‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 30 sur 47 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(D'après une observation de Vaucher et Kaufmann (157).)

Il s'agit d'un malade, porteur d’un pneumothorax datant de cinq ans, et chez lequel, à la suite d'un refroidissement accidentel, se produisit une résorption rapide du gaz contenu dans la plèvre, accompagnée de déplissement pulmonaire. En même temps, une symphyse progressive s'installa, nécessitant l'abandon du pneumothorax et les lésions pulmo-

naires, que l’on pouvait croire éteintes, subirent une exten-

DNE

sion et une aggravation rapides. Une laryngite bacillaire apparut également.

Au sujet de cette observation, on peut faire plusieurs remarques intéressantes :

Depuis 2 ans, les réinsufflations étaient pratiquées tous les 2 mois, cet intervalle étant suffisant pour maintenir la

. compression.

En moins de 5 semaines, le gaz se résorbe avec une rapidité surprenante, à la suite d’un refroidissement et d’une infection d'apparence banale. La plupart des auteurs admettent que la capacité de résorption de la plèvre va en diminuant au fur et à mesure que le pneumothorax devient plus ancien, même en dehors de toute complication pleurale. Cette diminution du pouvoir de résorption est due à la disparition progressive de l’endothélium pleural remplacé peu à peu par un tissu de sclérose. Notre observation montre combien rapide peut être la résorption du gaz dans une plèvre, insufflée depuis cinq ans, sous l'influence d’une cause en apparence banale. Ce fait est d'observation courante dans les pneumothorax récents et nécessite une surveillance attentive.

Au point de vue pratique, il montre combien le contrôle radioscopique de tout malade, porteur d’un pneumothorax,

doit être fait régulièrement et fréquemment, surtout à la

suite des infections saisonnières dont ces malades ne sont pas exempis.

Le second point qui nous a frappés est la rapidité avec laquelle les lésions tuberculeuses se sont développées dans

le poumon droit au moment où s’est installée la symphyse

pleurale. Actuellement, tout lé poumon droit paraît être

infiltré cliniquement et radiologiquement,

OBSERVATION XVII (Dans ün article de MM. Léon Bernard, Baron et Valtis (17).)

Mme L..., vingt et un an, atteinte d’adénite cervicale depuis 1921; commence à tousser en septembre 1993, et a des crachats hémoptoïques. On constate alors une congestion pulmonaire gauche, et une forte poussée du côté des ganglions.

Comme la malade continuait à tousser, à maigrir, et présentait en plus de la fièvre vespérale, elle se présenta à Ja consultation au dispensaire, le 7 avril 1925, où les examens stéthacoustique et radioscopique révélèrent les signes d'une tuberculose ulcéro-caséeuse étendue, du poumon gauche avec expectoration bacillifère,

Mme L... entre dans notre service à l'hôpital Laënnec, le 17 avril 1995, et, après un cliché qui confirme les lésions du Poumon gauche et montre l'intégrité du poumon droit, un Pneumothorax est institué le 6 mai 192.

Dès les premières insufflations, le décollement du poumon fut obtenu avec amélioration ra pide des signes fonctionnels et généraux. Après avoir quitté l'hôpital le 15 juin 1925, la malade continua son traitement ambulatoire au dispen- Saire Léon Bourgeois, ét on lui fit son insufflation tous les quinze jours. L'état étatt excellent, le pneumothorax était

Complet et évoluait normalèment sans aticune complication

pleurale, la mala ä$, n6 crachäit plus ét élle avait récommencé à à travailler depuis 6 mois lorsque, . jours avant uné insüfflation qui devait se faite le ;t no-

Vémbre 1995, elle fit üne chute en destendant son escalier

- € se contusionna Le côté gauche. Cette chute est suivie pendant deux jours d’une fièvre de 380.3803 avec lassitude génié-

rale et courbaiure surtout sensible au niveau de l'hémitho- rax gauche,

Lorsque, le 11 novembre 1925, elle se présenta au dispen- 4 Saire pour sa réinsufflation, nous sommes surpris de cons-

tater à l'écran, l'acéolement complet du MOig Ron et la dis- Parition de la poche gazeuse. Nous essayons à à trois reprises, Ge mais en vain, d'effectuer l'insufflation que nous sommes obligés de remettre au lendemain, Nous parvenons enfin, avec difficulté, à introduire 355 centimètres cubes d'air, avee pression initiale — 2 — 6, inférieure à celle que nous trouvions antérieurement (= {4 — 16), et, après cette insufflation, nous pouvons constater à l’examen radioscopique que le rhoignon pulmonaire, qüi était toujours libre jusque-là, était maintenant retenu à la paroi costale par une adhérence nettement visible sous l'écran, tendue entre la partie supé-

rieure du poumon et la paroi.

OBSERVATION XVIII à | (service du D' Hautefeuille: Salle Padieu, n° 17). Siffione H:., 24 ans; entrée à l'Hôtel-Dieu d'Amiens le 5 octobre 1929. Sa mère est morte de tuberculose. Elle-

même a eu, depuis l’âge de 16 ans, dés accidents pulmonaires

diversement étiquetés. Mais, depuis 6 mois, elle maigrit, tousse et a une expectoration muco-purulente assez abondante. B. K. +. La température oscille autour de 39°.

A l’auscultation, on entend au sommet gauche un souffle intense, rude et de tonalité basse, entouré de râles humides. La radiographie ci-jointe, au 11 octobre, montre le champ pulmonaire presque totalement gris, surtout à la base. On remarque que le cœur est reporté sur la gauche. Cette sinistrocardie laisse à découvert toute la colonne vertébrale et un espace clair semi-lunaire para-vertébral gauche, A droite, lésions diffuses de sclérose pulmonaire ; au sommet, l’ombre grise homogène du poumon droit s’y prolonge nettement. A la radioscopie, le jeu des côtes et l’ampliation thoracique semblent normalement se faire à l’inspiration.

Un pneumothorax est tenté, sans grand espoir, le 20 octobre. Pourtant la réussite est complète, aucune adhérence ne gênant la liberté d'agir des facultés rétractiles du poumon collabé. La température baisse rapidement, la malade reprend du poids et l’expectoration se tarit. Le 15 février 1930, la sinistrocardie était corrigée et le ventricule droit dépassait largement le sternum. Aucun trouble fonctionnel, si ce n'est de la dyspnée d'effort. Le 9 juillet 1930, la dextrocardie s’est tellement- accentuée que la colonne vertébrale redevient presque entièrement visible comme au temps de la sinistrocardie de la première radio, avant le pneumothorax. Ilest à remarquer que les insufflations n’ont jamais pourtant été poussées, que les doses de gaz injecté n’ont jamais dépassées 400 cmc. sous une pression toujours

négative de plusieurs unités. En décembre 1930, la malade

Obs. XVIII. — Radiographie au 11 octobre 1929. Sinistrocardie avant l'établissement du pneumothorax,

Obs. XVIII. — Radiographie au 9 juillet 1930.

Un pneumothorax gauche est établi depuis 9 mois. La sinistrocardie a fait place à une dextrocardie accentuée,

est partie en sanatorium en excellent état pour finir de consolider les résultats acquis.

Signalons que cette malade n'a jamais eu le moindre épanchement, même décelable seulement à la radio. La cause en est peut-être au traitement d’antigénothérapie intra-pleural complémentaire que nous avons fait suivre à notre malade suivant la technique du D' Courcoux. En commençant d’abord par des doses diluées au 1/10° et le début du traitement ne se plaçant que 2 mois après celui du pneumothorax, nous n'avons observé aucune poussée de température après les insufilations, ni aucune intolérance si ce n’est quelquefois une sensation de fatigue le lendemain de

l'injection.

En résumé : F

Voici un cas de rétraction pulmonaire prononcée avec sinistrocardie.

Lo Où le syndrome scléro-rétractile s'était montré insuffisant pour amener la guérison ;

90 Où le pneumothorax fut possible, rapidement complet et efficace,

30 Le passage de la position en sinistrocardie à la position extrème en dextrocardie, sous l'influence du pneumothorax, n’amena aucun symptôme fonctionnel, si ce n’est une légère dyspnée d'effort.

40 Jusqu’au départ de la malade en sanatorium, on n’a jamais noté le moindre épanchement et cela, peut-être, grâce à l’antigénothérapie préventive

intra-pleurale.

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