‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 19 sur 47 · II. — PRONOSTIC DES RÉACTIONS NERVEUSES D'ORIGINE PLEURALE · texte numérisé non relu

II. — PRONOSTIC DES RÉACTIONS NERVEUSES D'ORIGINE PLEURALE

Au point de vue clinique, nous rappellerons sim. plement que Bouvret dans son 7raité de lempyème, dès 1888, classait les accidents auxquels donnaient lieu les interventions sur la plèvre, en formes syncopale, convulsive, éclamptique et paralytique. M. Bezançon (31) pense que les accidents du pneumothorax artificiel rentrent dans cette classification.

Dans notre observation III, tout le temps de l’insufflation avait été douloureux; le malade se plaignait de tiraillements violents dans le côté. La radioscopie nous révéla, après quelques jours, la constitution d’un pneumothorax partiel avec une large adhérence à Ja partie moyenne. L’observa. tion IV, que nous €éMmpruntons à une conférence de Pruvost (131), p. 178, est exactement superposable à la nôtre ; mais la Symphyse ÿ était plus étendue encore etempêcha la continuation du pneumothorax. M. Bezançon (31) fait l'étude de 10 observations qu'il a rassemblées. Dans 7 chservations, la présence d'adhérences où l'absence de dénivellement manométrique est notée. Dans les observations de M. Du-

marest (68), p. 70, nous relevons : « Pas d'intervalle pleural libre ». ou encore, « tentative infructueues de pneumothorax », ou enfin, nécessité de fortes pressions (- 30 est noté dans une observation). Dans une observation très détaillée de G. Caussade (47), et analysée par son élève Coupeau’ (58), p. 38, dans sa thèse, une rupture d’'adhérences est également invoquée comme point de départ pleural des accidents.

Enfin, après une étude expérimentale, Leuret et Caussimon (98) concluent qu’une véritable « corticalite » pleuro-pulmonaire est le point de départ du réflexe.

Nous sommes donc en droit d'admettre que les malades, les plus exposés à ces accidents, sont ceux chez qui on voudra créer de force, avec l’aide de pressions élevées, une poche gazeuse au milieu d'adhérences pleurales.

Nous faisons remarquer que la réaction adhésive de la plèvre est une cause prédisposante qui cadre bien avec les théories pathogéniques, et cela, sans avoir la prétention de les départager ; ce qui, d’ailleurs, ne rentrerait pas dans le cadre que nous nous sommes assigné. Rappelons-les brièvement : les uns pensent à un réflexe à point de départ pleural : d’autres invoquent l’embolie gazeuse (3 à 19) : Cordier (57) y voit un choc hémoclasique, MM. Bezancon (51) et Dumarest (68), p. 74, plus éclectiques, admettent « la réalité des deux causes produc-

trices des accidents nerveux : l’embolie gazeuse et

R. Lavoine 7

le réflexe inhibiteur pleural » (31). Mais, quelle que soit l'attitude adoptée, on pourra soutenir le rôle important que jouent les adherences dans le déterminisme de ces accidents.

Si l’on est partisan du processus embolique, on pourra citer une observation de Brauer, relatée par Lenormant (94), où cet auteur trouva, à l’autopsie, une veine béante au niveau de la déchirure d’une adhérence.

Si l’on croit pouvoir expliquer les phénomènes par un réflexe d'origine pneumogastrique, il faudra également faire une large part au tiraillement des adhérences excitant les terminaisons nerveuses, qui, prises dans la pachypleurite, sont vraisemblablement atteintes de névrite. Sans vouloir insister ici sur les facteurs extra-pleuraux, nous rappelons cependant que les « invalides du système nerveux végétatif », suivant l'expression d'Eppinger et Hess, à tendance vogotonique ou neurotonique, sont prédisposés à ces accidents. « Les traumatismes pleuraux sont mal supportés par les individus à pneumogastrique irritable » (Cordier, Bezançon).

Il faut noter cependant que,dans certains cas (89), les adhérences doivent jouer un rôle moindre, les accidents éclatant aussitôt l'aiguille en place et avant l'insufflation gazeuse. Mais, même dans ces conditions, la pleurite simple n’en existe pas moins et constitue un facteur étiologique important (131), p. 179.

Ces accidents dépassent alors le cadre du pneu-

5 nn. nous a souvent. mis en a contre de tele faits en insistant sur leur fréquence chez les enfants, et en nous citant des observations d'enfants fatigués par un gros épanchement où la simple mise en place de l'aiguille, sans difficultés et avant l'apparition du liquide, amenait une syncope mortelle,

Armand a consacré sa thèse à ce sujet chez les

enfants (5). Par analogie, il serait donc à conseiller

de craindre, et d’essayer de prévoir, ces accidents

A chez les enfants au cours desinsuf-

flations. Nous signalons cependant que Chabaud (51)

donne une statistique sans accident chez les én-

fants. :

Quoi qu’il en soit, nous pouvons admettre que le pronostic d’une réaction nerveuse pleurale sera d'autant plus grave, que se trouveront coexister, chez le même malade, avec le plus d'intensité, un ee déséquilibre neuro-végétatif et des adhérences pleurales. | 3 Reste à fixer le pronostic dans chaque forme cli- | nique, et cela est difficile puisque chaque forme clinique de réaction nerveuse compte ses morts. On ne peut donc donner qu’une idée d’ensemble en classant les formes cliniques d’après leur propor-

PRO NEA

tion de guérisons et de morts. C'est ce qu’a fait Perret (119), p. 50, dans sa une Voilà ces résultats :

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