RARE
La théorie de l’adsorption ne rend pas compte, pas plus que les autres théories d’ailleurs de la spécificité, que celle-ci soit d’ordre chimique, qu’on la juge très énergique ou au contraire assez modérée pour permettre l’entrée en scène de la loi d'attraction des masses, la cause profonde de la spécificité, c’est-à-dire du fait que l'anticorps manifeste une affinité beaucoup plus vive pour l’antigène correspondant que pour tout autre, n’en est pas moins entourée de mystère, mais malgré tout, l’affinité d’adsorption est assez délicate, assez graduée, assez élective pour que la notion de son intervention dans les réactions anticorps-antigène soit compatible avec celle de la spécificité. .
La cause physiologique de la spécificité est un mystère, les éléments primordiaux nécessaires à la solution du problème nous échappent. I} y a dans le sang normal des anticorps normaux très analogues aux anticorps d’immunsérums et qui cependant ne réagissent pas malgré leur contact permanent avec de nombreux anticorps. Sont-ils équilibrés aux matériaux qu'ils rencontrent dans les conditions physiologiques ? Cet accord résulte-t-il de la constitution physiochimique des antigènes ? La réaction est-elle prévenue par des substances antagonistes? Les hypothèses relatives aux causes présidant à un tel équilibre resteront gratuites aussi longtemps que nous ignorerons, d’abord à quoi servent les anticorps normaux et à quel excitant lapparition de ces anticorps répond, ensuite en quoi consiste réellement le cachet spécifique et de quels déterminants physiques et chimiques il se compose. Cest le facteur décisif qui déchaîne
la réaction aboutissant à l'apparition de l’anticorps. C’est
alors qu’intervient, pour assurer au principe actif en voie d'élaboration, sa spécificité, cet autre facteur jusqu'ici aussi irréductible, le pouvoir de l'être vivant est doué d’approprier sa réaction à la nature de l’excitant. Ces réactions caractéristiques de la vie sont particulièrement nettes chez les végétaux accordés pour la captation de l’énergie à des longueurs d’ondes différentes. Ne voit-on pas les algues rouges, du fond des mers, tirer parti des radiations plus réfrangibles et certaines oscil- Jaires varier leur teinte naturelle selon la lumière à laquelle elles sont exposées !
« L’apparition d'anticorps spécifiques représente donc une manifestation particulière d’une propriété générale qui, de quelque façon qu’elle se trahisse, est toujours aussi énigmatique. » $
Il apparaît done que les phénomènes intimes de cette réaction sont mystérieux et que leur nature même nous échappe, mais est-ce là une raison pour condamner la méthode ? L’électricité, dans son essence, nous est-elle connue et cependant à combien d’applications ne donnet-elle pas lieu?
Nous lisons, dans une note très récente due à l’obligeance de M. le Docteur Fourcade, que des expériences de Wassermann sur l’isolement du complexe antigène ambocept à l’état pur, il résulterait que l'énigme qui entourait cette réaction serait. résolue. La réaction serait due à l’état spécial des lipoïdes des syphilitiques. Ce ne sont pas les spirochètes qui font la maladie, mais le métabolisme lipoïdique de l’organisme et ce n’est que par son action directe sur ce métabolisme que le mercure
atteindrait indirectement le tréponème. Et Wassermann