‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 33 sur 47 · OBSERVATION XXI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXI

(due à l'obligeance du Dr Hautefeuille).

Mme F..., 38 ans, tousse et maigrit depuis 6 mois.On diagnostique une tuberculose ulcéro-caséeuse du sommet gauche. A la radiographie, on constate une grisaille de tout le 1/3 supérieur du sommet gauche et simplement à droite quelques ganglions hilaires. Un pneumothorax est institué le 28 septembre 1928. Le 26 octobre, le décollement est complet. La cure se poursuit normalement jusqu'au début de février 1929 où apparaît un épanchement avec fièvre (39°) et mauvais état général. Le 00 février, une ponction explo-

ratrice ramène un liquide séro-fibrineux. Le 7 mars, le liquide

devient trouble, pour devenir franchement purulent le

fe 22 mars. L'épanchement s'accroît toujours et atteint le : 2 espace intercostal le 1er mars, Le cœur est refoulé. à

= droite, la malade est dyspnéique. Le pouls est à 120.

Pendant que cette purulence s'établit l'état générals améliore, la température tombe progressivement, l'expectoration setarit. L'appétit renaît et ; à la fin d'avril, la malade a

grossi de 3 kgr. La dyspnée seule persiste et nécessite une

ponction de 5oo cm* toutes les 3 semaines. Puis les insuffla-

tions deviennent de plus en plus difficiles et en juin on ne

peut plus continuer le pneumothorax. ERP te L'amélioration a cependant persisté et semble devoir se maintenir. Le temps écoulé est encore trop court pour que

l’on puisse parler de guérison.

OBSERVATION XXII (Service du Dr Hutéteuillé, Salle Padieu, n° 5).

Marie L..., 3oans, entre à l’Hôtel-Dieu, en avril 1920, avec toux, amaigrissement et température à 39°. À l’auscultation, foyer de râles humides au sommet droit. La radiographie montre une grisaille homogène, de tout le lobe supérieur gauche. Un pneumothorax est institué le 29 avril. A la fin du mois, le décollement est complet. La température tombe en Iysis, et l’état général s’améliore rapidement,

Deux mois après l'institution du pneumothorax, nous commençons à titre préventif, de l’antigène intra-pleural, suivant la technique indiquée par le D' Courcoux. Le

17 juin, on commence donc par 4 gouttes diluées au 1/10. À

R. !avoine \ 9

partir du 15 août, la malade reçoit par semaine 1/2 cmc. d’antigène pur. L'année se passe ainsi sans incident. Le 5 juillet 1930, la malade doit partir en sanatorium, elle sort ‘ toute la journée en vue de faire des achats, pour son départ et revient fatiguée. Le lendemain, violent point de côté, température à 4o°, et dyspnée intense.L'état général devient rapidement alarmant, et tout dénote, dans le tableau clinique, une profonde infection (faciès terreux,grands frissons, collapsus cardiaque).

Le 12 juillet, une ponction ramène un pus très épais et homogène, qui ne contient que des staphylocoques.

L'état général devient de plus en plus grave et la malade

meurt emportée par l'infection le 18 juillet.

Cette observation est intéressante, car elle montre que l’antigénothérapie intra-pleurale,à titre préventif, ne donne aucune réaction, à la condition de ne pas commencer le traitement dès le début des insufflations.

Cette méthode de traitement ne pouvait avoir d'efficacité lorsqu'apparut la pleurésie septique.

Enfin, cette observation montre également la haute gravité de ces pleurésies, tout au moins lors: que, comme dans notre cas, on n'intervient pas sur elle,soit par l’oléothorax, soit par des méthodes chi-

rurgicales.

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