LA SAGESSE HAL APPLIQUER
La Saoebse mal Appliquée.
0 Papillon sij'dtais toi Que j'eusse puissance do Roi
Sur l'odorante fleur qui naît ou meurt sous moi,- N'arrêterais certes mon aile Sur une fleur qui n'est qno belle,
lion amour serait pour la pensée Immortelle.
Dnmo Abeille si comme toi Pouvais creuser dans la paroi Des roses tout l'or-miel que rends de lion aloi,
AuprtB de l'homme, chose sûre, N'irais point placer'd 'aventure Les eicellents produits ilo ma manufacture
Olier Aigle si j'étais toi Que pusse mettre en désarroi Le tonnerre et l'éclair, et leur jeter l'effroi,
Ne bâtirais certes mon aire Sur le pinacle d'un calcaire Que l'orage „no nuit peut réduire eu poussière.
Noble Coi.
Dont l'œil De l'espace in fin i se
irBoi,
. si j'étais toi Dont le criant lorsque tout est coi Comme un "Oui " de l'amour nous apporte l'émoi,
Je parlais, je [«triais, j'«Haîs parler toujours, Quand sur mon front sentis quelque chose d'étrange, Et Ji':iri["[ji niuibiiii Tiir.il i!r;-K!-illf.LS discours. Et puis il me sembla que j'entendais un Ange.
L'Ange me dit : " Si j'étais- toi De mon temps ferais rai cm l'emploi, (hi'.'i i:i-itii[HL'r île llieii les o.'Ltvres et la loi:
" Ne gaspillerais pas mes peines A poursuivre des ombres vaines, A vouloir réformer do Dieu les pbéiiomfuos.
" Ne resterais pas à cheval Entre le bien, entre le mal, Mais porterais mon œil du ciel vers le fanal.
" L'amour, non pins ses friandises, D'un grand renom les gourmandises, \'c pourraient sur mon moi jeter leurs coin- ni lise-.
"Je ne rongerais pas mon frein Comme toi pour un soin mondain, Mais vers Dieuje prendrais un élan surhumain.
11 Répudierais ce monde infilme Pour le ciel je ceindrais mon Sme, Pour la vie immortelle ot fia céleste flamme.
" Do chantor donc fais-toi l'octroi, Dean chanteur ! maïs apprend? de moi Que bfte, mouche, oiseau sont plus sages que toi!"
BRYAÎJT (W. C.) Li Vision dd Chabseud.
Ml'h un roc escarpé surplombant la montagne.
Dominant an loin la campagne, l'n chasseur de ehamoi-i, Peun-rougu, était assi*; Epiii-c île fatigue :! Li'issaU d'aventure
Atl vent llottcr sa chevelure, Charmé de reposer ses pieds endoloris.
Tûmes gisaient les monts ibuia un lointain bleuâtre.
LU, de ce vaste amphithéâtre Se déroulait le Meuve en replis tortueux, Cûtojant les forêts k la sombre verdure,
Taudis que moulait le murmure Bourdonnant de l'abeille, ou du ruisseau joyeux.
Tranquille ii écouta; si bien qu'il crut nittinlrt!
Une voix si douce et si tendre, Que l'écouteur pouvait 1 peine concevoir Si ['esprit percevait, -si percevait l'oreille.
Jamais une mire qui veille Son enfant bu berceau n'eut plus doux chant d'espoir.
La voïx lui dit : " Chasseur brisé do lassitude
v t A teB P icds . eBl la ( i uiStud<! ;
Et t'y faire oublier qu'il fut pour toi des maux!"
Lors il leva les yeux, et vit dons l'atmosphère Briller, juste entre ciel et terro,
Une fraîche oasis, splendidc région 1
Comme si du midi les vapeurs et la brumo Avaient amassé leur écume
Pour photographier ainsi l'illusion.
Des bosquets sous ses yeux étalent leur ombrage,
Et des coteaux leur fascinage ; La fontaine jaillit sous de sombres berceaux Ou la biche & pas lents vient et se désaltère .
La feuille au vent bruit légère,
Voila des amis morts bien chers â son enfance
Et puis use jadis noble orgueil du hameau; Ainsi qu'une colombe elle était douce et belle,
Que do pleure il versa sur elle Depuis lu j.mr où froide elle est ihins le tombeau :
A UNE PAÇUEBETTE.
Ella accourt fulfitrnnt en dévorant l'espace Pour arriver jusqu'l sa plate,
Etend la mai» vers lui, l'appelle par son nom,
Avec ce gai visage, avec ce doux sourire, Dont irrésistible est l'empire,
Et le chasseur soudain se poncho, et perd l'aplomb :
11 sa penche en avant, et puis de chute en chute Hélas! en moins d'une minute
Il vit si! )']!![-.■., rues, passer iluvant ses yeuï;
Et puis plus rien, plus rien, plus rien que le silence; Le rêve finit l'eiistence,
LYxisti'iio 1 le rf vi!,— cl tout ri! smis les ciem !
BTJBNS (EOBEETJ.*
use Pâquerette des Ouxun écbaséf. bouh la Chabbue (Athil 1780).
Petite et gente fleur air contour cramoisi Pourquoi ma rencontrer eu celle heure fatale? Sans le vouloir, je viens ici, De t'écraser jusqu'au dernier pétale; Et ne puis maintenant maigri mou désespoir, Joli bijou ! te rendre ,\ la via ... 1 l'espoir !
Aujourd'hui ce n'est plus comme c'était hier, La joyeuse alouette alors de ta corolle
Sous sa patte, au souffle de l'air Faisait gaiement ployer la brillante auréole, Lorsque de la nature épiant le réveil Elle montait— montait saluer le soleil.
Sur ton nid de verdure a soufflé dès l'abord De ses torrents de pluie, et de sa froido lialeine
L'âpre bise du vent du nord, Cependant tu naquis au milieu de la plaino Joyeusement, narguant la voii de l'ouragan, En crévassant le soi par un subit élan.
A UCT PAQUERETTE.
Toi «impie Heur lies champs, lu n'na pour ton partage, Qu'une motte de terre en guise d'oreiller,
La, modeste et drapée en ton humble manteau, Etalant au soleil ta poitrine île neige, Tu niais ton regard si beau Sur l'astre radleui <]ui réchauffe et protïge, Lorsque — destin fatal 1 toIU soudain mon sue Qui t'arrache à ton ht, en écrasant ton roc.
Do naïve fillette, hélas I tet est le sort :
Modeste Ileur écluse a l'ombre du village.
Elle croissait sans nul effort L'orgueil de ses parenta, aussi belle que sage, Quand un vil séducteur sut lui i.ivir son cœur, Pour la jeter bien bas, souillée et sans honneur 1
Tel est souvent aussi le misérable sort
Du Barde, s'il est né sous une sombra étoile,
En vain vout-il gagner le port, Que peut-il? inhabile i diriger la voile?
Jouet des venta, hélas 1 fornie-t-ïl un radeau, Le voila qui chavire, et lui creuse un tombeau. Tel est encor le aort du mérite souffrant, En lutte ouverte avec les besoins du la vie,
Il batadlo persévérant Jusqu'à ce que vaincu par l'intrigue et l'envie, Sans suutieu que le ciel, en son affreui destin De misera en misera il succombe ,\ la tin 1
Et inoi qui m'attendris sur toi, petite fleur, Je subirai ton sort ma pauvre Pâquerette,
Et bientôt le soc du malheur Labourera mes lianes sur nia rude couchette, Jusqu'il tant qu'écrasé sous ce sillon rongeur Je tombe jeune tracor brojé par la douleur!
j butte femme et vieux maki.
Jeuse Femme et Vietji Mari.
Dites, que voulez-vous que jeune ménagère Puisse faire d'un vieux dans te noeud conjugal? Maudit soit donc l'urgent qui te poussa ma mère
A Tendre ta Jenny pour du métal !
Du matin jusqu'au soir il se plaint, et sans ccbbo, 11 tousEe, ïl tousse, il tousse, et de plus est boiteux, 11 n'eu peut plus, son sang est figé do vieillesse,
Oh 1 que la nuit est triste ..... avec un vieux
Morose il se démené, il se ronge, il marmotte, Je ne saurais lui plaire, il est méticuleux, Brutal, grondeur, chagrin, jaloux do sa culotte,
Maudit jour où je vis ce vilain vieux !
Au moins clic mo plaint ma tanto Catherine, Elle est de tjon conaeîl, je veux le harceler, Le vexer, dans son cœur enfoncer mainte épine ....
BUKUINGTON (E. H.)
L'HiTER.
L'HUOHDElle pressent le soulBe d'hiver Lorsque l'hiver est loin encore,
De la mort elle suit que ee a ouille est le flair Qui suit le vent et s'évapore.
Que faire alors?
L'hirondelle â deux uïds, deux ou trois, pins peut-être,
H Ile élargit son aile, elle amincit son corps,
Et d'un rapide vol, vivo comme salpêtre,
File il travers les airs vers un ciel opportun.
L'hirondelle a deux nids, deux ou trois, plus peut-être, Mais le pauvre n'en a pas un I
Le pauvre flaire aussi la rigueur de l'hiver, Et cela même avant l'automne ;
11 voit sou enfant qui frissonne.
La plile pauvreté qui rongit de paraître, A comme les héros uniforme h son corps, Un drapeau nui pendilla annonce son mal-Etre, Lorsque soua sa cloison se glisse le froid brun. L'birouJelle a deui nids, ■ioru ou trois, plus peut-ètro, Mais le pauvre n'en a pas un 1
Un ehes-bii, non, je vous en prie; Oyei lo vent filtrant à travers les vieni ais,
Glaco les corps on sa furie.
Qui n'a qu'un toit, Pas de pain il la miche, et pas de feu dans l'fitre, A moins qu'un nid. Craignez un jour qu'ainsi ne soit ! Que le destin railleur en son humeur marStre De son sabot de fer vous fasse un sort commun. L'hirondelle au soleil a son nid, et son stre,
Mais le iiauvre n'en a pas un !
Hirondelles nui nids nombreux, S vous richards, Messieurs les Puissants do la torro 1
Vous le flairez l'hiver sous vos riches brocarts, De plaisirs comme un nouvel ère !
Alors que l'hiver vient, Ô Kls de l'Opulence ! Pour le pauvre sans feu ni lieu, c'est un fléau, C'est un bail a passer d'indicible souffrance ; Vers des climats plus chauds l'hirondelle, elle a fui ; Le pauvre ne peut fuir — sovei su providence Et créez un foj-er pour lui I
BYEON (— ).* Phœbe.
Quand partout où j';i.ll:ii- 1 '1m Oui m'accompagnait, O Musus [ Jij'.]i Ifirips licuri-Li.'emcnt passait 1 Ilii mille iluu\ plaisirs si- ylistiLienl itans niyu âme, Plus heureux que Colin nul berger n'était, dame !
Mais maintenant holss I qu'elle est partie au loin, Quel soudain changement ! quel eliagrin ! que) tintouin 1 Quand tout allait mu mii-ux, dkiis-jo eu ma cervelle, La cause est le printemps . . . Pour ça non, t'était elle I
La source qui coulait avec si trois glouglous K:i dansant LTiiiiuifin parmi le- ueaui caillou*, Tu lu sais Cupidon, petit Dieu sympathique tju.-.nd é:ait l\ l'hi.i-1 c'.'iait il'jucu musique !
Ce.- yliiiiglt.ii.-i qui: j'aimai;- m: nuit qu'un haraguuin ;
Quand je suis accablé moi de tant de tristesse*
J'étais toujours rivi do voir mon chien Zephir Vers ma liolle et vers moi s'empresser d'accourir, Ma Pheebé lui disait : " Viens ici jiauvrc bête !" Et puis de ses deux mains lui caressait la tête :
" A la.- Zqiliir ! \ lias! '' lui di.-id eu nnui émoi ; Et lui donnerais bien un coup de ma houlette . . . Quand Phoabé n'est pas là pourquoi se mettre en lete I
Une douce musique et des chants tout joyeux Accompagnaient no» pas, quand nous étions tous deux ; La brise chuchotait, et toujours l'alouette b'aÎKli; pli UYuir rii:- nom sa gentille ariette. Mais maintenant lu-la; ! qu'elle est allée au loin, De ses joyeux relrains le buis n'est plus témoin ; Tout me parait désert ; c'est sa vnis sympathique Jo la vois aujourd'hui qui faisait lu musique.
Nul Dieu compatissant témoin de mon malheur Ne daignera-t-il donc soulager ma douleur ?
Pour te guérir Colin laisse-là ta chimère 1 . . . Mois vit- on un berger sans amour do bergère ?... Non. Petit Cupi'hiu rcurls-im.i mon ebur amour, Plus délaissé jamais il ne fut de pastoitrl lléhs ! que devenir? je meumai privé d'elle, Vaiuie/. jamais Uerei-r- uni' nymphe alin-i helhi !
BYEON (LORD).*
Mais do par sa naissance incrusté dans l'histoire, A la terre retourne,— on voit l'art du sculpteur Sur le marbre ou l'airain buriner la douleur ; Et le marbre un l'airain du pompeux cénotaphe Se revêt de mensonge en forme d'épitaphe :
Mais las! le |>:uivi-n t.him. des amis lu meilleur, Qui nous suit, qui nous aime, cs[ n.itr.- ili'n-n.tur. Qui travaille pour nous, vit pour notre bien-être, Et dont l'honnête cœur est toujours H son maître, Si de via 1 trépas il passe, on n'en dit rien, Ou lui refuse même une ùme au pauvre chien, Tandis quo l'homme lui I cet insecte frivole Veut d'un ciel exclusif avoir le monopolo.
Celui qui te connaît homme orgueilleux et vain Te quitte de dégoût, car tu n'as rien d'humain ; Sur ce sol corrompu locataire d'une heure, Les vices tour à tour partagent la demeure, Ton amour est luxure, et qu'est ton amitié ?
Un mot vide de sens,— un mot qui fait pitié ! Tes sourires sout êiui, ta parole est parjure, Ennobli par le nom, pourtant vil par nature.
Vois-tu, les animaux, objets de tes inépris, 11- vliIlui nùùii'; i j i H' i^i. <|iK'i>[uc : i |'L-i] Liujif'rip; Et vous qid par hazard regardez cette pierre Passez votre chemin ; n'est besoin de prière : Sur un fidèle ami la mort n mis son sceau, Je n'en eus jamais qu'un— il gît dans ce tombeau !
ADiev chérie, adieu I si jamais la priïre
De l'àme la plu» tuiidrc a droit d'aller aux cieux,
Ma prière fervente au séjour de lumiïre
Ira porter ton num la haut jusqu'aux saints lieu\.
Paroles, pleurs, soupirs tout est vain, inutile,
Ah ! les larmes de saug que peut offrir h Dieu
D'un coiquible expirant la paupière fébrile,
Eu disent moins que ce seul mot : " Adieu !
Mes veut n'ont plus du pleurs, mes lcvrea sont muettes, liais dans mon sein brûlant vit, éternel vaotour, Une tiouleur aigue, au angoisses secrètes Qui nr-Jvdlk- );l nuit, qui nie roii^i: lu jour. Mais do ces maui mon îUne oso se plaindre i peino, Bien qu'eu révolte ouverte avec lo monde et Dieu, Ce que je sais, c'est que las! notre amour fut vaine . . . Ce que je sens c'est ce seul mot : Adieu!