‹ Réactions Pleurales au Cours du Pneumothorax Artificiel: Éléments du PronosticChapitre 49 sur 65 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

(Dans une communication de Morelli (111).)

Mlle E. B.…., vingt-huit ans. Père mort de bacillose fibreuse. Trois frères avec des poussées bacillaires discrètes. Malade extrêmement maigre.

La maladie commença, il y a cinq ans, avec toux, crachats purulents, douleur à l'épaule droite, sueur, amaigrissement.

On trouve submatité de tout le lobe supérieur droit, craquements humides, petite caverne avec dimension d'une petite noix.Il y a fièvre à 3805-39 le soir ; le matin apyrexie.

Aprés échec du traitement médical, on commence le pneumothorax artificiel. On obtient une grosse ampoule supérieure ; mais, après une série d’injections poursuivies pendant quatre mois, ilse produit la disparition de ce pneumothorax partiel, par adhérences.

La malade avait été assez améliorée par le traitement ; cependant la fièvre n'avait pas disparu {375 tous les soirs),

elle n’engraissait pas et l’expectoration quoique très dimi-

nuée persistait,avec des bacilles de Koch pas trop nombreux.

Heureusement, nous pûmes établir une nouvelle ampoule en ponctionnant à la partie inférieure de l'aisselle : Le pneumothorax occupait presque tout le champ pulmonaire. Le poumon adhérait en haut du dôme pleural à partir du deuxième espace intercostal ; de là, le bord de l’ampoule refoulé par la pression positive (+ 10 à + 15), que nous atteignions à chaque injection,arrivait rapidement à la ligne moyenne, la dépassait en arrière du cœur pour venir se confondre lentement avec le diaphragme. IL était évident qu’en sus de l’extrême sommet les faces médiastinale et diaphragmatique du poumon étaient fixées en symphyse étroite à la plèvre. L'état dela malade est stationnaire et il reste ainsi pendant les deux ans que nous avons entretenu cette grosse ampoule qui comprimait suffisamment la partie malade mais sans pouvoir effacer complètement le processus actif. Î[l apparaît un liquide baciilifère, qui devient louche.

Tout à coup, le poumon se perfore. La communicalion est permanente et ample. Le liquide pleural devient fortement purulent ; en sus des bacilles de Koch, on trouve des staphylocoques nombreux, de rares streptocoques et d’autres microbes. La malade a d’abondantes vomiques fétides. Une forte fièvre à 39°-400 avec frissons s'est installée, et la malade est tout à fait intoxiquée.

À ce moment-là, nous proposons le traitement de Sauerbruch-L. Spengler (résections costales en deux où trois temps précédées de ponction évacuatrice). Maïs la malade se refuse ; elle dit vouloir mourir sans avoir à subir les souffrances de l’opération dont elle a tenu à savoir la tech-

nique. Les médecins traïitants sont résignés à perdre cette

malade. Mais, après une quinzaine de jours, la fièvre se modère, les frissons disparaissent, l’expectoration diminue. L'examen radioscopique montre qu'il se prononce progressivement un travail d'adhérence du poumon à la paroi qui réduit progressivement la cavité suppurante pleurale. A près trois mois, elle a disparu tout à fait, la symphyse est complète. En même temps le poumon a subi la transformalion scléreuse. Il est sombre aux rayons X,il est occupé par un gros souffle, il y a quelques craquements secs. s

La fièvre est tout à fait absente, pas de toux, pas d’expectoration et la malade a gagné 16 kilos dans les dix mois qui se sont écoulés depuis le commencement de sa pleurésie sclérogène qui, fait bien singulier, s’est affirmée favorable pendant l’évolution de la plus terrible complication locale

du paeumothorax artificiel.

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