‹ Réactions Pleurales au Cours du Pneumothorax Artificiel: Éléments du PronosticChapitre 47 sur 65 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

(service du D' Hautefeuille. Salle Padieu, n° 17).

Simone H.…., 24 ans, entrée à l’'Hôtel-Dieu d'Amiens le 5 octobre 1929. Sa mère est morte de tuberculose. Elle-

même a eu, depuis l’âge de 16 ans, des accidents pulmonaires

diversement étiquetés. Mais, depuis 6 mois, elle maigrit, tousse et a une expectoration muco-purulente assez abondante. B. K. +. La température oscille autour de 3o°.

A l’auscultation, on entend au sommet gauche un soufile intense, rude et de tonalité basse, entouré de râles humides. La radiographie ci-jointe, au 11 octobre, montre le champ pulmonaire presque totalement gris, surtout à la base. On remarque que le cœur est reporté sur la gauche. Cette sinistrocardie laisse à découvert toute la colonne vertébrale et un espace clair semi-lunaire para-vertébral gauche. A droite, lésions diffuses de sclérose pulmonaire ; au sommet, l’ombre grise homogène du poumon droit s'y prolonge nettement. A la radioscopie, le jeu des côtes et l’ampliation thoracique semblent normalement se faire à l’inspiration.

Un pneumothorax est tenté, sans grand espoir, le 20 octobre. Pourtant la réussite est complète, aucune adhérence ne gênant la liberté d'agir des facultés rétractiles du poumon collabé. La température baisse rapidement, la malade reprend du poids et l’expectoration se tarit. Le 15 février 1930, la sinistrocardie était corrigée et le ventricule droit dépassait largement le sternum. Aucun trouble fonctionnel, si ce n’est de la dyspnée d'’eflort. Le 9 juillet 1930, la dextrocardie s’est tellement accentuée que la colonne vertébrale redevient presque entièrement visible comme au temps de la sinistrocardie de la première radio, avant le pneumothorax. Il est à remarquer que les insufflations n’ont jamais pourtant été poussées, que les doses de gaz injecté n’ont jamais dépassées 400 eme. sous une pression toujours

négative de plusieurs unités. En décembre 1930, la malade

Obs. XVII. — Radiographie au 11 octobre 1929. Sinistrocardie avant l'établissement du pneumothorax.

Obs. XVIII. — Radiographie au 9 juillet 1930.

Un pneumothorax gauche est établi depuis 9 mois. La sinistrocardie a fait place à une dextrocardie accentuée,

LS ir

DR

— à = ES .

est partie en sanatorium en excellent état pour finir de consolider les résultats acquis.

Signalons que cette malade n'a Jamais eu le moindre épanchement, même décelable seulement à la radio. La cause en est peut-être au traitement d’antigénothérapie intra-pleural complémentaire que nous avons fait suivre à notre malade suivant la technique du D' Courcoux. En commençant d'abord par des doses diluées au 1/r0° et le début du traitement ne se plaçant que 2 mois après celui du pneumothorax, nous n'avons observé aucune poussée de température après les insufflations, ni aucune intolérance si ce n'est quelquefois une sensation de fatigue le lendemain de

l'injection.

En résumé :

Voici un cas de rétraction pulmonaire prononcée avec sinistrocardie. :

10 Où le syndrome scléro-rétractile s'était montré insuffisant pour amener la guérison ;

20 Où le pneumothorax fut possible, rapidement complet et efficace,

30 Le passage de la position en sinistrocardie à la position extrème en dextrocardie, sous l'influence du pneumothorax, n’amena aucun symptôme fonctionnel, si ce n’est une légère dyspnée d'effort.

40 Jusqu’au départ de la malade en sanatorium, on n’a jamais noté le moindre épanchement et cela, péut-être, grâce à l’antigénothérapie préventive

intra-pleurale.

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