‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 12 sur 116 · BOUQUET POETIQUE DE FLEURS BÀDYAHEB · texte numérisé non relu

BOUQUET POETIQUE DE FLEURS BÀDYAHEB

Un bruyant coup do vent soulève la poussière

Et dit dans sa fureur des gros mots îl l'autan : Commis l'opprimé aur la terre Qui des tyrans fuit la colère.

Voila qua tout couverts les cieui broyent du noir, Puis ouvrent leurs torrents qu'ils épandent sur terre, Pétrissant ferme et dru la vidante poussière, En faisant de l;i l.a.ue à furce de |ileuvoir:

Ainsi s'en vont, do mal en pire, Ceui qui se vautrent dans l'Empire I

Ainsi no sommes tous que poussïoro ici bas Par tous les vents poncés, -.le plaisir en misiro, De crainte en rlunespuir, d'espoir en peine aruève, Et de nos passions succombant sous l'amas :

Nés d'un mélange do poussière Il nous faut rentrer en poussière !

Bouquet poétique de Fleurs bautaqes.

Modeste, surgissant de sa coucha glacoc, Paraît la l'eree-ucige en ermino chaussée, Et gaiement s'annouçant, du Printemps précurseur. Bien avant que l'Aurum n'apparaisse !i la terre, Ilien avant qu'on essaim naisse la Primevère, Ou qua la Violette au jour montre sa fleur.

Et pais sur le plancher tout frais do la nature, Dans les bosquets, les bois tapissés de verdure, L'Auémono surgit, et surgit par milliers, Près de l'Oseille en fleurs, près de la Primerolc Qui le matin reçoit dans l'or do sa corolle La rosée abondante et ses sucs nourriciers.

Voyez] du mois de mai sous ta jeune influence La fleur de l'Aubépine a. s'antr'ouvrir commence ;

EOriJPET ÏOLTIQUE DE FLECE3 SACÏAOKfl.

Lu petite Pervenche a rougi sur les Ilots,

Et !o beau Buckhéan lier de sa chevelure,

Lu hi^u Lure—rr [h^r la naïade pure

Alors i|u'il va ciitliur :!enrs li s cwEam.

Dans les valluiu einhrijin. les taillis .^ulitutru». S'.' l'e-sains ilii Cludiettes légères;

ThchIL- ijin- vers lu ---jl fiHiism- un |i;.ilii[nl 1,1'ii-fiir Eu lui-m.'riii' :iIi-i.]1ji', le Liane. M i-uuut ■>■• penche Pour niions considérer lus fruits île la l'crvenehe : L'Orchis Je singer l'homme a parfois l'impudeur.

Du christ il.- la hait alluiit iriniver la feuille, K'n^rip|,c-tit à l'tntour ks mains ilu L'iû-vrc feuille. Et la Hoso suuvii^o y i-uiirt tonner tes nœuds; C'est In que la Jlorcllo, et le Navet du diable

Déroulent par milliers leur Lirocart velouté.

Vêtu rie cramoisi le petit Laurier- liose Avec le Uoseau Hotte, et non loin d'eni repose Le nid île l'Alcyon, ou de la Poule d'eau, Ou bien eneor celui d'un oiseau de passage ; Et là le Nénuphar qui ne connaît point d'âge, Etale ses j-eui d'or, se baigne et fait le beau.

Pria du Bluct des champs v Se l'hiver s-rnis la brise et s<

A us Estas T qvi s'éveille en boubuht.

Tel après une nuit do paisible sommeil, Uu lac en son miroir reflète do l'autan L'éclat toujours si vif 1 l'heure du réveil, Et quo in briso au loiu fuit vibrer sa numdoro, Bacontaut u l'écho pour lui donner l'éveil, Lo songe do la unit qui ikjù ^V'vLqior;],

Toi le brillant alur do ces deui jolis yeni

D'un beau ciel inconnu reflito la lumiùrc ;

Enfant 1 d'où te vient donc ce regard merveilleui?

Dos rayons do soleil, des foui d'une autre sphtre ï

Car nouveau dans co monde— nh I c'est dans d'aulres

Que d'un bonheur passe" tu rêvas la ohimèrol

Enfant fus-tu porte dans les bosquets chéris

Dejïi connue do toi, do quelque belle i5toi!o?

Dis, as-tu respire" ce parfum toul eiquis

Des (leurs des séraphins que Ils bon Dieu nous voiliiï

Ou bien entendis-tu les chœurs du Paradis

Que lo doux rossignol quelquefois nous dévoile ?

De l'Esprit qui réside au haut de l'Elysée, reut-Ôtre as-tu rêvé do cotte région D'où tu tombas, cnfai.i, en goutte de rosée, Devant perdre bientôt, pauvre petit scion Le souvenir du ciel et ta douée risée.

Nous croyons ta mémoire h peine a son éveil,

Mais, dis-nous, du passé n'as-tu pns souvenance?

Ne te souviens-tu pas d'un tout antre soleil

Qui sur les facultés de ta débile enfance

Julie nu je ne sais quoi de frais fit dt! vermeil

Trop haut et trop profond pour l'humaine eiislenceî

Peut-être que lAtidis que «'ouvre ta raison Il t'est donné do voir par delà nuire sphère. Comme lorsque l'éclair sortant de sa prison Découvre un apperçu du ciel même — à la terre ; Toi, cependant tu vois cet immense horizon Dont enfants, séraphins, savent seuls le mystère !

Embllmy de candeur, typa myitérieux,

Que mil i'tru id lias nt> saurait 1 ■ ï ■ - ex uumpruiulrr ! Laisse-moi t'approober frais émoulu des cienx l'osir II- iluiinvr enfant un b.ii-rr chaste et tendre, Plntît que la bénir, toi si majestueui, T» bénédiction j'aimerais micui la prendrai

Sur la terre épandra le feu, yn'.'lnili - tirilliTOlit au IVulil di: 1'almosphtro

Rendons grâces 1 Dieu I

Dans l'etior du travail nous cultivons la terre,

Et tenions le gland éphémère Qui sent chine un jour ; les champs germent de l'or,

L'arbre s'élance encor, encorl Du vallon et du nu. rit lus fraith^ l'.-iiit jiiilliîfom,

La vigne enfante un jus divin, Les pousses du lioiililun loin m grimpant jaunissent,

Improvisant un long jardin:

Donc tant t|ue lus m niions rnuiciicrunt sur nos plaines

A l'instar d'une mer de feu, Et tant quo lunli n.rii [im;iiilu. lu.- fontaines

Rendons grâces k Dieu !

La fleur prriilijrie aux i-.-nl.-. si,n ] mvftLni , <i', Et la cigale aui ebamps ebuehcto;

La olmnliu ,'l son ton ]>..irt;mt beau uollier noir. Roucoule au haut de son perchoir ;

Au rivage Ih vague aime à coûter fleurette ;

Les bois ont leur chant surhumain ; Du matin jusqu'au soir la vie a son murmure,

Même nu plus solitaire lieu :

Et comme uu jeune enfuit non sevré, la nature

Sourit sans eusse 1 Dieu.

Les leçons de la fleur et de l'oiseau, mes frères.

Pour nous seront-elles ehimJres?

Tous les rayons d'umuur qui iwiis [uiuln-nt d'en liant

Nous trouveront -il s en défaut ?

Les cœurs seront-ils morts, les veux prives do Yue,

A tout ce qui nous vient du ciel?

Et l'âme, et la raison se perdant dana la nue

Reoi «aient- elles l'Eternel ï Non ! tant que le soleil de sa vaste lumière

Sur la terre épandra le feu, Qu'êtoilea brilleront ou front de l 'atmosphère, liendons grâces à Dieu !

La JïCKE Kl llk Fou.K Vu beau matin de bien bonne ■ .uri (In bien litsu matin de pritur-iopa.

Dana Ikrdlam. horrible demeure J'entcudia de trietc* acccaie.

Jeune fi!l» au charmant visage Chantait ■ " Moi j'airon n;i>„ ainnur.

Parce que sais qu'il n'est volage, Et qu'il me paye do retour 1

" Cruels furent ses pire et mère Qui renvoyèrent loin do moi

Cruel aussi le vaisseau quoi !

l'ourtiuit ! . . ejir j'aime mon aimiur.

l'.nen ipie sais qu'il n'est volage Et qu'il nie paye de retour.

LEB SAIBOKB DE L'iilOf]

« Si le bon Dieu de par m grâce Voulait bien m'appeler au ciel, Je lui demanderais la place D'Anvc-Gardien, c'est bien réel :

Et veillerais avec courage Sur lui— car j'aime mon amour, Parco que sais qu'il n'est volage, Et qu'il mo paye de retour!

"Je ferai gentille guirlande Pis paille pour mon cher amour, Pour lui ce fera mon offrande De la mer s'il revient un jour ; Pui**e-jO lui donner ce ga£e Bientôt ; car j'aime mon amour Parce que «ai» qu'il n'est lolage, Et qu'il me paye de retour 1 Si j'étais l'oiseau du bocage Par mos chauti 1 p»in- me lai" 1 riiraji-.

Si j'avais le tant doux ramage

Je voudrais pour seul avantage Levoir.-carj'aimo mon amour Parce quo sais qu'il n'oet volage, Et qu'il mu paye do retour 1 " Oh I si jamais je pouvais être L'aigle qui plane au liant des cicui Je le découvrirais peut-être L'objet de mon culte amoureui !

Mais nt le verrai plus, je gage :

Cependant j'aime mon amour Parce que oais qu'il n'est volage ; Et qu'il me pftyo de retour 1 "

Les Saiboks de l'Awoeb.

Ll Printemps do l'amour E.t -ai-un do liesse, Avrr nmip fout féjour, !,es Henri et ln tendront ;

Page 1