‹ Réactions abdominales au cours des pneumococciesChapitre 7 sur 34 · NA GES · texte numérisé non relu

NA GES

Le pneumocoque ne gagnerait plus le poumon par la

voie aérienne mais par la voie sanguine. Il se trouverait : donc disséminé dans tout l'organisme avant. de venir se:

fixer sur le poumon.

« Autrefois, dit le P° Hutinel, on pensait que le pneumocoque descendait du larynx, de la trachée et des bronches pour se disséminer ensuite dans les alvéoles. Aujourd'hui on a dû abandonner cette interprétation pour ne plus admettre que l'hypothèse d’une septicémie se localisant plus particulièrement et d’une façon plus intensive sur le poumon. »

‘De nombreux arguments sont venus légitimer cette manière de voir. A l'appui de cette conception : pneumouie, maladie générale, l’on a pu apporter des preuves expérimentales et il est facile maintenant d'expliquer certains faits cliniques qui seraient peu compréhensibles si l’on admettait que le pneumocoque gagne le poumon par la trachée.

La pneumonie a pu être reproduite en injectant dans le sang du chien et de la souris des pneumocoques et, dans ces expériences, la pneumonie fut la seule localisation de cette pneumococcie (Joltrain).

De plus, assez souvent il est possible de trouver des pneumocoques dans le sang des individus atteints de pneumonie. Chalier et Cremeau retrouvent le pneumocoque dans une veine atteinte de phlébite consécutive à une pneumonie. Cette recherche est assez difficile, surtout chez l'enfant. Au cours d’une pneumonie franche, elle est souvent négative parce qu'à ce moment le poumon a effectué un drainage à peu près complet et que

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les pneumocoques se trouvent presque tous immobilisés dans le poumon. « La démonstration de la pneumococcie n’est pas facile, parce que la bactériémie n’a qu’une durée éphémère et disparaît dès que la localisation pulmonaire s'affirme (Hutinel). »

La transmission de la pneumonie de la mère au fœtus vient encore apporter une preuve de l’origine sanguine de la pneumonie. M. Netter a rapporté à ce sujet un cas très typique. Il s’agit d’une femme atteinte d’une pneumonie du sommet droit et qui, au cours de sa maladie, met au monde un énfant du sexe féminin. Cet enfant meurt le lendemain de l'accouchement et, à l’autopsie, on note l’existence d’une pneumonie du sommet du poumon droit. Un cas analogue a été rapporté par Marchand.

Dans un cas de Thoruer un enfant né d'une mère at-

teinte de pneumonie est mort trois Jours après sa nais-

sance. Son poumon gauche était hépatisé dans son tiers inférieur.

Ainsi, il paraît établi que la pneumonie est une septicémie à localisation pulmonaire et nous ne pouvons nous dispenser pour conclure de reproduire un passage de l’article de MM. Landouzy et Griffon sur la pueumonie.

« La pratique systématique de l'hémoculture montre souvent chez le pneumonique le pneumocoque en circu- Jation dans le sang... D’autre part, la clinique humaine nous permet de voir réaliser des pneumonies lobaires à preumocoques qui, bien qu’évidemment d'origine sanguine, ne diffèrent en rien des pneumonies supposées d’origine aérienne. C’est ainsi qu’au cours de la trans-

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mission intrautérine de la pneumonie de la mère au fætus, ce dernier peut présenter des foyers de pneumonie lobaire typiques, tantôt isolée, tantôt liée à d’autres manifestations de la pneumococcémie.. Envisagée de la sorte, la pnéumonie franche aiguë nous apparaît comme la localisation métastatique par excellence de la septicémie pneumococcique. »

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