‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 27 sur 47 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Dans un article de Pruvost (n° 132) de la bibliographie.

En 1923, M. H..., atteint de tuberculose cavitaire du poumon droit, est traité à Hauteville, par le D' Crépin, puis à Bligny par le Dr Guinard ; le pneumothorax donna d’excellents résultats pendant deux ans. Toutefois, dans la région anciennement malade, l'écran révélait encore destaches assez suspectes.

En juin 1925, apparut un foyer cavitaire du côté gauche. Le Professeur Emile Sergent conseilla de conserver un pneumothorax de détente à droite, et d'entreprendre un pneumothorax compressif à gauche.

Ce double pneumothorax, réalisé et entretenu ainsi, nous donna les meilleurs résultats, aussi bien à Paris qu’à Grasse où il était entretenu par notre ami, le D" Bertier. Il avait été, et était parfaitement supporté sans avoir jamais provoqué ni tachycardie, ni dyspnée. L’expectoration bacillifère, disparue 15 jours après le second pneumothorax, n'était jamais revenue, la température était régulière 3606, 3608.

En 1926, réaction pleurale légère du côté droit (premier pneumothorax) avec poussée fébrile de 6 à 8 jours, épanchement minime et résorption rapide et spontanée du liquide.

En mai, la symphyse avait remplacé, petit à petit, l'épanchement, le moignon était plus rapproché de la paroi, des adhérences l'avaient réuni à celle-ci à la partie supérieure

et à la base ; en somme, il s'agissait d’une pleurésie adhésive

avec un niveau de liquide à peine perceptible, la poche gazeuse étant très petite.

Depuis quelques jours, un état subfébrile était réapparu avec de la toux et une expectoration bacillifère. A la radioscopie, dans la région des lésions primitives où l’on apercevait auparavant quelques taches floues, et même à certains endroits, une traînée linéaire en demi-cercle, une image cavilaire était maintenant très apparente.

À partir de ce moment, les lésions du côté gauche étant stabilisées, nous essayons de reprendre le pneumothorax, élevant les pressions jusqu'à + 19 pour repousser le moignon pulmonaire ; après des insufflations assez nombreuses et assez difficiles, nous arrivâmes à créer une poche volumineuse; mais, en regard de l’image cavitaire, persistait un épaississement très marqué, visible à l'écran sous forme d'une bordure épaisse et noire ; la compression de la caverne fut incomplète, et nous ne pûmes arriver à sauver ce malade qui mourut au début de 1927.

Ici, par conséquent, nous avons une sÿmphyse secondaire à un pneumothorax, avec attraction du moignon pulmonaire vers la paroi, réveil deslésions pulmonaires stabilisées par le pneumothorax depuis trois ans. Ce réveil paraît être bien dû au travail de symphyse rétractile dont il est parlé sans que le pneumothorax de l’autre côté puisse être vraiment incriminé, car celui-ci n'avait jamais été poussé très loin, n'avait jamais amené de gêne respiratoire, de refoulement du médiastin ; les lésions du côté droit n’avaient pas bougé pendant presque un au et c’est seulement après l'apparition, de la symphyse, et peu après, que le réveil des

lésions fut noté.

Page 1