‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 21 sur 47 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(service du Df Hautefeuille, Salle Huber, n9 30),

Rolande L..., 21 ans, est entrée à l'Hôtel.Dieu d'Amiens en juin 1929 pour fatigue générale, toux et amaigrissement, La température oscille autour de 3805, A l'examen clinique du poumon : submatité et râles sous-crépitants du sommet gauche, s'entendant particulièrement bien dans l'aisselle. A l'examen radiographique : ombre diffuse de tout le lobe supérieur gauche. Un pneumothorax est facilement institué le 17 juin. Au bout de quelques insufflations, le décollement ne devient pas complet du fait d’une large adhérence au niveau de la scissure inter-lobaire. Le 2 avril 1930, la température monte brusquement à 39° et l’état général est précaire. Une dyspnée assez intense gêne profondément la malade. A la base droite, on perçoit un foyer de râles humides. On pense à une bilatéralisation et on porte un pronostic sévère, Cependant, à la fin du mois, les symptômes généraux s’amendent et la température redevient lentement normale, La malade peut alors être conduite à la radioscopie et nous avons la surprise de découvrir un épanchement de moyenne abondance dans la cavité du pneumothorax et aucune nouvelle image à droite, Ponctionné, cet

épanchement est séro-fibrineux.

Voulant enrayer l'accroissement de l'épanchement, nous nous proposons de faire de l’antigénothérapie intra-pleurale suivant la méthode de Courcoux. Nous injectons donc dans la plèvre, le 29 avril, 4 gouttes d’antigène méthylique diluée au 1/10. La journée se passe sans incident, mais le lendemain la température fait un clocher à 4o°, avec sensation de fatigue générale extrême. Une deuxième injection, aux mêmes doses, faite la semaine suivante,ramena le même clocher thermique. Le 15 avril, à la radio, on constate que l’épanchement a augmenté de volume. En somme, l’antigène injecté dans cet épanchement, en voie de formation, a donné de fortes réactions thermiques le lendemain des insuflations. Le traitement est suspendu.

Le 1e mai, on constate en ponctionnant que le liquide devient trouble. Le 20 mai, il est franchement purulent. Cela n'empêche pas l'amélioration de continuer.

Le 1°7 juin, on reprend l'antigénothérapie intra-pleurale aux mêmes doses. Aucune réaction. Le traitement est continué jusqu'au 1% août (3/4 eme. d’antigène dilué au 1/10 à cette date). Aïnsi l'antigène, injecté dans l’épanchement stabilisé, n’a pas donné de réaction. é

Le 22juillet, après une insufflation qui n'avait pas été plus poussée que les autres, nous avons la satisfaction de voir disparaître radiologiquement l’adhérence qui gênait la rétraction du poumon. Nous portons à tort un bon pronostic. Car première désillusion : le moignon pulmonaire reste fixé dans sa position antérieure, sans mieux et se rétracte. De plus, dès le 5 août, la fièvre se rallume petit à petit. Le 31 août, dans la nuit, la maladeest prise d’un point de côté

«en coup de poiguard » et crache, en quelques heures, près

, le facies pro

itre de pus. La température est à 4o0 , fondément injecté. Du bleu de méthylène, injecté dansla plèvre, est rejeté par la bouche avant la fin de l'injection. La

malade meurt trois jours après,avec une lente et douloureuse ‘agonie, l'intensité des symptômes généraux n'ayant pas per- : mis de faire bénéficier la malade d’une intervention chirur-

gicale. re eZ

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