PRONOSTIC DES COMPLICATIONS PLEURALES
Il est bien délicat de prévoir l’évolution d’une complication pleurale et sa répercussion sur l’état
général. En effet, les causes d’aggravation d’une
tuberculose, quelle qu’elle soit, s’intriquent et sont sous la dépendance les unes des autres. Une adhérence pleurale empêche le collapsus total du poumon. Réciproquement, l'ouverture d’une ulcération pulmonaire dans la plèvre crée dans celle-ci, en l’infectant gravement, une redoutable fistule et cependant la cause de cette aggravation pleurale est pulmonaire. L'observation I est un bel exemple de la complexité des faits, et de impossibilité qu’il y a parfois de donner, à chaque groupe de symptômes, sa valeur intrinsèque dans la détermination du pronostic. Il s'agissait d’une malade ayant un pneumothorax gauche avec collapsus incomplet du fait d’une large adhérence. Les circonstances cliniques firent faire deux erreurs inverses de pronostic. En avril 4930, les signes fonctionnels et généraux prennent une acuité inquiétante. Des signes d’auscultation à droite à la base, font croire à une poussée évolutive grave de ce côté et l’on porte un Pronostic sévère. À la fin du mois, les symptômes
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s’amendent, la température redevient normele. Nous avons alors la surprise de découvrir, à la radio, un épanchement gauche et aucune nouvelle image à droite. La température reste normale deux mois. Pendant ce temps, le liquide de l’épanchement devient franchement purulent, sans rien d’anormal dans l’état général, ni local. En juillet, nous avons après une insufflation, qui n’avait pas été plus poussée que les précédentes. la satisfaction de voir disparaître radiologiquement l’adhérence qui gênait la rétraction du moignon pulmonaire. Nous portons alors un bon pronostic. Première désillusion : le moignon pulmonaire reste fixé dans sa position antérieure, sans mieux se rétracter, et trois semaines après, la fièvre se rallume petit à petit, avec brutalement, le 31 août, une vomique amenant une mort rapide.
Il nous va falloir cependant étudier comment la clinique peut nous permettre de fixer approximativement le pronostic d’une complication pleurale, autrement dit, de nous rendre compte à quel point elle est grave par elle-même. Nous nous efforcerons le plus possible de dégager ce qui revient en propre à la souffrance de la plèvre. Nous ne ferons état des éléments extra-pleuraux du pronostic que lersqu'ils se seront développés à la faveur de la réaction pleurale ou concomitamment avec elle.
Nous distinguerons successivement le pronostic des réactions inflammatoires (liquidiennes et adhésives) et enfin celui des réactions nerveuses d’ori-
gine pleurale.