‹ Réaction du Séro-Diagnostic dans l'IctèreChapitre 21 sur 26 · LL. RESTE SE · texte numérisé non relu

LL. RESTE SE

SHrrer, A

qui, de tout temps, présentait un teint jaunet, offre, entre autres

on . GE 7 ; « stigmates de cholémie familiale, des migraines fréquentes et des

crises de gastrite hyperpeptique.

Arrivée à Paris depuis un an seulement, cette jeune femme,

jusqu'alors bien portante, est prise vers le 10 octobre de cépha-

lalgie violente, de bourdonnements d'oreille, d'éblouissements avec courbature généralisée et insomnie ; en mème temps appa- ‘ raissent des vomissements continus et des selles diarrhéiformes

qui, en quelques jours, font place à une constipation opiniâtre.

En dépit de ces divers symptômes, la malade continue à se ) ; |

livrer à ses occupations journalières. Trois ou quatre jours plus tard, les règles étant survenues, l'état général s'aggrave nofablement. La constipation, vainement combattue par l’ingestion réitérée de purgatifs, cède le 31 octobre, et dès lors s'établit une diarrhée abondante ; l'appétit est totalement supprimé ; quelques frissons répétés au cours de la journée, une faiblesse de plus en plus prononcée obligent la malade à s'aliter, Enfin, le 2 novembre, se montre insidieusement un ictère dont les progrès croissants décident de son entrée à l'hôpital.

A cette daie (11 novembre) la coloration des téguments est remarquablement intense ; la face, le tronc, les membres offrent une teinte jaune orangée très marquée ; la muqueuse de la bouche et des lèvres, les conjonctives sont jaunes ; les selles sont entièrement décolorées, les urines extrêmement foncées. Le foie n’est pas augmenté de volume, mais la rate, volumineuse, offre un développement surtout thoracique et nettement appréciable à la percussion.

Les autres appareils sont normaux. La température, de 379 à l’arrivée dans le service, Lombe à 37 degrés le lendemain pour

ne plus désormais dépasser 373, {

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Les quelques jours qui suivent sont marqués par une exagération manifeste des symptômes nerveux préexistants, la céphalée et l'insomnie, et par l'apparition de nouveaux phénomènes tels qu’une grande agitation avec sueurs profuses, délire et hallucinations. Cet état reste dès lors sensiblement stationnaire, les selles fréquentes et diarrhéiques sonttoujours blanches, les urines rares (500-800 grammes) et hautes en couleur.

Le 15 novembre, l'agitation et le délire cessent, la céphalée diminue d'intensité en même temps qu’une véritable crise porte le taux des urines à 1.500, puis à 2.000 grammes et que, pour la première fois, l’on constate l'existence de traces d’urobiline dans les matières fécales. A dater de cette époque, l'état général s'améliore de jour en jour, les fonctions digestives se rétablissent normales, les selles se recolorent, les urines abondantes s'éclaircissent et bientôt la teinte jaune des téguments

diminue lentement et graduellement d'intensité.

« En résumé, l'affection dans son ensemble présenta trois périodes nettement distinctes; une première période que l’on peut appeler préictérique, d'uné durée de trois semaines environ et caractérisée par l'importance et l'intensité des troubles digestifs; une deuxième période de trois semaines également, marquée par l’entrée en scène de l'ictère et de phénomènes nerveux aigus; enfin, précédée d'une véritable

crise urinaire, une troisième période de convalescence, »

II. — La recherche de la réaction agglutinante fut pratiquée pour la première fois le 12 novembre, deux Jours après l'entrée de la malade à l’hôpital.

Lecointre 4e

CSS

La séro-réaction s’affirma nettement positive en quelques minutes et à des taux de dilution fort élevés (1/500). Le 28 novembre, quelques jours après la crise urinaire, la réaction fut trouvée très notablement diminuée ; c'est à peine si, dans une dilution au centième, et après une demi-heure d’attente, nous arrivâmes à cnstater quelques amas microbiens… Enfin, en pleine convalescence, le 13 décembre, l’agglutination fit totalement défaut, du moins dans toute dilution supérieure à 1/10.

Ainsi, cette dernière suivit pas à pas la marche progressivement décroissante de la maladie, présentant avec elle un paral-

lélisme presque parfait.

III. — « En présence du tableau clinique que nous avons rapporté dans les quelques lignes ci dessus, le diagnostic d’ictère catarrhal s'imposait. Était-il possible, de par la symptomatologie, de voir plus loin et de chercher à pénétrer la signification de cet ictère. A la vérité, les seules ressources de la clinique permettaient d’en soupçonner tout au moins la nature. Certains détails, tels que la récente arrivée à Paris de la malade originaire de la campagne, la longueur de la période préictérique, l'intensité des phénomènes qui la marquèrent, devaient mettre sur la voie. Mais la elinique ne pouvait que soulever l'hypothèse sans la résoudre, I fallait l'appui de lagglutination microbienne, ainsi que les variations remarquables subies par cette réaction, réaction d'infection, on le sait, et non d'in munité, pour affirmer l’origine éberthienne de l’infeclion biliaire,

L'on est actuellement fixé sur la nature de certains

états morbides, désignés autrefois sous le nom d’embarras gastriques et qui, pour la plupart,sont autant de dothiénentéries légères. Nul doute qu'en multipliant les examens dans les cas d’ictère dit catarrhal dont la cause intime échappe encore si fréquemment, l’on arrive à classer un certain nombre de cas ressortissant à cette affection dans le cadre déjà si chargé des infections biliaires d’origine éberthienne. »

En résumé, nous nous trouvons en présence d’une part d’une technique défectueuse ; d’autre part, de tout un groupe d’affections ictérigènes d’origine éberthienne possible. Aussi croyons-nous qu'il ne faut pas accorder créance pleine et entière aux travaux précités dans jeurs conclusions tendant à infirmer la spécificité de la réaction agglutinante. Rien ne prouve que, repris avec la technique de Widal, un certain nombre de résultats n’aient été trouvés tout différents. Rien ne prouve également que certaines des observations publiées ne ‘appliquent précisément à ces affections ictériques d'origine éberthienne. (Angiocholite.Angiocholécystite.

Ictère catarrhal).

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