‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 13 sur 116 · FEUILLES D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

FEUILLES D'AUTOMNE

Le ciel toujonrs d'azur En sa beauté repose ; Et pour nous lo futur Est tout couleur de rose.

De ["EU do l'amour

Le cccur fait sa conquête,

UijHjiiHtH, buis d'alentour

Tout lui sourit, le fête;

Le pur isolât du ciel

Miré dans deux yeux tendres

Lui semble l'arc- en -ciel

Que baisent les méandres.

L'Automne de l'amour K.«t sriiKuii 4 ni console, C'est d'un dernier beau jour

liril!:mte auréole, Qui vient quand la moisson I tarée, est mise en grange , C'e-t après la mousson Lo du ni ropos do l'ange.

Vient l'Hiver de l'amour :

Pour éebauffer sa flamme, Nous puisons d'uu beau juin I.o rayon dans notre âme:

L'amour est Éternel, Nuir.r eeeur est son trône.

La, vie il son autel

toujours l 'aumône.

Feuille h d'Automne, l'ehfakt.

Qu'aux arbres tout là bas font les feuilles d'automne. Cela brille comme joyaux

Nouveaux !

Ces fouilles, je les vois, nu souffle de la brise

So revêtir 'le l.iun, rtr pourpre et d'or; Tu me dis que l'hiver Ta prendre sou essor,

Que sous peu soufflera 1b bise, Mais, maman, si l'hiver sitôt doit revenir Ani fouilles puur'iiitii ilmn: iruit d'i-dat .... pour mourir

Ces feuilles, oh I nianuin, ont dos couleurs si belles, Des tons si varii'-, ijiiv je cruiî vrrir les ailes Dos papillons et des oiseaui Si beaux,

Que des chauds jours d'été dans la splendeur magique,

Et que je poursuivais pans {niiivuir h>s happer.

Mammi, c'e-t un muuili- i"™-ii|uc Que tous ces arbres d'or, je n'en puis revenir, Si-i-aimit-il.- ii -i lii-uii sn'uk-meni pour mourir!

Oui, mon très clnr unt'aut,— cotte jaune dorure S'infiltre doucement, le permet bi Nature,

Lu teaOlee de l'automne ainsi que le soleil

No meurent tout-à-fait .... leur mort, e'ost un sommeil !

Il y a, plus brillant que le vif météore

Du luiniiir\i\ -.ik-il. mi ii-.Li-li[iii- [ iio>e encore

Dans l'automne et dans son déclin Soudain.

L j a, c'est certain, cette bonne parole,

Du ciel venue, en ai conviction " La vie est dons la mort — la Résurrection

De l'eiistence est l'auréole," Donc ce n'est pas'en vain qu'en venant à jaunir, l.i-s fruilli^, n [TitHnl. nous |iarlent d'avenir.

MA MAIS, MOS COtE P'onil UN TEL HOMME. 41

Quelle paix voua versez, Visions d'Espcranco Autour du lit do mort d'un suint rêvant d'avance Du ciel, au delà de l'azur

Oil ce visage éteint a-t-il prie ce sourire ?

Oïl ce regard vitroui tant île bonheur ?

Tandis qu'autour du lit sanglotte une douleur

Que les mots ne pourraient décrire?

C'est que nos chers mourants en pressentant le ciel S'endorment il la vie, en rêvant d'un réveill"

Ma Mais, mon Cœdh pou h os tel Homme.

C'est mon frêre celui qui hait l'homme orgueilleux,

Et qui n'aime parmi la foule Que lo seul travailleur qu'un rayon lumineux Jaillisse de sa forge, ou de sa plume coule!

Quand je trouve dans un pays Un hommo qui sert aux faibles d'égide, A celui-là mon cœur, et ma main sont acquis,

Et j'aimerais l'avoir pour guide.

C'est mon frère celui qui ne reconnaît pas

Qui se plaît aies voir sérlcui, mais non 'tristes; Celui-là c'est le plus grand Roi

A celui lù. je dois une dette d'emoi,

Pour moi, c'est un Dieu sur la terre 1

C'est mon frère celui qui n'a pas sou vaillant,

Mais dont le cœur est plein du z£k ; Qui dans des v,ts hrûhnt^ trieur cependant

L'homme intelligent, de valeur, Dont le cœur est plein de reconnaissance, Devant lui je m'incline; et moi, du travailleur N'aurai jamais méconnaissance.

DH COHTttABTE.

C'est mon frire celui f]ui bien qoe roturier

Traita les sujets le* plus g»»**" i Dont l'esprit est orné, dont l'esprit est allier, Dont le cœur est rempli de bonté sans entraves.

J'irais au loin le chercher,— fut-ce à Home : 11 serait tout pour moi ;— co serait mon soleil;

Ma main, mon cœur pour on tel homme 1

Vil COJÏTEASTÏ.

L'iMODB DE L'n"OMUE.

Quand bo ternit l'œil de la femme, Que | . ril Lt sou visagu un jour, Lorsque du Ueau s'éteint la riamnio, De l'homme aussi s'éteint l'amour :

Il no s'assied près do sa couche, Sa main no cherche plus sa main, A ses cheveux plus il ne tonche, Son amour devient froid suudain.

A peine s'il ontre chez elle, Bien qu'a le voir, d'un vif éclat Brille tant à coup sa prunelle.

Que sa joue ait de l'incarnat:

A peine aussi chez elle il resto Quand l'incarnat perd as couleur, Bien que d'affection céleste Dans son œil se distille un pleur.

De sa chambre vite il s'élance Do la vie au tohubohu, Même à la porto on le relance, On vient le chercher impromptu :

Distraite est soudain sa pensée Du pauvre ange qu'il laisse, héla? '.

11 ne voit pis sa délaissée, Seule vifager le trépas!

E» COHTBÀBTI. 48

Quand le cœur do la pauvre femme A cesse" de battre à la fin, nmii.'i-'il l.i rtyrette en son âme,

L'ennui voilà non seul chagrin :

Dientût et par-desaus sa tomba S'iijTaci; aussi le souvenir, Et In morte, à l'amour profonde, S'uublie ainsi dans le dormir.

Quand l'homme devient impotent.

Et que sa main maigre ait eans l'orci Quand ton r^mi est triiinhlntiuit.

Et qu'il n'a plus aucuno amorce, Lors la femme fait en ce jour

Elle l'assied pria de sa chaise, Prend dans sa main, aa faible main, Cherche a deviner sou malaise Tour y remédier soudain ; Et près de lui toujours s'empresse Epiant ses désirs sans cesse.

Et le soir quand la lune luit Tout au-dessus de la camjrasne, Et qu'il no s'entend aucun bruit Du vallon ni de la montagne, Elle lo conduit a l'écart S'enivrer de ce monde à part.

Et quand il no peut, d'aventure, Aller vers le monde des fleurs, Elle apporte en sa chambre obscure Un bouquet uni mille couleurs; Et lui rend moins dure sa couche Par un doui baiser do sa bouche.

Jusqu'à cet instant où la mort Eteint le flambeau de sa vie.

Elle te veille, point ne don.

Son dévouement à tout obvie ; Et prty do lui la nuit, lo jour L'ontonrc de son saint amour.

Et qiuind ion épreuve est finie, Que sur elle pèse un tombeau, Une inoiprimable agonie L'étreînt connue dans un réseau ; De la tristesse de son ame Rien ne peut éteindre la flamme.

Mai-" i|it,inil bien même il Burgirait Un baume à son âme blessée, Quand bien mémo il son usl distrait Viendrait BOUrire une pensée, Les jours peuvent suivre les jours

"HolaI hé! camarade, éveille-toi 1 debout 1— Cette lueur là lias qui de sang rougit tout, Au milieu de la nuit serait-ce un météore, Ou no semit-cc pas le lever de l'aurore ?

Cette cloche qui tinte aunonce-t-ellc du jour Matines, messe, dis? ... Et ce lointain tambour

Serait-ce pas par hasard la chamade Appolant au devoir il us aol'hts l:i brigade?"

" — Non, frère, ce reflet qui de sang rougit tout, Cotte lueur là bas qui vacille et qui bout,

N'est pas non plus, sois cùr, le lirrcr de l'aurore, Cetto clocha qui tinte est, mon cher, le tocsin, Et le sourd nullement de en tamlmur lointain

N'appelle pas des soldats la peuplade, Mais bien appelle au feu des pompiers la brigade." A la hâte aussitût n'est levé le pompior ; 1, 'alarme se répand do palier en palier, Et chacun d'endosser son lourd habit de buffle Dont la noire visière a la forme d'un mulBe, Et d'empoigner sa biche, et certe un cœur d'aciar, Intrépide, bondit sous ce buffle grossier.

Tout aussi bien cuirassé d'énergie, Que le cœur du soldat nu camp faisant vigie.

El do dessous ce casque en pauvre cuir bouilli Qui garantit son front, il n'a jamnis jailli Un regard moins hardi, moins noble, moins se'vère Que sous le fier cimier dos héros do la guerre ; Et vrai, souvent Ibis, la hâche du pompier llaboteuso, travaille Lt fait un dur métier

LU même où sabre, où lance, oïl baïonnette Prendraient à qui mieux mieui la pondro d'escampette

Ils s'élancent traînant leurs pompes avec eui,

Sur îe pavé glissant gémissent les essieui ;

Ou dirait, voyez-vfius, sunin: des nnirs royaumes

La chasse du sabbat, In chasse dos fantômes ;

Des dormeurs éveillés la ligure blêmit,

Quand ils passenl la nuit . et cliacmi d'eux frémit .

"Vite eu avant," ont ils dit, "du courage Nous avons loin nvant d'atteindre à notre ouvrage ! "

Toute une plaine quoi! de visages émus,

Tous re.L'ardaut en l'air, poussant des cris confus,

Toute uno plaine quoi I de fronts pâles, livides,

Laissant comme I.l :iut papillunuer leurs rides;

Et la foule agitée ondoie, ondoio encor,

Comme au tropique <m voit la vnj.-u« et son (lot d'or

Apris l'orage, et sans-cesse et sans-cesse, Sur son rivage aime saupoudrer sa richesse.

C'est dmsi- par ma fui 1 qui fui: plaisir iL voir Que le sommeil profond oil dort ce beau manoir ! Ces lampes cliguoluut des yeu\ et des prunelles Semblent pràs de la grille élre des sentinelles : Mais peste t les attend un fumeux réveillon Tous ces braves dormeurs, alors qu'au carillou

Du lolrrd torsin. se juiadrs le vacarme Des cris de nos pompiers partout semant l'alarme,

rrible fracas, ntrer Le trépas ; Car bien que tout encor dorme, ... eu chaque crevasse Voua pourriez vuir le feu qui, muge lueur, passe

Comme fentes de lnve au rebord d'un volcan.

Minant tout sour'leîunut :ivm: de prendre élan ;

Tandis qu'en bas reste A l'accoutumée, Toute chose, et qu'an baut monte nu ciel la fumée.

lût puis i;t! ]«(];,' Pi!i!iici-, et puis l-i- liruit sauvage,

Et ce craquement sourd tel qu'en un jour do deuil Sur le bois qu'il pai-murt prc.iUii; un écureuil, Lorsqu'à minuit de peur souvent il brise, La branche desséchée, et qu'agite la brisa.

('«niriii! ces corps il'iimiiT in liuu ordre agissant, (Yrte-il ne i]iaiii[iie pas d'une crâne musique, Pour égayer morlileii sa marche taiilaMupie ; Xi (le pul-te-étetiilanls puur ri?L*U'r suu CSiOP, De servants, de bémults vêtus do pourpre et d'or ;

Langues de feu, voua par Notre Dame 1 Quelle en pour le guider sa vaillante oriflamme I

Puis formant une courbe au feu donner la chasse 1 Le Ilot comprime llle, et s'éïancam aui cieui Retombe sur la flamme en flocons cotonnoui ;

Dans l'océan ainsi quand la baleine Frappée à mort l'agite,— elle épand son baleine.

Ah ! de cette fenêtre élevée, écoutez

Ce cri de désespoir qui retentit voyez

(">■■■ laiitéiucs l1 : l : i - . 1 11 1 lias- un Iinci'iiil 1)1:1 lifl là; l't. Marmottant leur jargon 1 ce reflet rougeàtrel Or, ainsi qu'au combat uu vaillant chevalier MÈne ses preui, ainsi noire ardent brigadier:

"Sus!" a-t-il dit:— "Enfants a l'abordage A la r'i;m";tr.j i-ii haut, hisse/ veirc murage! "

LilTtlIO-J 15, C

La hache entre leurs mains fuit voler en éclats Et charpentes et bois. — " Camarades arrière 1 Ou tous aller périr, écoute! ma prière Vite retirei-vous, voyoï pencher le mur ! "

Et puis suit un silence un silence de mort !

C'irlilliU» <:n l-i: ji.ii: i" !;lni.:m^ mil rhiutni de son bord Au plus fort du combat vit voler en poussière Le vaisseau l'Orifil psr delà le tonnerre :

A celle explosion nul cirur qui ne battit, Nul œil qui ne clignât, nul sein qui ne frémit ;

Ceui-lâ pourtant narguant les canonnades, De Nelson près du Nil c'étaient les camarades !

Et Ai s domain matin au lever du soleil Quand la noturo enfin sortira du sommeil, (Jm'li|;n .« parcelles il'cr, une bague, une chaîne l'.i linéiques petit- os ijlain-Iiif qn'uTi i-ijii i pfiiic, Durcis et calciné, quelque- Inmljuauï de chair, Seuls nous rappelleront, ô souvenir amer!

il s'est repu le feu dans la cité (l'Hambourg Bien que l'Elbe courut tout pris, tout à l'ente SI grande était sa soif que pour ln satisfaire Il eut pu sans façon avaler la rivière;

QUELQUE CHOBE CLOCHE QUELQUE IMllT.

Il gnvn cotte foin d'or cl île diamants

El de soie et de marbre en puise d'alïmoiits

Et but la llépublique installa ta fumée.

H fit bombance un jour dan, la ville du Ciar A Moscou, quand pUit de l'aigle le regard, Quand de Napoléon l'ambitieuie étoile S'éclipsa sous 1er plis d'un sombre cl triste voile : Où Moscou s'élevait, autour du gris Kremlin, Il passa, lit le vide ... en no bissant enfin

Do sang coagulé, de "neige et de misère 1

Sur Kmmeiue Cite fondant comme un vautour Il lit ripaille a Londrc. un bien funeste jour; Et secouant ses murn de sa rare énergie A leur contact brillant (il s;i plus belle orgie: Ainsi dans les vieux temps la colère de Dieu Attira sur Sodome un déluge de feu,

De feu vengeur, souffle do son haleine Qui rendit an néant les cités de In plaine.

Quelque C'uose cloche quelque Pibt.

" Aux petits des niseaiii lliou donne la pâture"

Les rats ont leur chei eux aux tuyaux des égoÛts, Lea couleuvres aussi lorsque finit l'année, Trouvent un sur abri sous In feuille fanée, Et six mois la marmotte endort dans un palais Fait de chine— sea maux, ses besoins, ses regrets.

Hommes, femme.. enfaiil-, soin jeli's eL-opie soir Jusqu'à l'aube II juin-, troupe errante, ullaissée Sous la faim, sous le froid, et sons le désespoir 1

Le ver de nus jardins sous la terre se creuse Inaccessible au froid une vaste chartreuse,

LA COMMDÏION DU CUBÉ,

Maître colimaçon rentra dans son giron,

Page 1