‹ Réaction du Séro-Diagnostic dans l'IctèreChapitre 19 sur 26 · Lecexpre. « Cholécystite à bacille d'Éberth sans fièvre · texte numérisé non relu

Lecexpre. « Cholécystite à bacille d'Éberth sans fièvre

typhoïde ». Soc. méd. hôpitaux, 1901.

= 4288 # 30 et 40°, pour redescendre progressivement jusqu'au dessous Le de 37, en l’espace de sept jours. Elle a donc un cycle fébrile de 22 jours, tout à fait classique comme courbe de fièvre typhoïde.

Mais pendant cette période, la malade ne présente aucun des autres symptômes classiques; la langue reste nette et rose ; pas d’épistaxis, pas de diarrhée, pas de ballonnement du ventre, pas d’hypertrophie splénique; ni bronchite, ni taches rosées. Par deux fois, la réaction de Widal est négative, les 9° et 20° Jours.

Comme au sommet légèrement submat, la respiration est affaiblie et l'expiration un peu prolongée, on craint une insidieuse évolution granulique, hypothèse rapidement abandonnée,

Le traitement consiste en bains tièdes, et la malade sort guérie à la fin d'octobre. Le diagnostic porté avait été celui de fièvre chez une chlorotique.

Le quinze octobre, elle revient avec une température de 40”, Elle a des maux de tête et elle vomit. La langue est un peu sèche, mais non saburrhale, Soif vive, anorexie. La rate n'est pas appréciable, Pas de phénomènes intestinaux, On croit trouver un malin une lache rosée sur la région lombaire et une autre dans la fosse sous-épineuse droite, mais toutes deux sont à à peine visibles et discutables, En réalité, le tableau clinique est aussi flou que la première fois.

On reprend les bains tièdes et la température s'abaisse pro: gressivement à 39 jusqu'au 18. Ce jour-là, la malade se plaint pour la première fois de douleurs vagues dans l'hypocondre droit, douleurs qui augmentent par la pression de la région de

la vésicule biliaire. On pense à une cholécystite.

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À partir de ce moment, la température suit une marche ascendante jusqu'au 29 novembre jour, auquel l'examen du sérum décèle une réaction agglutinante positive pour une culture de baaille d'Éberth. La Séro-réaction recherchée de nouveau le

30 novembre est des plus évidentes (agglutination à 1/1000).

Il s'agit bien, dit l’auteur, d'une infection éberthienne, malgré l'absence à peu près complète des symptômes de dothiénentérie. La persistance de la dou'eur au niveau de la vésicule biliaire confirme le diagnostic de cholécystite.

D'autre part, nous emprunterons à la thèse récente

de M. Lippmann (1) l'observation suivante :

Mme X.., 48 ans,entre à l'hôpital de la Salpêtrière, service de M. Segond.

N'a pas eu la fièvre typhoïde. Présenta en 1869, un ictère prolongé, à l’occasion d’une grossesse gémellaire terminée avant terme (6° mois). Cet ictère persiste pendant onze mois, s’accompagnant de fièvre, de prostration marquée et d’anorexie. En même temps, apparaissent des hémorrhagies, surtout nasales, de la diarrhée ; la malade se trouve alors en proie à une sombre mélancolie. Sept autres grossesses depuis.

Deux mois avant son entrée à l'hôpital, surviennent des vomissements, avec {ympanisme et douleurs abdominales. Cette crise cède à des applications glacées. L'on constate, dès ce moment, l'existence d’une tumeur dans la région hépatique.

Depuis, sans présenter de crises aiguës, la malade éprouve

1. [appmaxx. « Le microbisme biliaire normal et pathologique. » T'hèse de Paris, 6 avril 1904,

— A6 — > une perpétuelle sensation douloureuse dans l'hypôcôndre droit. Il n'existe aucune trace d'ictère.

La palpation réveille la douleur en un point fixe et localisée au siège de la vésicule biliaire. Malgré une paroi abdominale surchargée de graisse, l’on arrive à percevoir une masse mobile, du volume d’un gros abricot.

L'opération faite le 18 juin montre une vésicule libre d'adhérence, de coloration rouge-violacé, à parois épaissies notablement et contenant un liquide clair, transparent et incolore.

Deux gros calculs arrondis, du volume d'une cerise, occupent le premier l'entrée du canal cystique, le second une logette spéciale creusée dans la paroi vésiculaire.

L’ensemencement du liquide kystique a donné une culture de

bacille d'Éberth.

Ainsi est démontrée l'existence de l'infection des voies biliaires par le bacille typhique en dehors d'une dothiénentérie antérieure ou concomitante. Par suite, la possibilité d’un ictère catarrhal d’origine éberthienne ne peut être mise en doute. Il reste à savoir maintenant par quel mécanisme se fait cette infection.

Le séjour prolongé d’un individu dans un milieu où la fièvre dothiénentérique est endémique permet au bacille d’Éberth de se fixer dans l'intestin et d'y vivre à l’état latent, ainsi que l’a montré M. Chantemesse qui a trouvé ce microbe dans les selles d'individus sains. Celui-ci, favorisé par des conditions spéciales, prédisposantes : stagnation de la bile ou ralentissement de son cours et par sa mobilité excessive, emprunte la voie d'infection la plus simple, c’est-à-dire la voie ascendante, franchit le sphincter d'Oddi et. remonte le cou-

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