HUME DE LA MOISSON
"Tes couvres, ô rtei^ncur. célèbrent Tes louanges!" Toï lo Bien Inrini ! Toi ijui remplis not granges;
Et tous avec des cœurs joyeux, Devons de Ton amour bénir les don» heureux.
De tous cotéa, TOjai l'épi doré se penche, Comme une mer d'amour sur nous son flot s'épanche,
Pour corroborer notre foi, F.t de notre égoîsine éteindre enfin l'émoi.
Du palais de nos roïs, au hameau du village, A Toi le merci de nos cœurs,
Puisque Ton londro soin prend pitié de JIOI pleurs.
Par les dons précieux que Tu nous fais, fj Père I
Un pauvre nous pourrons adoucir la misère ;
Elevons vers Toi notre cœur
Pour Te remercier de Tea dons, ô Seigneur I
F,n répandant ainsi sur noa champs l'abondance,
Le glaneur tout courbe cette année aura chance De remporter à sa maison
Maint épi de blé mûr— trop plein de la moisson.
Ainsi pour Tes bontés, et pour Ta bienveillance
Monte vers Toi, Si "
La moisson est finie, et tout chargé de gerbes Sur la route le cliur vacille sous son poids, Les chevaux orgueilleux île leurs cloches superbes Traînent jusqu'au logis leurs énormes cliarrois. Le fermier satisfait accueille dans la ferme Les joyeuï moissonneurs, et leur fait fêle il tout, Jusqu'à ce qu'un rofrain rude, mais chante ferme Mette fin A la fête au milieu des glouglous.
Pendant un temps encor les pauvres du village Dans les champs dénudés ramassent, brin il brin. Ainsi que les hébreux faisaient au premier âge, La gerbe quelquefois oubliée ... à dessein.
La nature a change pudiquement de robe, Los bois ont revêtu de chaudes teintes d'or, Du parterre la fleur sous ollo se dérobe, Mais le porche est orné de blanc jasmin eneor. Ali -uiiilli; tarissant û magnifique Automne! Qu'ils sont doui à mon cicur tes charmants souvenir (le* ji-isi »oux lu pommier oh l'enfance moissonne Cas beaux fruit- ciliir.'- ™mmc mut ses désirs :
Ces grappes de hoiiblou que la main des fillettes
Ces branches, verts berceaui, d'où pieu vent les noisettes
Dans le tablier bru» du gamin affamé :
Le festin do l'automne, — et sa splcndide foire,
Et ces Daine rabougris, et ces géants fameni,
l".t me tmirs si ^uUils triiL. le 1"ni( est notoire,
^uutii.iii-iil lun- il'.'- '.k-w'- jil'k; l':i].]iL-[it des yen* ;
l'our cueillir les fi-ji; h mûrs <];• l;i branche épineuse,
Ces felStrcs ciifiiiiis courant tous les buissons,
1,0 rire echevelé de leur cohne heureuse
Des échos des forêts faisant vibrer les eons :
Semblant pleurer la fin des splendeurs de Vftt,
On la îciurt de .Jii:iriin-tt.'. ou bien du petit George ;
Pour l'ouïr k'H enfants snsponilcnl leur gailé.
Puis ci' i-iiiiic n.uv.-m narre' bous la coudrette
Do " ce» pauvres enfants mourant au fond du bnli ; "
De nos jours le yamin puur ru'( juillet sa deltO,
Est bon au rouge-fforge, et se plaît II sa voii.
La vieillard est allé, île ses petiots esclave,
Vers les cliamp!!, c'e.-t bitin loi» pour mu pas soufireteui,
Mais pour les cmitciiler— In fatigue il la brave,
Finir ses petits ci;fji[ils il est si iioli ce vleillt
Les hommes, ses pareils, sont les vrais philosophes;,
churjuc heures peii-er ils font un paradis, Et bien que vêlus, oui, île grossières étoffes, Leurs rêves éveilles sont d'or et de rubis.
Les forêts maintenant sont d'une teinte rose, De la nature, c'est la parure du soir, Pour l'artiste tableau qui sera lettre close Toujours, et qui toujours fera son désespoir: C'est que la 6n du jour 1 l'éclat de l'aurore Unit une douceur triste ainsi qu'un adieu ; Comme ce saint émoi qui du chrétien surdore 1* chemin de la mort qui le conduit vers Dieu.
Irf semeur sur le sol légèrement friable Au sein nu de la terre a couGé son grau), Attendant qu'en son temps h nature Équitable Féconde ton travail et lui donne son pain.
Ainsi quand le chagrin inculque une pensée
Le temps qui le mûrit en fait la panacée Qui de la vie éclaire ou ternit le flambeau.
Four la mare stagnante inventant un passage, La creuseur de fossÊs en masse le rebord ; Celui qui d'une baie élague lu braiicluiL-u, L'émondo sans pitié des ciseaui sous l'effort.
Clmque pouvoir pour vivre ÏL lutter s'aiguillonne, 1-a chaleur et le iruid, h soleil, li' brouillard, I. 'hiver pousse au trépas du graeieui automne, En lui volant son or cet borrible vieillard.
Le sol flasque et boueui arrête d&ns sa courso Des fouillai la dernière, et le martin-pecheur Fuit au loin pour ne pas se trouver sans ressource ; A la terre s'unit le gland, s'unit la fleur.
L» charrue inutile au hangar se repose, On mené les brebis p5turer le navet ; Sous l'éteule du grain la perdrix se tient close, Tandis que le chasseur en guette le fnmut.
Tous les vents tapageurs déchaînent leur furie, La douco vie cm morte, on plutôt en sommeil ; Dû les pmivrra nifnnts n'en vont -ils? je VOUS prie, Lorsqu'en hiver ont fui les choses X soleil.
Les feuilles gisent là, pales, froides et tristes, Du passé paraissant des restes oubliés ; De nos aimés aussi nombreuses sont les lÏBtes, De ceui qui dans la mort sont domiciliés.
De ces aimés perdus l'un était poitrinaire,
L'antre un enfant a peine, on autre était bien vieui,
D'autres ont naufragé sur la mer solitaire,
A l'heure de minuit, sans une étoile un stem.