OBSERVATION XXII
(Service du Dr Hautefeuille, Salle Padieu, n° 5).
Marie L..., 30 ans, entre à l’Hôtel-Dieu, en avril 1929, avec toux, amaigrissement et température à 39°. À l’auscultation, foyer de râles humides au sommet droit. La radiographie montre une grisaille homogène, de tout le lobe supérieur gauche. Un pneumothorax ést institué le 29 avril. A la fin du mois, le décollément est complet. La température tombe en lysis, et l’état général s'améliore rapidement.
Deux mois après l'institution du pneumothorax, nous commençons à litre préventif, de l’antigène intra-pleural, suivant la technique indiquée par le D' Courcoux. Le
17 juin, on commence donc par 4 gouttes diluées au 1/10. À
R. Lavoine ‘9
partir du 15 août, la malade reçoit par semaine 1/2 cmc. d’antigène pur. L'année se passe ainsi sans incident. Le 5 juillet 1930, la malade doit partir en sanatorium, elle sort toute la journée en vue de faire des achats, pour son départ et revient fatiguée. Le lendemain, violent point de côté, température à 4o°, et dyspnée intense.L’état général devient rapidement alarmant, et tout dénote, dans le tableau clinique, une profonde infection (faciès terreux,grands frissons, collapsus cardiaque).
Le 12 juillet, une ponction ramène un pus très épais et homogène, qui ne contient que des staphylocoques.
L'état général devient de plus en plus grave et la malade
meurt emportée par l'infection le 18 juillet.
Cette observation est intéressante, car elle montre que l’antigénothérapie intra-pleurale,à titre préventif, ne donne aucune réaction, à la condition de ne pas commencer le traitement dès le début des insufflations.
Cette méthode de traitement ne pouvait avoir d'efficacité lorsqu’apparut la pleurésie septique.
Enfin, cette observation montre également la haute gravité de ces pleurésies, tout au moins lors. que, comme dans notre cas, on n'intervient pas sur. elle,soit par l’oléothorax, soit par des méthodes chi-
rurgicales.