C. R., 1898, 1" Semestre. (Ti . CXXVI, N
Djebel-Maharga, vers Bousaàda, où ils ont été démantelés el masqués localement par les apports caillouteux pliocènes et quaternaires.
)) Au nord du Hodna, la zone d'argiles à gypse, surmontées de poudingues rouges, signalée par Brossard sur tout le versant méridional du Mahdid, reproduit absolument la même série, recouverte par le Miocène carlennien.
» Dans toute cette région, les différents étages du Crétacé au Suessonien forment le substratum des dépôts oligocènes et miocènes. Les plissements de l'Aurès et des chaînes du Hodna paraissent avoir suivi l'émersion consécutive au Suessonien. Les érosions avaient dessiné les grandes lignes du relief de l'Aurès lorsque se sont formées dans les dépressions aurasiennes, et probablement dans les cuvettes du Hodna ou du Sahara septentrional, les lagunes ou chotts du début de l'Ohgocène, comblées par les puissants apports caillouteux de l'Aquitanien.
» L'affaiblissement du bassin du Hodna et du flanc ouest de l'Aurès amène l'invasion marine cartennienne, qui a pénétré dans quelques-unes des vallées aurasiennes en golfes étroits, en s'étendant, au nord, vers Lambèse et Rhenchela.
» Selon toute apparence, les plissements post-cartenniens se sont produits sur l'emplacement des axes antérieurs. A cette phase correspondent les actions énergiques qui ont accentué les étirements, avec déversement au sud-est de la chaîne du Touggour de Batna.
» Tous les dépôts postérieurs sont d'origine continentale et n'ont pas subi l'influence de ces plissements aurasiens. »
PALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE. — Les /nie/organismes des Lignitcs. Note de M. lî. Re.vault, présentée par M. Ph. Van Tieghem.
« Dans plusieurs Notes antérieures ( ' ), nous avons démontré l'existence de nombreux microrganismes entrant dans la constitution de divers combustibles fossiles, tels que : Houilles, Bogheads, Cannels; il nous restait à examiner, à ce point de vue, les [dignités et les Tourbes.
!) Aujourd'hui, nous indiquerons les résultats de nos premières recherches sur lesLignites. Ces combustibles, ainsi que les Tourbes, offrent,
(') Comptes rendus, 8 juin 1897 et 7 février 1898.
( >829 } bien plus que les Cannels et la Houille, des degrés di\ ers dans l'altération des tissus végétaux qui ont concouru à leur formatioTi.
» Tantôt, en effet, le bois offre une conservation presque parfaite et peut être travaillé et poli ; tantôt, au contraire, les différents débris de plantes sont désorganisés, peu reconnaissables et comme fondus dans une substance amorphe qui rappelle, sans en avoir la composition, la matière fondamentale des Cannels et des Bogheads. Tous les passages existent entre le Jj'gnite à peine ébauché, brun jaunâtre, et le Lignite /«//, à cassure noire et résinoïde.
» Nous choisirons deux exemples intermédiaires entre ces deux états extrêmes :
» 1° Les bois de Conifères pliocènes de Durfort ( ' ) ne sont qu'en partie transformés.
» Les vaisseaux du bois quoique aplatis portent encore leurs ornements; les rayons cellulaires sont distincts; mais les parois de ces divers éléments paraissent corrodées, déchiquetées, creusées de sillons. Avec un grossissement de I200 diamètres, on distingue des chapelets de Microcoques dirigés à l'intérieur des arêtes communes des vaisseaux et suivant leur longueur; perpendiculairement à cette direction, et toujours dans l'épaisseur des parois, des files de Microcoques rectilignes ou sinueuses se portent vers l'arête opposée ; le rapprochement de ces lignes est tel, en beaucoup de points, que l'on se trouve en présence de plages uniquement occupées par des Bactériacées.
» Il n'est guère possible, eu présence de ces faits, de ne pas admettre l'intervention des Microcoques dans la transformation des tissus végétaux en lignite; leurs dimensions sont un peu plus faibles que celles du Micrococcus Carbo de la houille; ils ne mesurent que oi^,3 à o^,l\; ils sont incolores ou peu colorés. Nous les avons désignés sous le nom de Micrococcus lignitum.
n 2." Le deuxième exemple que nous citerons est celui d'un lignite éocène du département de l'Hérault, paraissant plus près de son état définitif et présentant une cassure noire et brillante.
» Sur les lames minces rendues transparentes, la matière fondamentale, de couleur rouge brun, est parsemée de débris végétaux et de quelques
(') Durfort (Gard) est la localité qui a l'ourni le magnifique squelette A'Eleplias mcridionalis exposé clans les galeries de Paléontologie du Muséum.
corps d'Infusoires. Les débris végétaux se composent de fragments d'épiderme, de portions de tissus en palissade, de nombrv^ux fdaments mycéliens et surtout de conidies souvent adhérentes à des pédicelles ou à des parties de mycéliums.
» La plupart des conidies appartiennent aux genres vivants Uelrninthosporium et Macrosporium. T,e premier est représenté par sept espèces, dont cinq nous ont paru nouvelles; le second par une seule, mais qui est également nouvelle.
» Nous avons cru devoir créer un genre nouveau pour des conidies globuleuses, sphériques ou ellipsoïdales, rappelant le Slemphylium magnusianiim de Saccardo, mais s'en écartant assez pour légitimer cette création; ce genre sera nommé Morosporium ; il comprend deux espèces.
)) Les genres Helminthosporiiim cl Morosporium sont assez fréquents à l'état fossile; nous les avons retrouves, représentés par plusieurs espèces, dans les lignites de Salzhausen, de Francfort, et dans les schistes lignitifères de Menât.
» Les Microcoques sont disséminés dans la matière fondamentale, assez difficiles à voir, même sous un fort grossissement; mais ils deviennent parfaitement distincts quand ils se trouvent rassemblés sur quelques fragments de cellules ou de vaisseaux.
» Les restes d'animaux sont assez fréquents; on y trouve des coquilles de Lymnées et de Planorbes, et des Infusoires.
» Les Infusoires appartiennent à la famille des Keronina cuirassés; ils sont encore munis de cirrhes et de cornicules ; aucun ne présente de styles ; ils peuvent se ranger dans les genres Plœsconia, Aspiclisca et Cinetoconia; ce dernier genre est nouveau.
» Quelques débris de trame siliceuse, sphériques, indiquent la présence d'Amibes se rapprochant des ClalhruUna ou des Hedriocystis.
» Conclusions. — i" Les Bactériacées, sous forme de Microcoques, existent en abondance dans les lignites que nous avons étudiés, soit à l'intérieur des fragments de bois en voie de décomposition, soit dans la matière fondamentale qui réunit les organismes végétaux et animaux que l'on y rencontre.
» 1° Cette matière fondamentale a joui d'une certaine fluidité, puisqu'elle les a moulés et pénéti'és; sa production est peut-être due au travail microbien sur ces organismes eux-mêmes.
n 3" Les lignites cités ont dû se former dans des eaux peu profondes.
marécageuses, dans lesquelles pouvaient vivre et se développer de nombreux Infusoires.
» 4° De nombreux débris végétaux : bois, feuilles, écorces, etc., souvent dans un état de décomposition très avancé, constituent la masse du lignite, et ce sont eux qui ont apporté les Champignons microscopiques développés à leur surface et dont on rencontre les fructifications et les mvcéliums. »
CHIMIE AGRICOLE. — Sur remploi des engrais en Horlicullure. Note de MM. Alexandre Hébert et G. Truff.\ut, présentée par M. P. -P. Dehérain.
« La production des plantes à fleurs et des arbustes d'ornement s'accroît chaque année: elle est devenue une véritable industrie; les questions de temps et de rendement y jouent maintenant un rôle des plus importants.
M Pour obtenir rapidement des plantes complètement développées, l'emploi des engrais est indispensable. Il importe néanmoins de ne pas en faire un usage immodéré qui pourrait avoir un effet nuisible au point de vue horticole. C'est ainsi que nous avons montré que les Cyclamen ('), croissant dans une terre fumée modérément, donnaient une production abondante de fleurs bien développées, tandis que les mêmes végétaux, cultivés dans un sol fumé trop copieusement, dégénéraient et exagéraient la production de leurs feuilles aux dépens de celle des fleurs pour lesquelles ils sont recherchés.
» Au contraire, si l'on distribue les engrais d'une façon rationnelle et raisonnée en se basant sur la composition azotée et minérale des plantes, on obtient des sujets bien développés et d'une croissance beaucoup plus rapide. Nous rappellerons, à cet égard, notre étude sur les Cattleya {-)e{.\A détermination que nous avons effectuée des matières fertilisantes néces saires à prolonger leur période de productivité.
» Depuis, nous avon^ fait usage des engrais dans la culture d'un assez grand nombre de végétaux d'ornement. Les Dracœna Bruanti sont une des espèces qui nous ont donné les meilleurs résultats; on les cultivait dans des pots de o™,io de hauteur, contenant 33os^ de terreau de feuilles de Maurepas; l'expérience a commencé sur des boutures de o'",25 à o™,3o.
(') Comptes rendus, t. CXXII, p. 1212.
(-) Comptes rendus, t. CXXIV, p. i3ii.
Une fraction seulement des plantes en expériences a reçu des engrais, le reste était conservé comme témoin.
» Une analyse préalable de ces végétaux nous a conduits à leur distribuer, pendant la durée des essais, aS*'"' d'un mélange d'azotate de potasse, de chlorure d'ammonium, de phosphate d'ammoniaque, de sulfate de magnésie et de sulfate de fer correspondant aux quantités suivantes :
Azote 3,06 Acide sulfiirique 3,91
Potasse 7 >-^9 Magnésie i ,06
Chlore 0,72 Oxyde de fer i ,08
Acide phosphoriqiie. ... i ,45
» L'expérience a duré neuf mois (mars à novembre), pendant lesquels les végétaux ont été maintenus en serre, sans avoir subi aucun rempotage. L'effet des engrais était nettement visible très peu de temps après le début des essais et s'est accentué de plus en plus. Les plantes traitées étaient beaucoup plus fortes et plus vertes que les autres; leurs tiges plus turgescentes, plus dures, plus lignifiées; leurs racines plus développées, mais pas proportionnellement aux parties aériennes. La valeur marchande des plantes témoins, qui atteignaient à peu près la somme de 2*^'', était portée au double pour les sujets ayant reçu une addition d'engrais.
>' Il était intéressant de rechercher l'influence que les matières fertilisantes avaient exercée sur la composition chimique des végétaux. Les pesées et les analyses des échantillons témoins ou traités ont accusé les chiffres moyens suivants pour les compositions centésimale ou totale d'une plante.
Matière sèche pour 100. Compositiuii ••m^^-^ .^m^ ^. (l'un Dracœna entier,
Dracœna Dracœna — ^ — ^^ — n '
non Iraité. traité. non traité. traité.
Poids total » ))
Eau ,, „
Matière sèche » »
Matière organique 82,00 Si, 8g
Cendres ' 7 , 5o 18,11
Azote 2,20 2,72
Composition centésimale des cendres.
Silice 7';5o 71,6'^ 9; '3 '6,99
Chlore 2,71 2,37 0.34 0,56
Matière sèche pour loo. Composition
^ — — — ^ d'un Dracœna entier.
Dracœna Dracœna n — ^ —
non traité. traité. non traité. traite.
çr gr
Acide sulfurique 3,4.1 1,89 0)43 o,44
Acide phosplioriqiie 2,98 2,49 o,38 0,59
Oxvde de fer 2,10 2,59 0,26 0,61
Alumine o,o5 o,5i 0,006 0,12
Chaux 6,04 6,83 0,-7 1,62
Magnésie 1 . 4o i ,o.5 o-'7 0,24
Potasse 8,70 8.70 i.ii 2,06
Soude 0,68 ''27 0,08 0,60
Oxvde de manganèse .... Traces. Traces. Traces. Traces
» Ce Tableau montre que la composition centésimale des sujets, traités ou témoins est absolument identique, sauf pour l'acide sulfurique, l'alumine et la soude; mais le poids final a doublé, pour les végétaux traités, tant au point de vue de la matière minérale qu'à celui de la matière organique édifiée par les cellules de la plante.
M L'assimilation n'a pas été modifiée au point de vue relatif, mais elle a doublé au point de vue absolu. Toutes les substances apportées par les engrais ont profité au végétal excepté l'acide .sulfurique dont l'importance semble minime. On voit aussi que les plantes ayant leur subsistance largement assurée ont pu assimiler une plus grande quantité de silice, d'alumine, de chaux et de soude, éléments qu'on ne leur avait pas distribués sous forme d'engrais, mais qui sont contenus en excès dans les sols horticoles ou dans les eaux d'arrosage.
» Cet exemple indique bien l'excédent de production que l'on peut obtenir par l'emploi rationnel des matières fertilisantes. Nous avons d'ailleurs effectué des expériences identiques et avec un succès analogue sur les espèces suivantes :
Adiantuni. Cocos Weddelliana. Hortensia.
Anthémis. Corypha australia. Kentia Balnioreana.
Areca sapida. Dracœna (divers). Latania.
Asparagus (divers). Ficus elastica. Medeola.
Bégonia rex. Fushia. Pandanus utilis.
Ckrysanthenium. Héliotrope, Phœnix.
Rosiers.
» En employant judicieusement les engrais on peut donc donner à l'in-
( '834 ) diislric horticole de la France une vigoureuse impulsion; la vente des plantes d'ornement à feuillage et à fleurs prenant une importance de plus en plus considérable, on arrivera d'ici peu, avec une dépense insignifiante d'engrais, à augmenter dans une large mesure la prospérité de ce commerce si éminemment national. »
M. PoTAi.x présente à l'Académie, au nom de M. Imbert, de Montpellier, deux radiographies sur lesquelles on reconnaît distinctement l'altération athéromateuse de petites artères, la radiale et la cubitale pour l'une, la pédieuse pour l'autre.
L'une de ces radiogi-aphies a été obtenue sur le cadavre, l'autre sur le vivant.
M. Maurice Lévy met sous les yeux de l'Académie quelques photographies en couleurs obtenues par M. Dugardin.
M. G. Perry adresse un Mémoire ayant pour titre : « Notes de Physiologie mathématique ».
La séance est levée à 4 heures et demie. J. B.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE
Ouvrages reçus dans la séance du i3 juin 1898. (Suite. )
Nos Terrains, par Stanislas Meunier, Professeur de Géologie au Muséum d'Histoire naturelle, etc. Paris, A. Colin et C'", 1898; i vol. in-4". (Hommage de l'auteur.)
Spcciroscopie du sang, par le D'' Albert Hénocque, Directeur adjoint du laboratoire de Physique biologique du Collège de France. Paris, Gauthier- Villars et fils; i vol. in -8°. (Hommage de l'auteur.)
Eloge de Paul-Louis Duj-nzier. ancien Chef de Clinique à la Charité, etc. Prononcé à la Société «le Médecine par ÎNI. le D'' G. de Be.vuvais, ancien Chef de Clinique à l'Hôtel-Dieii, etc. Paris, imp. Davy, 1898; i broch. in-8°.
Mémoires et Compte rendu des travaux de la Société des Ingénieurs civils de France. Cinquantenaire 1848- 1898. Paris, 1898; 2 vol. in-8°.
Journal du Ciel, couronné par l'Académie. Bulletin de la Société d'Astronomie, etc. Directeur: Joseph Vingt. Juillet 1898; in-/|°.
Proceedmgs of the United States national Muséum. Volume XIX. Washington, 189"; i vol. in-8".
OUVRAGRS REÇUS DANS LA SÉANCE DU 2(i .MIN 1898.
Œuvres mathématicjues de Riemann, traduites par L. Laugel, avec une préface de M. Hermite et un discours de M. Félix Klein. Paris, Gauthier- Villars et fils, 1898; i vol. in-S". (Présenté par M. Darboux.)
Annales du Conservatoire des Arts et Métiers, publiées par les Professeurs. Deuxième série. Tome IX. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1897; i fasc. in-8°.
Revue maritime. Couronnée par l'Académie des Sciences, le 28 décembre 1874. Mai 1898. Paris, L. Baudouin; 1 vol. in-S".
Annales des Ponts et Chaussées. Première Partie : Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions, au service de l'ingénieur. 1898. Premier trimestre. Paris, V^* Ch. Dunod; i vol. in-8°.
Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux. Volumes LI el LU. Sixième série : Tomes I et II. Bordeaux, J. Durand, 1897; 2 vol. in-8<*.
Mémoires de la Société nationale d' Agriculture, Sciences et Arts d'Angers (ancienne Académie d'Angers). Tome onzième. (Année 1897.) Angers, LachèseetC'% 1898; 1 vol. in-S".
Traitement de la syphilis par les injections intra-musculaires de sérum artificiel bichloruré , à doses intensives et éloignées, par le D"" Jules Chéron, Médecin de Saint-Lazare. Clermont (Oise), Daix frères; i broch. in-8".
Yearhookofthe United States dcpartment of Agriculture. 1 897. Washington, 1898; I vol. in-8".
Ergebnisse der meteorologischen Beobachtungen an den Landesstalionen in Bosnien iind der Berce govina im Jahre 189G. Wien, 1897; i vol. in-4''.