‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 379 sur 425 · C. R., 189S. I" Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R., 189S. I" Semestre. (T. CXXVI, N

( 1756 ) forme un équilibre variable d'après la température et la présence des corps en réaction.

» \° Enfin, quelle que soit la méthode employée, il est impossible de distiller le mercure ou l'excès de métal alcalin dans un courant d'hvdrogène ou d'azote. Avec l'hydrogène, le calcium produit rapidement, ainsi que nous le verrons plus tard, un hydrure blanc parfaitement défini de formule CaH^, et avec l'azote il fournit de suite unazoture cristallisé. L'hydrogène et l'azote doivent être absolument écartés dans toute préparation du calcium.

» Préparation du calcium cristallisé. — Cette préparation peut se faire par deux procédés différents :

» i" Pour obtenir le calcium à l'état de pureté, nous avons utilisé la propriété, inconnue jusqu'ici, que possède ce métal de se dissoudre dans le sodium liquide maintenu à la température du rouge sombre. Par refroidissement, le calcium cristallise au milieu du sodium, et, en traitant la masse métallique par l'alcool absolu, il reste des cristaux blancs, brillants, de forme hexagonale, de calcium pur (').

» Voici comment nous opérons. Dans un creuset de fer, d'une contenance de i'", on place ôoo""^ d'iodure de calcium anhydre et cristallisé en présence de 240^' de sodium. La proportion de métal alcalin est trois fois supérieure à celle qu'exigerait la réaction

CaP-f-Na- = Ca-i-2NaL

» L'iodure de calcium anhvdre et cristallisé a été grossièrement concassé, puis mélangé au sodium, coupé en morceaux de la grosseur d'une noix; le creuset est fermé par un couvercle à vis, puis maintenu pendant une heure environ à la température du rouge sombre. Tl est utile, de temps en temps, d'agiter le creuset par un léger mouvement de rotation, au moyen d'une pince métallique.

)) Au début de l'opération, une petite quantité de vapeur de sodium s'échappe entre le couvercle et le creuset, mais comme la partie supérieure est moins chauffée que le fond, lorsque le premier dégagement de chaleur dû à la réaction est terminé, il se condense un peu de sodium liquide dans le pas de vis et la fermeture devient complète.

(') Le calcium soluble dans le sodium liquide au rouge sombre est à peu près insoluble dans ce métal à son point de solidification.

» Après refroidissement, le creuset est ouvert, il contient une couche de sel fondu de couleur bleue, surmontée par un gâteau métallique de sodium.

» Pour séparer le calcium, on place, dans un ballon de i'"', refroidi par de la glace fondante, 5oo" environ d'alcool absolument anhydre. On projette dans ce liquide le sodium retiré du creuset par fragments de i'"'^ environ. Lorsque tout dégagement d'hydrogène a cessé, on décante la partie liquide que l'on remplace par la même quantité d'alcool absolu (').

i On continue ce lavage jusqu'à ce que l'alcool ne fournisse plus de résidu fixe par son évaporation. La poudre brillante restant au fond du ballon est traitée par de l'éther anhydre (maintenu au préalable sur du sodium), puis placée dans un tube de verre et sécliée à la température ordinaire par un courant d'acide carbonique ou d'hydrogène bien sec. L'échantillon doit être enfermé de suite dans im tube scellé.

') Il faut, pendant toutes ces opérations, éviter avec le plus grand soin l'action de l'humidité et le contact de l'air. Cette poudre cristalline très divisée s'oxyde avec la plus grande facilité.

» Le rendement a été d'environ 5o pour loo du poids théorique de calcium mis en expérience. Nous avons obtenu dans ces premières préparations à peu près 40°"^ de calcium dans chacune de nos opérations.

» 2° On peut encore obtenir le calcium soit en cristaux semblables aux précédents, soit en petits globules fondus, par l'éiectrolyse au rouge sombre de l'iodure de calcium en fusion. Ce sel conduit très bien le courant. L'électrode négative est en nickel pur et l'électrode positive, constituée par un cylindre de graphite, est placée dans l'axe d'un vase poreux. La température est maintenue par le courant aux environs du point de fusion de l'iodure de calcium, ce qui permet le départ rapide de la vapeur d'iode. Dans ces conditions, l'on obtient un métal blanc fondu ou cristallisé. JSous poursuivons l'étude de cette électrolyse.

» Analyse. — Pour doser le calcium dans le métal préparé par le premier procédé, on en prend un poids déterminé que l'on décompose avec précaution par l'eau; l'hydrate de chaux est dissous par quelques gouttes d'acide azotique; le liquide est exactement neutralisé par l'ammoniaque, et le calcium est précipité sous forme d'oxalate.

(') L'alcool a été d'abord privé d'air par rébullillou dans le vide à froid, puis salure de gaz liydrogèue pur et sec.

( 1758 ) » Du poirls de chaux vive, obtenu après filtralion et calcination, on déduit le calcium. Nous avons obtenu les chiffres suivants :

Calcium pour loo 98>9 99)' 99>2

ZOOLOGIE. — Note sur la classification des Tuniciers; par M. Edmond Perrier.

« Les naturalistes qui se sont occupés de la classification des Tuniciers et de leurs relations a^ec d'autres groupes zoologiques ont, en général, considéré comme les formes initiales de cet embranchement du règne animal les formes pélagiques, en raison de la simplicité relative de leur appareil bianchial; les uns ont choisi pour type ancestral les Salpes, les autres les Appendiculaires. L'application logique et rigoureuse de la loi de patrogonie (répétition de la phylogénie par l'ontogénie) conduit à de tout autres conclusions. La parenté généalogique des Vertébrés et des Tuniciers doit être aujourd'hui tenue pour démontrée par leur embryogénie. Cette parenté ne peut être interprétée que de trois façons : i" les Vertébrés et les Tuniciers descendent directement d'un ancêtre commun; i° les Vertébrés descendent des Tuniciers; 3° les Tuniciers descendent des Vertébrés. Dans la première hypothèse, l'ancêtre commun ayant pour descendants, d'une part des formes métaméridées telles que les Vertébrés, d'autre part, des formes qui ne le sont pas, telles que les Tuniciers, devait être lui-même métaméridé; on doit admettre, en effet, que la métaméridation est non pas un phénomène de perfectionnement organique pouvant indifféremment se produire ou non, mais- le mécanisme même de la formation des organismes bilatéraux, supérieurs au stade rotifère.

» I^es Tuniciers, quoique dépourvus de métaméi'ides, présentant, durant leur période embryonnaire et larvaire, des caractères qu'ils partagent avec les seuls Vertébrés, on est amené à conclure que leur métaméridation n'a été perdue qu'après qu'ils ont acquis ces caractères, ce qui revient à dire que l'ancêtre commun aux Tuniciers et aux Vertébrés présentait déjà tous les traits essentiels des plus inférieurs de ces derniers. D'autre part, la métaméridation étant un mécanisme de formation des organismes, il n'y a aucune difficulté à comprendre qu'un organisme métaméridé perde sa métaméridation, mais on ne peut imaginer comment un organisme non métaméridé, tel qu'une Appendiculaire ou un Salpe, pourrait, autrement

( 17% ) qu'en se répétant lui-même, produire un organisme métaméridé. Les Vertébrés n'étant à aucun point de vue équivalents à une chaîne de Salpes ou d'Appendiculaires, ne sauraient descendre de ces animaux, et il ne reste qu'une ti'oisiéme hypothèse, celle qu'ils sont les progéniteurs des Tuniciers. Si l'on admet, en effet, que des organismes comparables à VArnphioxus se soient, à un certain moment, fixés par l'extrémité antérieure de leur corps, ce changement dans leur genre de vie suffît à expliquer l'apparition de tous les caractères qui distinguent les Tuniciers : concentration des organes dans la région antérieure du corps, déterminant la formation d'une queue; résorption de la queue; dégradation des organes des sens, du système nerveux et de l'appareil musculaire, et même développement exagéré de la branchie; enfin modifications d'attitude propres à transporter les orifices afférents et efférents le plus loin possible du plan de fixation. Ce dernier résultat peut être obtenu de deux façons : soit par l'allongement de la région prébuccale, comme cela a lieu chez les Anatifes parmi les Cirripèdes, chez les Crinoïdes parmi les Echinodermes, ou bien par une rotation de l'animal autour d'un axe parallèle au plan de fixation. On comprend que ces deux procédés aient pu être emplovés dans les formes primitives des Tuniciers et que leur emploi simultané dans une famille soit pour elle une indication d'ancienneté; or cela n'a lieu que dans la famille des Cynthiid.t;, où les Boltiexin.t:, pourvues d'un long pédoncule prébuccal, n'éprouvent pas de métamorphose rolatoire, tandis que les Cynthiin-e demeurent sessiles comme toutes les autres Ascidies.

» Si les Cy>"THnD.E sont réellement les Tuniciers qui ont subi le moins de modifications depuis que ce tvpe a été réalisé par la fixation d'une forme ancestrale analogue à V Amphioxus, elles doivent se rapprocher plus que les autres du mode d'organisation du Vertébré ancestral. Chez elles, en effet, il n'v a pas de reproduction par bourgeonnement; la branchie est plissée, mais moyennement développée; les muscles de parois du corps forment deux assises, l'une de muscles transversaux, l'autre de muscles longitudinaux; le ganglion nerveux est encore allongé longitudinalement et les organes génitaux développés sur les parois du corps présentent encore quelquefois une apparence de métaméridation ; le développement présente les caractères essentiels d'un développement patrogonique et, notamment, la métamorphose rotatoire n'a lieu qu'après la fixation. Les plis de la branchie, la disposition des organes génitaux, celle de l'intestin, persistent avec quelques modifications secondaires ou accidentelles dans les familles des Molgulid^, des Styelid.e et des Botryllid/e, qui consti-

tuent ainsi un premier groupe auquel on peut donner, en raison i!e la position pariétale des organes génitaux, le nom de Pleurogona.

» Dans ce groupe une partie des Styelid.e et les Botryllid.e produisent seules des bourgeons le plus souvent péribranchiaux {Goudsiria,

BOTRYLLID.Tî).

» Dans les familles des Ascidiid.ï:, Cioniu.e, Distomid.î;, Clavkllinid.e, les branchies sont, au contraire, dépourvues de plis, et l'appareil musculaire devient plus ou moins irrégulier. Les glandes génitales manquaient parfois dans le groupe précédent sur une des moitiés du corps; cette disposition se généralise ici, et la production des éléments génitaux se localise en outre au voisinage de l'anse digestive ou dans l'espace circonscrit par cette anse, qui elle-même peut cesser de demeurer prise dans la paroi du corjis pour passer au-dessous de la branchie, entraînant avec elle les glandes génitales (Cionid.ï:, DisTOMiDiE, Clavellinid-e).

» Des formes bourgeonnantes se trouvent dans toutes ces familles; le bourgeonnement est toujours épicardique et ne se manifeste qu'après la fixation des larves dont le développement prescpie patrogonique chez les Clavellina devient lachygonique chez la plupart des autres genres. On peut former, avec les quatre familles qui présentent ces caractères, un groupe de Hemigona ou Enïerogona.

» Enfin chez les Polycliisid.e et les Didemnid.e, le bourgeonnement constant et très précoce entraîne, par sa précocité même, l'arrêt du développement des Ascidiozoïdes dont la branchie demeure sans plis et sans méridiens principaux, et finalement ne porte plus que quatre (^Diplosomoïdes, Lcptoclinum, Diplusoma) ou même trois ÇDidemniim) rangées de trémas, nombre qui se réalise également d'emblée chez les jeunes Poly- CLiNiD.E, mais augmente par la suite; le sac branchial se développe directement dans la larve à 90° de la position normale qu'il présente chez les Cynthrid.e, le développement est si rapide que des bourgeons complètement développés peuvent exister déjà tians les larves. Ici les glandes génitales forment un post-abdomen au delà de l'intestin (Pglyclinid.ï;) ou, si elles reviennent à son niveau (Didemnid.e), témoignent par la longueur de leur canal déférent, qu'elles ont eu, à un certain moment, une position analogue à celles qu'elles présentent chez les Polyclinid.e. Ces deux familles d'Ascidies sont, non pas des Ascidies à organisation simple, mais des Ascidies très simplifiées, par la précocité de leur bourgeonnement comme en témoignent la complication de celui-ci et la grande accélération de leur développement. Le principe universellement admis

de la patrogonie ne permet pas d'ailleurs d'autre conclusion. ?Jous réunirons les PoLYCLiNiD.E ct Ics Didemnid.t; dans un groupe de Hypogona.

)) Les formes pélagiques des Pyrosomid.t:, des Dolioi-id.t; et des S\lpid.e présentent des phénomènes de bourgeonnement qui ne diffèrent en rien d'essentiel du mode de bourgeonnement des Hemigo>-a et desPoLYCLiNin.E. Elles dérivent manifestement soit des Distomid^, soit des Polycli>'id.e; leur développement est profondément modifié par des phénomènes d'accélération (tachygénêse) et d'adaptation embryonnaire {armozo genèse), dus à leur genre très spécial d'existence dont leur organisation a également subi l'influence. L'idée de faire des Salpes des formes primitives a été d'ailleurs abandonnée par Brooks lui-même qui en avait été le principal défenseur. Toutes ces formes peuvent être mises dans une classe des Thalies comprenant les trois ordres des Lucies (Pyrosomid.ï), des Doliolacés (Doliolid.e) et des Thaliacés (Salpid.tî).

» On ne peut voir davantage dans les Appendiculaires des formes primitives. L'absence de toute métaméridation dans la région antérieure de leur corps contrastant avec les caractères vertébroïdes qu'elles ont encore conservés indique clairement ici un tvpe profondément modifié, ce qui ressort encore de la division de leur corps en un tronc et une queue, de la localisation de tous les viscères dans le tronc, de la courbure en anse du tube digestif qui suppose une phase antérieure de fixation, de la réflexion de la queue en avant et de sa rotation autour de l'axe longitudinal qui rappellent ce qu'on voit chez les larves d'Ascidies avant leur éclosion.

)i Tous ces caractères rapprochent à la vérité les Appendiculaires des larves d'Ascidies; ce sont bien réellement des larves d'Ascidies fixées dans cette forme, arrêtées dans cet état sans doute à la fois par l'effet de la tachvgénèse qui a supprimé la phase de fixation et du développement précoce et exagéré les éléments génitaux; à ce titre le nom de Lap.vacea leur convient parfaitement. Mais les larves d'Ascidies elles-raê;nes ne sont que très imparfaitement patrogoniques; elles ont été déjà modifiées par la tachvgénèse et représentent non pas l'ancêtre vertébroïde des Tuniciers, mais une forme intermédiaire déjà modifiée par la réflexion, pour ainsi dire, sur un embryon tachvgénétique d'une partie des caractères qui sont résultés de la fixation au sol durant une longue suite de générations et qui sont ceux que nous venons d'énumérer chez les Appendiculaires.

» En appliquant dans toutes ses conséquences aux Tuniciers l'idée que ce sont des formes régressives, on arrive donc à les grouper facilement dans un ordre rationnel et à mettre nettement eu relief la cause déter-

minante île chacune des ramifications de l'arbre généalogique que la classification proposée ici représente dans ses traits essentiels. »

CHIMIE MINÉRALE. — Nouveaux gaz de l'air atmosphérique. Note de MM. Ramsay et Travers.

M. MoissAN communique à l'Académie la lettre suivante qu'il vient de recevoir de M. Ramsay :

« Outre le krypton, il existe encore, en très petite quantité, deux nouveaux gaz dans l'argon retiré de l'air. Pour les isoler, nous nous sommes servi d'un peu plus de 18'" d'argon, ce qui nous a demandé tout notre hiver pour le préparer dans un grand état de pureté. La première fraction paraît être le gaz dont j'ai signalé l'existence dans ma conférence de Toronto. Il n'est pas encore absolument pur, mais il ne fournit plus les lignes de l'argon que d'une façon très affaiblie. Le tube qui le contient quand il est illuminé par le courant est le plus beau que j'aie jamais vu ; il possède une lumière d'un rouge orangé que nous n'avons jamais obtenue dans nos autres tubes. Le spectre est formé d'un grand nombre de raies très fortes dans le rouge orangé et le jaune et de quelques lignes dans le violet foncé. Si l'on interpose une bouteille de Levde, on voit apparaître des lignes lumineuses dans le vert et le bleu, tandis que plusieurs des lignes rouges s'éteignent. Nous avons nommé ce gaz néon (nouveau).

1) En fractionnant notre argon liquide, nous avons recueilli un échan tillon vers le milieu de l'opération lorsque 10 centimètres cubes environ avaient déjà disparu. Nous allons l'envoyer à Lord Ravleigh afin qu'il puisse en déterminer la densité avec ses appareils qui sont plus sensibles que les nôtres.

)) Enfin, lorsque la distillation de notre argon liquide se terminait, il nous est resté un corps solide qui se volatilise très lentement de telle sorte qu'il est facile de l'obtenir dans un grand état de pureté.

» D'après cette propriété, il a été facile de séparer une certaine quantité de ce nouveau gaz. Sa densité est 19,87, celle de l'argon étant 19,9'!. Son spectre diffère absolument de celui de l'argon. Parmi les lignes nombreuses qu'il fournit, il en est une verte qui occupe une position non encore reconnue et une jaune qui ne coïncide ni avec celle de l'hélium ni avec celle du krypton. Sa longueur d'onde est 5849,6. celle du krypton étant 5866,5 et celle de l'hélium 0875,9. On peut la nommer D5. Nous

( 17^3 ) proposons pour ce nouveau gaz le nom de métargon. Le néon et le métargon sont tous deux monoatouiiques, c'est-à-dire que le rapport entre leurs chaleurs spécifiques est de i à i,66.

» Voilà tout ce que nous avons fait jusqu'ici. Nous devons vous expliquer aussi pourquoi nous n'avons pas mentionné le krvplon dans le fractionnement de l'argon liquide.

» En voici la raison. Nous avons mis de côté les parties qui entrent en ébullition à une pression plus élevée que le métargon, mais nous n'avons pas eu jusqu'ici le temps de les examiner. Quant au krypton contenu dans l'air liquide, il faut filtrer l'air, si l'on ne veut pas contaminer le krypton, au moyen du métargon. Ce dernier est un corps solide à la température d'ébuUition, tandis que le krypton reste liquide à cette température. »

IttEMOlRES LUS.

GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. — Sur hs Rubiacées de la flore de Madagascar. Note de M. Em.m. Drake del Castillo.

« Parmi les familles de plantes qui composent la flore de Madagascar, celle des Rubiacées est une des prédominantes; ce groupe compte, dans cette île, environ 200 espèces connues ; c'est environ le vingtième du chiffre auquel on peut estimer dès à présent ce que l'on possède de la flore malgache. Il n'est peut-être pas sans intérêt de présenter quelques observations sur les affinités que, dans la famille nommée plus haut, la flore de Madagascar offre avec celle des régions voisines, notamment de la portion sud-ouest intertropicale du continent africain, et peut-être de contrées plus éloignées, telles que la région indo-malaise.

» La partie du continent africain à laquelle on peut comparer l'ile de Madagascar, sous le rapport hvgromélrique et therraométrique, c'est-à-dire celle où riiumiilité et la chaleur sont, dans les diverses saisons, distribuées d'une manière analogue à celle que l'on a observée dans une notable partie de Madagascar, est une bande de terrain assez étroite s'étendant en longueur depuis un point rapproché de l'équateur jusqu'ini peu au-dessous du tropique du Capricorne, et en largeur jusqu'aux premiers contreforts du pays des grands lacs.

» Malheureusement les collections botaniques venant tant de la grande ile ^ifricaine que de la région ci-dessus désignée sont encore trop incom-

Page 1