OBSERVATION XIX
(Bertier dé Grasse, in Bulletin médical du 24 septémbre 1913):
Dextrocardie, au cours d'une tuberculose ulcéro-fibreuse droite; réduite par la création d'un pneumothorax et
reconstituée après cessation des insufflations.
M. X..:, célibataire, vient consulter en mai [911 pour une hémoptysie survenue inopinément.
Depuis deux ans, après différents excès et un gros surmenage, le malade s'est senti extrêmement fatigué. Ii a maigri beaucoup, tousse, crache, a des sueurs nocturnés.
C'est un début banal de tuberculose, et le malade à dû s'arrêter de travailler il y a quelques mois.
Au moment où il vient consulter, le D' Bertier constate que l’état général est relativement conservé, bien qu’une fièvre irrégulière persiste autour dé 380, avec poussées vespérales à 39°,
L'examen décèle une tuberculose excavée à droite, avec gros craquements humides, sur toute la hauteur du poumon. À gauche une zone de ramollissement peu étendue au sommet.
À la suite d’un traitement hygiénique ét médicamenteux pendant 6 mois, l'amélioration est manifeste, Le malade, revu en novembre 19ir, présenté une légère rétraction de l'hémithorax droit, les espaces intercostaux sont plus
étroits, l'épaule est abaissée. Les signes cavitaires sont
ce
ee naître sous Voreille. Le ee de ramollissement à ne : n’est plus retrouvé,
Mais, chose remarquable, on découvre une dextrocardie accentuée,le maximum du choc cardiaque se fait sentir dans l'hémithorax droit à égale distance du bord droit du sternum et du bord externe du thorax. Le cœur n'est plus
rapide, pas plus qu’au premier examen. Aucun symptôme
relevant dela déviation ne Du être trouvé.
Devant ces signes, et principalement parce qu'à la base droite on notait une diminution de l'expansion respiratoire, de la submatité, et une obscurité du murmure vésiculaire, Bertier se demande s’il n’est pas en “présence d'une symphyse pleurale ayant attiré le Co à droite, la caverne ne serait peut-être qu’une dilatation des bronches.
Au printemps 1912, l’état du malade devient alarmant. Les hémoptysies se répêtent, l'appétit est nul, la température élevée, l’amaigrissement intense. Bertier décide de tenter un pneumothorax.
Bien. que la radioscopie ait fait penser à une symphyse pleurale (obscurité complète à droite, immobilité du diaphragme, etc.), le pneumothorax réussit amplement.
Or, à mesure que le ponmon se comprimait ou mieux que la suppression dela distention pulmonaire s'effectuait,
le cœur revenait à sa place normale. D’ ailleurs, l’état géné-
ral redevint excellent.
Au cours de l'été 1y12, le malade revint irrégulièrement
se faire insufller, il fit un léger épanchement pleural, et à la
suite une symphyse très rapide. L
On essaya sans résultat de recréer le pneumothorax,et on constata que peu à peu le cœur se déviait,
La dextrocardie se reconstitua, le même aplatissement de l'hémithorax droit, la même immobilité respiratoire furent retrouvées par la suite.
Bref, l’état était redevenu le même qu'avant le pneumothorax, cependant qu’une lésion nouvelle s’était surajoutée : :
la symphyse pleurale.