‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 60 sur 116 · nonl non! non! jamais · texte numérisé non relu

nonl non! non! jamais

Que mo Tait son éclat, sa lumière subtile, Non I— Point ne quitterais le foyer de mon île, Fut-ce pour le vallon lo plus beau, le plus frais I

Oht si j'avais les ailes d'un oiseau!

Irai-jo visiter ton rivage . . . Italie ?

Où le ciel est si pur, où lo pampre a l'ormeau S'enlace avec vigueur, et te reud si jolie?

Vers toi comme un follet je sens déjà mon eccur

Y faire école buissonniirfi, Ver' ton «limai hciitniis, lit d'amour de la fleur, Je me plais par avance ,\ tourner ma paupière :

Mais non! nonl non ! jamais! Que me fait ton éclat, ta lumiero subtile, Non 1 . . point ne quitterais le foyer de mon île, Fut-ce pour le vallon le plus beau, le plus fraisl

OM si j'avais k' s ailes d'un oiseau!

Irai-je visiter ta terre, il noble Espagne 1 Oil le/ar nï&tfe sous un mémo niveau Fait de ton beau pays un pays de cocagne ?

Ce doit être si don boire la volupté

Sohb te* plaisants bosquets d'olives.

Ll COIB DU FEU.

Où lo myrte k la rose est égal en beauté,

Où le temps fuit si vite en heures fugitives . . . .

Quelque gentil qu'il soit ce tout charmant asiio, Jamais ne quitterais le foyer do mon île, Fut-ce pour son beau fleuve et ses riches palais.

Ohl si j'avais les ailes d'un oiseau!

Semblable à l'hirondelle errant de [wle en pôle, Iraï-jo il l'occident chercher ce ciel nouveau Où roule en ses flots d'or un tont nouveau pactole ? Oh s'élirait hardis de gigantesques monts,

Dominant de profonds abîmes, Où huila du Simoun les accents furibonds, Où croît le cocotier «m feuilles grandissimes . .

Pour lui ne quitterais lo foyer de mon île, Fut-elle pauvre hélas! oui pauvre et sans attraits.

Pauvre 1 mon île I . . oh 1 non tu ne l'es pas ! Au contraire tu tiens des dons de la nature Ces richesses sans nombre et ces puissants appas Qui d'un mur d'émeraude entourent ta ceinture ; La superbe Italie a-t-clte champs plus verts?

A-t-elle plus verte guirlande?

Non— ce serait en vain que dans tout l'univers On voudrait t'égaler, ma belle et chère Irlande

Oh I non ! non t non t jamais L'Eternel te sourit de son plus cloux sourira, Je t'aime, fi ma patrie, et j'en suis ponr mon dire : Contre un autre pays point no te changerais!

Le Cois du Vzv.

J'ai goûté lus plaisirs, les bonheurs de la vie, La gaîté des festins do joyeui bals suivie, Mais au fort de ma joie — en ferai-je l'aveu? J'ai soupiré pour toi, cher petit coin du feu. Sur l'océan j'errais dans mes rêves d'enfance, En qnSte do repos, d'uno vague espérante ; Dans ces temps primitifs, hélas! je pensais peu Que le honheur était en toi— mon coin du feu.

MOU MOIfl DE MAI.

Qu'il obi doui d'envoyer promener a nuit dose Les soins et les soucis si peu couleur de rose ; Une sceur, une amie, une amante, un ceil bleu, Font un vrai paradis do notre coin du feu.

Monseigneur ne voudrait jamais de ma demeure Franchir le seuil— un duc n'y viendrait pas une heure ; Et cependant Pascal, Shakespeare, et Montesquieu Et Thomas Mooro, et Burns sont a mon coin du feu. L'un me redit ses chants de joie ou de tristesse, Et l'autre ses eiploits et parfois sa sagesse ; El quoique leur argile au loin repose en Dieu, Leur esprit plane encor sur mon cher coin du feu. Si d'un ceil scrutateur sondant mes destinées Je jette un long regard par delà mes années, l'eu m'importe vraiment quel sera mon enjeu . . . Si l'iunour t'embellit, cher petit coin du tau !

Ah ! viens donc raviver ma fragile eiistence, Charmante vision, douce et belle espérance, Laisse-moi préserver jusqu'au jour de l'adieu Le bonheur du foyer— mon gentil coin du feu.

Moir Mois db Mil.

Voici l'été I voici l'été I Avec ses fleurs, ses branches verdoyantes, Et des jeunes oiseaux les chansons attrayantes

Chantant l'amour, la liberté !

Et comme les enfants, en leurs gais badinages, Folâtrent à la fois les fleurs et les nuages,

Voici l'été 1 voici l'été !

Mais jamais à mes y 601, mais jamais à mon âme,

Ne s'offrit si doui mois do Mai

Quu toi nui m'enivre et m'enflamme,

Dous mois de ïlai ! doui mois de Mai.

Voici l'été I voici l'été 1 Oh t que do fois j'ai flâné solitaire Lorsque da nouvel an s'ouvre le sanctuaire laissant échapper la gsitél

INSCRIPTION POUR UN SiBLIEIl.

Quand Nature prélude aux jeunes amourettes,

Et que j'én muerais les rares pâquerettes Ces étoiles de pureté!

Mais jamais 1 mes yeux, maisjamaLs a mon Suie Ne s'offrit ai doux mois de Mai, Quo toi qui m'enivra et m'enflamme,

Si Ibs fleurs étaient on retard, Si du soleil froide était la lumière,

Si des arbres transis grelottait la crinière, Et si le jour était blafard,

Je regardais alors au livre du poète,

Où l'Été luit toujours, oil clianlo l'alouette,

Où. l'air est toujours sans brouillard :

Car jamais à mes yeui, car jamais a mon âme, Ne s'offrit ri doux mois de Mai, Que toi qui m'énivre et m'enflamme, Doux mois de Mai ! doux mois de Mai I Car elle est venue i la fin A mon appel, ma douce bien aimée,

Comme le mois de Mai, des rives d'iduméo Nous apports un parfum divin.

De l'éclat de ses yem mou regard s'illumine.

Four moi le ciel cet pur, et l'onde cristalline,

Les fleurs naissent sous mon chemin.

Non jamaia à mes yeux, non jamais 1 mon amc, Ne s'offrit plue doux mois do Mai Que toi qui m'énivre et m'enflamme.

Doux mois do Mai 1 mon mois de Mai!

M° CREEKY (JOHN).* Inscription pour le S*blibu us ueb Pilles.

Observez les grains d'or qui d'un essor égal Passent toujours brillants 1 travers ce cristal, Par leur cliuto comptant, et mesurant en somme

Voyûi-le frétiller ce courant miroitant

Avec empressement, ot «ans perdre un instant,

Maïs quand le dernier grain do tons tombe, et su pleure,

Voila que de la vie est effacée une heure.

Son labeur achevé, terminé son destin,

Comme l'homme mortel il no repose enfin;

Mai» qu'à l'envers soudain une main le retourne,

Et voilà chaque grain qui repleut, qui s'enfourne,

El tant qu'il restera dans sa tête un grain d'or,

Il travaille à marquer sa petite lieurc eneorl

liais qui rctminiiTU II! salJii.T pour l']|omme,

Lorsque tous si* grains il'ur vivrunt ilu ilcrnisr tomme?

Qui pourra rassembler son sable éparpillé,

Di-perfé par Tt'iiqi!-, et; vieillard ili'iirailU: f

Jamais on ne saurait malgré la bonne envie,

Retrouver un seul grain du passé de la vie 1

Donc mea filles oye^, et brisons la dessns :

Puisque le temps pissé jamais ne revient plus.

Sache?, utiliser le temps qui nom emporte,

Et l'œil au sablier veillez aux grains qu'il porte I

M 0 DIAMID (JOHN).

l'nr.MiÈrœ Impression phodeitt, tae ia Vite d'une Eioile sun. un Enfant.

A LA charmante enfant on avait dit que Dieu De l'étoile là baut avait créé le feu ; Et la voilà soudain guettant le crépuscule, Comme si se formait globule par globule, Pour la première foin, un mon.ie tout nouveau. Oh 1 que pour un enfant le ciel doit être bean ! Quand sur lui tout d'abord il arrête sa vue, Pour guetter le soleil, ou l'étoile, ou la nue? Lattre prés la croisée clic était là debout, Du merveilleux spectacle escomptant l'avant-goût ; De ses doux et beaux yeux la paupière soyeuse De vers le tiriimmcin tYjmu^ai'. heureuse, Et sa gentille bouche exprimait le suspens

Du coucher du soleil les teintes purpurines, Des nuage* plus haut les franges argentines,

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