‹ Rayons "N"Chapitre 11 sur 16 · ACTION SUR L'OEIL PAR UN FAISCEAU DE LUMIÈRE · texte numérisé non relu

ACTION SUR L'OEIL PAR UN FAISCEAU DE LUMIÈRE

sans doute à cause de son humidité} des cailloux pris à quelques centimètres au-dessous de la surface du sol étaient inactifs, même après avoir été séchés.

Les phénomènes d'emmagasinement des rayonsN qui font l'objet de la présente Note doivent tout naturellement être rapprochés de ceux de la phosphorescence; ils présentent toutefois un caractère tout spécial comme j'ai l'intention de le faire connaître prochainement.

Sur le renforcement qu'éprouve l'action exercée sur l'œil par un faisceau de lumière, lorsque ce faisceau est accompagné de rayons N.

En étudiant l'emmagasinement des rayons N par différents corps, j'ai eu l'occasion d'observer un phénomène inattendu. J'avais les yeux fixés sur une petite bande de papier faiblement éclairée, éloignée de moi d'environ im; une brique, dont l'une des faces avait été insolée, ayant été approchée latéralement du faisceau lumineux, la face insolée tournée vers moi et à quelques décimètres de mes yeux, je vis la bande de papier prendre un plus grand éclat; lorsque j'éloignais la brique, ou lorsque je tournais vers moi la face non insolée, le papier s'assombrissait. Afin d'écarter toute

possibilité d'illusion, je disposai à demeure une boîte fermée par un couvercle et revêtue de papier noir : c'est dans cette boîte complètement close que l'on plaçait la brique, et, de cette façon, le fond obscur sur lequel la bande de papier se détachait demeurait rigoureusement invariable; l'effet observé resta le même. L'expérience peut être variée de différentes manières : par exemple, les volets du laboratoire étant presque clos et le cadran de l'horloge fixée au mur assez faiblement éclairé pour que, à la distance de 4m5 on l'entrevoie tout juste sous la forme d'une tache grise sans contours arrêtés, si l'observateur, sans changer de place, vient à diriger vers ses jeux les rayons N émis par une brique ou un caillou préalablement insolés, il voit le cadran blanchir, distingue nettement son contour circulaire, et peut même parvenir à voir les aiguilles ; lorsque l'on supprime les rayons N, le cadran s'assombrit de nouveau. Ni la production ni la cessation de ce phénomène ne sont instantanées.

Comme, dans ces expériences, l'objet lumineux est placé très loin de la source de rayons N, et comme d'ailleurs, pour que l'expérience réussisse, il faut que ces rayons soient dirigés, non vers cet objet, mais vers l'œil, il s'ensuit qu'il ne s'agit pas ici d'une augmentation de l'émission d'un corps lumineux sous l'influence des rayons N, mais bien du renforcement de l'action reçue par l'œil, ren-

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forcement dû aux rayons N qui se joignent aux rayons de lumière.

Ce fait m'étonna d'autant plus que, comme la moindre couche d'eau arrête les rayons N, il semblait invraisemblable qu'ils pussent pénétrer dans l'œil, dont les humeurs renferment plus de 98,6 pour 100 d'eau (Lohmeyer) : il fallait que la petite quantité de sels contenue dans ces humeurs les rendît transparentes pour les rayons N. Mais alors de l'eau salée devait, selon toute probabilité, être elle-même transparente; l'expérience prouve qu'elle l'est en effet : tandis qu'une feuille de papier mouillé arrête totalement les rayons N, l'interposition d'un vase en verre de Bohême de 4cm de diamètre, rempli d'eau salée, les laisse passer sans affaiblissement sensible. Une très faible quantité de chlorure de sodium suffit pour rendre l'eau transparente.

Il y a plus : l'eau salée emmagasine les rayons N, et, dans les expériences décrites plus haut, on peut remplacer la brique par un vase en verre mince, rempli d'eau salée, et préalablement insolé : l'effet est très marqué. Il est bien dû à l'eau salée, car le vase vide n'en produit aucune. C'est là un exemple unique d'un phénomène de phosphorescence dans un corps liquide; il est vrai que les longueurs d'onde des rayons N sont très différentes de celles des rayons lumineux, ainsi qu'il résulte de mesures que je compte décrire incessamment.

Un œil d'un bœuf tué de la veille, débarrassé de ses muscles et des tissus adhérents à la sclérotique, se montra transparent pour les rayons N dans toutes les directions, et devenait lui-même actif par l'insolation ; c'est l'emmagasinement des rayons N par les milieux de Fœil qui est la cause des retards observés tant à l'établissement qu'à la cessation des phénomènes qui font l'objet de la présente Note.

L'eau de la mer et les pierres exposées au rayonnement solaire emmagasinent des rayons N qu'elles restituent ensuite. 11 est possible que ces actions jouent dans certains phénomènes terrestres un rôle resté jusqu'ici inaperçu. Peut-être aussi les rayons N ne sont-ils pas sans influence sur certains phénomènes de la vie animale ou végétale.

Voici encore quelques observations relatives au renforcement des rayons lumineux par les rayons N.

Il suffit, pour que ce phénomène se produise, que les rayons N atteignent l'œil n'importe comment, même latéralement; ceci semble indiquer que l'œil de l'observateur se comporte comme un accumulateur de rayons N, et que ce sont les rayons accumulés dans les milieux de l'œil qui viennent agir sur la rétine conjointement avec les rayons lumineux.

Il importe peu dans ces expériences que les rayons IN soient émis par un corps préalablement

SUR LA PROPRIÉTÉ D'ÉMETTRE DES RAYONS N. t\l

insolé, ou que ce soient des rayons primaires, produits par exemple par une lampe Nernst.

L'hyposulfîte de soude, soit à l'état solide, soit dissous dans l'eau, constitue un puissant accumulateur de rayons N.

Sur la propriété d'émettre des rayons N, que la compression confère à certains corps, et sur Pémission spontanée et indéfinie de rayons N par l'acier trempé, le verre trempé, et d'autres corps en état d'équilibre moléculaire contraint.

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