‹ Réaction de Bordet et Gengou dans les Déterminations rénales d'origine tuberculeuse: Essai de déductions pathogéniquesChapitre 14 sur 45 · ROUGE · texte numérisé non relu

ROUGE

Wolman groupe en précipilo-réactions et réactions de coagulation. Elles sont de valeur diagnostique inégale et renferment, disent MM. Arloing et Langeron, sous leur simplicité apparente, plus de causes d’erreurs que la méthode de Wassermann proprement dite à laquelle ii convient de recourir d’une façon systématique en attendant mieux.

Il ne faudrait pas croire en effet que bien que modernes ces travaux portent un coup fatal à la méthode, car M. Bordet lui-même a vu et signalé beaucoup de ces objections. |

Les substances (1), dit-il, capables de fonctionner comme antigènes présentent ce caractère commun d'être des colloïdes.. lorsqu'on tente d’obtenir des anticorps actifs vis-à-vis des cristalloïdes on échoue régulièrement. Les effets par lesquels les anticorps se décèlent sont.des phénomènes colloïdaux; il y à lieu d'admettre que les réactions des anticorps sur les antigènes dépendent précisément des forces qui déterminent les réactions colloidales. I insiste aussi sur le rôle des lipoïdes qui, dit-it, au cours de la séro-réaction de la syphilis, participent certes à la capture de l’alexine, mais n’interviennent à titre ni d’antigènes proprement dits, ni de récepteurs s'unissant à un anticorps véritable; encore est-il probable que l’élément fixateur n’est pas le lipoide à l’état pur, mais le complexe qu’il forme avec les matériaux protéiques. Quant aux anticorps, leur origine leucocytaire est probable, mais il n’est pas impossible qu’ils puissent

avoir une origine locale.’ S. Arloing, J. Courmont l'ont

(1) Traité de l'Immunité dans les maladies infectieuses, 1919,

Sat e

démontré, Wassermann et Citron (1905) ont déduit de leurs expériences que les anticorps peuvent apparaître localement dans la cavité pleurale inoculée et, enfin, d’après Von Dungerf (1903), l'humeur aqueuse d’animaux injectés d’un sérum étranger dans la chambre antérieure de l’œil peut manifester la propriété précipitante à un moment où le sang est encore inactif. Il ést vrai qu'entre les mains d’autres expérimentateurs, ces expériences ont donné des résultats négatifs.

Il est vraisemblable que les propriétés si hautement spécifiques des immunsérums ne résültent pas de la production en quantité excessive de certains anticorps déjà présents en faible dose dans l'organisme normal; les anticorps acquis semblent bien être des principes nouveaux. Normaux ou acquis, les anticorps ont très probablement une origine cellulaire commune.

Quant au mécanisme même de la réaction, Bordet le comprend ainsi : « l’anticorps dit précipitable, et l’immunsérum dit précipitant, se floculent mutuellement et dans ce cas encore Pélectrolyte intervient. La coagglutination, la conglutination, ete. consistent encore en accolements par adsorption de matériaux divers qui se précipitent les uns sur les autres, s’agrègent en volumineux paquets. Même l'attachement ou protoplasma leucocylaire des cellules ou microbes opsonisés rentre dans IG vaste groupe des faits d’agglutination. Quant à la nature même des anticorps, on peut, dit Bordet, avoir la certitude morale qu’ils sont de nature protéique, mais

on n’en a point la preuve irréfutable, »

Effets produits par l'Anticorps sur l'Antigène

L’anticorps se soude à l’'antigène, i ne le dégrade pas; ce qui le prouve, c'est que le complexe peut être ultéricurement dissocié’en restituant l’antigène. En enrobant l’antigène, l’anticorps le rend mieux susceptible d’être incorporé par les cellules, c’est à celles-ci et non à l’anticorps qu’appartient le rôle de faire subir aux éléments étrangers les altérations profondes et définitives. L'effet de l’anticorps est seulement préparatoire.

Leur mode d’union est certainement sous la dépendance de réactions colloïdales, fait sur lequel insiste Bordet dans sa Théorie de l’adsorption. Les ressemblances que la réaction de l’anticorps sur l’antigène présentent avec les phénomènes qui peuvent se dérouler dans les : solutions colloïdales ont, comme les analogies avec les phénomènes de teinture, beaucoup contribué au succès de la théorie de l’adsorption, Le parallélisme entre les phénomènes colloïdaux d’une part et les faits d’agglutination de microbes ou de cellules, de précipitation, d’absorption de l’alexine de l’autre, est frappant. Les divers effets de l'adhésion moléculaire que l’on trouve en étudiant les propriétés des sérums (formation de complexe, rôle des électrolytes dans leur production et dans leur floculation, importance des proportions ‘relatives de leurs constituants, concurrence des affinités d'absorption et des influences susceptibles d’entraver certains phénomènes de fixation) s’observent couramment dans des expériences mettant en jeu des colloïdes. Et, en effet, on a pu reproduire avec fidélité ces phénomènes imitant ceux que l’immunité envisage avec des substances n’ayant

rien de commun, ni avec l’antigène, ni avec l’anticorps.

Page 1