PNEUMONIES À FORME PSEUDO-APPENDBICULAIRE AU DÉBUT
Très souvent, chez l'enfant, le point de côté de la pneumonie au lieu de siéger au niveau du mamelon est situé très bas au-dessous de l’ombilic et le malade attire l’attention du médecin non pas sur le thorax mais sur son abdomen. En effet, à l’examen de l’enfant, on est frappé des symptômes abdominaux qu'il présente : point douloureux abdominal, vomissements, ballonnement du ventre. La palpation réveille de la douleur au niveau du point de Mac Burney et, les vomissements aidant, on est teuter de considérer le petit malade comme étant atteint d'appendicite. En présence de phénomènes abdominaux aussi violents, surtout si la douleur siège à droite, le diagnostic est souvent bien embarrassant. Il n’est pas rare de voir arriver dans les services de médecine, de jeunes malades dont la pancarte porte le consentement des parents à l'opération et qui ont été renvoyés de chirurgie parce qu’une pneumonie se déclarant subitement était venue à temps éclairer le diagnostic.
Le D' Loygue a décrit un cas très typique concernant un soldat. Le D' Vladimir de Holstein a rapporté dans
PRRELE
le bulletin médical des observations de ce genre recueillies par M. H. Benneke, à Iéna.
& Il s’agissait d'un garçon âgé de 10 aus, pris brusquement de céphalalgie avec douleurs intenses du côté droit de l'abdomen et fièvre dépassant 39°, mais sans diarrhée ni symptômes appréciables du côté des poumous. Le ventre était très ballonné, très sensible à la pression, surtout à droite où, au niveau du cœcum, on percevait du gargouillement. On pratiqua une appendicectomie mais l’appendice fut trouvé sain. On constata un léger épanchement séreux dans la cavité péritonéale. Mais la fièvre diminua, sans disparaître cependant, et quelques jours après, on put déceler au lobe supérieur du poumon gauche un foyer pneumonique parfaitement caractérisé par les signes habituels. À aucun moment on n’avait remarqué chez le malade ni toux, nipoint de côté, ni expectoration quelconque. »
Le même auteur rapporte également l'observation d’un enfant de 14 ans opéré pour appendicite. L’appendice était sain mais une pneumonie se déclara 2 jours après. M. le P° Hutinel a publié des observations de pneumonies simulant l’appendicite à leur début.
Nous en reproduisons une :
«Il y a 4 jours entrait dans notre service un enfant que l’on croyait atteint d’appendicite. Fiévreux, le pouls fréquent, il présentait une matité de la base du poumon droit dont les râles et le souffle ne permettaient pas de douter qu’il eut une pneumonie. La partie inférieure de l'abdomen semblait au palper légèrement empâtée. La fosse iliaque droite était sensible. La vessie se vidait mal.
LNUEG De
Simple réaction péritonéale tributaire de la preumonie, pensai-je, qui, selon toute invraisemblance, ne tarderait pas à se dissiper. Le lendemain, en etfet, elle se dissipait. » N Dans une de nos observations (VIT), il s’agit d’un petit . malade qui fut envoyé en chirurgie pour appendicite puis passé en médecine lorsqu'on s’aperçut qu'il s'agissait en réalité d'une pneumonie. Celle-ci eut du resteune marche tout à fait anormale et une durée insolite simulant celle de la fièvre typhoïde.
Il est donc fréquent de voir chez l'enfant, au début de la pneumonie, le péritoine réagir d’une façon assez violente, et si cette réaction tourne généralement au court, son importance au point de vue du pronostic n’est pas, à notre avis, à dédaigner. La violence des symptômes abdominaux semble être en rapport avec la virulence du microbe. Les pneumonies à début pseudo-appendiculaire sont des déterminations intenses de la maladie. Elles nous semblent indiquer que la localisation du pneumo-
coque a de la péine à s’eflectuer et que le microbe hésite :
à se fixer soit sur le poumon, soit sur le péritoine. Deux observations du D° Triboulet sur trois concernaient des pneumonies doubles, bien qu'ayant débuté par un seul point abdominal douloureux à droite. Dans l’une de nos observations (IV) de péritonite pneumococcique généra-
hsée, il s'agissait d'un petit malade dont la pneumonie
avait débuté par un point de côté abdominal. Un mois plus tard se déclarait une péritonite généralisée à pneumocoques qui nécessitait une intervention d’urgence.
- Les pneumonies à point de côté abdominal violent
a pis °
semblent donc devoir attirer l'attention du clinicien qui doit toujours se méfier d’une complication abdominale plus ou moins tardive.
L’appendicite et la pneumouie présentent, ainsi que nous venons de le voir, un début à peu près semblable et, dans certains cas, il est difficile, même pour un médecin exercé, de se prononcer en faveur de l’une ou de l’autre de ces deux affections. Le diagnostic doit être fait cependant dans le plus bref délai. Existe-t-il quelques signes permettant de distinguer l’appendicite de la pneumonie ? |
Certaines nuances dans l’intensité des symptômes principaux : fièvre, vomissements, permettent quelquefois de faire le diagnostic.
La fièvre dans la pneumonie est desc plus élevée que dans lappendicite. Le pouls est plus en rapport avec la température, plus vibrant, plus régulier chez le pneumonique. Le vomissement chez l'enfant atteint de pneumonie est plus dramatique, plus solensel. Il devient presque de suite bilieux, tandis que dans l’appendicite, il ne se montre bilieux que bien plus tard.
Enfin, l’attitude du malade peut être de quelque intérêt. Le malade atteint d’appendicite se présente le plus souvent allongé. Le pneumonique soulage sa dyspnée thoracique en se couchant latéralement en chien de fusil.
Dans des cas très rares où il existe de la constipation, le ballonnement du ventre, les vomissements fréquents, l'absence absolue de selles peuvent faire penser à l'occlu-
ST Du
sion intestinale et nous reproduirons deux observations
du D° Triboulet, concernant des enfants envoyés en.
chirurgie pour y être opérés d'urgence, alors qu’ils étaient en réalité sous le coup d’une pneumonie à laquelle ils succombèrent rapidement. A l’autopsie, l'on découvrit l'existence d’uue pleurésie purulente à pneumocoques et des lésions très minimes du péritoine.
OBSERVATION V (M. Triboulet, in Clinique, 23 février 1912.)
B. M., enfant de 4 mois 1/2.
Malade depuis deux jours, entre à la crèche de l'hôpital Trousseau pour amaigrissement. La température est de 38°,4 à l'entrée, puis défervescence assez brusque, léger ressaut à 38° le septième jour et détente à 360,8. Cet incident subaigu est suivi d’une phase de cachexie progressive de 15 jours avec maxima thermiques à 37°,2 et quelques minima à 35°,5.
Dans les quatre derniers jours, oscillations entre 36° et 317°,6 et une fois à 38°.
L'enfant a pris le facies de l’atrepsique, bien que son poids initial de 3 kilogrammes se soit maintenu et bien qu’à.
quelques selles vertes du début aient succédé des selles demimolles, jaunâtres, au nombre de 2 à 3 par jour. L'alimentation à consisté en eau de riz à raison de 120 grammes, avec adjonction progressive de lait : 20, 30, 40 grammes.
Lago