‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 30 sur 116 · LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE

Et lait silence la nature,

G'omtiH-, quand au milieu du ebœur

D'un orchestre puissant, un solo s'aventure,

Doui et mélodicui ; alors pleins do atnpour,

Les instrumente divers doués d'intelligence,

S'arrêtent en eitase h la fraîche éloquence

Pour en savourer la douceur.

Musique grande voii de Dieu ! . . Poime Epique I Sublime, gigantesque, unique!

Oh ! qu'il est grand ton nom 1 qu'il est grand ton pouvoir ! Tu guides tantôt au devoir,

A la joie, au chagrin, à l'amour, ,\ la haine, Tour 1 tour tu sers d'éperon, Que ton nom soit harpe ou clairon.

De l'Ecosse enfant des montagnes, Le paysan robuste en do lointain) climat)

Errant en faisant ses campagnes, Entend la cornemuse au milieu des combat) j

Et ses accents h sa mémoire llappelleiit un pru-i 1 .jui n'.i-t ]n,mt illusoire, Car à ses ycui soudain paraissent fc nouveau Et sa gentille KaU, et rou gentil hameau,

Et sa chère famille.

Ses trois jolis bambins, et sa petite fille.

Oh 1 plût au ciel que fut achevé le combat !

Aussi voyez comme il se bail

Son glaive sur l'ennemi tombe, Et sans pitié l'immole ainsi qu'une hécatombe I Dieu sait I aux roulements redoubles du tambour, Aui sons de la trompette éveillant h l'entour

Des nobles instincts le courage, Combien de valenreui sont frappés avant l'âge !

Hmnqnel ion pouvoir il jamais merveilleui Un instant n'a cessé d'illuminer le monde !

Ken plus ton concours généreux Siiii :i[M|u'aii finiil ili- Hun,- iilltr ji-lcr la sonde. Tu fais l'art l'adoucir, d'amadouer l'esprit

De l'ignorant, de l'érudit,

LA MBSIQjITE.

Alors que ballotté par l'horrible tempête, Du désespoir il croit avoir touché le fatte !

Tu bbis calmer la plus vive douleur En modulant un chant jadis bien cher au cœur! Quclquo lai favori d'uno sœur, d'une amante, Faisant couler enfin une larme trop lente ;

Le purehc déserté d'une ohapctlc antique,

De Dieu le temple tun^cii :I. .

Où vient a peine, hélas I parfois le curieux,

Et do la nef que dos Ilots d'harmonie

De leur puissance indéfinie Viennent saisir les cœurs et leur jeter l'émoi Dont Dieu -DUVetil liens l'ail ]« liii'iiïeiilanl uelroi, Alors pleins île respect nous sentuus dans notre Soie De la dévotion la pure et chaste flamme, Et le etcur subjugué foulons plus doucement Du temple saint lo sacré parement.

Oh I qu'il serait peu politique

Notre Monde— sans la Musique?

La Musique est partuul, dans le l'haut des nineauv. Dans la mer qui iii:e;ii. au< jrlun-lous des rui.-seaiiï. Dans l'échu lialilll ,|-.l, dan» la feuille <mi tremble, lie l'univers entier ilaii- le .'rniir! tout ensemble. Dan- le jnyeit\ cricri, ïuire dans le coucou (Jiti uuus lance, au printemps son suave hou-hou ; Elle a des bruits charmante dont la bonne nature De la vie a doué lo plus léger murmure, La Musique en nn mot sous l'abri du ciel bleu

N'est autre que la voix de Dieu 1 En revenant chez nous de cette longue coursa

Faite la nuit à travers champs, Sous Vieil doux de la Lune, aussi de la grande Ourse, Aux voix de la nature, à ses. diauts ravissants, Jusqu'à llieii s'élcvaut ainsi qu'un saint eniiiique, Joignîmes Inttuld, ei:c:n leitre vmm svmpathique H

Homcrciitnt du fond du cœur Le Créateur De nous avoir fait don du dietamo magique

Que sur l'nme cpuud la Musique !

COWPEIi (WILLIAM).* L.i Eose.

La Rose que Marie a son amio Anna

Donna,

Etait couverte alors des jouîtes d'une averse Qui lui faisait pencher la lÉle a la renverse.

L'abondante rosée ail ourdissait la fleur,

Son cœur

De ses larmes gonfle, semblait pleurer encore ^ur Ijnnfi 1 1 -î iili-i nl- ii vri.1t à l'aurore.

Temoin de ses douleurs, je compris sou ebagrin :

.Tu la pris vivement pour étanebor ma larmes, Mais je la vis tomber effeuillée— et sans ciiarmes.

^ q Hélas I

liii-n ilcii jji'iis, parmi lump sVrigMtit vu SucraTr-, Jouent sans ruiiiunts auprts dus '.men délicates. 9î j'eusse su to prendre avec plus de douceur 0 fleuri

Pour (iuuli[!H'- jours tiu'or tu restais tVaîi'liu i;t belle, Et faisais l'ornement d'Anna, ta sœur jumelle 1

CRASHAW ( RICHARD). • Epitaphe.

Pock cem-ci que la mort reunit ,\ la fois

Le tombeau n'est qu'un lit de noces sous la croix ;

Car bien que le destin pouvait do vivo force

Entre l'âme et le corps opérer un divorce,

Il a'ajTÛts devant le commerce si doui

Qui ne faisait qu'un seul de l'épouse et l'époui.

Chut! voyageur ne pleure mie, Dans le dernier sommeil leur âme est eiidorniie,

110 eu coup d'œil eh abbièbe.

Ils gisent les deui tourtereau»

Dana ces liens qu'amour pour eui a fait ei beaai : Malgré leurs draps île plomb, leur tirailler de pierre, Draps peu chauds cependant, oreiller de misère, S'il- yi-ent l;i tous ilcm comme s'ils étaient morts, Passant ne lea plains paa. — L'amour a fait la couche, Ils sont lieureui encor dans de muets transporta

Cœur contre cœur, boucha sur bouche :

Oh I laisao-lcs dormir en pain jusqu'au matin Qui mettra fin il celte nuit d'orago, Où chaque sarcophage Etant brisé, poindra l'Étemel lendemain ; Lora, les ridcaui tirés, ils verront la lumière, Qui ne doit plus s'éteindre, éclairer leur iiaupiere 1

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