‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 109 sur 116 · AULNES (MONCKTON), M.P · texte numérisé non relu

AULNES (MONCKTON), M.P

La Renomiiéb du Coin du eeu.

Pcuaquoi la tombe n-t-cllu un si mome silence?

Pourquoi si morne est-il doue le tombeau?

Kl d'un vient ce secret de la méeonnaisaance Do ceux sur qui la mort a baisse' lo rideau?

Pourquoi leurs noms sont-ils sur nos livres si rares,

Et pourquoi les dira à mi-voix, Comme si ces doux nomB étaient pour nos Dieu* Lares Entachés d'infamio et do honte h la fois?

Oh t si la mort était une désespérance,

A nos cœurs si la foi n'eut donné l'espérance

Il nous faudrait pleurer sur cette longue ubstiurc

D'êtres si dignes de regrets l Il nous faudrait gémir sur cette souvenance Des jours passés près d'eux et perdus il jamais !

LA BEFOinrtl DU COIN BC FEtF.

Non la mort ne saurai! le bannir de notre Sine Le tend™ amour en (h-iin Ouvs complot, Si quand l'un d'oui mourut, sa douce et pure flamme En cette vie it deux, également brûlait, Ce n'est point aux vivants que s'addresso la blâme.

Je doiB en fuira ici l'aveu, L'homme n'estime pas assez, je le proclame, Le bon renom qu'on peut gagner au coin du feu.

Oh ! qu'il y en a peu qui, devenant poussière, Ne laissent las ! quelque cause après oui Pour bénir le tombeau qui baisse sa barrière Avw tant de bonté sur leurs jours ténébreux I Oh ! qu'il y en a peu qui quittent cette terra, En laissant d'eux émoi si doui, Que toujours nous arrive au cœur cette prière : "Dieu ! pourquoi ni' nsnt-ils plus rnL-ore avec nous!" Oh ! qu'il y on a peu, dans le lointain des figes, Alors qu'autour de i'arbre de Noël

Qu'une voit parle d'eux ainsi :

" Nos amis d'autrefois, nos chers amis d'enfance, Pour fêter ce grand jour, que ne sont -ils ici?"

Oh I qu'il y en a peu qui lorsque la tristesse Ou que le doute envahit notre cicur, Que la froide raison cl chancelle et s'affaisse, Et que la volonté n'est plus rien que douleur, Dont on puisse évoquer au besoin la sagesae Pour guider nos pas incertains, Dans le sentier du bien, qu'eux ils suivaient sans cesse, Alors tpio de ce monde ils étaient citoyens I Oh ! oui dans ces moments d'un imposant silence

Où notre cœur veut souder le pourquoi Des mystères profonds de l'humaine existence, Lorsque sur lui le mal ne peut s'imposer mi, De nos morts jadis chers le souvenir cOleste, Le penser if.i'iif nui tlil souil'riv

Pour combattre, pour vaincre et conquérir, — nous reste

Donc les rois, les ln'm., le- savants, les poêles,

Euï dont lu vie a pour but — le devoir, Des lois et des états les dignes interprètes De se rendre immortels riY.iii pas sl:li]s le pouvoir; Le nom le plus el.scm' [jL-ut livre dans l'histoire De la famille,— ainsi qu'un Dieu ; Il peut à tout jamais implanter sa mémoire Dans do vivants autels,— à l'humble coin de feu.

MOULTRIE (KEV. JOHN).

T' Oublieu.

"T'oudlieh da! " si la nuit, si le jour Rêver do toi, de toi mon seul amour, Si ce culte profond dont l'âme d'un poète Peut entourer le eccur dont il fit la conquête, 9i ma prière au ciel montant pour toi toujours, SI mes mille pensers les enlaçant tes jours, Ki co que l'avenir peut rêver d'espérance Je le réaumo moi dans ta cherc oiistonce,

Si me font défaut ces trésors . . .

Tu seras oubliée . . . alors I " l'oublier dit I " mais fais que l'alouatte Des plus duiii chants ne -oit plu» l'interprète ; Fais que lu mer oulilie i-l la lune et ses cours, Fais que la fleur milJi,: au milieu drs longs jours De boire la rosée,— et que toi- même oublie Ta patrie et ses monta, teints de mélancolie. Ces visages amis i ton ti;il familiers, Et tous tes souvenirs que retiens par milliers ;

Si tu le vcui garde longtemps oncor Cœur inému, des penser» sans essor, Dieu ne permette pas que ta jeune allégresse S'obscurcisse par moi d'un voile do tristesse ;

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