MACKAY (CHARLES
Différences.
Le vin du meilleur cru d,\ 1 le Roi peut le boire 1—
Je pourrais lu boire aussi, moi I Quand il a faim le lioi passe ,\ ?on réfectoire ;
Quand j'ai faim je mange aussi, moi!
Mais il no peut par ordre avoir beau temps, ou pluie,
Pas pluB que moi ; On dit qu'en son palais le Roi souvent s'ennuie Bien qu'il .«uit ifni!
Eiaminons donc on substance, Où se trouve la différence Entre mon cher seigneur le Roi, Et moi!
Son trôno est-il cerclé d'amis vrais et fidèles, Ansstbien la nuit que le jour?
Soignant ses intérêts comme dcui tourterelles
Soignent les fruit» d'un tendre amour?
Va voir s'ils viennent Jean I , . moi, celui 1\ qui m'ain N'aime que moi I
Je n'ai pour l'éblouir l'éclat du diadème,
Mais rien que moi.
Je constate donc en substance, Qu'il y a cette différence Entre mon cher seigneur le Roi,
Des scélérate de cour l'espèce venimeuse
Grouillc-t-cllo à l'ontour de moi?
El des flatteurs objecta la tourbe ambitieuse Vient-elle ae gausser do moi?
De mea nombreux voieina par l'argent que je vole
Siùs-je l'effroi?
Pour soutenir mon rang aoutiré-je l'obole
Du pauvre? . . . Moi!
Non, grâce au ciel, et je la pense, C'est encore une différence Entre mon cher seigneur le Roi, Et moi!
Quand il se sent diapos, qu'il e«t d'iiumeur a. rire,
Il a pour l'amuser ses fons; Il a nombreui soldats, il a plus d'un navire Et de beaux palais vert uch oui !
Mais quant à sea soucis il est parfois on proie,
Tout comme moi, Il n'a paa un enfant pour (veiller sa joie Ou son émoi ; Je dis que, sans lui faire offense, C'est encore une différence Entre mon cher seigneur h; Roi, Et moi 1
Je porte le bonnet, lui porte lu couronne, Et puia après?
Je couche sur la dure, à lui sa couche est bonne— Et puis après?
Il est la Roi— je suis le Rustre—
Et puis aprCs?
De tout cela faul-il faire uorùs?
Si je suis heureux Moi, quoique n'étant illustre, Et qu'il soit malhcurcui— le Hoi
Contre ma chétive personne . . .
Mais halte la ... ne le veux, Moi !
ÉCHOS DU PAYS J1KS BIE.VtlEUttEUX.
MACKAY (FRANCIS A.) [FITZHUGH].
Echos dd Pat» des iiiekueuiieux.
Fouit nous bénir parmi loua les maui de la vie, Nous attend la pensée ainsi qu'ange gardien ; Et l'espérance aussi sans cesse noua convie Vers la belle patrie où réside le bien.
Mais hélas 1 l'entrevue elle est triste toujours;
Honnis quand nous donnons ;— lors c'est uns rouie
Qui ries ans écoules noua fait rêver les jours.
Cependant nous prenons du plaisir a ces heures
Que passons avec eui, ces adoptés du ciel,
Qui piiriml lus di-vimls ïi-rs lu.- saintes demeures,
Et nous font désirer le séjour étemel.
Oh I sois calme mon âme 1 . . au delà du nuage
11 n'est point de chagrin pour obscurcir l'étlier;
C'est quand ne souffle plus le vent, qu'a fui l'orage,
Quo le (lot devient bleu sur la profonde mer.
Ainsi du lac tranquille :— il reflète l'étoile
Que le soir calme et douï porte sur son front pur I
Ahl puissions -no us saisir quelque morceau du voile
Qui dérobe a uos jeui nos aimés dans l'azur t
Le vent creux de la nuit tout empreint de mystère
fiéuii! lii»til.rt'irii!iil sur IfS [listi-s toinbcaui;
Courageui e..t celui qui brava solitaire
Les émois i!ul:iti[t : s pur un i:1i:u:l[] di! repos.
Mais pourquoi ces émois et ces terreurs sans cause ?
Ici sont nos amis présents comme jadis ;
Uo leur monde nouveau s'ils nous disaient la glose,
Que do savoir alors pour nos pauvres oapritB !
Autour du front des morts eiiste une auréole,
La masse ne la voit, tant faibles sont ses yeui ;
Les dogmes du mondain d'essence trop fnvole,
Arrachent l'auréole aui morts .... nos demi-Diem !
Ils sont forts I» piMisers des aimés de uns âmes.
Ils s'incrustent en nous ces souvenirs d'amour.
Comme ces fila d'argent, ces phosphoriques flammes
Qu'impriment sur la mer les vaisseaux au retour.
Et nous devons toujours, en tout, suivre leur trace
A nos morts, ils nous ont déblaye le chemin ;
Et si qnelqtte ouragan de notre cours noua chasse,
Pour lutter avec fruit ayons !o pied marin.
Au vif courant des flots sans pudeur elle jette
Ses iplandldea atours l'anémone de mer ;
Tels sont les plaisirs faui que notre appétit guette,
Los fleura n'ont pas dédain d'orner les sépultures,
Leur jclit TÎf et frais brille autour du tombeau ;
Ainsi dans notre nuit surgissent les dorurea
De l'espoir de la vie éclairant le flambeau.
C'est bien, c'est vraiment bien parmi les folles herbes
Compagnes des tombeaux, do les ■oigser ces fleurs ;
Car du sol sur lequel «lies vivent siqjerbcs,
De tris saintes l.nani,'.. surfissent lu; splendeurs.
Sachons donc les chérir ces sereines pensées
Qui jaillissent d'un moule eu travail do douleur;
La résignation d'espérances passées
A des charmes sans nom pour un esprit rêveur.
Si COUI qui son! prirlii' 1.\ liant pmir nous attendre,
Ici bussent tomber un regard scrutateur,
Ils doivent larmoyer hélas I un pleur bien tendre,
Voyant nos cœurs saignant d'une immense douleur.
Mais nu ciel du bon Dieu vrai! la mélancolie
Peut-elle avoir accîa ? . . . Pour les uns c'est bonheur
Pourtant 1 . . Oui, pour celui qui sans cesse s'oublie.
Des douleurs du prochain pour calmer In rigueur 1
Point de larmes la liant ! Plaisir mélancolique
Y meurt donc : — lu] tu L Tu ! . . Ni' .vrillons pas les cicux,
Nï.lli i!* jiii- o[lVu-i:i- d'au impudique
De Dieu le Saint des Saints I . . l'Autel Mystérieux 1
La rame en mouvement quand par un clair de lune
Sur la paisible mer glisse un léger bateau,
Donne de la musique il qui prua de la dune
Dans le niU-iim- cuIl-iiiI lu cmlt-nce île l'eau ;
Et le bateau do loin paraît comme une étoile. Nos morts, nos morts aimés, do par l'éternité 1 , Sur l'océan sans 6n ont tous aussi fait voila . . . Mais a nos yeux les coche en cor l'obscurité. Jusqu'à ce qu'un penser sérieux nous éclaire, Et monlre à nos regards, au delà de la mort, Nos amis d'autrefois rayonnant do lumière, Contents, joyeux, heureux d'être arrivés au port
Au Vent du Matin.
Dans les pins doux accents murmure, va, murmure,
Murmure le long du ruisseau, Eveille le parfum qui dort sous la ceinture
De la rose où perle un joyau.
Baise, baise les fleurs, In fraîche pâquerette,
Toutes les fleurs aux beaux yeux bleus.
Au loin chasse l'ondée, et de la violette
Préserve les attraits soyeux.
Près du saule pleureur, soupire, va, soupire,
Soupire parmi les roseaux, Eveille l'alouette afin qu'en son délire
Elle éblouisse les échos.
A travers la prairie allons sus I danse, danse
Danse parmi les champs dorés, Happe l'ombre qui passe et de sa douce i^ucc
Rafraîchis nos fronts affairés.
Tourbillonne i travers et montagne et bnrjare,
Autour des bois tout pleins do voii, Iiaisso-toi pour baiser la source solitaire
Qui sait partager tes émois. Reste, reste un moment, avec nous reste encore,
Sers-noua d'écran pour la chaleur, On sent moins les soucis au lever du l'aurore
IJuand du matin vit la fraîcheur.
2Q4 LA VIEILLE im:i:.
MABSTON (WESTLAND).
La Vieille Toub.