recherches sur les ostioles du système cérébro-spinal ».
La séance est levée à 4 heures et demie. AL B.
BULLtTI.X BIBLIOGRAPHIQUE.
Ouvrages reçus dans la séance du 6 jlix 1898.
(Stiiie.)
Revue de Mécanique, publiée sous le patronage et la direction technique d'un Comité de rédaction. Président : M. Haton de laGoupillière, Membre de l'Enstitut, Inspecteur général des Mines. N" 5. Mai 1898. Paris, V* Ch. Dunod, 1898; I fasc. in-Zj".
Notice sur Alexis Jordan, par le D"" Saint-Lager. Paris, ,1.-B. Baillière et fds, 1898; I broch. in-8°.
Bulletin de la Société astronomique de France et Reiue mensuelle d'Aslronomie, de Météorologie et de Physique du globe. Juin 1898. Paris, Cb. BivorI ; I fasc. in-8".
Préfecture de la Seine. Direction des Affaires nunicipales. Tableaux mem-uels
( 1746 ) de Statistique municipale de la Ville de Paris. Décembre 1897. N° 12. Paris, G. Massoii, 1B97; I fasc. in-8°.
Revue générale des Sciences pures et appliquées. Directeur : Louis Olivier, Docteur es Sciences. 3o mai 1898. Paris, G. Carré et C. Naud; 1 fasc. in-4''.
Ouvrages reçus dans la séance du i3 juin 1898.
Leçons nouvelles sur l'Analyse infinitésimale et ses applications géométriques, par M. Ch. Méray, Professeur à la Faculté des Sciences de Dijon. Paris, Gaiithier-Villars et fils, 1894-1895-1897-1898; 4 vol. grand in-8°. (Présentés par M. DarbouK.)
Le Cantal, par MM. Marcellin Boule et Louis Farges. Paris, Masson et C'^; I vol. in-i2. (Présenté par M. Gaudry.)
Société d'Histoire naturelle d'Autan. Dixième Bulletin. Paris, Doin, 1 897 ; I vol. grand in-8''. (Présenté par M. Gaudry.)
Les Lapidaires de l'antiquité et du moyen âge, Ouvrage publié sous les auspices du Ministère de l'Inslruclion publique et de l'Académie des Sciences, par F. de Mély. Tome IL Premier fascicule. Texte avec la collaboration de M. Ch.-Em. Ruelle. Paris, Ernest Leroux, 1898; i vol. in-4''. (Hommage de l'auteur.)
Bulletin astronomique, fondé en 1884 par E. Mouchez et F. Tisserand, publié par l'Observatoire de Paris. Commission de rédaction : H. Poincaré, Président; G. Bigourdan, O. Callandreau, H. Deslandres, R. Radau. Juin 1898. Paris, Gauthier- Villars et fils, 1898; i fasc. in-8''.
Revue de Physique et de Chimie et de leurs applications industiielles, fondée sous la direction scientifique de P. Schutzenberger. Tours, imp. Deslis frères; i fasc. in-8°.
COMPTES RENDUS
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES