US HOMME - . . AUX HOUUES
Elle donne aa main, maïs sans donner son coeur. Et (jue si par hasard, par un rare bonheur, Le courant de l'aïunur ;l fait les épousailles, Où ! tomberont trop tût de ses jeai les écailles, Aux plus petits défauts prêtant teintes de fiel, Et mettant a néant, las I sa lune de miel !
Qui faisaient des deul ctaurs une seule adhérence, Le tendre arnnnt se trouve aussitôt transformé Dans le sévère époui, hier le bien-aimé !
Elle, la pauvre femme, cllo dont ln parole Nagutras faisait loi, de son haut capitale Tombe soudain, ses vccui no sont plus écoutés, Sa volonté n'a plus de souverainetés ; Et cependant toujours on eiïgcra d'elle Le même dévouement, le même amour fidÈle, Que lorsqu'à ses désirs, dans sa nouvelle ardeur, L'amant des premiers temps faisait plier son cœur ; Elle. île 1-1 ni ei'itt!, peut, c'est dans le programme, Réclamer — tout ce ipie le inonde ne réclame I Dehors, dans les plaisirs, il peut passer ses jours L'homme— a son égoïsmc il peut, pourra toujours Donner cours, 1 l'abri des tracas du ménage ; Dana l'espoir de happer — pnrt du son héritage, 1.0 monde npplaudirn, plein d'attente vraiment, A sa rare sagesse, à son discernement.
Mais pour la femme, hélas 1 un surcroît d'opulenco K'est qu'un chagrin de plus, pire que l'indigence, Et bien soiiveiitei'uis qui vient dé son chemin La faire dévier, et la perdra h In fin.
Le froid aventurier et les Robert Mncairca La guignent a l'envi, l'entourent d'un réseau Qui la fera tomber dans des lacs, pauvre oiseau ! nilé pciidriii! un temps d'nWd séru prudente, Mais un ftiimiié i|u't:lle es!, uni: ardeur décevante Cuiiiîsr [liera liiciilû! nui iiiiuiur et son cteuT, Et lui ravira tout, son argent, son bonheur; Et puis il s'en suivra l'ancienne destinée, La désillusion, le malheur d'être née !
CHANT DU BANQUET ÉnrPTIEN.
Hélas t combien aouvent I» torcha de l'hymen
Qui démit éclairer l'amour vers un Eden,
N'sllu m o-t- elle P* 9 Bon hilcher funéraire?
Combien souvi'iit l'arnmir |i]u- [an! dans aa carrière,
Sortant la vérité de laneos îiii|K>sti?urs,
Ne lit-il couramment : " Les hommes non! menteur.* !"
(.Vs.-cz duae, milice.-: suts, vu- vieilles doléances,
Sur la frmnie cl ki race, et sur ses inconstances,
Et sur l'homme trahi ne faites du pathos 1
Elle est chair do ta chair, elle en l'os de tel os,
Homme inconsidéré !— Si te trompe la femme
Pour, un homme lésé, ça, c'est ma foi réel, Par le fait d'une femme, a tous je fois appel, De femmes des milliers errent do par le monde Traînant dans scb recoins une existence immonda; Et ce, parce que l'homme a leurré leur pudeur. Et les a fait quitter le sentier de l'honneur :
L'homme Écrasa la femme, et sous son pied la broie, Et pourquoi ? . . Parce que du bideax polisson La femme un triste jour mordit a, l'hameçon.
Chast du Banijubt Eotptus.
" At the feast of Ihn K.^-[1i.ith, iVy citt^il rnruif] un imago painted ;e a corpw, uyiag ; 1 T.r,..k >.n lliin. i-.if. tlrirjk, nml ht- jovial; for wheu □ uc dead, aoch will you bol '" — Ilerodùtui, Euterpe îi. Noua formons réunis une bande joyeuse,
Qni met à la porte l'ennui ; Prenons la vie an vol, elle est ei précieuse I Et rivons dil 1 pour aujourd'hui I Alora que nous avons pour non s l'heure présente
Nous avons un trésor en main, Le temps présent nous donne un plaisir sanB attente, Que pourrait mieui faire demain?
Qu'aujourd'hui soit gai ton visase, Vivre an jour le jour est d'un sage !
Où loge-t-il ? , . Dans l'inconnu I
270 CHANT DV BANQUET ÉOÏPTIKJi.
L'amour est fort gentil, c'est le songe des songes,
Dh pourpre coloro de vin, Qui la raison, le cconr Icb grisent lie mensonges,
Leur montrant un demain divin I Lu beauté', la. nanti!, l'extase, la jeunesse
N'ont qu'un jour. qu'une hi-iiru, un matin.
Si nous ne profitons pas do notre richeaso,
Nous sommes pauvres, c'est certain.
Aime donc aujourd'hui, c'est fête, Et do Heurs couronne ta tête, Ton amour— petit Dieu badin Peut te (aire au mf me demain !
Ce que Monsieur le Temps peut faire dans son iÈle
Ne cherchons pas à le savoir, Quand pour prendre son vol il ajuste son aile,
Laissons-le s'en aller — bonsoir !
Buvons I qu'il circuler la coupa ne soit lente,
Profilons do l'heure qu' luis En an bonté noue donne . . A nous l'heure présente,
Derrière elle sont les soucis I
Ne te fais donc tirer l'oreille ;
Aujourd'hui du jus de la treille
Enivre-toi du dout glouglou,
Demain serai ... tu ne nia ou t
Ici nous apportons un convive sans joïe,
Et que toua nous verrons un jour ;
Deui jours, deun mois, deux ans, et nous sommes sa proie, Il fond sur nous comme un vautour.
Adouc par la Umbleu ! mange et bois, bois et mange, Avant que Madame la Mort
Parmi des oripeaux sans façon no te range,
Le temps ce hideux toumebrocba Vers toi île plus en plus s'approche, Demain peut-être tu mourras, Et le ver de toi fera gras.
MICHELL (NIOHOLAS).
Le Pastecr j>e CaupaoNK.
Pasteur trois fois heureux I & l'cntour de sa voie Dorment les passions, veille Li douce joie, Epandant sur sa têts, cpaudani sur son eccur, Ces aouvenirs, si purs avant-go ut du bonheur, Ces aonvenirs, charmants enfants do la mémoire, Et yui du ciel lui font déjà rêver la gloire.
L'imagination su plaît du bon pasteur A suivre pas \ pas la sentier enchanteur, Aussi frais dans son cours, aussi plein de verdure, Que fut jamais sentier forint par la nature ; "Ses heures doucement s'ecoulunt sans ennui.
Il ne sent de douleur Imrmis cclli- il'autruii
C'est pour lui .wnl qu'il prir, i\l travaille avec verve
Et ai le malheur frappe une de ses brebis,
Il a des pleurs pour elle, il sait calmer ses cris.
Dans le temple sacti que le lierre tapisse,
Bien quo en faible voit rarement retentisse.
Do joie un doux émoi s'infiltre dan; son cceur
Alors quo le dimanche, il entend, 6 bonheur I
LE FASTE 17 R SE CAMPiORE.
Que les jeuneB oiseaui de leurs bois pleinH d'ombrages Font pleuvoir a Vmri leurs gentils gazouillsges,
Filo ol court on chantant : oh I que le ciel est beau ! Alors le bim p^teur d'un pu* vif, c'est merveille, S'en va de son jardin, de Heurs une corbeille, Et descend au vallon; il regarde en passant La rustique barrière, et lo blé jaunissant, Et les détails charmants du riant paysage, Sans se lamenter di, si d'apris son grand âge, Son œil doit se fermer bientôt à ces beautés, A ces fleurs, du soleil oui rayons brillantés, Mais bien il bénit Dieu dans un penser biblique,
Devers la vieille Eglise il s'en va lentement,
A son aspect chacun se découvre humblement,
Il foule le sentier bordé de mainte tombe,
Et de ses veut un pleur surgit et parfois tonibe ;
Dans ce calme visage un esprit frais d'amour .
F.t tout de charité, rayonne et se fait jour,
Cette tête argentée, et ce front blanc d'ivoire.
Ont un charme inuclumt •■! des rHl^is de gloire.
Le simple paysan prie an. fond de son cœur
Le bon Dieu, leur garder un si digne pasteur;
Avec de doux accents la mère le salue,
L'enfant a lui sourire en passant s'évertue,
Et chacun de nior ses ycui sur lo vieillard
Qui sait répondre 1 tous par un plus doux regard.
Oh 1 comme son cceur bat sous sa robe de neie,o,
Quand envers Dieu, du Christ il rappelle le pleige?
Comme la foudre alors pourtant gronde sa voix,
Sa voii si frêle, hélas 1 et qui s'éteint parfois;
Mais poudant un moment, et l'âge et la faiblesse
Sont onblies ; son cœur a frémi de jeunesse,
Il est toute énergie en ce lien consacré,
Et de l'amour du ciel tout eusépulturé ....
Si que, lorsque son corps est ici bas, son Sine
Est déjà dans les cieui s'épuraut à leur damuie !
SUE LE MATIN Dt MOIB DE MAI.