WILSON (GEORGE
L'Anneau de Mariage Atlantique.
11 Le chemin est bien loin, an delà de la mer, Choro fille," a dit l'Angleterre :— " Mais nos dam grands pays ont appris \ s'aimer,
Les marier est nécessaire." " Le cbemin est bien long nu delà de la mer,
C'est bien certain," dit l'Amérique : — '■ Mais tu fournis lY-pims ipn; ni' [mis qu'estimer.
Quelqu'un s'oppusi'-t-il aux bancs? Quelqu'un peut-il
Mettre un veto selon l'usage, A ce qu'ils soient ces deux, uni? par un seul fil,
Dans les liens du mariage ?
Du monde alors voil.i les peuples vertuchoui 1
De s'écrier comme un seul homme :
" Allons Anglo-Sunna vite mariez-vous.
Si voulez ou pouvez en somme!"
" Qui vient parler d'hymen '! . . Nom défendons les linns. Nous !— Coups de vont de l'Allant iquo,
368 L'aNKEÀU LE M*ri[*QE ATt, ASTIQUE.
Qui liruvons les vaisseaux, et qui dans nos élans Occisons l'homme 1 coups de trique.
"A bllS la bla^it- ! :i las vaillant issime Epoill !
Sois calme future Epousée !
Voire anneau nuptial :1e la mer en courroux
Ne traversera la rosée I " " Taisei-vous, Venta braillards 1 trove l votre caquet!
Dans le temps doré se rejoindre;
Et nos filIùlcH mains si; joindre !" Lors avec douce voix nu timbre île cristal
A l'Océan parla I» Terre :
" Donnerai la moitié île l'anneau nuptial.
L'autre moitié si la veux faire," Dit- elle; "Ma moitié' «cm d'acier bruni,
l)u enivre aussi,- tiiute une chaîne.
Trïs sombrement vOtue ... un ruban inBni
Comme un long serpent qui se traîne ; "Cela ploie, est Hciible est simple, oWîssant,
C'est confectionné sans fraude,
Tes balles étui— vert d'émeraude : — " Lors nous compléterons cet anneau nuptial
Autour duquel viendra de chaque littoral
La VlïRDE . . Ebl bien! dis I . . que t'en semble?" " Terre I je te sais Kcine, et du vieui temps encor 1
M'épousa, c'est certain, avec maint anneau d'or
Dans la belle et noble Venise I « Mais bien mieui qu'anneau d'or estimerai," dit-il,
" Ta chaîne et son sombre alliage ; Et de ma plus belle eau je donne le béryl
En faveur de ce mariage."
l'aKNKIU DB MIMAOr. ATLANTIQUE. 809
" Oli l lie promets pas trop," reprit d'un ton mooneur Le Vent—" Toi, Madame la Terre ! . .
A ton cadeau de imi-i; il mi peut, j'en ni peur
Que trouve une paillo ... ma clierc !
" Ne te fie niiEsi trop a ce brave Océan
Car, vois-tu, c'est mon vassal-lige;
Loi forcerai la main, et ton boau talisman Iltol'émicltcral-tc dis-je!"
Los plus .-âges parmi les enfanta des mortels Entendirent ces Trois— naguère : —
" Ne craindrons," dirent-ils, " les Vonts— kfl Venta cruel", Mais nous nous lions à la Terre
" .Ainsi qu'a l'Océan. N'avons-nous pas du ciel
Eteint la torche -mata mure'?
N* 'avons -nous pas joto son foudre solennel
s clans Albion, pendant de bien longs jours, Us forgèrent l'immense chaîne,
iant en longueur toujours, toujours, toujours Four Être tendue ii grand' peino
Un îles vaisseaux partit du pays de l'Epoux, L'autre du paye de l'Epouse,
Et tous deui à ta fois devers leur rendei-vons Des flots foulèrent la pelouse.
Ï170 l'aiîke.iu de mautahe ATLANTIQUE.
Tout de
Puii arrivés nu but,— ainsi que deui amants
Ijui, gage de lu foi jurée, (iarikut (Ii.icmi munir d'un niiucuu jusqu'au temps
Où., par une belle soirée, Les déni moitiés enfin peuvent se réunir,
Le châtain qui devait les river, les unir^
On les a vu descendre, et, fixé l'appareil,
Vers le pays natal :-l'un fut vers l'Orient,
Et l'autre verj le peint contraire; Et etiacun déploya la chaîne a bon escient
Au profond du flot solitaire.
De navire en navire, et le long du parcours
Ou gît la mort et le silence, L'éclair sans voir, s'en fui, puis revint 1 relioura
Télégrapbant : "Tout bien commence ! " En avant! En avant! et la nuit et le jour
lia virent chaque crépuscule, Il comptèrent le temps, et crurent sans retour
Terminé ce travail d'Hercule.
Mais de l'orage alors surgit le noir démon,
Forçant dans sa colère immense, L'Océan son vassal à briser le chaînon,
Et le fustigeant d'importance.
" Prenils-la tu clmiiu!, oh ! jjivml.- Uni anneau uuplinl.
Ce joujou que tu crois sublime, Lu fliaîiit, li -i v:usscnin, et les .utils au total.
Porte tout ça dans ton abîme." Par ilem fois l'Océan quoique bien .\ regret,
Broya In précieuse chaîne,
t'AOTMAtr DE IUBIAGE ATUSTIQVE. 371
Los deui vaisseau* deui fois virent sang nul effet
Un labeur fait ù si grand' peine.
Mais ceui qui les montaient ces deux nobles vaisseaui
Etaient les plus braves des braves ; Celait leur vceu : s'asseoir aui banquets nuptiam,
Ou des llu [s mourir sous les hâves, lit la troisième fois, sans Être épouvantes,
Quand ils reprirent leur ouvrage,
lîendït impuissante leur rage, lit liieii inie le vent rude et quelquefois braillard
Ne se tint col que mal à Taise, Et qu'il m tnimimi.-a eimmie en un eaueheniar
RiiLint le (lot, pur parenthèse, Cependant les vaisseaux voguèrent tous tes deux
Vers leur pays avec vitesse :
" L'anneau I nous l'apportons— allez chercher chez etll
Les invites 1 . . Susl . . allégresse I" Us voguèrent la nuit, ils voguèrent le jour,
L'Epoui et la future Epouse, Et l'anncun nuptial gage d'un double amour,
Passa sous la verte pelons».
Et quand les deui vnissuuui [mirent leurs chez oui,
Le canon tonna aa fanfare, "Ces deui unis par Dieu,'' liraient si;i coups nombrcui,
" Que nul homme no les sépare I " Alors courut autour do l'anneau merveilleux
Salutation préeieuso :
"Gloire à Dieul gloire î Dleul gloire au plua liant des cieui,
Et que la terre soit heureuse I" Notre terre devrait maintenant sans déni
Avoir un aspect bien moins triste, Puisque le Temps n'est plus,— N I, ni, c'est fini,
Et que d'Oc&ui plus n'ciiste l
SONNBTS À CHARLES JlICKKKS.